CHOU MARIN, ASPERGES, ARTICHAUTS» ETC
sur le marché de Londres sont coupées trop jeunes; la raison de ce fait est qu'elles paraissent alors beaucoup plus grosses. Dans un jardin il ne faut pas couper les asperges avant que Textrémité ait environ trois pouces de matière verte que Ton puisse manger facilement. J'ai quelquefois forcé des asperges en châssis quand j^ai pu me procurer de vieux plants, mais ces asperges n'ont de saveur que si on les expose à une lumière intense. Les asperges précoces, cultivées en serre, constituent un luxe qui ne convient qu'aux tables royales. Il n'y a guère, je crois, qu'une seule variété d'asperges ; les soi-disant variétés géantes ne diffèrent, il me semble, en rien des autres.
Le Chou marin (fig. 161) constitue à peu près le seul légume frais que l'on puisse se procurer pendant plusieurs mois; il faut donc en planter une quantité suffisante. Le chou niarin se multiplie par semis ou plus communément par petites boutures enlevées aux gros plants. Nous produisons ceux que nous voulons récolter les premiers en les plaçant dans des châssis et en les laissant dans robscurité, car ce légume est désagréable s'il n'est pas bien blanchi. On cultive les autres sous cloche. Une couche de choux marins dure plusieurs années, et comme c'est une de nos plantes sauvages indigènes, elle est très rustique . Je n'ai jamais vu ce légume sur le continent; les étrangers qui me visitent ont toujours exprimé leur étonnement à la vue de ce légume.
J'ai toujours eu beaucoup de difficultés à élever les Artichauts [Cynara Scolymus)\ ils gèlent dans mon jardin. Il faut les reproduire par rejetons, parce qu'ils sont très aptes à varier quand on les sème. U artichaut globe (fig. 162) est, sans contredit, la
Fi;: if.i —Chou marin i/ÎJ de la gras:>eur
Fi«. 162. — Artich'.ut, i/4 de la grosseur.
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io8 MON JARDIN
meilleure variété; il faut le cueillir jeune. On en trouve toute Tannée en Italie, mais ils viennent probablement de l'extrémité sud de ce pays. J'ai cultivé des Cardons [Cynara cardonculus)^ mais je n'en cultiverai plus, car, soit qu'ils proviennent de mon jardin, soit que je les aie achetés au dehors, c'est un légume qui ne me semble pas digne d'être cultivé. On mange les côtes blanchies des feuilles, mais elles sont très inférieures au céleri.
LES LÉGUMES ALLIACÉS
Je cultive quatre espèces différentes d'Ognons {Allium cepa). D'abord l'ognon souterrain ou ognon patate (fig. i63), qui se plante en janvier et qui se récolte en juin. On enterre une seule bulbe qui en produit quatre ou cinq. Ces ognons sont utiles pour les navires qui partent en cette saison de l'année, mais les bulbes ne se conservent pas bien et
Fig. i63. -> Ognons patates, 1/4 diam.
Fig. 164. — Ognon de Tripoli, i/3 diam,
on peut laisser cette culture de côté. La seconde récolte provient de semis faits depuis le milieu jusqu'à la fin d'août. Les jeunes plants passent l'hiver et donnent de jeunes ognons au printemps; on éclaircit ou on repique dans du sol bien fumé et on obtient de beaux ognons en août. Les bulbes sont d'autant plus grosses que le sol est bien remué et surtout si on les entoure d'une petite quantité de guano.
Les meilleures espèces sont l'ognon rond et l'ognon plat de Tripoli, l'ognon Rocca et l'ognon d'Espagne. Entre mes mains, l'ognon rond
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LES LÉGUMES ALLIACÉS 109
de Tripoli (fig. 164) atteint un poids de près de deux livres ; à Naples on en trouve communément qui pèsent 4 livres. On sème les principales planches en mars, ce sont les ognons que Ton conserve pour I1iiver;les meilleures espèces, pour ces semences, sont: Tognon espagnol et Pognon rouge foncé. Les semis venant après sont destinés à produire les petites bulbes que Ton conserve dans le vinaigre. Le sol de mon jardin, probablement parce qu^il est trop humide, convient peu à la culture des petits ognons. La fig. i65 représente, vus au microscope, les cristaux qu'on trouve dans la
,,.,,„ ,, . 1- / * n • Fig. i65. — Crirtauxc'e Itpelli-
pellicule de rognon. J ai cultive a loccasion cuie des ognons.
Tognon arborescent, c'est une variété qui produit de petits ognons au sommet des tiges, mais ils sont grossiers et ont un goût très fort. Je ne saurais donc recommander cette espèce.
Je cultive toujours le Poireau {Allium Porrum^ûg. 166) qui constinie au commencement du printemps un légume excellent. Le poireau
Fig. 167. — Gbonlcttc, Fig. 168.— Echalotte, 1/3 diam. i/3 diam.
Fig. 166. — Poireau.
est la plus rustique de toutes les plantes du jardin, il résiste facilement aux gelées les plus fortes. Les ouvrages sur l'horticulture nous indiquent comment il faut s'y prendre pour cultiver le gros poireau,
mais ils négligent de nous dire ce qu'on en peut faire quand on les a obtenus. Les poireaux potagers doivent avoir tout au plus 1/2 pouce de diamètre et environ 6 pouces de long. Ils sont très recherchés en janvier, février^ mars, avril et pendant le commencement de mai, alors que les autres légumes sont très rares. On sème à la volée en mars, de façon à récolter beaucoup de petits poireaux, plutôt que quelques-uns très gros. Les espèces que je cultive sont le London et le Musselburgh ; la culture en est très simple, car il suffît de sarcler de temps en temps pour enlever les mauvaises herbes.
^Nous cultivons la Ciboulette [Allium schœnoprasutn^ iSg. 167) pour remplacer les ognons, au cas où ceux-ci viendraient à manquer. Mais je dois ajouter que, notre récolte d'ognons ne nous faisant jamais défaut, et notre système de culture nous permettant d'en avoir de jeunes au commencement du printemps, nous pourrions facilement nous dispenser de cultiver la ciboulette.
Je cultive toujours avec beaucoup de soin les Échalottes [Allium ascalonicum, fig. 168). On les plante dans des trous espacés d'environ six pouces et en rangées distantes d'un pied Tune de l'autre, au mois de février, en même temps que les ognons patates; les échalottes sont mûres en juillet. On en met alors une partie de côté pour s'en servir pendant l'hiver ; on conserve une autre partie dans du vinaigre, et enfin on conserve les autres pour les plants du printemps suivant.
Je cultive une petite quantité d'Ail (^///wm ^a/ïV//m, fig. 169), Les Romains n'avaient pas l'ail en grande estime: « Allium torquet, adurit, enecat, » dit Pline (Liv. XXV, chap. i3). En France, on en fait un tel usage que les Anglais voyageant sur le continent en sont incommodés, et que ce souvenir les empêche de jamais laisser entrer l'ail Fig. lôg.-Aij. dans leur cuisine. Il faut à l'ail la même culture qu'aux échalottes et qu'aux ognons patates. On trouve dans Horace une idée fort singulière, il considère que l'ail est un poison digne d'un parricide.
€ Parentis olim si quis impia manu Senile guttar fregerit, Edat cicutis allium nocentius. » — Epode 3.
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RACINES POTAGERES ET TUBERCULES m