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DE LA MULTIPLICATION DES PLANTES

Les jeunes hyacinthes, par exemple, sont blanches, bleues, rouges, simples ou doubles, comme Tétait la plante mère ; la feuille, la tige, la racine, la fleur, le fruit ont les mêmes caraaères que ceux de la plante originelle qui peut ainsi probablement se reproduire adinjînitum. Quelques horticulteurs ont pensé dernièrement que la plante souche est exposée à vieillir; ils citent à Pappui de.leur théorie les pommes Ribston et Goutte d'Or. Telle n'est pas mon opinion ; la poire Jargonnelle s'est certainement propagée depuis l'époque romaine jusqu'à nos jours, et il est probable qu'elle se propagera jusqu'à l'époque inconnue où les Anglais disparaîtront devant les Nouveaux Zélandais de l'avenir, comme les Indiens disparaissent aujourd'hui devant les Américains.

Quelques plantes, certaines fougères, par exemple, les ^^/e;//ttw^ (fig. 114), les Cystopteris bulbifera et les Woodtvardia radicans^ se reproduisent au moyen de petites bulbes qui croissent sur leurs folioles.

Outre les méthodes que nous venons d'indiquer et qui servent à la reproduction des Kig. „4. -^c fou." croi.. Pla^t^s dans leur ensemble, il y a un autre sant sur de» feuiTics. moyen de multiplier partiellement une plante;

c'est-à-dire , que nous pouvons multiplier la tige , la fleur ou le fruit d'une plante sur les racines d'une espèce absolument différente. On peut, par exemple, reproduire la poire Jargonelle sur les racines du poirier commun, ou même sur celles d'un cognassier. Ce procédé ressemble, en somme, à celui qui consisterait à implanter la peau d'un nègre sur le corps d'un blanc, ce qui est d'ailleurs possible.

On adopte presque toujours cette méthode pour propager les arbres fruitiers; ainsi la plupart de nos poiriers sont greffés sur des cognassiers. Il y a trois systèmes pour effeauer ce mode de multiplication : la greffe, le placage, l'écusson. Le grand secret de tous ces procédés est que le cambium de la greffe se trouve en contact avec le cambium de Tarbre sur lequel on l'établit, La greffe est inutile si elle n'est pas faite de

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cette façon, car Tunion ne se produit qu'à condition que les deux

couches de cambium soient en contact absolu.

La greffe (fig. ii5) se pratique presque toujours pour les arbres

fruitiers. On coupe avant la naissance des feuilles un rejeton de Tarbre

qu'on veut multiplier; cette taille doit se faire en sififlet avec un couteau tranchant . On fait à l'arbre que Ton veut greffer une entaille semblable dans une direction opposée. On applique Tune sur l'autre les deux surfaces fraîchement coupées, de façon que le cambium soit parfaitement en contact et on les retient dans cette position avec une ligature. En Angleterre, on enveloppe la greffe avec un morceau d'argile (fig. ii6); 5ur le continent, on se sert de cire à greffer, composée de résine, de poix et de suif; aujourd'hui on se sert, pour protéger la greffe, d'une feuille de caoutchouc, et il est probable que cette méthode remplacera toutes les autres. Quand un arbre porte de mauvais fruits, on le greffe de deux ou trois douzaines d'es-

Fig. ii6. — Arbre couvert de greffes.

Fig. 117 A. Fig. 117 B.

Greffe par cjpulation. Greffe en fente.

Fig. 118.

Greffe par placage.

pèces , et, au bout de 2 ou 3 ans, il porte autant de fruits différents (fig. 116). Dans la pratique, tout arbre acheté chez un pépiniériste, a été greffe de telle façon que la racine et la tige au-dessous de la greffe produisent un fruit différent que celui produit par le sommet de l'arbre. Il faut donc avoir soin de ne laisser pousser aucune branche

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au-dessous de la grefife, car on obtiendrait des fruits autres que ceux qu'on veut avoir.

Il y a d'autres méthodes de greffes qu'on n'emploie pas souvent, car ce sont seulement des variétés de systèmes , telles que la greffe par copulation (fig. 1 17 A), la greffe en fente (fig. 117 B). Quelquefois, on greffe par placage, c'est-à-dire qu'on lie deux arbres Pun à l'autre, mais on a soin d'enlever une tranche sur chacune des branches pour que le cambium ou aubier soit en contact (fig. 118).

Il y a encore un autre système qu'on peut employer pour bien des arbres, les poiriers et les rosiers,. par exemple; il consiste à insérer dans un arbre un simple bourgeon de l'arbre qu'on désire propager. Dans ce système aussi , il est indispensable que les deux couches de cambium soient en contact parfait. On pratique la greffe en écusson après la Saint- Jean, quand les bourgeons sont parfaits et que l'écorce se sépare facilement de la tige. Pour pratiquer cette greffe, on fait, avec un couteau à greffer (fig*^ 61 ), une entaille en forme de T (fig. 119) dans le sujet que l'on veut greffer; on insère dans cette entaille le bourgeon que l'on a choisi ; on Ty maintient au moyen d'une ligature, et le bourgeon se développe bientôt. On coupe tout le reste de l'arbre et ^"^rdrl' on obtient ainsi un sujet ayant les racines et le tronc de la * plante mère, mais dont le sommet appartient à la variété nouvelle qu'on veut multiplier.

M. Murray a fait remarquer, dans un intéressant mémoire lu devant la Société d'horticulture, qu'après la greffe, les deux cambiums seuls s'unissent, et que, bien que la surface du bois soit plus tard complètement recouverte par le nouveau bois, il reste toujours à l'intérieur de Tarbre une portion de bois mort (fig. 120). J'ai examiné comment les cellules d'une espèce d'arbres telle que le poirier, se joignent à celles d'une autre espèce, telle que le cognassier. Une section très mince examinée au microscope indique une conjonction exacte des différentes cellules; le meilleur exemple que Ton puisse en

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donner est celui du gui et du pommier, car le premier vit sur le second tout comme s'il était greffé, et forme un morceau de bois continu

(fig. I2l).

Non-seulement la greffe permet d'obtenir la multiplication d'une plante particulière, mais, dans cenains cas, on influence sa fécondité.

Un poirier grefie sur un cognassier porte des fruits bien plus tôt que s'il était resté sur un tronc de poirier. Rivers a essayé d'améliorer la fécondité du cerisier en le grefiant sur le mahebeb, et celle de l'amandier en le erefifant

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Cellules du Gui et du Pommier. 3^. 1^ CovyluS arboreSCetlS.

Il y a trois ou quatre moyens pour multiplier les cryptogames. D'abord au moyen de sporules qui, dans de certaines limites, produisent des variétés comme les plantes plus élevées. C'est le cas du champignon, et M. Smith a le premier décrit leurs sporules à l'état de germination (fig. 122).

Fig. 122. — Sporules du Champignon Fig. i23. — Multiplication

à Tétat de germination. par le Mycélium.

Une variété quelconque de champignon peut se multiplier par le mycélium (fig. 123), et, par ce moyen, on assure la continuation de Tindividualité de la plante mère. La multiplication des fougères se fait toujours par une simple division. Il faut, pour multiplier les plantes, choisir une saison convenable; or l'instant le plus favorable, dans la plupart des cas, est le moment où la plante commence à pousser des bourgeons.

tt Nec tibi tam prudens quisquam persuadeat auctor, Tellurem Borea rigorem spirante moveri.

Rura gelutum claudit hiems; nec semine jacto Concretam patitur radicem affigere terras. »

Virgile, Céorgiques, H.

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Baptistère antique dans l'église de Carshalton.

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