‹ Mon grand fauteuilChapitre 9 sur 43 · LES CARTES A JOUER · texte numérisé non relu

LES CARTES A JOUER

C'est une question d'archéolofyie fort difficile à résoudre, et déjà traitée avec pix)fondeur par les savans, malgré la frivolité du sujet. M. Peignot, le dernier qui se soit occupé des cartes à jouer, s'est borné à recueillir l'analyse des opinions diverses du P. Menés trier , du P. Daniel, de l'abbé Ballet, du baron de Heineken, de l'abbé Bertinelly, de l'abbé Rive, de Court de GéJjelin, de Breitkopf, de Jansen, de Ottley et de Sinjjer : M. Peignot est resté neutre au milieu de ces débats contradictoires, qu'il fallait juger les pièces à la main.

En attendant que je rassemble dans une dissertation spéciale mes rechercbes, peut-être

ï4^ MON GRAND FAUTEUIL.

curieuses et nouvelles après celles de mes devanciers, je vais énoncer mon sentiment , appuyé sur l'examen comparé des anciennes cartes à jouer'.

L'abbé Legendre a répété, d'après le Traité de la Police de Lamare, qui cite le conteur Polydore Virgile comme une autorité, que les Lydiens inventèrent les cartes pendant une extrême disette, et que ce jeu la leur fit presque oublier. Il est possible que les Lydiens aient connu un jeu qui se jouait avec des tableaux figurés {tahulœ sigillatœ) , à l'instar du Jeu de V Oie des Athéniens ; mais, à coup sûr, ce n'étaient pas les cartes de notre jeu de piquet.

Cependant les cartes vinrent de l'Orient avec les échecs : cette origine semble incontestable, sans adopter toutefois les rêveries de Court de Gébelin , qui fait honneur à l'Egypte de l'invention des cartes , et qui les explique à la manière des hiéroglyphes. Il existe entre les cartes et les échecs certains

' Ceci n'est qu'une rapide analyse d'un grand travail sur ce sujet, que je publierai avec beaucoup de gravures au trait et coloriées , de manière à former un ouvrage aussi complet que celui d'Ottley en anglais.

Page 1