FRAGMENT DROLATIQUE
M. de Balzac , qui a tant d'esprit et de mémoire , en a fait preuve dans ses Contes drolatiques , où les vieux conteurs français sont mis à contribution, qui pour un sujet, qui pour une scène , qui pour une phrase , qui pour un mot : or , il y a des mots sublimes dans Rabelais , Yerville , Eutrapel , Desperriers , Bouchet , Marguerite de Navarre , comme dans Corneille. Mais M. de Balzac , qui sait si bien prendre , n'a pas pris le langage du temps qu'il voulait reproduire en fac-similé ; il a fait un style de tous les styles , forgeant des phrases sur l'enclume de son imaginative, créant des expressions , des barbarismes , des solécismes , et surtout l'orthographe la plus monstrueuse et la plus drolatique qui fut jamais : c'est un grimoire parfait et une délicieuse mystification. Or , j'avais écrit ce petit fragment pour donner à M. de Balzac une simple leçon d'orthographe étymologique, et pour le renvoyer au chapitre du Pantagruel : Comment Pantagruel rencontra ung limosin qui contrefaisoyt le lan- §aige francoys.
LES