‹ Mon jardinChapitre 49 sur 99 · LE MELON · texte numérisé non relu

LE MELON

NosMelons(C«c//mr^me/o)sont toujours Tobjet d une culture particulière; dans certaines saisons favorables, j'en ai récolté qui pèsent jusqu'à loo ou 200 livres. On sème en mars dans les serres aux concombres, on repique en avril, et le fruit mûrit en juin ou juillet. Je cultive ces plantes dans la fosse à melons déjà décrite (fig. 96). J'en cultive d'autres sous des châssis ordinaires qui ne servent plus quand on a récolté les pommes de terre nouvelles et les fraises hâtives. On place, au centre du châssis, quelques brouettées de bon fumier, ce qui est un point essentiel dans la culture du melon, et on sème au milieu de ce fumier. Quand les fleurs paraissent et que les plantes ont atteint un développement considérable, il faut féconder à la main les fleurs femelles, car, bien que les ruches soient tout auprès, les abeilles entrent rarement dans les châssis. Je coupe toutes les feuilles qui ne pourraient pas recevoir beaucoup d'air et de lumière. Quand le fruit est formé et qu'il commence à grossir, je lui donne peu ou pas d'eau ; j'ai remarqué, en efifet, ce fait curieux, que Peau en contact direct avec la racine produit des melons très gros mais creux; si, au contraire, on n'arrose pas, on obtient des fruits solides jusqu'au centre et de bien meilleure qualité.

Pour que le melon ait toute sa saveur, il faut que les feuilles de la plante restent vigoureuses jusqu'à ce que le fruit soit mûr; pour entretenir les feuilles en lw)n état, il est nécessaire de conserver une certaine humidité dans l'atmosphère; on y arrive en mettant dans le châssis des soucoupes pleines d'eau. Il ne faut couper le fruit que quand il est bien mûr, et on doit le manger immédiatement ; dans ces conditions, il est parfaitement sain. Quelquefois l'aphis du melon, qui se produit par milliers, détruit une récolte. En juillet, arrive une espèce d'araignée rouge qui fait aussi beaucoup de mal, mais on peut s'en débarrasser en chargeant l'atmosphère d'humidité pendant la nuit. Cette araignée qui ne se présente que pendant le mois de juillet, m'empêche de cultiver les melons à cette époque.

Il y a d'innombrables variétés de melons. Beaucoup de personnes

Googh

LA NOtSËTTË 189

préfèrent le melon à chair verte, tel que le Golden Perfection ou rOrion. Quant à moi, je préfère le melon rugueux à peau mince et à chair rose (fig. Sôg), tel, par exemple, que le Joyau de Paradis. Le Joyau de Turner est un excellent melon , mais il a une grande tendance à se fendiller, alors les champignons poussent dessus et il devient malsain. Le Beechwood et le Bromham Kig. 369. Hall sont d'excellents melons. Il y aussi un tout

*i73 dUiSSre!***' petit melon que Ton appelle le melon de poche de la reine Anne. Je cultive ordinairement chaque année plusieurs variétés de melons, et je conserve avec soin les graines de ceux qui ont été particulièrement bons: Je n'aime pas les melons à chair blanche, ou plutôt je les aime beaucoup moins que les melons à chair verte ou à chair rose. Le caractère des melons change constamment, probablement parce qu'ils proviennent toujours de semis ; il est certain que tel melon n'est plus le même aujourd'hui qu'il était il y a quelques années. Les horticulteurs doivent donc se laisser guider dans leur choix et accepter toutes les graines, pourvu que les variétés soient bonnes. Après la première récolte faite, j'arrose un peu ma fosse à melon ; cet arrosage fait repartir les plants et j'obtiens ainsi une seconde récolte.

Je ne peux pas, dans mon jardin, cultiver le melon en plein air, et je n'ai pas pu, même sous châssis, obtenir le melon de l'Europe méridionale.

Je ne saurais trop recommander aux amateurs de manger les melons avant qu'ils se couvrent de champignons. En temps de choléra, si on ne peut pas se procurer ces fruits sur la plante même et que cette dernière soit bien vigoureuse, il faut s'abstenir.

f Les melons sont comme les amis, on en trouve à la douzaine, mais il n'y en a pas un sur vingt qui vaille quoi que ce soit. »

Page 1