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de ne pas croire que j'eusse parié sérieusement ; de sorte que je pris la résolution de dire en prose ce que j'avais dit en vers. »
Ce Siècle de Louis-le-Grand est un morceau achevé de poésie descriptive ; les vers ont une facture sévère et harmonieuse ; le style a de la correction et de l'éclat; l'esprit y règne avec la raison. On a souvent cité cette énergique peinture du cours du sang :
L'homme, de mille erreurs autrefois prévenu , Et, malgré son savoir, à soi-même inconnu, Ignorait, en repos, jusqu'aux routes certaines Du Méandre vivant qui coule dans ses veines.
Une foule de passages aussi nouveaux, aussi brillans que celui-ci, justifiaient les applaudissemens de l'Académie ; mais Charles Perrault, par une secrète rancune contre Boileau et les amis du satirique , avait omis à dessein leurs noms dans la liste des principaux poètes de son temps qu'il opposait aux anciens grecs et latins ; il avait vanté les Régnier, les Maynard, les Gombaud, les Malherbe et les Racan ; il avait désigné
Les galans Sarrasins et les tendres Voitures , Les Molières naïfs, les Rolrou, les Tristans j
CHAHLES PERIUlJLT. 3ll
il n'i'wait pas oublié
Le célèbre Corneille, Du théâtre Français l'honneur et la merveille ;
mais il ne disait pas un mot de Racine , de Ija Fontaine et de Boileau , qui eussent souffert volontiers le panégyrique des modernes , si l'adversaire de l'antiquité leur avait fait une part d'éloges dont ils étaient bien dignes. Telle fut la véritable cause du déchaînement universel des écrivains contre Perrault et ce qu'on appelait ses hérésies littéraires.
La mésintelligence de Perrault et de Boileau datait de plus loin ; lorsqu'en 167 i l'Académie décerna le prix de poésie à une pièce intitulée Le Duel aboli , Perrault, qui ne savait pas encore que cette pièce fût de La Monnoye, en récita des fragmens dans une compagnie , et déclara qu'il avait donné son suffrage à ces vers anonymes. «Vous seriez bien attrapé, lui dit l'un des assistans, si la pièce, comme on le croit, était de Despréaux. — Fût-elle du diable, répondit brusquement Perrault, elle mérite le prix et l'aura. »
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Perrault avait droit de demander la même impartialité à ses adversaires; mais Boileau, qui soufflait le de cette guerre , intéressa l'Académie rps à défendre les anciens,
SOUP n^ine ( j. ^sser pour topinambouej Racine accusa Perrault de n'entendre ni grec ni latin; Ménage lui-même, qui estimait Perrault comme un des meilleurs poètes qui fût alors, lui lança une épigramme latine et le surnomma le Moderne. Perrault, sans s'émouvoir des grandes colères soulevées contre lui , publia son Parallèle des anciens et des modernes , pour confirmer ses argumens contre les anciens. Ce livre fameux, dont la première partie, imprimée en 1688, regarde les arts et les sciences , produisit Jn terrible scandale : Fontenelle seul osa soutenir le parti de Perrault; mais Boileau, Racine, La Fontaine , Longepierre, Huet, Arnauld et d'autres champions illustres , descendirent dans la lice pour rompre des lances en faveur des anciens.
Le Parallèle est en forme de dialogue ; trois interlocuteurs , le Président , l'Abbé et le Chevaliery renouvellent la dispute qui avait eu