LE SUREAU
Je cultive trois variétés de Sureau {Sambucus) : le sureau blanc, le sureau noir et le sureau écarlate. Le sureau noir {Sambucus nigra) est Tespèce la plus commune ; on l'emploie généralement pour faire du vin qui, chaud, est assez bon par un jour bien froid, quand on travaille dans le jardin ; j'y trempe ordinairement un morceau de pain grillé, que mon rouge -gorge vient toujours partager avec moi. Je n'ai jamais essayé de faire du vin avec le sureau blanc, mais j'essaierai la première fois que je récokerai assez de fruits. Il y a une variété écarlate de sureau (5. racemosa, fig. 392), mais elle n'a pas encore produit de fruits dans mon jardin, bien que ce soit une plante commune en Ecosse. Un magnifique sureau en plein vent orne la cour de l'hôtel des Trossachs.
LE RUBUS SAXATILIS.
J'essaie d'acclimater le Rubus saxatilis^ plante rare en Angleterre,
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UANANAS 20I
mais qu'on rencontre quelquefois en Ecosse. J'ai rapporté de ce pays un certain nombre de plants pour essayer de les |cultiver-, Texpéricnce seule me prouvera la possibilité de cette culture; en attendant, ils poussent bien.
l'ananas.
Je ne prétends pas cultiver T Ananas {Bromelia Ananus) ; néanmoins je m'^arrange toujours de façon à en avoir quelques-uns, chaque année, en les plaçant dans une petite serre. L'ananas aime une atmosphère diaude et humide, et beaucoup de lumière; on le propage par semis quand on veut obtenir de nouvelles variétés, ou bien par boutures, ou en plantant la couronne. Je plante aujourd'hui des boutures dans des pots que je place au printemps dans la fosse aux melons; ces bourgeons prennent racine en été et on les transplante en automne. Quelques jardiniers s'arrangent de façon à obtenir de gros ananas , un an après avoir planté ces boutures, mais je n'ai jamais réussi dans une si courte période. Pendant l'hiver, il faut donner peu d'eau ; mais, dès le commencement du printemps, il faut arroser pour q.ue la plante pousse plus rapidement. L'ananas exige peu de soins, il s'agit seulement de maintenir la température dé la serre à un minimum de 70" F (21^ centigr.) et de s'arranger de façon que l'atmosphère soit toujours humide. Il a plusieurs espèces d'ananas, mais une
^ • / / in Fig- 3<)3. — Ananas Qucen.
^ variété l'emporte sur
toutes les autres, par son parfum pénétrant, c'est le Queen (6g. SgS). Une livre de bon ananas Queen donne autant de parfum à des glaces, que six livres de toutes les autres espèces. Quand on veut de gros ananas, il Fig. 3g4. - Ananas en fleur, faut cultîver les auauas de la Providence ou de la Trinité ; pour employer pendant l'hiver, je recommande l'ananas
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noir de la Jamaïque. Le meilleur sol pour cultiver Tananas est un mélange de terre de bruyère, de tourbe et de fumier de cheval avec un peu de sable. Il faut toujours placer la plante près des vitres de la serre. La fleur de Pananas est intéressante, à ce point de vue que les fleurs se forment dans chaque petit compartiment, en commençant à la base du fruit et en s'étendant jusqu^à la couronne (fig. 394).
Les bons fruits sont actuellement très rares en Angleterre, et il serait fort désirable quil y en eût une plus grande quantité dans toutes les grandes villes. Beaucoup de personnes accablées des soucis de la vie dVffaires trouveraient une grande jouissance à consacrer leurs heures de loisir à la plantation de vergers, à la culture de leurs arbres et à la production de leurs fruits. Mais les habitants des grandes villes ne peuvent pas plus acheter directement que les producteurs ne peuvent vendre directement -, tous deux dépendent absolument des intermédiaires. L'avocat, le médecin, le négociant peuvent appliquer toute leur intelligence à la produaion d'excellents fruits, mais ils ne peuvent ni ne veulent s'occuper de la vente. Il devrait donc y avoir un système perfeaionné de marchés publics , pour que le peuple puisse se procurer de bons fruits, et c'est là une question qui appelle Tattention immédiate du Parlement. Le savant antiquaire, M. Charles Roach Smith, a publié un pamphlet sur la rareté des fruits, et j'espère que les détails que ma longue expérience m'a permis de lui communiquer tendront à diminuer ce besoin. Actuellement, on pourrait cultiver, dans le voisinage de nos villes si populeuses, des milliers d'arbres fruitiers ordinaires. Je citerai seulement six espèces d'arbres qui rapportent toujours, et dont le produit serait un gain pour tous, qu'ils soient riches ou pauvres; comme pommes: le Lord Suffield et le Wellington ; comme poires : La Bonne Louise, pour la table, et le CatiUac, pour la cuisine ; comme prunes : la Gisborne et la prune de Rochester.
Pour terminer mes remarques sur les arbres fruitiers, je ferai observer une fois de plus que beaucoup dépend de l'art et bien peu du sol. J^aî
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L'ANANAS 2o3
choisi mon jardin, sans avoir l'intention de cultiver beaucoup de fruits, et, cependant, Je pourrais dire avec le poëte :
€ Leur maigre terrain, Qui suffirait à peine à Thumble romarin, Vit naître à force d'art, sur sa côte brûlante, Le melon savoureux, la figue succulente, Et ces raisins ambrés qui parfument les airs; Et l'arbre aux pommes d'or, aux rameaux toujours verts, t
Vue du château de Bcddiagton auprès de l'église.
Nouveau pont dans le parc de Beddingtcn.