TOME II
valions à l'élève occupé à mettre au net le dessin de son maître; le cavalier entra toutà-coup en fureur, dit a Perrault les choses du monde les plus outrageantes , entre autres , qu'il n'était pas digne de décrotter la semelle de ses souliers. «Je m'en plaindrai au roi, ajouta-t-il ; quand il irait de ma vie , je veux partir demain et m'en aller. Je ne sais à quoi il tient que je ne donne du marteau dans mon buste, après un si grand mépris qu'on fait de moi! »
Le cavalier Bernin partit en effet peu de temps après, comblé d'honneurs et de présens; mais Colbert, qui lui avait fait porter par Perrault lui-même une somme de trois mille louis d'or , amena bientôt le roi à renoncer aux plans fournis par cet étranger, et à les remplacer par ceux de Claude Perrault. Lorsque les dessins de Levau et de Perrault furent mis en présence sous les yeux de Louis XIV, Colbert feignit de préférer le premier ; mais le roi , qui tenait surtout à ne paraître influencé par personne , s'écria : « Et moi , je choisis l'autre, qui me semble plus beau et plus majestueux ! »
Charles Perrault, satisfait d'avoir remporté
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une victoire difficile sur les préjugés et sur l'envie, inspira au ministre la pensée de créer un conseil des bâtimens, composé de Levau et du peintre Lebrun , pour surveiller l'exécution du plan adopté ; il entra dans ce conseil en qualité de secrétaire; mais Levau et Lebrun ne pouvaient approuver les dessins de Claude Perrault , qui était obligé de faire à tout moment des dissertations d'arcbitecture , afin de défendre sa création. Claude Perrault, par un excès de modestie et de discrétion , ne songeait pas à se faire connaître pour l'auteur du plan qu'on suivait, et Dorbay, élève de Levau , eut l'impudence de publier que ce plan était l'ouvrage de son maître. Les deux frères Perrault avaient « un tel amour pour la paix et pour la concorde, » qu'ils ne daignèrent pas répondre à ce mensonge audacieux , et ne disputèrent pas même au premier arcbitecte du roi l'honneur d'avoir dessiné la façade du Louvre.
Pendant ces querelles et ces rivalités, Charles Perrault n'avait pas cessé de composer différentes pièces en prose et en vers, qui furent d'autant plus applaudies que sa position au-
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près du ministre et son obligeance naturelle lui avaient fait beaucoup d'amis. Le farouche Boileau avait donné l'exemple aux louanges en louant le Dialogue de l'Amour et de V Amitié, qui fut attribué à madame de La Suze. Le Miroir ou la métamorphose d'Orante , la Chambre de justice de U Amour , et surtout le poëme de la Peinture , méritaient une partie des éloges qui leur furent décernés. Perrault brillait peu par l'imagination ; son style tombait quelquefois dans une platitude triviale et se hérissait d'obscurités ou d'incorrections ; mais il se colorait souvent d'images neuves et pittoresques : car Perrault avait le talent d'exprimer avec bonheur des choses qui paraissaient hors du domaine de la poésie, et il alimentait la sienne de détails arides au fond, mais relevés par le choix des mots et par Fadresse avec laquelle il les employait dans ces difficultés qu'il recherchait au lieu de les éviter. Ainsi le poème de la Peinture renferme d'excellens vers et même d'excellens morceaux, malgré leur froideur et leur genre technique. Charles Perrault, qui était le secrétaire parti-, culier de Colbert, décrivit aussi, par ordre
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du ministre , la Course de têtes et de bafoues , faite par le roi et les princes et seigneurs de sa cour, en 1662, Paris, 1669, in- fol. : l'habile graveur Chauveau avait exécuté les estampes de cette description.
Colbert désira que Perrault fût admis dans le sein de l'Académie française, « afin, lui dit-il, de prendre par votre moyen connaissance de tout ce qui s'y passe. » Perrault sollicita la première place vacante après la mort de La Chambre, et se vit préférer le fils de ce médecin ; il fut mécontent du procédé de l'Académie , et se tint a l'écart sans s'opposer à la nomination de Quinault et de plusieurs autres ; enfin, l'Académie le nomma pour succéder à l'abbé de Montigny , bien qu'il n'eût fait aucune sollicitation. Son discours de réception fut fort applaudi par ses confrères , et il prit de là occasion de leur dire : « qu'il ne serait pas mal à propos que l'Académie ouvrît ses portes aux jours de réception, de même qu'il est très-bon qu'elle les ferme lorsqu'elle travaille à son Dictionnaire. » Tous les académiciens, hormis le vieux Chapelain , se rangèrent de cet avis , et à la réception de Fléchier, qui suivit de
près celle de Perrault, le beau monde y assista avec une extrême joie,
L'Académie dut encore à Charles Perrault deux innovations importantes : avant lui , les élections avaient lieu sans scrutin , et les nouveaux membres étaient choisis pour ainsi dire à l'amiable; Perrault proposa d'élire par billets , « afin que chacun fût en pleine liberté de nommer ceux qu'il lui plairait. >) L'Académie, croyant que cette pensée émanait de Colbert, s'empressa de l'approuver. Perrault inventa même et fit fabriquer à ses frais une petite machine fort commode pour recueillir les votes. Colbert voyait avec peine que les académiciens ne se rendissent pas régulièrement aux assemblées pour travailler au Dictionnaire, n dont on s'occupait depuis plus de quarante ans ; » Perrault lui suggéra une idée qui devait contribuer à rendre l'Académie exacte à ses séances plus que n'avaient fait la pendule, le registre couvert de maroquin, les écritoires, les flambeaux , la cire et le concierge donnés par le ministre à la compagnie : ce fut l'établissement de quarante jetons d'argent à distribuer entre les membres prescris a chaque assemblée. Ces
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jetons, frappés exprès , portaient d'un côté la tête du roi, et de l'autre une couronne de laurier , avec cette légende : A V immortalité , et cet exergue : Protecteur de V Académie française. Cela suffit pour exciter l'émulation des académiciens, qui ne manquaient plus aux assemblées; mais comme quelques-un s venaient encore après l'heure sonnée, Perrault se conforma aux intentio.ns du ministre en faisant consigner dans le règlement de l'Académie, que quiconque n'arriverait pas au commencement de la séance serait exclu du partage des jetons. Cette mesure accéléra l'achèvement du Dictionnaire, quipourtant ne vit lejour qu'en 1694. Charles Perrault avait toute la confiance de Colbert, qui appréciait la capacité et empruntait les lumières de son modeste conseiller dans ce qui concernait les arts et les sciences. Après les conquêtes de Flandre et de Franche-Comté, Colbert voulut ériger un arc de triomphe à la gloire du roi : Lebrun et Levau eurent ordre de présenter un plan; mais Charles Perrault envoya au ministre un grijffonnement qui fut agréé et qui servit à Claude Perrault pour faire le modèle du monument de la porte Saint-
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Antoine, démoli en 1716. Riquet, ce grand ingénieur , qui avait réuni les deux mers par le canal du Languedoc, proposa d'amener les eaux de la Loire à Versailles; mais Charles Perrault jugea du premier coup d'œil cette entreprise comme impossible, et invita Colbert à ne pas commencer les travaux sans avoir fait niveler le terrain que les eaux devaient parcourir : l'Académie des Sciences justifia les prévisions de Perrault en constatant par le nivellement que les eaux venues de la Loire n'atteindraient pas le pied de la montagne de Satory. Ce débat entre Riquet et Perrault fut peut-être l'origine du conte de Riquet à la Houppe, dans lequel la cuisine du prince se prépare sous terre , et oii l'on voit les miracles que peut faire l'esprit.
Le génie des deux Perrault eut à s'exercer dans l'ornement du jardin de Versailles que Louis XIV faisait planter par Lenostre et La Quintinie : Charles Perrault imagina les bains d'Apollon i( pour représenter que le roi vient se reposer à Versailles après avoir travaillé à faire du bien à tout le monde; » Claude Perlault mit en œuvre la pensée de son frère , et
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dessina les groupes que Girardon, Rcgnaudin et Guérin sculptèrent en marbre. Les deux frères composèrent ensemble la plupart des grands vases , plusieurs bas-reliefs et quelques fontaines qui furent exécutés en marbre et en bronze d'après leurs dessins, à l'admiration du roi et de sa cour.
Cependant Cbarles Perrault n'avait pas toujours réussi, dans le temps de son plus grand crédit auprès du ministre, à être utile à sa famille : ainsi tous ses efforts ne purent suspendre ni réparer la disgrâce de son frère , le receveur-général , qui avait été forcé de vendre sa charge en 1664, parce que ses paiemens au trésor n'étaient pas faits au jour fixé , et qu'il comblait le gouffre de ses propres dettes avec les deniers de l'État. Ce fut en vain que Cbarles Perrault implora pour son malheureux frère l'indulgence de Colbert, qui l'avait traité « avec une dureté extraordinaire. » Colbert imposait silence aux prières de Charles , qui lui disait en pleurant ; « Mon frère souffrira sanspeinela pauvreté où il est réduit; mais il ne pourra supporter la douleur de passer dans votre esprit pour un malhonnête
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homme. Si nous avons quelque défaut dans notre famille , c'est de n'avoir pas assez d'attachement au bien, et de négliger les moyens d'en acquérir. » Colbert refusa de rendre a Pierre Perrault les trois cent mille livres de créance que le receveur-général réclamait du roi « et le laissa mourir sans lui faire raison de la moindre chose. »
Charles Perrault résolut d'épouser une femme qui lui apportait soixante-dix mille livres; Colbert ne trouva pas cette alliance digne de son favori, et lui offrit de le marier plus avantageusement; mais Perrault saisit cette ouverture pour adresser au ministre une adroite réclamation : u Ce n'est point un mariage d'inclination, dit-il, puisque je n'ai vu la fille qu'une fois; mais je connais le père et la mère depuis plus de dix ans , ils me connaissent , et je suis assuré que je vivrai parfaitement bien avec eux. Je serais bien fâché de rencontrer un beau-père qui se plaindrait sans cesse que je ne fais rien, qui voudrait que je vous importunasse tous les jours pour vous prier de penser à moi. Je ne veux point en venir là. Vous me faites donner des appointemens plus
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forts que je ne mérite; mais je n'ai aucun profit. Tous les marchés qui se font ne me rapportent rien , et j'y mets mon parchemin , ma peine et celle de mon commis, sans en profiter d'autre chose que d'une révérence, très-mal faite le plus souvent. Pour moi, je suis hien aise que cela aille ainsi ; mais il y a tel beau-père qui n'en serait point du tout content. :» Colbert, blessé de ce reproche indirect, n'éleva plus aucune objection contre le mariage de Charles Perrault, qui, de ce jour-la, s'aperçut d'un changement à son égard dans la conduite de son protecteur.
Perrault retrouva en deux occasions son ancienne influence sur le ministre. Quand le jardin des Tuileries fut replanté par Lenostre , Colbert voulut le fermer au peuple , qui avait l'habitude de s'y promener depuis plus d'un siècle; il y alla pour donner des ordres à cet effet, accompagné de Perrault, qui lui dit en marchant : u Vous ne croiriez pas , monsieur, le respect que tout le monde, jusqu'au plus petit bourgeois, a pour ce jardin; non-seulement les femmes et les enfaiis ne s'avisent jamais de cueillir aucune fleur , mais même d'y
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toucher; ils s'y promènent tous comme des personnes raisonnables ; les jardiniers peuvent vous en rendre témoignage. Ce sera une affliction publique de ne pouvoir plus venir ici se promener. — Ce ne sont que des fainéans qui viennent ici , interrompit brusquement le ministre. — Il y vient, reprit Perrault, des personnes qui relèvent de maladie pour y prendre Tair ; on y vient parler d'affaires , de mariages et de toutes choses qui se traitent plus convenablement dans un jardin que dans une église, où il faudra à l'avenir se donner rendezvous. Je suis persuadé que les jardins des rois ne sont si grands et si spacieux , qu'afin que tous leurs enfans puissent s'y promener. » Colbert fut frappé de cette dernière réflexion , et sortit des Tuileries sans en condamner les portes, qui restèrent ouvertes comme auparavant.
Une autre fois , LuUi , ayant obtenu le privilège de l'Opéra , se proposa de rétablir, avec les machines de Vigarani , dans la grande salle de comédie du Palais-Royal; il pria Perrault d'en demander l'autorisation a Colbert , et Perrault s'acquitta si bien de cette commission.
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que le ministre lui dit en souriant : « Vous êtes éloquent ! « Lulli dut a l'éloquence de son ami le succès de sa requête.
La place de Charles Perrault était alors trèspénible à remplir à cause de l'augmentation du travail , et surtout à cause de la métamorphose opérée dans l'esprit du ministre , qui , « de facile et aisé qu'il était, devint difficile et difficuitueux. » Colbert, malgré le désir qu'il eut toute sa vie de soulager la misère du peuple , avait été obligé de prêter son nom a.ux énormes impôts que Louis XIV créa pour faire face à l'extraordinaire des guerres; dés l'année 1670, oîi il recula devant les dépenses qui épuisaient la fortune publique, il avait vu décroître successivement son autorité dans le conseil du roi : aussi , « lui qui , avant cette époque , entrait dans son cabinet avec un air content et en se frottant les mains de joie, il ne se plaçait guère plus sur son siège pour travailler qu'avec un air chagrin et même en soupirant. » Louis XIV se plaignit du gaspillage effroyable qui avait eu lieu dans les constructions de Versailles, et invita son surintendant des bâtimens à imiter l'économie que
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Louvois mettait dans les fortifications des places. Colbert essayainutilement de distribuer tous les ouvrages des bâtimens au rabais; ces économies malentendues ne produisaient que des embarras, des plaintes et des marchés inexécutables. Perrault, sur qui pesait tout le poids de ces ennuis et de ces occupations , si multipliées « qu'il n'y avait plus moyen d'y suffire ni d'y résister, » se décida enfin à céder les fonctions et le titre de contrôleur-général des bâtimens k M. de Blainville , fils de Colbert : en 1682, il mit en ordre les papiers des bâtimens , les rendit au ministre avec un inventaire exact, et se retira « sans éclat et sans bruit. » Le prix de sa charge , qui valait vingt-cinq mille écus, ne lui fut pas remboursé , et, à la mort de Colbert, en i685, il ne toucha que vingt-deux mille livres sur les soixante-six mille de la vente de cette charge ; mais Lebrun et Lenostre eurent chacun vingt mille livres de gratification. Une autre injustice, à laquelle Charles Perrault ne fut pas moins sensible , acheva de l'éloigner de la cour et des grands : Louvois , qui le regardait comme une créature de Colbert, ne voulut pas qu'il fît partie de la
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Petite-Académie des inscriptions et des médailles qu'on reconstituait, et lui donna pour successeur André Félibien.
Charles Perrault supporta sans se plaindre ces disgrâces et ces mortifications ; il vivait obscurément dans sa^petite maison de la rue Saint-Jacques au milieu de ses fils : là , il prenait soin lui-même de leur éducation, en les envoyant au collège voisin ; il ajoutait ses leçons à celles des régens de classes, et surveillait spécialement les mœurs de ses enfans. Il ne laissait pas néanmoins de continuer dans sa retraite les études et les compositions qu'il aimait ; il se rendait scrupuleusement aux séances de l'Académie , et y faisait des lectures de ses ouvrages, la plupartde peu d'étendue, mais tous remarquables par la variété du genre et par quelque tour de force d'expression. Ces lectures étaient en général écoutées avec plaisir , et l'Académie ne paraissait pas se rappeler que le nom de Perrault avait souvent fourni une rime à Quinault, dans les satires de Boileau.
Les différens ouvrages en prose et en vers de Charles Perrault avaient été recueillis, en 1675, par le Laboureur , qui les fît imprimer
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in-4^, sur le manuscrit original que l'auteur avait déposé dans la bibliothèque de Versailles; ce recueil est rempli d'allégories et de pièces mythologiques. Perrault composa ensuite, sans doute pour l'instruction de ses enfans, le poème de Saint-Paulin, dont les pensées morales sont en plus grand nombre que les bons vers. Le sujet, tiré de saint Grégoire, est fort édifiant , mais trop simple pour remplir six chants d'un poème : Paulin , évêque de Noie , n'ayant pas l'argent nécessaire au rachat du fils d'une veuve, captif chez un roi vandale, se fait esclave, ala place de ce jeune homme qu'il rend à sa mère. Cet ouvrage , publié in-8° en 1686, eut pourtant quelque réputation, moins due au talent du poète , qu'à la beauté des gravures de Sébastien Leclerc, et aux allusions de l'épître dédicatoire adressée à Bossuet.
Voici comme Perrault lui-même raconte l'origine de la grande querelle des anciens et des modernes qui retentit durant plusieurs années dans la littérature : a Je composai ensuitele petit poème àiViSiècle de Louis-le- Grand, qui reçut beaucoup de louanges dans la lecture qui s'en fit à l'Académie française, le jour qu'elle
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s'assembia pour témoigner la joie qu'elle ressentait de la convalescence de Sa Majesté, après la grande opération qui lui fut faite en 1687. Ces louanges irritèrent tellement M. Despréaux, qu'après avoir grondé long-temps tout bas, il se leva dans l'Académie, et dit que c'était une honte qu'on fît une telle lecture, qui blâmait les plus grands hommes de l'antiquité. Huet, évêque de Soissons (depuis d'Avranches) , lui dit de se taire , et que s'il était question de prendre le parti des anciens, cela lui con- ^ viendrait mieux qu'à lui, parce qu'il les connaissait beaucoup mieux, mais qu'ils n'étaient la que pour écouter. Depuis cette aventure , le chagrin de M. Despréaux lui fit faire plusieurs épigrammes qui n'allaient qu'à m'oflenser, mais nullement à ruiner mon sentiment touchant les anciens. M. Racine me fit compliment sur cet ouvrage qu'il loua beaucoup, dans la supposition que ce n'était qu'un pur jeu d'esprit qui ne contenait point mes véritables sentimens , et que, dans la vérité, je pensais tout le contraire de ce que j'avais avancé dans mon poème. Je fus fâché qu'on ne me Crût pas , ou du moins qu'on fît semblant