TOME II
plaisans propos d'un Cordelier de Tours qui, prêchant les Avents et Je Carême , divertissait les dames par des saillies dont la grossiëi'eté fait tout le sel. 11 s'encourageait à voir si bien rire , et poussait le scandale jusque dans de minutieux détails. Voyez les belles viandes dont ce pasteur nourrissait le troupeau de Dieu.
« Je suis en admiration, messieurs et mes- « dames de Saint-Martin , que vous vous scan- (( dalisiez pour une chose qui est moins que (( rien, et que vous fassiez des contes de moi, « disant : « Qui eût cru que le père eût engrossé i< la fille de son hôtesse ? » Il y a vraivnent bien « de quoi s'étonner ! Un moine a engrossé une (( fille? Belle merveille ! Mais vous, çà , belles u dames, n'auriez-vous pas lieu d'être autre- (( ment stupéfaites , si la fille avait engrossé le j< moine? »
La reine de Navarre consigne dans ses Nouvelles la bonne intention d'un Cordelier nommé de Vallès, qui donne aux femmes un moyen de punir leurs maris, et aux maris, de corriger leurs femmes. Il compare celles-ci aux diables, et dit que ce sont les deux plus grands ennemis et tentateurs de l'hom-me. u Les diables, »
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ajoute-t-il, « s'enfuient en leur montrant la u croix; les femmes, non : donc quand vos « femmes vous tourmenteront sans cesse , « comme elles ont de coutume, démanchez la « croix, et les rossez bien avec le manche. Vous i< n'aurez pas fait cela raidement trois ou qua- « tre fois, que vous vous en trouverez bien, K et verrez comme on chasse le diable par la « vertu de la croix; vous chasserez aussi et « ferez taire une femme par la vertu du man- « che d'icelle , pourvu qu'elle n'y soit point « attachée, crainte de péché. » Certes de pareils conseils descendus de la chaire de vérité n'avaient rien de fort exemplaire, surtout dans lescampag^nes, oii Tignorance était plus épaisse, la superstition plus crédule.
Les facéties des prédicateurs devaient être enviées par les bouffons des rois. Ici , un Cordelier prêchant contre la vertugale, sorte de jupe a panier que portaient les dames d'alors , dit qu'elles ont quitté la vertu, mais que la ga/e leur est restée; la, un autre assure que Jésus- Christ , après sa résurrection , apparut d'abord aux femmes , à cause de leur babil sur lequel il comptait pour semer la nouvelle de ce mi-
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racle; ailleurs, un moine plus impie qu'un franc hérétique compare la Trinité a un hautde-cliausses; un autre la comparait à un Cordelier, parce que, disait-il, de même que la Trinité avait trois personnes, et toutefois n'était qu'un Dieu, tout ainsi un Cordelier est tondu comme un fou, gris comme un loup, lié de corde comme un larron , et toutefois n'est qu'un Cordelier. On peutjugerquelsavantagesavaient lejs réformés sur de si beaux prêcheurs! Ceux de la Ligue n'étaient pas moins hardis, qui disaient : « Il n'est pas en la puissance de Dieu de <( pardonner à un hérétique relaps. » Rabelais a courageusenient ridiculisé ces grosses lourderies de moines dans la' Harangue de 'maître Janotiis de Bragmar do faite a Gargantua pour recouvrer les cloches de JSotre-Dame.
Voici un plaisant conte d'un Cordelier qui avait gagé faire en même temps rire une moitié du peuple et pleurer l'autre dans son sermon du Vendredi saint. La chaire oii il devait prêcher était au milieu de l'église, de manière qu'il y avait des auditeurs de tous côtés. Ce Cordelier ne prit pas ses braies , mais vêtit une robe longue devant, courte derrière: c'est en
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cet équipage qu'il commença son sermon sans bouger de place; mais quand il vint à ses grandes exclamations contre les méchans Juifs, tout en dépeignant les tourmens soufferts par Jésus-Christ, il se baissait tellement avec des gestes pathétiques et des mouvemens oratoires, qu'il découvrait à tout moment ce que doit cacher la bienséance : ceux qui étaient derrière la chaire , hommes et femmes , en voyaient plus qu'ils ne voulaient, et ils commencèrent à rire en différens tons; ceux, au contraire, qui étaient devant la chaire furent émus jusqu'aux larmes par l'éloquence éjaculatoire du Cordelier, bien joyeux de gagner son pari. Brantôme avait bien raison de dire que , de son temps , i( la plupart des prédicateurs qui se u mettent en chaire le font plus par gloire, n faste et vanité, que par dévotion, n
Les moines du seizième siècle avaient un grave intérêt à propager et à épaissir l'ignorance du peuple qui les faisait vivre ; la réforme était un acheminement lent et détourné vers les lumières : lorsque François I*^"" abolissait l'imprimerie, n'étaient-ce pas ses confesseur^ qui lui dictaient ces arrêts, éternelles
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protestations contre la flatterie qui l'osa surnommer le restaurateur des lettres? Les couvens ont été de tout temps les ateliers de ces fraudes pieuses qu'on pourrait appeler le c^ii'i du chêne religieux ; la fabrication des miracles . et des reliques était une sorte d'impôt monacal levé sur la crédulité populaire. Il est à remarquer que toutes ces reliques outrageantes à la rais'on et à la Divinité sont nées dans les couvens : c'était dans une abbaye du Bourg-de- Dieu que l'on adorait l'impudique saint Querliclîon. « Ce saint, » nous apprend \ Apologie pour Hérodote, w se vante d'engrosser u autant de femmes qu'il en vient, pourvu que, i< pendant le temps de leur neuvaine , nefaillent « à s'étendre par dévotion sur la benoîte idole « qui est gisante de plat , et non point debout a comme les autres. Outre cela, il est requis (( que chaque jour elles boivent un certain (( breuvage mêlé deJa poudre raclée de quelque u endroit d'icelle , et mêmement du plus désu honnête à nommer. » C'était dans les couvens , les prieurés , que l'on vénérait des crucifix versant (ies larmes ou du sang, des fioles du lait de la sainte Vierge, le han de saint Joseph, des
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cheveux de Jésus-Christ ; c'étaient les moines qui , pour tirer quelque argent des bonnes âmes, chargeaient saint Feriol, saint Andoclie et saint Galicet de garder les oies , saint Hubert les chiens, saint Loup et saint Wendelin les brebis; c'étaient les moines qui distribuaient les maladies entre les saints, mettant les fous sous la sauvegarde de saint Mathurin, les acariâtres sous celle de saint Acaire , les hydropiques sous celle de saint Eutrope ; c'étaient les moines qui créaient un saint Mammard pour guérir les mamelles, un saint Tignan pour guérir la teigne , un saint Genou pour guérir la goutte ; enfin la sublime morale évangélique se trouvait ensevelie sous un amas de sottises et d'ordures, comme un beau temple rongé par la mousse et le lichen.
Certains cordeliers d'Angleterre avaient une fille nommée Jeanne, dite la Sainte Pucelle, qu'ils firent passer long-temps pour une prophétesse. ïls prétendaient qu'elle était descendue du ciel , et poussaient l'imposture jusqu'à dire qu'elle participait delà nature des anges, ne mangeait ni ne buvait, « combien, » ajoute Henri Etienne , > qu'en cachette elle
a banquetât et paillardât fort et ferme avec les u saintetés des beaux-përes. » Ces imposteurs avaient persuadé au peuple qu'elle devinait les péchés , et en effet chacun se confessait à elle sans qu'elle manquât de répéter ce qu'elle savait, non par divination, mais parce que les cordeliers avaient grand soin de confesser au préalable ceux qui voulaient aller à elle : Jeanne, d'un endroit secret, pouvait entendre toute la confession , et la coucher par écrit. Cette sainte pucelle rapportait au couvent plus que les dîmes et les aumônes : on venait de loin lui demander un conseil ou une prière; pas de parole qui ne se payât fort cher et au comptant. Un gentilhomme découvrit la ruse en confessant aux Cordeliers des péchés qu'il n'avait jamais commis : ces faux péchés lui furent redits par Jeanne , comme s'ils étaient véritablement les siens. Cette femme fut exécutée à mort avec les auteurs et complices du miracle.
Les fausses reliques ont fourni à M. Collin de Plancy trois gros volumes qui auraient gagn^ à être écrits avec plus d'impartialité. L'admirable Traité des reliques , par Calvin , n'est pas exempt du même défaut , excusable peutr-être
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dans un chef de secte , dont la vie fut un combat. Le Dictionnaire de Bayle fournit un fait oublié par ces deux historiens des reliques : c'est encore une fourberie de moine mise k nu , fourberie qui ne réussit qu'à entraîner un catholique dans la réforme.
Un prince dcLithuanie, au seizième siècle, Christophe Radzivill, étant allé à Rome, y reçut du pape de grands honneurs et une boîte de reliques. A son retour, des moines vinrent le supplier d'employer ces saintes reliques à la guérison d'un possédé : le prince consentit à cet essai, qui devait servir à combattre les commencemens du luthéranisme. Ces reliques furent portées à l'église avec beaucoup de pompe; on les posa sur l'autel, et, en présence d'une foule innombrable , on entreprit l'exorcisme. Le possédé toucha les reliques, et aumême instant des contorsionset des grimaces effroyables annoncèrent la sortie du démon. Chacun de crier miracle, et le prince leva les yeux et les mains au ciel. Sa dévotion devint telle, qu'il n'avait dans la bouche que l'éloge de ces reliques : il aperçut sourire un gentilhomme de sa maison , qui avait apporté ce
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trésor de Rome; sa colère fut terrible contre l'impiété de cette moquerie.
— Monseif^^neur , lui dit le gentilhomme, ne me tancez pas de ce4:te négligence , et vous saurez le tout, sans rien omettre : il arriva qu'en revenant de Rome, je perdis la boîte aux reliques par le chemin. Je crpirais volontiers que le diable l'emporta pour mieux tenter les moines. J'en pus recouvrer une pareille , aux reliques près , et je l'emplis de petits os de bêtes pour achever l'imitation. Après quoi , ne soyez pas étonné que je me moque de voir honorerces menues bagatelles , et chasser les démons par la vertu de débris de lièvre , coq et geline : car telles sont les reliques, je vous jure , dont les moines firent ce beau miracle.
— Garde ce secret plus précieusement que tu n'as fait de mes reliques, répondit le prince, et maintenant que la fourbe est éclaircie, je m'en vais voir à faire délivrer un nouveau possédé : en ce cas , gare aux moines qui abusent les pauvres chrétiens!
Il envoya demander aux moines s'ils n'avaient pas quelque démoniaque a exorciser. Ceux-ci
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ne se firent pas prier ; ils réitérèrent leurs cérémonies et conjurations, qui cette fois furent inutile^ : le possédé hurla, se roula par terre avec mille contorsions très-bien jouées; mais Satan ne quitta pas son fort.
— Messieurs les moines, dit le prince, je parie que nxes palefreniers tartares viendront à bout de ce démon , si furieux qu'il soit.
Le possédé eut beau renouveler sa comédie, les coups de verges le forcèrent d'avouer que les moines, qui l'avaient instruit à jouer cette farce pieuse , étaient plus démoniaques que lui. Le prince ne se tint pas pour content : il manda les moines , devant lesquels ce pauvre diable recommença ses aveux , jurant qu'il n'était point possédé , qu'il ne l'avait jamais été que du fait des moines. Ceux-ci firent d'abord bonne contenance, disant que le démon empruntait la voix de ce malheureux ; mais la prison et des menaces produisirent l'effet qu'attendait le prince Radzivill: ils confessèrent leur imposture, en protestant de leur bonne intention , qui n'était, disaient-ils, que pour arrêter le cours de l'hérésie.
— Allez-vous-en , vilains ! leur dit le prince ;
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VOS fraudes pieuses ont cela de bon , qu'elles font tomber des yeux les écailles de l'erreur, et montrent le véritable bercail du bon pasteur ; allez faire des possédés ailleurs, vous que possèdent tous les diables: quanta moi, j'embrasse la cause de ceux de la religion, rien qu'en haine des reliques et des moines.
Une ruse des moines non moins fréquente consistait dans l'apparition d'un saint ou d'une sainte. Maintes fois , de naïves jeunes filles furent trompées par des gens d'église, qui s'affublaient d'un' costume de saint ou d'ange; cette dernière mascarade surtout était fort propre à leurs mauvais desseins contre l'innocence de ces pauvres croyantes. Henri Etienne nous conte une histoire qui semble cacher une supercherie du genre de celles que je signale, à moins qu'elle ne témoigne des vilaines mœurs des nonnains.
Deux religieuses , grandes compagnes , pendant la nuit de Noël , après avoir ouï la première messe, s'en allèrent à l'écart, dans un endroit peu fréquenté du couvent, pour deviser à leur aise de l'enfant Jésus en attendant la seconde messe.
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— Pourquoi, dit l'une d'elles, voulez-vous avoir deux coussins lorsque je n'en ai qu'un?
— J'en mettrai un au milieu, répondit l'autre afin d'y faire seoir l'enfant Jésus; car il est écrit dans l'Evangile : Où il y a deux ou trois personnes assemblées en mon nom* je suis là au milieu d'elles.
Elles demeurèrent là assises, s'entre tenant des mérites de l'enfant Jésus, depuis la nativité du Christ jusqu'à la nativité de saint Jean- Baptiste ; et cependant le temps ne leur sembla pas plus long que s'il se fût écoulé moins de deux heures. Or, l'abbesse et les autres religieuses s'inquiétaient fort de ce qu'elles étaient devenues, lorsqu'un bouvier, passant devant le lieu où elles étaient, les aperçut, et au milieu d'elles un bel enfant nu assis sur un coussin. Le bouvier alla donc avertir l'abbesse, qui accourut, et vit l'enfant qui semblait jouer avec ks deux nonnes : celles-ci lui demandèrent , toutes honteuses, si la seconde messe était sonnée, et furent bien ébahies quand elles apprirent combien de jours elles étaient restées à parler de l'enfant Jésus, qu'elles jurèrent pourtant n'avoir point vu. Après ce conte , on
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ne sait ce qu'il faut croire du bel enfant assis sur un coussin j du bouvier, et surtout des deux iionnains oublieuses de l'heure et de la messe. 1
Quoique Boccace ait écrit ses cent Nouvelles dans le quatorzième siècle, il est difficile de ne le pas citer dès qu'il s'agit des couvens. Son livre, qui pour nous a le caractère d'une virulente satire contrôles moines, n'a jamais, de son temps , scandalisé personne , même à la cour de Rome; et au seizièine siècle , il fut tant de fois traduit et réimprimé en français, qu'il était presque devenu le bréviaire des dames galantes sous François P' et Henri II. Je ne citerai que la plaisante histoire des braies de saint François , dans l'amusant résumé qu'en a fait Henri Etienne.
(( Une abbesse , au pays de Lombardie, se « levant à la hâte d'auprès d'un prêtre avec « leqael elle était couchée, pour aller suret prendre une de ses nonnains qui était couchée M avec son ami, pensant mettre sur sa tête « certains voiles qu'en quelques lieux on « appelle le psautier, y mit les braies de son M prêtre. De quoi la pauvre nonnain saper-
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(( eut h l'instant même qu'elle devait recevoir « condamnation , et lui ayant dit (pour ce que (( les lacets desdites braies pendaient des (( deux côtés) : «Madame, je vous prie que « vous attachiez votre coiffe, et puis, je suis (( contente que me disiez tout ce qui vous (c plaira » ; la fit apercevoir de ce qu'elle avait u mis sur sa tête par mégarde , et par consé- K quent la fit changer de langage. »
Les moines, que j'ai montrés ignorans, luxurieux , impies, voluptueux, gangrenés de vices, ne venaient que par degrés à cette perfection monacale : n'était pas moine qui voulait , et ces hommes , si humbles selon le précepte évangélique , s'assujettissaient à une hiérarchie qui , des frères coupe - choux , remontait jusqu'à messire l'abbé. 11 faut voir les ingénieuses subtilités, les épreuves indispensables par lesquelles passaient les novices pour être moines parfaits; ce n'étaient pas des thèses de théologie , des dissertations mystiques, des austérités et des signes certains d'une véritable vocation : on lit dans la Déclaration de la règle et état des Cordeliers , par Jean Ménard , que les novices , avant d'être
profès, apprenaient à poser le doigt au cul du verre en buvant, à tenir leurs regards baissés, à cacher les mains dans leurs larges manches , à faire de belles révérences à l'église et autre part , en haussant le cul et baissant la tête par égal contre-poids , à frapper le front contre la terre, à s'agenouiller devant les prêtres à leur rencontre, à leur baiser la main, la corde ou les pieds. On comprend les merveilles qui résultaient de cette éducation servile ; mais on ne comprend pas pourquoi les pauvres novices devaient planter des choux la racine en l'air , arroser des arbres morts et porter de gros os dans leur bouche. Ces niaiseries, prescrites et exécutées sérieusement, étaient capables d'abrutir l'esprit, et ne présentaient aucun aliment au cœur ni à l'âme. Peut-on s'étonner après cela des crimes qui ont tant de fois été commis par des moines sans autre cause qu'une horrible dépravation, et avec toutes les armes de la perfidie, de la ruse et de la plus cynique scélératesse ' ?
* Yoyez sur cette dissertation la préface de mon roman historique : Les deux Fous , iiistoire du temps de François I", J525, in-8.
Nous avons vu percer des rues là où s'entassaient les maisons, ici oii verdoyaient les jardins ; de nouvelles rues ont donné du jour et de l'air aux vieux quartiers ; de nouvelles rues larges comme des voies romaines se sont ouvertes dans des quartiers tout neufs; chaque année la grande ville, qui déborde son enceinte de toutes parts , multiplie les mille détours de son labyrinthe boueux , et la naissance d'une rue n'est guère plus remarquée que celle d'un enfant.
Ce n'est pas tout de naître : encore faut-il êlre baptisé en pays chrétien; et de même que les cloches de paroisse, sous les auspices d un parrain , toute rue naissante reçoit un nom ,