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TOME H

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voulait être confondu avec les juifs; nulle honnête femme, avec les damoiselles d'amour.

La rue de la Juiverie , dans la Cité , qui avait ce nom sous la dynastie mérovingienne, fut la première retraite des juifs , qui s'y maintinrent malgré les persécutions et y continuèrent leur commerce après la ruine de leur synagogue. îls envoyèrent de là leurs colonies dans la rue des Juifs et la rue Judas , qu'ils n'abandonnèrent jamais entièrement , quelques rigueurs que les rois inventassent pour les expulser de France et anéantir leur race : ils se vengeaient de tous ces affronts en centuplant leurs usures.

Les rues affectées à la prostitution , que l'on entrevoit encore à travers les métamorphoses pudibondes de leurs noms, étaient la rue du Petit-Musc ou Pute -y- Musse y c'est-à-dire qui cache des filles; les rues du Grand et du Petit Hurleur, ainsi nommées à cause des bruyantes orgies qui s'y faisaient; la rue Transnonnain, autrefois Trousse-Nonnain et Trans-Putainj la rue Tiron, la rue du Fauconnierj\di rue Trousse- T'hache y qui a conservé son ancien nom en dépit de celui de La Bejnieque lui a imposé un scru-

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puJe de police; la rue du Pélican y dont la République avait fait une rue Parii^œ ; la rue Brise -Miche, du Bon- Puits, de la Vieille-Bouderie^ Chapon^ Fromantel ou Froimanteau, et plusieurs autres dans lesquelles s'est perpétuée une sorte de tradition de débauche, malgré la perte de leur nom aussi expressif que l'enseigne du Gros-Caillou qui pendait a l'entrée d'un mauvais lieu , et qui a désigné depuis un quartier qu'on estime autant que s'il avait un saint pour patron.

Il ne reste plus que deux rues des Vieilles-

Euwes, quoique les bains à la vapeur fussent

autrefois d'un usage si journalier , même parmi

le peuple , que la plupart des rues avaient des

éluves à femmes et à hommes. Ces établisse-

mens, tenus par la corporation des barbiers,

étaient ouverts en toute saison , matin et soir ;

on s'y rendait au cri de l'étuviste annonçant

que les bains étaient chauds , et les plus puivres

gens ne s'en faisaient pas faute pour deux

deniers. On a peine à comprendre cette ])ro-

preté du corps, en même temps que celte

saleté permanente des rues pleines de /iens et

d'eaux croupies.

On distingue encore les rues qu^on fermait la nuit avec des portes ou des barrières : la rue de la Barre , intitulée depuis vneScîpioîij trois rues des Deux-Portes , une des Douze-Portes et une des Trois-Portes attestent les anciens droits de leurs liabitans qui se retiraient la nuit dans ces espèces de places fortes , oii les voisins n'apportaient pas leur tribut d'immondices , oii les gueux ne cherchaient point un asile, oii les voleurs ne pénétraient pas aisément; une rue était close par mesure de sûreté ou de salubrité publique, lorsque sa position reculée et mystérieuse invitait les passans à s'y arrêter, les larrons à s'y cacher.

La féodalité, qui avait mis les puits et les fours sous la haute main des seigneurs , taxant la cuisson du pain et l'eau des sources , n'existe plus que dans quelques noms de rues : celles du Puits, du Puits-F Ermite , du Paits-quiparle , du Puits-Certain , ne font désormais aucun tort aux porteurs d'eau ; et les boulangers ne vont pas exprès cuire leur fournée dans les rues du Four- Saint-Germain et du Four- Saint-Honoré. La Révolution , qui a détruit les châteaux , n'a pas laissé debout dans la rue

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Saint-ÉIoi \e four de madame Sainte- A iire y oîi se cuisait tout le pain de la Cité sous le roi Dagobert.

Paris a été fortifié a diverses époques , depuis le siège de Jules-César jusqu'à celui de Henri IV ; des trois enceintes successives qui l'ont entouré pendant la domination romaine, sous Philippe-Auguste et sous Charles V, on retrouve à peine quelques pans de murs masqués de maçonnerie moderne, quelques tourelles enfouies dans les arrière-cours et les jardins; mais on tracerait presque les limites de la dernière clôture en se guidant d'après les rues des Fossés-Sainl-J^ictor , des Fossés-M-^le- Prince, des Fossés-Saint-Germain-V Auxerrois, des Fossés- Montmartre , des Fossés du Temple, delà Contrescarpe , du Rempart, etc. Qui est-ce qui salue , en traversant la rue Traversière, l'endroit même où laPucelle d'Orléans, qui sondait avec sa lance l'eau du fossé dans l'espoir de passer jusqu'au mur avec les troupes de Charles VU, eut les deux cuisses percées d'un trait d'arbalète ?

Les rues qui prirent le nom d'une enseigne de boutique ou de maison (car la plupart des

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maisons eurent long-temps des enseignes avant le numérotage, qui ne remonte pas au-delà du xvii^ siècle ) n'ont rien conservé de ces enseignes célèbres que la bourgeoisie et la j?iarc1iandise regardaient comme leurs armoiries : ce sont les rues de \ Arbalète , de X Arhre-Sec , du Battoir, aux Biches, de la Boule-Rouge , de la Calandre , des Canettes , du Chaudron , de Saint-Claude, de la Clef, Cloche- Perce {o\x Percée) , du Coq , du Cœur-Volant , du Cjgne, des Cinq-Diajnans , de la Croix- Blanche , de XEcharpe, des Deux-Ecus , de XEpée-de- Bois, du GrU, de la Harpe, de Y Hirondelle , de la Huchette , de la Lanterne , de la Licorne , du Petit- Moine, des Oiseaux , du. Paon , de la Perle, de Saint-Pierre , des Trois-Pistolets , du Plat-d'Etain, des Prêcheurs , des Quatre-FUs Aymon , des i?û/^^ , du Renard- Saint- Martin , des Champs , du Sabot , de Saint-Sébastien , du J^rognon , etc. La rue du Cherche- Midi avait une enseigne proverbiale représentant des gens qui chercbaient midi à quatorze heures , et la rue de la Feninie-sans-Tête faisait injure aux femmes par cette devise ajoutée à son enseigne : Tout en est bon.

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Quelques rues ont gardé des noms de fiefs et de maisons : celles Cocatriœ, des Trois- Canettes, des Ciseaujc , des Coquilles, de G/atîgny, des Fuseaujc , des Marmousets , Salleau-Comte , etc.

D autres tirent leurs noms d'une croix, d'une uotre-dame , d'une image de saint : \es rues f^ieille-yotre-Dame , xies Deujc-^nges , du Demi'Saùit , de Saînt- Jérôme , dix Crucifix, de la Croijr , etc.

Certaines rues semblent rappeler la religion des druides, qui n élevaient pas d autres temples à leurs dieux Hésus et Tentâtes que des pierres colossales, isolées ou superposées sans architecture : les rues de Pierre-Assis , de Pierreau- Lard y de P terre- Lombard , de Pierre-Sarrasùi , de Pet-au-Diahle ( Pierre au Diable ) , ont peut-être ru debout ces cromlecs et ces dolmen , masses informes et grossières, que Ja superstition populaire des chrétiens attribuait au culte des fées et des esprits malfaisans.

Les hôtels des princes , des évêques et des seigneurs, ont donné leur nom aux rues où ils étaient situés , ou bien à celles qui furent ouvertes depuis sur leur emplacement : il suffit

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de citer les rues d^Antin, A' Avignon, Barbelle, du Bec, des Barres, du PetU-Boiubon ^ de Clérjy de Clunj, de Condé, de Duras, Gaillon, Garancière , de Jouj , Lesdiguières, Neuve du Luxembourg, de Mâcon, de Mézières, de Montmorency, de la Reine- Blanche, de Rohan, du Rol-de-Sicde , du Temple, de Tour aine , des Ursins , etc.

Ici, les couvens et les communautés de femmes ont nommé les rues des Anglaises, des Audrieltes, des Capucines , des Carmélites, des Filles -Dieu , des Hospitalières , des Nonnaindières (Nonnains d'Hières), des Ursulines , etc. ; trois abbesses de l'abbaye de Montmartre ont été marraines des rues Sainte- Anne , Bellefond et Rochechouart j la rue de la Tour -des -Dames s'est appelée ainsi d'un ancien moulin appartenant à cette fameuse abbaye.

Là, les ordres monastiques masculins n'ont pas disparu tout entiers , puisque leurs noms sont restés aux rues des Grands et des Petits- Auguslins , des Barrés, des Blancs-Manteaux , des Bernardins , des Capucins , des Carmes , des Célestins , des Billetles , des Jacobins , de

\ Observance , des Saints-Pères ^ des Petùs-PèreSf des Ré collets , etc.

Les noms de chapelles et d'églises , détruites ou encore existantes , sont encore nombreux : les rues Sainte^Avoie y Saint-Benoît ^ Saint- Bon , Saint- Christophe , Sainte - Croix , Saint - Eustache , Saint-Gervais , Sainte-Geneviève y Saint'Hilaire , Saint-Honoré , Saint-Hippoljte , Saint-Jean-de-Latran , Jacob, Saint- Joseph , Saint- Julien-le- Pauvre, Saint-Lazare , Saint- Laurent , Saint- Paul, Saint-Landry , Saint- Leufroj, Saint-Louis, Saint- Magloire , Saint- Marcel, Sainte-Madeleine, Saint-Merry , Saint- Nicolas- du-Chardonnet , Notre-Dame , Saint- Nicaise , Sain t - Pierre -aux- Bœufs , Sainte- Opporlune , Saint- Thomas-du-Louvre , etc. Avant la Révolution, chapelles, églises et couvens poussaient des rejetons dans le fertile terroir de l'archevêché de Paris : la Cité comprenait seule quatorze paroisses. Que reste-t-il de tant d'édifices bâtis et enrichis par la dévotion des rois et des reines de France, respectés pendant des siècles , remplis de tombeaux et de poussières illustres , resplendissans des merveilles de l'art, peuplés de statues, rayon-

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iians de vitraux et protégés par une auréole de miracles? que reste-t-il de tout cela aujourd'hui? des noms de rues, de passages et de marchés !

Les particuliers qui ont laissé leurs noms aux rues qu'ils habitaient jadis n'avaient pas d'autre moyen de passer à la postérité : c'étaient des marchands , des propriétaires, des échevins, des magistrats , de dignes bourgeois ayant pignon sur rue , notables de leur confrérie et bienfaiteurs de leur paroisse; ainsi, depuis deux, trois et quatre siècles, ces bourgeois, dont le seul mérite fut peut-être une grande fortune , ont pour épitaphe le nom des rues de VAnglade, Baillety Bailllf ^ Baroadlere y Bertîn-Poirée ( Bertier Porée ) , Bordet (Bordelles), CoquilUère , Courtalon , Dervdlé , Frépdlon , Geoffroy" l'A nier y Git-le-Cœitr (Gilles le Queux), Gracieuse y (^re/ze//e (Quesnelles ), Grenier - sur - l'Eau ( Garnier ) , Guillaume , Guitlemin , Jean - Lantiery Jean - Beau - Sire , Jean - Hubert ^ Jean - Pain - Mollet , Jean- Roherty Jean-Tison y Joque'et, des Maçons ( Masson ) , de la Mortellerie ( le Mortel- \iev)y Pagevin y Pastourel , Porte foin (Por-

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tefin ) , Quincampoix ( Kiqueiipoit ) , du Renard Saint-Denis , Simon-le- Franc ( Franque), Scipion (Scipion Sardini ) , Solj, Taranne , Thihautodé ( Thibaut Audet ) , Triperet ( Tripelet ) , de Versailles ( Verseille ) , etc. , etc.

Ce sont des marchands qui ont nommé les rues de \ Arche-Marion , Auhry-le- Boucher , Jean-de-Beauce , Chariot^ du Mouton ^ Tiquetonne, etc. ; la rue de Lappe porte le nom d'un jardinier, et la rue Saint-Jean-de-Beauvais celui d'un libraire.

Des officiers de la ville ont nommé les rues èiAlbiac , Boucher^ de Fourcj, Mercier, Théi^enot, etc., des officiers du parlement et du roi , les rues Bailleul , Béthizjf Férou , Jeande-l'Ëpine, Meslaj, Montigny, de La Planche^ Popincourt , etc.

Dans le siècle dernier et dans celui-ci, cette méthode d'appliquer un nom d'homme à une rue atteste le désir de remplacer au moins un monument par un souvenir qui pût braver le marteau et le temps. On s'est attaché à signaler les lieux marqués par le passage du génie en tous genres : on détruisait un hôtel , une

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église, un couvent; on ne conservait qu'une pierre pour y graver un nom.

L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés a disparu, mais à sa place les rues Féiibien , LohineaUy Clément^ Sainte-Marthe ei Montfaucori nous parlent des travaux immortels des bénédictins ', la vieille basilique de Sainte-Geneviève est tombée , mais les rues Clovis et Clotilde nous empêchent de fouler sa pendre sans revenir par la pensée à l'époque de sa fondation.

Construisait-on un théâtre de tragédie et de comédie? les rues Molière ^ Voltaire, Racine, Corneille, Regnard et Créhillon naissaient a ses côtés. Était-ce une salle d'opéra-comique ? les rues voisines recevaient les noms de Favart, Grétrjy Lulli y Marivaux et Rameau.

Autour de la cathédrale, les rues Bossuet et Massillon survivent au cloître Notre-Dame, qui en s'écroulant n'a pas renversé ces grands piliers de l'église.

Voici des familles nobles et anciennes : rues àiAligre, ôiÀumont , V^entadour , de V^endôme y de Breteuil , de Choiseul, de Grainmont, de Guémené , Matignon, de Ménars , de Miroménil, de la Sourd ière , etc.

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Voici des ministres et des chanceliers de France : rues à' Aguesseau^ àe Birague , Bouche rat , àe Harlajy de Lamolgnon , B.ichelieUy Mazarine, Necker , etc.

Voilà des lieutenans et des préfets de police, des prévôts des marchands et des maires de Paris : rues ôiArgenson , Baillj , Bignon , Chabrol y Saint-Florentin, Guénégaud , de la Michodière , de Sartines , de J^a rennes , de Viarmes , etc. Voilà des savans et des philosophes : rues Buffon , Cassini , Descartes , V^aucanson , Montgolfier , Franklin , Montesquieu y Montaigne, J.-J, Rousseau , etc. Voilà des artistes : rues Pierre-Lescot, Jean-Goujon ^ Pi gale, Souffiot , etc.

Toutes ces rues ne datent pas d'un siècle; quelques-unes seraient magnifiques si elles avaient des maisons.

Quant aux rues nées en même temps que ^les enfans des rois , elles sont peu nombreuses : la plus ancienne est la rue Françoise , qui remonte à François P' ; les rues Christine, à^yinjoU'Dauphine, Dauphine, datent du règne de Henri IV; les rues Palatine et Thérèse, du règne de Louis XIV ; les deux rues Royale,

du Dauphin, de Falois, du règne de Louis XV et Louis XVI , etc. , etc. On a vu que dans les changemens de dynastie le nom du roi déchu cédait la place à celui du nouveau roi sur l'écriteau d'une rue , de même que sur les monnaies et dans le calendrier.

Louis XIV aimait à retrouver les provinces de son royaume dans les rues de sa capitale , surtout dans le quartier du Marais que son aïeul avait commencé , et qu'il acheva de bâtir en s'occupant du nettoyage de toutes les rues de la capitale, mesure de police tellement négligée jusqu'alors, que la boue de Paris était passée en proverbe : le dix-septième siècle entendit nommer les rues di/ingovlême (Angoumois) , di Anjou , Ôl Artois , de Beaujolais , de Berry-y àe Forez , de Bourgogne, de Beauce , de Bretagne , de Limoges , du Perche , de Poitou, de Saintonge y etc., etc.

Un grand nombre de rues conservent le nom du territoire qu'elles ont traversé ; le§Prues Beaubourg, Bourg-V Ahhé, Bourtibourg ÇBourg Thiboud), Boutebrie (Bourg de Brie), de la F'ille-UÉvêque, désignent des petits hameaux anciennement séparés de la ville; les rues du

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Champ de l'Alouette , Beaurepaive , Benuvegard , Belle-Chasse , Carême-Prenant , Copeau^ Culture-Sainte- Catherine , des Petits-Champs , de la Ferme-des-Mathurins , de la Folie-Regnauld , delà Folie- Méricourt, Grange-Batelière, Galande ((y2Lv\dinàe) , de Long-Pont ^ de YOursine, à.e> Marivault (Mari vas), Perrin- Gasselin, de la Roquette, de Courcelles , etc., ont pris leurs noms de terres cultivées en vigne ou en prés, de fiefs nobles et roturiers attirés successivement dans l'immense rayon de Paris. Les rues i^Argenteuil, de Picpus , de Surênes, de Neuillj , de Sèvres, dix Boule, etc., étaient les chemins qui conduisaient à ces villages.

Il y a une foule de noms que l'usage populaire a fait prévaloir ; les rues du Chemin- Vert , des Noyers , des Figuiers , des Saussaies, des Amandiers, des Acacias, des Lilas , des Ormeaux , du Poirier , du Sentier, des I" rois- Bornes , de la Bourbe , du Jardinet , des Marins , etc. 5 nous donnent presque une description de leur état primitif. Les rues portant des noms de Collèges supprimés sont les rues diArras, des Bons-Enfans , des Cholleis, des

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Irlandais., de la Marche, de Reims , de Rethel , etc. Celles ayant des noms d'hôpitaux sont les rues des E nf ans-Rouges , de la Santé , de la Trinité y des Capucins , de la Charité, etc.

Parmi les rues dont le nom s'est le plus éloigné de sa source , il faut citer les rues Saint- André-des-Arts ( de Laas ), des Grès ( des Grecs), Cassette (Cassel), Courbaton ( Col de Bacon ) , aux Ours ( Oues , oies ) , aux Fers (Fèvres, Fabri , ouvriers) , de la Jussienne ( l'Egyptienne ) , des Jeûneurs ( Jeux-neufs ) , du Jour (Séjour et maison de plaisance de Charles V ) , de Perpignan ( Pampignon ) , des Ècouffes (Écoufles, oiseaux de proie), des Postes (Pots ) , etc. Le seigneur Caritidès , dans Molière, demande au roi l'inspection-générale des enseignes de Paris ; quelque savant moins , grec que français ne manquerait pas de travail pour corriger les noms de rues barbares et inintelligibles.

Les anciens lieux de supplice en ont retenu les noms : on pendait dans la rue de Y Echelle ; on donnait l'estrapade dans la rue de Y Estrapade j on faisait bouillir dans l'huile les faux-moniiayeurs rue du Bouloj et rue de YEchaudé;

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on perçait les langues et on coupait les oreilles dans la rue Guillorj (Guigne oreille); on écartelait a la Croix du Trahoir.

La rue du Mail et la rue des Poulies doivent leurs noms à ces jeux qui furent long-temps en vogue, et dont le second nous est inconnu.

Dans la rue du Chevalier-du-Guet, demeurait ce chef du guet à pied et à cheval, assis et dormant j dans la rue AumairCy siégeait le maire ou juge de Saint-Martin des Champs.

La rue de Y Université se nomme ainsi à cause de sa construction danslePré-aux-Clercs, qui appartenait à l'université; la rue du Fouarre, où étaient les écoles des Quatre-Nations , garde quelque chose du Feurre ou paille qui la jonchait pour faire une litière aux écoliers.

Les hôtels royaux de Saint-Paul et des Tournelles sont encore représentés par les rues Saint- Paul et des Tournelles , des Jardins y de la Cerisaie, Beautreillis , des Lions, du Parc- Royal, du Foin, etc. On croit, à ces noms seuls, voir ces deux châteaux embrassant une vaste étendue de terrain dans leur clôture hérissée de tours rondes et carrées , contenant chacun plusieurs grands hôtels, avec des parcs, des

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