‹ Mon jardinChapitre 48 sur 99 · LA GROSEILLE A MAQUEREAU · texte numérisé non relu

LA GROSEILLE A MAQUEREAU

rAngleterre,on fait de nombreuses expositions de groseilles à maquereau. On récompense la grosseur plutôt que la qualité et on publie chaque année un ouvrage où Ton trouve tous les détails possibles sur les variétés de groseilles à maquereau qui ont obtenu des prix, et sur le poids que chaque groseille a atteint. On propage le groseiller à maquereau par semis quand on veut obtenir de nouvelle variétés; les variétés se propagent facilement par boutures ou par marcottes; il suffit souvent qu'une branche touche le sol pour prendre racine. Il vaut mieux cultiver Tarbre sur une tige ayant environ un pied de haut, d où les branches rayonnent dans toutes les directions. J'ai vu étendre le groseiller à maquereau sur des treillis, mais c'est un mauvais système, car le fruit, au commencement du printemps , n'est pas protégé par les feuilles et gèle facilement. Il faut apporter beaucoup de soins à la taille du groseiller à maquereau, car le nouveau bois rapporte. Il faut couper une quantité raisonnable du vieux et du nouveau bois pour que Tair et le soleil pénètrent facilement dans toutes les parties de l'arbre, mais il faut avoir soin aussi de laisser le nouveau bois en quantité suffisante pour s'assurer une bonne, récolte. Quand on cultive ces arbres pour se procurer des fruits destinés à être exposés, on ne conserve que deux ou trois bois de l'année. C'est là un système que je n'emploie jamais, car je pense qu'il faut juger un fruit au goût et non pas à la grosseur et au poids.

Les gelées du printemps affeaent particulièrement le groseiller à maquereau et tous les fruits tombent. Ceci m'est arrivé en 1 87 1 . Le papillon à groseilles attaque aussi cet arbre, mais, dans mon jardin, les oiseaux leur font une si rude guerre que je ne souffre pas de ce fait. Quelquefois aussi, un acarus ou espèce d'araignée rouge, attaque le groseiller; mais ceci n'arrive jamais dans mon jardin, car mes arbres exposés à la quantité de lumière qui leur convient, sont de véritables exemples de santé et de croissance vigoureuse. Le groseiller aime le fumier, et il faut, chaque année, en mettre un peu au pied de l'arbre. JVi cultivé plus de 100 variétés, mais sans m'occuper de garder leurs noms -, si Ton veut se procurer beaucoup de variétés du groseiller à maquereau, il faut s'adresser aux pépiniéristes de Manchester. M. Turner

de Slough a exposé, à la société d'horticulture, une belle collection de 70 variétés, et il a bien voulu me donner les fruits ci -après, pour les faire dessiner. Il m'a été impossible de me procurer le fruit d'une des plus belles variétés, appelée le Compagnon ; ce groseiller rapporte fort peu, et cette année tous les fruits avaient été tués par la gelée.

La première groseille à maquereau qui mûrisse dans mon jardin, dans le courant de juin, est une groseille jaune de grosseur moyenne. Le groseiller qui la produit, rapporte beaucoup. On l'appelle le Soufre hatif (fig. 340).

La Reine Claude est une autre groseille à maquereau, hâtive, au goût délicieux. Il faut toujours cultiver beaucoup de plants du Warrington rouge (fig. 341), car ce fruit est excellent jusque dans la seconde semaine de septembre, et aucun ne le surpasse comme parfum." Le

Fip. -Ui.

Wanington p. -

rouge. ,; 'K- -42.

IJroon Girl.

Soufre hatit. ^^^^^^^t Banksman.

Fig, 343.— Smuggler jaune. Fig. 344.— Crown Bcb.

Rumbullion est aussi une belle groseille. Quant aux groseilles à maquereau atteignant une grosseur extraordinaire, on peut citer la Broon Giri (fig. 342 , ia Smuggler (fig. 343), la Crown Bob (fig. 344), les deux premières variétés jaunes, la troisième variété rouge. La Banksman (fig. 345) est une groseille à maquereau, verte et grosse. En résumé, il est bon de posséder autant de plants que possible du Soufre

(i) Les groseilles à maquereau soni dessinées à moitié de leur grandeur naturelle.

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hâtif, de la Reine Claude et du Warrington rouge ; puis on peut cultiver un plant des nombreuses autres variétés rouges, blanches, vertes et jaunes.

La groseille à maquereau est, sans contredit, le fruit du paysan; cependant les gens habitués à vivre à la campagne, s'occupent beaucoup Je ce fruit que Ton se procure difficilement à Londres, mcme en visitant les marchés. Chaque jardin particulier devrait contenir au moiiis deux cents plants de groseillers.

11 est rare que Ton n'aime pas les fraises bien mûres qui viennent d'être cueillies et que Ton sert avec de la crème. Néanmoins il y a des gens dont la constitution est si singulière qu'une seule fraise est un véritable poison pour eux. Comme ces derniers forment l'exception, nous devons nous occuper de la majorité. Je m'arrange de façon à avoir des fraises depuis le i" mai jusqu'au milieu de juillet, puis alors des fraises des quatre saisons jusqu'à ce que la gelée les détruise. En Ecosse, les fraises commencent à mûrir un mois après leur disparition en Angleterre, mais elles n'ont aucune saveur.

11 y a des milliers de variétés de fraises; on se les procure par semis et en choisissant les plus beaux plants. On propage les variétés particulières au moyen de filets. La méthode que nous employons pour effectuer cette propagation est de remplir un pot de terreau sur lequel on place un filet que l'on maintient avec une pierre. Au bout de quelque temps le filet prend racine ; on le transplante alors dans un plus grand pot ou dans une plate-bande.

Pour notre première récolte, nous repiquons en pot environ deux cents plants provenant de semis; on les arrose avec soin pendant tout l'été pour qu'ils se développent bien. Pendant l'hiver, il faut avoir soin de les mettre à l'abri du froid. A la fin de février, on enterre ces pots dans des châssis; il faut les espacer suffisamment pour que le soleil puisse agir sur toutes les feuilles. A partir de cette époque on les arrose ^vec de Tengrais liquide et on obtient une première récolte vers le

i" mai ; ces fraisiers continuent à rapporter jusqu^à ce que les fraises en plein air commencent à mûrir. La première récolte de fraises est souvent la meilleure de toutes, tant le parfum du fruit est pénétrant et tant la saveur en est développée. Toutefois, si on désire des fraises parfaites, il faut s'abstenir de les arroser pendant deux ou trois jours avant de les cueillir. Ce système si simple doit être adopté dans tous les jardins ; cela est d'autant plus facile qu'on peut disposer les fraisiers dans des châssis de façon à le faire mûrir à telle ou telle époque ; pour s'assurer une quantité convenable de fraises, il faut cultiver cent plants au moins. Il est fort rare que je force les plants ; les fraises cultivées sous châssis surpassent certainement en saveur les fraises forcées ou même les fraises cultivées en plein air; en outre, il est agréable de pouvoir en manger pendant tout le mois de mai.

Quand on cultive les fraisiers en plein air, il faut les transplanter tous les deux ou trois ans; on les plante en rangées espacées de deux pieds et en laissant aussi un intervalle de deux pieds entre chaque plant. Au mois de février, il faut recouvrir toute la couche de fumier ; les pluies du printemps lavent la paille et entraînent l'engrais dans le sol ; il reste, en outre, une excellente couche de paillis qui protège le plant et le fait por- ^ ter plus tôt des fruits. Il ne faut pas couvrir les fraisiers avec du fumier en hiver, parce qu'alors la paille se pourrit complètement avant la floraison et que Thumidité pourrait faire pourrir les plants. Au printemps, les jeunes feuilles se fraient un chemin à travers le paillis qui les protège contre la gelée

Une des variétés que nous cultivons est le Black Prince (fig. 346), qui mûrit en plein air pendant la première semaine de juin. Cette fraise, quand elle est bien mûre, est un fruit délicieux ; elle est petite, mais rustique et, dans quelques années, 1 87 1 par exemple, elle rapporte plus et du fruit plus savoureux que toutes les autres espèces. La récolte de ce fraisier dure assez longtemps et quand des fraises plus grosses remplacent le Black Prince, on peut encore se servir de ces dernières pour faire des confitures. La plante est petite, les feuilles ont un aspect tout particulier, et il faut laisser ce fraisier sur la même couche sans le déranger pendant plusieurs années. La May Queen est une autre fraise

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hâtive, mais elle n'est pas digne d'être cultivée. Après le Black Prince, vient la vraie fraise des jardins, le Keen's Seedling ( fig. 347 ). En règle

Fig. 346. Fig. 347. Fig 348. Fig. 349.

BlKk Prince. I KeeQ*s Seedling. British Queen. Amateur.

générale, ce fraisier produit plus de fruits que tous les autres ; il est arrivé toutefois, en 1 87 1 , qu'il n'en a pas produit du tout, car toutes les fleurs avaient été gelées. Le Keen's Seedling est le fraisier que Ton fr)rce le plus facilement, c'est celui qui rapporte le plus, on ne peut donc se dispenser de le cultiver. Vient ensuite la British Queen (fig. 348), la plus exquise de toutes les fraises. Toutefois, ce fraisier a une constitution fort délicate, il aime un terrain riche tel que le sol d'un bois qu'on vient de défricher et qui n'a jamais été cultivé; c'est alors qu'il rapporte des fruits parfaits.

Mes fraisiers sont souvent attaqués en été par une sorte d'acarus ou d araignée rouge, dont je n'ai pu déterminer exactement l'espèce; j'éprouve donc quelques difficultés dans cette culture.

On a exposé Tannée dernière à la société d'horticulture une belle fraise appelée l'Amateur (fig. 349) ; elle est si excellente, qu'on lui a décerné de suite une première médaille. Après trois ans de culture et d'essais, on a reconnu que cette variété est tout à fait supérieure et je recommande son admission dans tous les jardins. C'est M. Bradley qui a eu la bonne fortune de produire cette fraise ainsi qu'une autre variété que je ne sau* rais trop recommander, à laquelle il a donné le nom du grand pomologiste le docteur Hogg (fig. 35o ) . Ceux qui désirent avoir de très grosses fraises peuvent cultiver l'Eleanor (fig. 35 1), et, comme fraise très tardive, l'Elton. Telles sont, d'ailleurs, les variétés qu'il faut cultiver dans

(i) Toutes les fraises sont dessinées à moitié de leur grandeur naturelle.

tous les jardins ; on peut y ajouter PEliza (fig. 352), mais cette dernière n'a jamais bien réussi chez moi.

Fig. 35o. — D»- Hogg. Fig. 35i. — Eleanor. Fig. 352. — Eliza.

Les variétés ci-dessus, c'est-à-dire|le Black prince, le Keen's Seedling, la British Queen, le d' Hogg et TElton doivent, je viens de le dire, se trouver dans tous les jardins. Cependant j'en ai cultivé bien d'autres variétés parmi lesquelles je puis recommander la Princesse Alice Maude, le Sir J. Paxton, la Carolina superba, la Crimson Queen, la Filbert pine, la Myatt pine, le Nimrod, le Dundas, Plmpératrice Eugénie, le Frogmore, le Late pine, le Sir Ch. Napier, la Victoria, la Wonderful, le Sir Harry , le Prince of Wales, le Président, TOscar, le Comte de Paris el la Princesse de Galles. J'ai cultivé aussi pendant des années le Hautbois ; mais, bien que j*en aie goûté le fruit, je n'ai jamais pu en récolter un plat.

Outre ces variétés, je m'occupe beaucoup du fraisier des Alpes, que Ton appelle aussi des quatre saisons, ou de tous les mois. J'en ai cultivé beaucoup de variétés, au nombre desquelles il y en a deux, Tune blanche et l'autre rouge sans filet, que je recommande particulièrement. On peut se les procurer par semis faits au printemps et la plante rapporte du fruit dans l'automne de la même année. Toutefois, je me procure ordinairement à Paris les graines de fraisiers des Alpes (fig. 353). Il faut repiquer les jeunes plants au commencement du printemps; ces plants commencent à rapporter quand les fraises ananas disparaissent, et on récolte jusqu'à l'automne. Il faut manger ces fraises avec du vin et du sucre comme on le fait en France. Quelques fraises, mises dans un verre de vin, lui communiquent un parfum très agréable.

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La fraise se compose de cellules avec un noyau central de couleur foncée, comme Ta démontré Quekètt (fig. 354).

Fig. 353. Fraisier des Alpes. Fig. 354. — Cellules de la Fraise mûre.

Le fraisier aime une terre riche, tout comme l'Ortie d'ailleurs.

Les arbres sauvages de l'Angleterre nous fournissent plusieurs variétés de framboises excellentes pour les confitures. Je cultive une excellente variété, le Falstaff, ainsi que l'Anvers rouge et jaune. Pour se procurer de nouvelles variétés, il faut faire des semis ; d'ailleurs, dans mon jardin où abondent les oiseaux, ceux-ci se chargent de ce soin, et les framboisiers abondent de toutes parts. On propage les variétés au moyen de drageons. On coupe, en automne, les branches qui ont rapporté des fruits, en ayant soin de laisser deux ou trois branches de l'année, qui doivent produire l'année suivante. Quelquefois je fais attacher ces branches à des échalas ou à des fils de fers tendus entre des poteaux.

Fig. 353. — Falstaff (rouge). Fig. 530. — Framboise d'automne (jaune).

Il y a un framboisier qui rapporte quelquefois des fruits jusqu^en novembre (fig. 356), époque à laquelle un plat de framboises est parti-

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culièrement agréable ; mais je n'ai jamais pu savoir comment il fallait traiter Parbre pour être sûr de la récolte. Les framboises d'automne sont jaunes et rouges; j'ai représenté la variété jaune.

Je cultive une variété, provenant d'un croisement entre le cassis et la frambroise, obtenue par M. Rivers ; mais il est fort rare que cet arbre me rapporte des fruits; j'ai pu, cependant, en obtenir quelques-uns; ils sont foncés, le goût en est assez bon, mais ils ne valent cependant ni le cassis, ni la framboise. Cette variété est presque inutile jusqu'à présent, en ce qu'elle rapporte fort peu ; néanmoins, il est bon de pousser Texpérience un peu plus loin. Le même horticulteur a obtenu d'autres variétés ; j'en possède une ou deux, mais qui ne m'ont encore rien rapporté.

La framboise sert à bien des usages domestiques ; il en faut donc cultiver beaucoup. Le framboisier pousse à l'état sauvage auprès de Weybridge, mais pas en aussi grande quantité qu'en Ecosse où il est plus commun que le groseiller.

J'ai cultivé dans mon jardin, à différentes époques, beaucoup d'espèces de vignes; mais le manque d'espace m'a fait graduellement cesser cette culture. On en connaît des espèces innombrables; j'ai vu une personne à Naples qui m'a dit en cultiver plus de deux cents variétés dans son jardin. A Wallington, il est impossible de cultiver la vigne en plein air. J'ai essayé d'en cultiver environ dix-huit variétés dans la serre à arbres fruitiers, mais sans aucun succès . La serre à arbres fruitiers est surtout utile pour la culture de la pêche, du brugnon et de la figue ; or, le traitement qui convient à ces arbres ne semble pas bon pour la vigne; en effet, j'ai à peine pu, dans ces conditions, me procurer quelques grappes. L'Erisaphe ou oïdium attaque continuellement les vignes cultivées dans la serre à arbres fruitiers et détruit toutes les grappes.

Dans la maison du Pauvre-Homme, j*ai restreint ma Culture à -trois variétés : le Sweetwater, le Prince Noir, et le Hambourg Noir^

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La maison du Pauvre-Homme est située sur une couche de pauvre gravier grossier. J'y ai planté de la vigne comme expérience ; elle y pousse avec un bois dur et vigoureux. Les plants sont espacés de quatre pieds; or, comme la toiture a dix pieds de largeur, chaque plant a quarante pieds carrés pour se développer. J'ai soin, chaque année, d'entourer le pied, de bon fumier de cheval ; en outre, je répands sur le sol de la poudre d'ivoire et je mets par-dessus une couche de 5 à 6 pouces de bon terreau. Les grappes que j'obtiens sont parfaites et très grosses; les graines sont bien développées et leur saveur est aussi exquise que possible ; je ne crois pas exagérer en disant que c'est le meilleur raisin que j^aie jamais goûté. J'ai récolté, en 1871, dans cette serre qui offre une superficie de 480 pieds de verre , 204 grappes pesant environ f52 livres.

Cette serre n'est chauffée que par deux tuyaux de trois pouces (ycentim. 5); cependant la chaleur produite est suffisante pour faire bourgeonner les vignes vers le i5 février, les faire fleurir vers le i5 avril, et pour permettre de récolter dans la première quinzaine de juillet.

Je m'arrange pour retarder autant que possible les plants cultivés dans la serre à vigne, de façon qu'ils ne me rapportent de raisin que dans la première semaine de septembre ; mais alors ils produisent jusqu'à la fin de février. Dans cette serre, la vigne est plantée dans de la terre grasse mélangée de débris de briques ; mais la terre étant trop grasse ne m'a pas produit d'aussi bons résultats que le gravier naturel. J'ai l'intention d'enlever une partie de la terre et de la remplacer par du fumier et des débris de briques, ce qui, je crois, convient admirablement à la vigne et à quantité d'autres arbres fruitiers.

Selon moi, on ne peut se dispenser de cultiver le Hambourg Noir (fig. 357)-, c'est là, d'ailleurs, Pespèce qu'il faut avoir de préférence à toutes les autres, car c'est la meilleure de toutes. Ce raisin n'a qu'un défaut, c'est de ne pas se conserver longtemps quand il est mûr, et de devenir un peu pâteux. Une eâpèce de Sweetwater est un peu plus précoce que le Hambourg Noir ; il faut donc cultiver un de ces plants. M. Standish possède une espèce très précoce; j'en ai un plant qui

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ne m'a encore rien rapporté. Tous les collectionneurs de vignes doivent cultiver le Prince Noir (fig. 358) dont la récolte manque

Fig. 337. — Hambourg Noir 1 . Fig. 359. '

Trcnîham noir.

Fig. j58. — Prince Noir.

quelquefois, mais qui est un raisin très juteux. On doit cultiver aussi le Trentham noir (fig. SSg), excellent raisin, mon favori, et un plant de Muscat (fig. 36o). Ce raisin est excellent et a beaucoup

Fig. 36o. Fig. 36 1. Fig. 362.

Mus;at Ingram. Chasselas musqué. Frontignan blanc.

(j) Les figures représentant les raisins sont dessinées à i/b de la grandeur naturelle.

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de goût, mais seulement quand il est ridé. Cette vigne rapporte tant, qu'il faut couper au moins les trois 'quarts des grappes au moment où elles se forment. Je dois ajouter que celte variété n'a pas été très bien accueillie et qu^elle tend à disparaître. Ce raisin offre cette particularité d'avoir beaucoup de pépins. Il faut cultiver un plant de Chasselas musqué (fig. 36 1 ) ; ce raisin, quand il mûrit dans de bonnes conditions, est un des meilleurs que Ton connaisse ; mais il faut redouter que les grains ne se fendillent et qu'ils ne pourrissent sur la branche. On ne connaît aucune méthode pour prévenir ces inconvénients, autrement ce serait la vigne la plus cultivée. On peut cultiver aussi le Front ignan .fig. 362); cette vigne produit de toutes petites grappes; aussi n'est-elle pas en faveur auprès des viticulteurs ; cependant le fruit est excellent; il est probable que ce plant sera remplacé par une variété découverte tout récemment et qui est peut-être la plus délicieuse de toutes : on rappelle la Citronelle de Standish (fig. 363). Le Sweetwater de Buckland (fig. 364) produit de grosses grappes composées d'énormes

rig. 363. Fig. 365.

Gtrooelle de Standish. Lady Downc.

Fig. — 364. — Sweetwater de Buckland.

grains ; ce raisin est très juteux et très rafraîchissant pendant les chaleurs de septembre. Le Muscat de Hambourg donne aussi d'excel-

lents fruits, mais les grains ont une grande tendance à se rider. Comme raisin tardif, on ne peut rien comparer au Lady Do^ne's Seedling (fig. 365). Ce raisin fleurit tardivement et la grappe mûre se conserve plus longtemps que toutes les autres. La figure 365 est dessinée d'après une grappe qui a mûri à la fin d'août et qui a été conservée dans un bocal plein d'eau jusque pendant la première semaine de juin de Tannée suivante ; les grains étaient encore en parfait état. On ne saurait trop cultiver celte variété.

Il est bon d'avoir aussi du Saint-Peter tardif; ce raisin est supérieur au Lady Downe's Seedling ; mais on ne peut compter ni sur la quan* tité, ni sur la qualité de la récolte.

Le Barbarossa produit d'énormes grappes. Je ne l'ai jamais cultivé, et celui que j'ai goûté a peu de saveur ; cette vigne, en outre, rapporte fonpeu.

M. Paul a obtenu dernièrement une nouvelle variété dont le fruit.

Fig 366. — Waltham, Fig, 867. — MonnukHa Noir.

fon gros, a une forme très élégante. Il l'appelle le Waltham (fig. 366) ;

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cette variété paraît très robuste, mais elle est encore trop nouvelle pour qu'on puisse avoir grande confiance dans ses qualités, quoiqu'elle mérite d'appeler l'attention.

Je cultive le raisin de Calabre et le Hambourg doré; mais j'ai l'intention de cesser cette culture. Autrefois, j'avais aussi du Muscat de Saiot-Laurent, mais je l'ai remplacé par la Citronelle de Standish, qui donne un fruit bien préférable.

Les Français placent en première ligne le Chasselas de Fontainebleau. Cest un raisin blanc à la peau très mince ; presque tout le diasselas qui se vend à Paris ne provient pas de Fontainebleau, mais est cultivé probablement bien plus au Sud. Je me rappelle, en effet, en avoir entendu crier dans les rues de Paris, puis m'être rendu à Fontainebleau où le chasselas n'était pas encore mûr.

Le colonel Sykes a rapporté du Deccan, dans l'Inde, plusieurs espèces de raisins, une surtout qui est très remarquable et qui mérite d'être cultivée partout, c'est le Monnukka (fig. Sôy). Les grappes pèsent 8 ou 9 livres, et les grains n'ont pas de pépins. M. Barron, direaeurdes serres de la Société d'horticulture, m'a signalé ce raisin et ma fait remarquer que, n'ayant pas de pépins, il serait précieux pour les confiseurs; je le cultiverai certainement.

J'essaie maintenant de cultiver une espèce appelée le général La Mannora, dans une petite serre imaginée par Looker, mais je suis persuadé que la maison du Pauvre-Homme est bien mieux disposée pour cette culture. Sans aucun doute, on peut cultiver le raisin sous toute espèce de châssis longs et étroits, et il me semble qu'un châssis long en bois, avec de la terre relevée de chaque côté, serait de beaucoup le meilleur arrangement.

Je cultive plusieurs espèces de Muscat, tels que le Muscat d'Alexandrie (fig. 368), le Muscat Canon Hall, le Muscat Bowood et le Muscat du parc de Tottenham. Je recommande tout particulièrement les deux premières espèces, bien qu'il faille leur copsacrer une serre spéciale où on développe plus de chaleur. Le Muscat Canon Hall produit de très gros grains, mais il est fort rare que le fruit se forme bien;j^ai essayé de provoquer cette formation en déposant sur les

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fleurs du pollen provenant de plants de Hambourg Noir, mais il est difficile de dire si ce système donne des résultats avantageux.

Les espèces que je viens d'indiquer constituent la collection la meilleure qu'on puisse faire dans un jardin particulier.

Je récolte toujours une grande quantité de raisin depuis le mois de juillet jusqu'à la fin de février; or, mon mode de culture est, comme on va le voir, très simple.

Quand la vigne commence à bourgeonner au printemps, le jardinier doit la surveiller avec soin. Il faut qu^il s'occupe des conditions hygrométriques de l'air et qu'il le charge, si besoin est, de grandes quantités de vapeur d'eau ; on y arrive facilement en ^^- ^^^' " ^"*^' dAicxtodric mettant de l'eau dans les réservoirs placés sur les tuyaux d'eau chaude, car cette eau s'évapore rapidement. Quelques jardiniers arrosent toute la serre, mais je crois que c'est là un mauvais système si Ton peut obtenir autrement un degré suffisant d'humidité. Dans tous les cas, si Ton veut arroser, il faut jeter de l'eau sur les murs et sur les sentiers, mais se garder d'en laisser tomber sur les plants.

A ce moment de la croissance, "un courant d'air est aussi fatal à la vigne qu'il le serait à un enfant nouveau-né ou à une personne âgée ; il faut néanmoins que la vigne ait beaucoup d'air. On y arrive en ouvrant les ventilateurs placés à l'arrière de la serre, de telle façon que l'air puisse se renouveler sans qu'il y ait de courant produit. Il faut, toutes les nuits, produire dans la serre un peu de chaleur artificielle, depuis l'époque où la vigne commence à bourgeonner jusqu'au moment de la récolte. Il va sans dire que, s'il se met à geler, il faut chauffer jour et nuit; mais, comme je ne force pas ma vigne, les instructions que je donne conviennent seulement à ceux qui veulent récolter du raisin depuis le mois de juillet jusqu'au printemps.

Quand la vigne pousse, il faut laisser assez de branches pour garnir

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complètement la paroi de la serre ; il faut casser les brindilles de manière qu'il reste juste assez de feuilles pour qu'elles profitent toutes du soleil et de la lumière; toute feuille qui n'est pas exposée à la lumière endommage le plant.

Pendant la période de croissance, le jardinier doit surveiller sa vigne avec soin par crainte de Toïdium. Au moindre soupçon, il faut répandre de la fleur de soufre sur les tuyaux d'eau et même sur les plants.

Dès que les jeunes grappes commencent à se développer, le jardinier doit s'occuper d'en supprimer une partie; il faut se laisser guider pour cela par la taille et par l'âge de la vigne, et toujours se souvenir qu'il vaut mieux récolter quelques belles grappes qu'une grande quantité sans saveur.

Mais ce n'est pas encore assez; il faut diminuer chaque grappe. En règle générale, il faut supprimer, à ce moment, les deux tiers du raisin produit, et le faire aussitôt que possible pour que les jeunes grappes n'épuisent pas la vigne.

Dès que les grains commencent à se colorer, il faut à la vigne une atmosphère plus sèche. Je fais vider chaque jour un ou deux réservoirs, j'obtiens donc par degré une atmosphère plus sèche dans laquelle les grappes atteignent leur plus grande perfection et où la peau du grain prend des qualités telles que le raisin se conserve plus longtemps. Quand le raisin est mûr, le jardinier doit avoir grand soin de ne pas le laisser dévorer par les guêpes, les souris et les oiseaux.

La récolte faite, la vigne réclame encore les soins du jardinier; il faut, en effet, qu'il surveille les feuilles jusqu'à ce que le bois soit bien mûr. Il faut que les feuilles de la vigne tombent d'elles-mêmes. Un jour, je me mis fort en colère contre un jardinier qui, sous prétexte de nettoyer la serre, arracha toutes les feuilles; en un instant, il venait de détruire les deux tiers de ma prochaine récolte.

Dès que le bois est bien mûr, on peut tailler la vigne. Je ne conserve qu'un brin que je fais tailler aussi près que possible de la tige, en ayant soin de garder un œil qui contient le germe de la future branche et des

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grappes qu'elle portera. Quelques jardiniers se plaisent, -en hiver, à enlever Técorce de la vigne et à badigeonner la tige avec des composés sulfureux, du savon noir ou de la chaux. Ce traitement nuit beaucoup à la vigne; au contraire, on ne s^expose pas à Tendommager, en saupoudrant. les tiges avec de la fleur de soufre.

Les instruaions que je viens de donner sont fort simples, et on est sûr de réussir si on les suit à la lettre ; mais si le jardinier s'en écarte, il n'obtiendra pas de bons résultats. Que, par exemple, on laisse s'abaisser la température pendant la nuit, qu^on expose les jeunes pousses à des courants d'air, qu'on laisse trop de pousses, qu'on néglige de diminuer le nombre des grappes, ou même la grosseur de chacune d'elles, que l'atmosphère de la serre soit trop sèche quand la vigne pousse, ou trop humide quand le raisin mûrit, et on aura travaillé en vain tout le reste du temps.

Le raisin contient beaucoup de potasse qui se dépose quelquefois dans le vin sous forme de tartrate; il contient aussi beaucoup de phosphore, il est donc nécessaire de fournir au sol ces deux éléments. Je fais donc répandre à la surface, de la poussière d'os ou d'ivoire que les pluies entraînent dans le sol, mais cela n'est pas suffisant, et il faut, tous les ans, mettre une bonne couche de fumier au pied de la vigne. Il est vrai que la vigne, plantée dans un sol qui lui convient bien, n'a pas besoin de fumier. On ne ftime jamais l'énorme vigne de Hampton Court, et elle ne paraît pas en avoir besoin ; cependant, les vignerons du- Rhin fument leurs vignes, et celles que nous cultivons dans nos serres produisent des fruits bien préférables si on les fume chaque année.

Je conduis la vigne en cordon, mais cela n'est pas absolument nécessaire, car un seul cep peut couvrir un espace très raisonnable. Néanmoins, comme la vigne pousse assez lentement, un grand nombre de cordons permet au viticulteur de récolter davantage et plus vite.

On s'est beaucoup occupé dernièrement des soins à donner au raisin pour le conserver. Si, en coupant la grappe, on a soin d'enlever en même temps un petit morceau de branche et qu'on plonge l'extrémité de ce morceau dans une bouteille d'eau placée dans une chambre obscure, le

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raisin coupé en octobre se conserve Jusqu'au mois de juin. En Italie, on trouve, au mois de mai, du raisin de Tannée précédente, mais les grappes semblent avoir été conservées dans des paniers, les tiges sont desséchées et le raisin lui-même n'est pas très bon.

On multiplie la vigne par semis, ce qui est le moyen d'obtenir de nouvelles variétés. Quelquefois aussi on féconde la fleur d une espèce avec le pollen d'une autre espèce ; c'est ainsi qu'on a obtenu la variété Standish et le Muscat Hambourg de Snow. On peut aussi multiplier les vignes par marcottes, ou enterrer dans un pot, dans la serre, un seul bourgeon auquel on laisse adhérer environ un pouce de vieux bois. On peut aussi la multiplier en enterrant une vrille. Mais la multiplication par bourgeons, telle que nous venons de l'indiquer, est de beaucoup la meilleure ; un bourgeon cultivé en serre donne un cep considérable à la fin de Tannée.

On peut propager toutes les variétés de vignes par marcottes ou par circonvallation, car la vigne produit facilement des racines à quelque partie que ce soit de ses sarments, mais je n'ai jamais pu déterminer quelles sont les conditions exactes de ce phénomène. Quelquefois, j'ai cru remarquer qu'une simple pression opérée sur une partie du cep suffit à déterminer la formation de racines en cet endroit; d'autres fois je n'ai pu découvrir aucune raison.

On peut greffer la vigne quand on désire faire produire à un cep une qualité différente. On peut aussi la greffer par approche. Cette opération doit se faire au printemps, au moment où les vignes commencent à bourgeonner, et, en une seule saison, les sarments atteignent une longueur de 10 à 12 pieds. J'ai pratiqué la greffe de la vigne avec beaucoup de succès.

Nos vignes chargées de raisin sont admirables en automne. On se rappelle toujours, quand on Ta vu une fois, le magnifique speaacle que présentent les serres, et on est frappé des résultats extraordinaires que Ton obtient avec de si pauvres moyens.

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