‹ Mon jardinChapitre 62 sur 99 · MES PARTERRES · texte numérisé non relu

MES PARTERRES

Je cultive beaucoup de fleurs, je dois même dire que je possède autant d'espèces de fleurs que je puis m'en procurer à un prix modéré, afin que, dans chaque saison, autant toutefois que le climat le permet, elles puissent me réjouir les yeux par leurs brillantes couleurs. Dans mes parterres, je cultive les ognons à fleurs, si admirables au commencement du printemps; les plantes vivaces, si utiles, en ce sens qu'elles persistent d'une année à l'autre, sans qu'on ait besoin de les renouveler; les plantes de couches, qui nous permettent d'avoir des masses de fleurs brillantes entre juin et octobre ; les plantes annuelles, qui lèvent au printemps, qui fleurissent et meurent après avoir produit leurs graines; les plantes bisannuelles qui poussent une année et qui fleurissent la seconde; les plantes de serres, qui doivent être protégées contre le froid et qui donnent des fleurs, alors que le soulHe de l'hiver a arrêté toute végétation en plein air ; les plantes de serreschaudes qui, pour pousser et vivre, exigent une température tropicale et en été et en hiver. Je réserve enfin des endroits spéciaux pour la culture des roses, des plantes alpines, des fougères et des orchidées.

Le Perce-neige [Galanthus nivalis^ fig. SgS) est la première fleur qui paraisse au commencement du printemps et qui vienne réjouir nos

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LES OGNONS A FLEURS 2o5

yeux attristés par Tarrêt de la végétation pendant Thiver. Cette fleur paraît toujours à la même époque, c'est-à-dire pendant la troisième semaine de janvier; elle ouvre ses charmanls boutona dès que la neige est fondue. Je me rappelle une année, mais une année seulement, où les perce-neige ont fleuri pendant la dernière semaine de décembre .

Le Perce-neige est une fleur naturellement simple, mais on peut en obtenir de doubles par

^ ^ ^ ^ Fig. 3g5. — Pcrçe-ncige.

la culture. On n'a qu'à planter les bulbes, puis à ne plus s'en occuper, car elles se propagent naturellement chaque année. Il faut cultiver une grande quantité de perce-neige, car ils font un excellent effet dans la serre à fougères, avant que les nouvelles feuilles ne paraissent.

Le perce-neige double a une fleur un peu plus grande que celle de la variété simple ; toutefois, je préfère cette dernière, qui est en somme plus agréable à la vue.

On a dernièrement importé de Crimée une espèce plus grande de perce-neige (Gcdanthus plicatus). La fleur est plus large, mais les feuilles sont aussi beaucoup plus larges et plus grossières que celles de l'espèce conmiune, dont on la distingue cependant difficilement. C'est, en résumé, une simple curiosité qu'il est inutile d'introduire dans un jardin.

Avant que les perce-neige aient disparu, on voit apparaître les nombreuses variétés de Crocus. Le Crocus versicolor est le premier, puis viennent successivement les belles variétés jaunes, blanches et bleues du Crocus vernus (fig. Sgô). Les bulbes du crocus persistent pendant des années, si on les plante dans un endroit sec, et si on répand à la surface un peu d'engrais. En été, quand le sol est sec, les bulbes mûrissent ; elles

e<> .«.*** é. y. j I I • j> Fig. 3o6. — Crocus Ternus.

se mettent à pousser quand les pluies d'automne humeaent la terre, et, au printemps, elles se couvrent de fleurs

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admirables. Rien ne peut surpasser en beauté Teflfet produit par un millier de plants de crocus en fleur tous à la fois. Les souris attaquent les crocus, mais j'ai trouvé que le meilleur moyen de protéger cette plante est de la planter de bonne heure. A peine les crocus ont-ils disparu, que Ton voit paraître les Jacinthes, (Hyacinthus orient alis fig. 397). On peut cultiver ces plantes de la même façon que les crocus. Pour les jacinthes en plein air, il vaut mieux employer les jacinthes en pot de Tannée précédente, qui, chez moi, rapportent des fleurs tous les ans. Je cultive mes jacinthes en pot d'une façon particulière ; je les plante dans une terre composée de terreau, d'engrais et de sable, puis je place tous les pots près les uns des autres, et je les recouvre de terre. J'imite ainsi leurs Fig. 397. — Jacinthe. conditions naturelles de croissance. Quand les racines sont bien formées et que la tige s'est élevée à environ un pouce au-dessus de la bulbe, ce qui chez moi a lieu vers Noël, on les transporte en plein air. Je hâte par la chaleur la floraison de quelques pots ; on en place d'autres dans la serre à arbres fruitiers où elles fleurissent en même temps que le pêcher et font avec ce dernier un contraste charmant. Dès que la fleur tombe, on retire la bulbe du pot et on la transplante dans une plate-bande où elle persiste pendant des années , si on ne la dérange pas. Ceux qui se livrent tout particulièrement à la culture des jacinthes ont l'habitude d'employer des pots très profonds pour permettre aux racines de prendre tout leur développement; mais cela n'est pas nécessaire dans les jardins ordinaires. A l'état sauvage, les jacinthes ont naturellement une fleur simple et bleue; les jacinthes de fleuriste sont simples ou doubles et affectent toutes les nuances du rouge, du blanc, du bleu et même du jaune. Cette dernière couleur semble toutefois une grande déviation de la couleur naturelle de la fleur, et l'ognon qui la produit est plus délicat. On a l'habitude de renvoyer en Hollande les plus beaux spécimens, pour que les jardiniers hollandais soignent Pognon avant l'exposition de l'année suivante. Il

ûiut faire sécher lentement à Tombre, après les avoir tirés du pot, les ognons que Ton conserve chez soi; la chaleur du soleil fait le plus grand mal à Pognon.

Après les jacinthes, fleurit la magnifique famille des Narcisses dont les variétés sont fort utiles, en ce sens qu'elles égayent le jardin avant qu'on ne puisse sortir en plein air les fleurs ordinaires. M. Barr a tout particulièrement étudié les narcisses et en a exposé de nombreuses Tariétés à la Société d'horticulture. Le Narcissus minor des Pyrénées est fort curieux, car il atteint à peine trois pouces de hauteur.

Le Narcissus Bulbocodium (fig. SgS) est une variété magnifique. Il y a d'ailleurs beaucoup d'autres espèces de narcisses qui poussent naturellement dans nos champs.

La Jonquille {Narcissus Jonquilla^ fig. 399) répand une odeur

Fig. 398.— Corbularia cons- Fig. 399# — N. JonquilU. Fig. 400. — N. Maximus.

Picoa ou Narcissus Bulbocodiom.

délicieuse. Il y a plusieurs variétés de fleuristes de la jonquille que l'on peut cultiver en pots une année, puis transplanter dans une plate-bande. Ces ognons semblent se plaire dans mon terrain ; ils produisent une multitude d'autres ognons qui tous produisent une grande quantité de fleurs.

Le Narcissus juncifolius est une jolie espèce naine. Le Narcissus viaximus (fig. 400} aune belle fleur; c'est probablement une variété du narcisse commun. Le Narcissus incomparabilis de l'Europe méndionale (fig. 401) a une fleur toute particulière et il y a une variété double de grande beauté. Quand l'admirable Narcissus poeticus (fig. 402) se met à fleurir à la fin de mai, on sait que l'été est proche. Il

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n'est pas de plus belle fleur, aussi devrait-on en cultiver une grande quantité. Je me rappelle avoir vu, près du lac Majeur, un champ littéralement couvert par cette fleur, ce qui faisait un spectacle admirable.

Fig. 401.— N. Incomparabilis. Fig. 402. — N. Pocticus. Fig 4o3. — N. TazelU.

Cette plante se multiplie très vite et formerait de véritables masses si le jardinier, en régularisant ses plate-bandes en hiver, ne prenait pas soin de détruire une partie des ognons.

Je cultive aussi le Narctssus Ta^etta (fig. 4o3 ) et quelques autres variétés. Si Ton considère l'importance de cette famille, dont les fleurs égayent le jardin à une époque où Ton ne peut pas s'en procurer d'autres, les narcisses méritent certainement plus d'attention qu'on ne leur en donne généralement.

Il ne faut pas oublier non plus les Fritillaires. La Fritillaria meleagris (fig. 404) est une des fleurs sauvages de l'Angleterre, dont les

Fig. 404. — Fritillairc. Fig. 405 — Nivéolc du printemps, Fig. 406.— Nivéoie d'été,

fleuristes ont obtenu beaucoup de variétés. La Fritillaire meleagris

n'est pas commune dans les jardins, et je me suis bien souvent amusé à montrer cette fleur à des jardiniers qui ne savaient pas même ce que c'était; elle pousse bien chez moi et fournit beaucoup de graines; la plupart des variétés sont fort belles. La Couronne impériale, plante voisine, ne réussit jamais très bien et, selon moi, on peut Pexclure du jardin, ou, tout au moins, ne pas la cultiver en quantité.

Une autre plante fort belle, qui fleurit au commencement du printemps, que bien peu de personnes cultivent et que tout le monde admire, est laNivéole du printemps [Leucojum venium^ fig. 4o5); un peu plus tard, vient la Nivéole d'été {Leucojum œstivum^ fig. 406), qui est tout aussi belle. Le grand secret de la culture de ces plantes, remarque qui s'applique d'ailleurs à toutes les plantes à ognons,est de les planter et de ne plus s'en occuper.

La Dent de Chien violette {Erythronium dens canis^ fig. 407) est une autre jolie fleur de printemps, originaire de l'Europe méridionale; elle ne réussit pas très bien chez moi, mais je ne saurais dire pour quelle raison. Cette plante aime beaucoup les terrains sablonneux.

L'Aconit d'hiver (fig. 408) peut se planter à l'ombre. Cette plante

Fig. 407. — Dent de chien. Fig. 408.— Aconit d'hiver. Fig. 409. — Anémone

des jardins.

porte une fleur jaune au commencement du printemps; je n'en cultive qu'une petite quantité.

Il y a beaucoup d'espèces d'Anémones, que je cultive seulement au milieu de mes plantes alpines et dans mon jardin sauvage. Toutefois, Y Anémone coronaria (fig. 409) porte des fleurs qui égayent un peu au commencement du printemps, alors que le jardin est tout nu. Les

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anémones n'ont jamais bien réussi chez moi et meurent au bout d'un an ou deux ; j'en ai cependant cultivé à quelques époques des quantités considérables. Il y a des variétés d'anémones simples et doubles qui, selon moi, ne valent pas la fleur sauvage. Toutefois, une anémone tardive, V Anémone vitifolia^ variété Honorine Jobert (fig. 410), qui fleurit en septembre et en octobre, est si belle qu'elle doit trouver sa place dans tous les jardins. Son charmant feuillage, la fraîcheur de ses belles fleurs d'un blanc si pur, qui paraissent au moment oîi presque toute la nature se repose, en font une des plus jolies plantes du jardin.

L'Hépatica {Anémone hepatica^ fig. 41 1) est une plante, originaire d'Europe, qui fleurit au commencement du printemps; je la cultive pour cette raison. Il y en a plusieurs variétés simples et doubles, rouges, bleues et blanches. U Anémone angulosa est une fleur magnifique qui atteint plus d'un pouce en diamètre; la variété double rouge

Fig. 410.— Anémone vitifolia. Fig. 411.— Anémone hepatica Fig. 412. —Renoncule.

est la plus belle. Quand les anémones réussissent, il faut cultiver toutes les variétés; mais dans mon jardin elles poussent difficilement, le climat ne leur convient pas, les feuilles tombent malades et la plante périt; jusqu'à présent, il m'a été imposible, malgré tous mes efforts, d'obtenir une plantation satisfaisante.

La Renoncule des horticulteurs (Ranoîiculus asiaticus^ fig. 412) est réellement belle, mais très difficile à élever; elle exige un traitement spécial, et ne convient par conséquent pas à un jardin ordinaire. Quand les renoncules sont disposées en corbeille dans un endroit bien choisi.

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elles produisent un magnifique effet. Néanmoins, bien que je les aime beaucoup, je n'ai guère employé dans mon jardin que les espèces sauvages.

Je ne cultive pas la Tulipe des horticulteurs {Tulipa Gesiieriana)^ qui exige beaucoup desoins et qui nécessite des dépenses considérables. J'aime, cependant, à avoir quelques Tulipes perroquets (fig. 41 3) dans les plate-bandes à cause de leurs couleurs et de leurs formes extraordinaires, qui rappellent le brillant plumage des oiseaux dont on leur a donné le nom. J^ai cultivé en assez grand nombre d'autres tulipes com-

Fig. 41 3. Fig. 414. Fig. 414 ^•

Tulipe perroquet. Tulipe commune des jardins. Tulipe van Thol.

munes(fig. 414). La tulipe Van Thol simple (fig. 414^) et double convient admirablement à la culture en pot, et on l'emploie beaucoup pour Pornementation des appartements à Londres et à Paris.

Francis raconte dans ses < Chroniques et Caractères de la Bourse » que, en 1634, éclata, dans les principales villes de Hollande, ce qu'on pourrait appeler la fièvre des tulipes. Le prix de ces plantes dépassa bientôt leur poids en or; dans une ceruine occasion, on donna en échange d'un seul ognon des marchandises ayant une valeur de 2,5oo florins; une autre fois, on paya un ognon six hectares de terre. « La spéculation s'en mêla, et des milliers de florins changèrent de main pour des tulipes que ni courtiers, ni acheteurs, ni Fig. 415. - Didytra spcctabiiis. vendeurs, n'avaient jamais vues. > Aujourd'hui, la spéculation est

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tout aussi effrénée à la Bourse sur des choses qui ont encore moins de valeur qu'un seul ognon de tulipe.

La Dielytra spectabilis (fig. 416) est une charmante plante originaire de Chine, presque rustique. Cultivée en serre, elle est admirable; mais en plein air, la gelée lui fait grand tort et lui enlève toute sa beauté.

Les Ixias (fig, 416) sont certainement les plus belles fleurs que Ton puisse voir à la fin de mai ; mais leur culture est difiîcile , parce qu'elles ne peuvent supporter d'être enfermées et qu'elles ont, cependant, besoin de protection contre le fi'oid. Une certaine année, j'avais apporté beaucoup de soins à cette culture, aussi ai-je obtenu dès fleurs admirables ; le secret est de leur donner beaucoup d'air tout en protégeant les plants contre la gelée. Cette

Fig 417* — ï"s- Fig. 416. — Ixias. Fig. 418. — Glaïeul.

plante ne vit pas en plein air sous notre climat.

L'Iris est une belle fleur en mai, Tespèce sauvage jaune fait un effet magnifique sur les bords d'un étang; mais il y a, en outre, de nombreuses variétés de VIris germanica (fig. 417), aussi bien que de Tins anglaise et espagnole. J'ai cultivé, en outre, les espèces alpines, véritables bijoux que je décrirai en leur lieu et place.

C'est en automne que Tognon le plus tardif porte ses fleurs admirables; rien de plus magnifique que le Glaïeul (fig. 418). Il y en a plusieurs espèces ; une des plus belles est la variété écarlate connue sous le nom de Brenchleyensis . On cultive beaucoup de variétés de cette

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fleur dans les environs de Saint-Germain, auprès de Paris. Cest là que j'ai acheté mes différents plants; ils se sont multipliés rapidement, mais j'ai fini par les laisser périr faute de soins suffisants pendant Thîver. Le glaïeul doit être déterré en oaobre et mis à Tabri du froid ; dans œs conditions, Toignon dure plusieurs années. Au jardin des Tuileries, à Paris, on a imaginé de planter des glaïeuls autour des rosiers et de soutenir les fleurs du glaïeul en les attachant à la tige de Farbuste, ce qui produit un fort joli effet.

En été, le Lis constitue un des plus beaux ornements du jardin. Cette plante est trop peu cultivée en Angleterre, mais j'espère que Ton suivra bientôt l'exemple de M. Wilson, président d'une des sections de la Société d'horticulture, qui en a fait une magnifique colleaion. Quoi de plus admirable que le lis blanc {Lilium candidum, fig. 419) au mois de juin ! Quoi de plus splendide en septembre que le Lilium

Fig. 420. — Lilium Lancirolium. Fig. 431. ^ L. auratum.

Fig. 419. — Lis blanc

lancifolium (fig. 420) et que le Lilium auratum (fig. 421)! Toutes ces variétés et beaucoup d'autres, cfailleurs, telle que le Lilium Martdgon^ réussissent parfaitement en plein air.

J'ai figuré d'après la collection de M. Wilson une espèce charmante, le Lilium canadense flavum (fig. 422), c^est certainement là une des

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fleurs futures de nos jardins. Mais on me dit que c'est à peine si nous connaissons quelques lis et qu'il faut aller au Japon pour les voir dans toute leur splendeur.

Il reste aussi beaucoup d'espèces à importer de Californie. Il est important pour la culture du lis de ne laisser jamais sécher les ognons. Lorsqu'ils semblent être en repos, les ognons accomplissent toujours, sans doute, quelques fonctions, aussi une sécheresse trop excessive leur est-elle très nuisible. Une fois plantés, il ne faut plus les l. canadensc Havum. déranger. Il y a beaucoup de variétés du lis Martagon commun {Lilium Martagon). Le lis écarlate {Liliinn Chalcedomcum) a une fleur très brillante. J'ai essayé aussi la culture du Lilium gigantetim^ du Népaul, dont la tige, ainsi que je l'ai vu à Paris, atteint une hauteur de huit ou neuf pieds. Il faut cultiver autant d'espèces de lis que possible; on peut les multiplier par division et il faut les planter dans un terrain riche.

La Ttgridta pavonia (fig. 423) produit en été une fleur très

Fig. 423. — Tigridia pavonia. Fig. 424.— Calla jKihiopica.

Fig. 424. — Canna indica.

extraordinaire. On devrait toujours avoir deux ou trois plants de cette.espèce, mais il me faut toujours remplacer les ognons qui pé-

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rissent chez moi. Cette plante se propage facilement par la division de rognon.

Comme plante au feuillage décoratif pendant Tété, rien ne suq^asse les Cannas ou Balisiers {Canna indica^ fig. 424) . Quelles admirables variétés de ces plantes décoraient le bois de Boulogne et tous les squares de Paris, avant que les Français n'aient été amenés à négliger leurs paisibles jardins pour se lancer dans le tumulte de la guerre! On les multiplie par semis et il faut rentrer les ognons pendant l'hiver ; cependant, quand Phiver est doux, ils peuvent passer cette saison en plein air.

I La Calla JEthiopica (fig. 424 a) est une jolie plante de «erre chaude. Ses fleurs blanches en forme de trompette et son feuillage vert brillant en font une plante fort belle. Elle aime beaucoup Teau. Je dois ajouter qu'elle était autrefois beaucoup plus appréciée qu^aujourd'hui.

Le dernier ognon à fleur que je puisse recommander, rig. 435. - Tube- , ; ,

rease. ç^^ la Tubéreuse {Pol y an t nés tuberosa^ ûg. 425). On

aime peu en Angleterre cette fleur, qui est fort recherchée à Paris.

Il y a un ognon à fleur que je recommande beaucoup de ne pas cultiver, YAconitum Napellus (fig. 21 5).

En septembre fleurit une plante extraordinaire, la Tritoma Uvaria (fig. 426), dont les fleurs jaunes et écartâtes semblent surgir tout à coup. C'est une grande plante à laquelle il faut laisser beaucoup d'espace pour qu'on puisse la voir dans toute sa beauté. La Tritoma Uvaria pousse à l'état sauvage sur les montagnes du cap de Bonne- Espérance; sous ce climat, ses fleurs sont assez brillantes pour qu'on puisse les apercevoir à une

distance considérable. TrUom UraVla ^-'g- 427. - Tritonia aurea.

A la fin de l'été, quand les fleurs deviennent rares, la Tritonia

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aurea (fig. 427) fleurit en serre. Cette plante se couvre alors de belles fleurs jaune orange; on la cultive très facilement.

Si Ton veut conserver les ognons à fleurs, il est absolument indispensable de surveiller avec soin les ouvriers que Ton emploie pendant rhiver à retourner le terrain ; autrement ils coupent les ognons sans en éprouver le moindre regret. J'irai même plus loin, je crois qu'il est impossible de conserver des ognons à fleurs quand on occupe des ouvriers, car ces derniers sont aussi terribles pour ces plantes que peuvent Pêtre les cochons. Ce que les uns détruisent avec leur grouin, les autres le déterrent avec leur bêche.

Au commencement du printemps, la Violette ( Viola odorat a) est la plus belle de nos fleurs indigènes. Quand on cultive cette plante dans un endroit bien exposé, où la fleur arrive facilement à maturité, un champ de violettes en pleine fleur est un des speaacles les plus magnifiques que

Ton puisse voir. Il y a beaucoup de variétés de violettes; Tune d'elles, la violette simple russe (fig. 428), est très belle. Le Czar a de grandes feuilles et de larges fleurs grossières , mais douées d'un parfum très pénétrant. Les variétés bleues, simples et doubles, de la violette de Naples sont très recherchées à Paris et à Florence, où on les monte en bouquets . La

Fig. 428 -Vjoleltc russe. 1,11 >m

couleur de ces violettes est d un bleu pale exquis ; et quand on les entoure de fleurs blanches ou qu'elles entourent elles-mêmes un camélia blanc, l'effet produit est admirable. Dans mon jardin cette variété est très délicate; je m'en suis procuré un grand nombre de plants, mais tous ont péri; elles sont assez belles cependant pour mériter qu'on les cultive sous châssis. Il y a des violettes blanches et des violettes arborescentes ; ce sont deux espèces remarquables. J'ai consacré aux violettes un coin de mon jardin dans lequel je cultive toutes les variétés connues. J'y ai dernièrement introduit la violette

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jaune sauvage sans parfum, et une nouvelle variété de cette espèce irouvée par M. Parker (fig. 429). On peut facilement multiplier les nolettes par la division des touffes ou par filets. Les Pensées (fig, 430) sont des fleurs très brillantes, et quelques-unes

Fig. 429.— Violette jaune de Parker. Fig. 4 3o. — Pensée.

sont fort belles. Pour les obtenir dans toute leur beauté, il faut les planter dans un sol riche et les cultiver de façon toute spéciale ; aussi je n'en recommande pas l'introduction dans un jardin ordinaire. Il y a une espèce de violettes bleues sans parfum {Viola comuta) que Ton cultive pour sa couleur, mais je ne saurais recommander cette fleur.

Le Primevère commun {Primula vulgaris^ fig, 43 1) est, sans contredit, Tune de nos fleurs indigènes les plus jolies, et Tune de celles qui deviennent les j^lus belles par la culture.

Les couleurs de la feuille et de la fleur forment le tout le plus harmonieux ; la plante entière est particulièrement belle quand elle est couverte d'une multitude de fleurs. Je les cultive par centaines dans mes serres, et rien ne peut être plus beau que ces plantes quand elles sont en fleur.

J'ai observé que les primevères atteignent leur plus grande perfection dans les bois quand on a coupé le taillis. La lumière est alors beaucoup plus puissante et les plantes atteignent tout leur développement dans la seconde et la troisième année. On trouve, dans les bois, beaucoup de variétés de primevères; on m'a envoyé de la Cornouailles des spécimens de toutes les nuances, allant du blanc au cramoisi brillant.

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Les variétés doubles du primevère commun ne peuvent se comparer comme beauté au primevère naturel ; on peut toutefois les cultiver pour avoir un plus grand nombre de variétés.

Bull a introduit Tannée dernière une superbe fleur, appelée le Primula Japonica (fig. 432). Cette plante a tout à fait trompé mes espérances, car les fleurs ne paraissent pas toutes à la fois comme le représente la figure, mais s'ouvrent Tune après l'autre.

Le délicieuse clochette (Primula veris fig. 432 a) orne les prairies qui nous entourent. On devrait cultiver aussi par centaines le Po- Ijranthusy fig. 433, fleur fort jolie et dont plusieurs variétés atteignent

Fig. 43a a, — Clochette. Fig. 433. — Polyanlhus.

Fig. 432. — Primula japonica,

même une grande beauté. On peut facilement se 'procurer le Polyanthus, soit par semis, soit par division des racines. Quand on fait des semis, il est bon de les faire sous châssis en mars, on repique plus tard les jeunes plants.

Le Myosotis sylvestris et sa variété blanche, ainsi que les espèces supérieures, le Myosotis discitijlora et le Myosotis rupestris que je décrirai quand je parlerai des plantes alpines, devraient aussi abonder dans tous les jardins au commencement du printemps.

A la fin de mai et au commencement de juin, les Lupins blancs et bleus vivaces [Lîtpifws polyphyllus^ fig. 4^4) sont de belles plantes couvertes des fleurs les plus brillantes. Il faut d'autant plus les recher-

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cher qu'elles ne demandent aucun soin. On peut les multiplier par semis ou par division des racines.

Une des fleurs les plus remarquables que Ton puisse se procurer en hiver, est TEUébore (Helleborus niger^ fig. 435); ses fleurs sont grandes et blanches. J'ai dû prendre beaucoup de peine pour la culture de cette plante, bien qu'elle atteigne naturellement sa plus grande beauté à quelques centaines de mètres de mon jardin et à une élévation d'une trentaine de pieds sur la colline. Mes plants sont aujourd'hui en parfait état, car je me suis procuré de vigoureux spécimens et les ai plantés dans quelques pelletées de terre de bruyère. Au mois de janvier, tous ces plants portent des fleurs magnifiques.

Aucun jardin n'est possible sans les Giroflées hâtives {Chetranthus Cheiriy fig. 436). Le parfum et la couleur de cette fleur sont également admirables. La propriété qu'elle a de pousser sur les côtés perpendiculaires d'un puits ou sur le sommet d'un triste mur, en fait une plante chère à tous les horticulteurs. Je préfère de beaucoup les giroflées communes obtenues par semis; d'autres préfèrent les variétés allemandes-, mais tout le monde, j'en suis persuadé, doit aimer la variété jaune double de serre ; on peut facilement multiplier cette variété au moyen de boutures, elle est malheureusement beaucoup trop négligée aujourd'hui dans les jardins.

Fig, 435. — Ellébore. Fig. 436. — Giroflée.

Fig. 434, Lupin.

l^Doromaim caiicasicum'(ûg, 4?>j) est une charmante plante de

printemps que Ton ne cultive pas assez souvent. L'harmonie qui existe entre ses fleurs Jaune brillant et la teinte particulière de ses feuilles, est tout particulièrement agréable quand on la compare à beaucoup de produits des fleuristes modernes, qui semblent avoir pris plaisir à torturer les formes et les couleurs.

Les Pâquerettes (Bellis perennis^ fig. 437 a) fleurissent au commen-

Fig. 437 a, — Pâquerette double.

Fig. 437.

Doronicum caucasicum.

Fig. 438. — Muguet.

cément du printemps. Les variétés cultivées de cette plante sont beaucoup moins belles que les pâquerettes sauvages des champs que les enfants aiment tant à cueillir pour s'en faire des couronnes.

Au mois de mai, le Muguet {Convallaria majallis) est ma fleur favorite. C'est une de nos plantes indigènes; on la multiplie par division et, une fois plantée, il ne faut plus s'en occuper pendant des années. Tous les deux ou trois ans, quand vient l'automne, je recouvre les plants d'un peu d'engrais. Le muguet n'aime ni trop de soleil ni trop d'ombre. La fig. 438 représente une variété à feuille variée, fort jolie quand on la cultive avec soin dans un pot. Il y a aussi une variété rose, mais qui ne peut pas se comparer à la plante

naturelle. , Fig. 439. — Œlllet Wanc Fig. 440. — Œillet» rariés.

Après le muguet, c'est-à-dire à la fin de mai ou au commencement

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de juin, les œillets commencent à fleurir. L'Œillet double blanc [Dianthus plumarius^ fig. 439) fleurit le premier ; puis d'autres variélés (fig. 440) fleurissent tour à tour et embellissent longtemps le jardin de leur présence.

Tous les œillets peuvent s'obtenir par semis faits sous châssis ; les plants qui lèvent au printemps fleurissent l'année suivante. On peut facilement multiplier, en juin, les variétés d'œillets, en prenant les jeunes pousses que l'on coupe à un joint. Il faut placer ces boutures dans une espèce de mortier fait en remuant de la terre avec de Teau jusqu'à ce qu'on obtienne une boue bien compacte ; l'eau, en s'évaporant, laisse la terre en contact absolu avec la bouture. Il faut recouvrir d'une cloche et, quelques semaines après, la bouture a pris racine. On transplante cet œillet au commencement du printemps et il fleurit bientôt. Il est ^imponant d'avoir beaucoup d'œillets dans un jardin.

On peut faire des extraits du parfum de l'œillet et d'autres fleurs au moyen d'un procédé imaginé par mon fils. Il emploie un entonnoir de verre (fig. 441) dont il a bouché au chalumeau l'extrémité inférieure. Il remplit cet entonnoir de morceaux de glace recouverts de sel, ce qui produit une température très basse; il supporte l'entonnoir sur un pied articulé ordinaire et le place près des plantes en fleur ; l'humidité de l'atmosphère chargée du parfum de la fleur se dépose alors sur la partie extérieure de l'entonnoir et finit par couler goutte à goutte dans un vase placé au-dessous. Les parfums que l'on obtient ainsi sont très fins, mais il Fig. 44a. faut y ajouter quelques gouttes d'alcool pur ou, autrement, l'eau devient vaseuse au bout de quelques jours. On peut, en employant ce procédé, se procurer beaucoup d'odeurs pour les comparer; mais il faut avoir soin de placer l'appareil auprès des fleurs qui viennent de s'ouvrir. Il est singulier que, jusqu'à présent, on n'ait pas encore écrit d'ouvrage scientifique sur les parfums. Les Italiens se servent souvent du proverbe : Toutes les fleurs finissent par perdre leur odeur.

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Les Œillets carnés (fig. 442) et les Œillets panachés {Dianthus caryoph/llus y fig. 443) ne se reproduisent pas par bouture aussi facilement que les œillets communs; on les multiplie donc par rejetons.

La Gueule de loup {Antirrhinutn majiis^ fig. 444) est une fort jolie

Fig. 442. — Œillets carnés Fig. 443.— Œillets panachés

(deux variétés). i trois variétés).

Fig. 444.— Gueuic de loup.

fleur à couleurs variées que Ton se procure facilement par semis. Les plants vivent pendant des années, à moins cependant qu'ils n'aient à supporter une gelée trop rude. Comme la giroflée, la gueule de loup pousse dans les crevasses d'un mur; c'est une plante que Ton peut placer en quantité dans les endroits brûlés parle soleil; sa culture n'exige aucun soin. On peut multiplier facilement, au moyen de boutures, toutes les belles variétés. Les fleuristes donnent aux , plus belles espèces des noms extraordinaires qu'il est absolument inutile de citer.

UAquilegta vulgaris ou Ancolie (fig.

445) est une belle ^'i6»445. — Ancolie varice. Fig. 446. — Pied d'alouette.

plante qu^on peut cultiver çà et là. Trois ou quatre plants dans un

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jardin suffisent parfaitement. Il y a plusieurs espèces et beaucoup de variétés d'ancolies.

Le Pied d'alouette Delphinium formosiim (fig. 446) est une autre plante de parterre fort belle; on l'obtient facilement par semis, et les plants persistent plusieurs années. Cette fleur a une couleur bleue splendide ; au nombre des variétés du pied d'alouette, il y en a une, le Delphinium Belladonna, dont la couleur bleu pâle est inimitable. Il y a de nombreuses autres variétés de pied d'alouette qui sont plus ou moins belles.

Comme jaune brillant, peu de fleurs surpassent VEschscholtiia califomica (fig. 447), introduite en Angleterre par la Société d'Honiculture, M. Douglas Payant découverte lui-même. Les fleurs sont, en effet, très brillantes, mais je trouve qu'elles sont un peu maigres.

Il ne faut pas oublier, au nombre des fleurs communes de platebandes, les Pentstemofis (fig. 448) .

. , Fig. 447. -- Eschscholtzia Fig. 448. — Penl-

II y a, il est vrai, un certam ennui caiifornica. »temoD.

à les cultiver, car elles passent difficilement l'hiver en plein air et il faut les placer sous châssis. Cependant, il y en a plusieurs belles variétés qui devraient orner tous les jardins. Selon moi, quelques-unes des variétés ont des fleurs exquises.

Toutes les plantes que nous avons décrites jusqu'à présent décorent le jardin pendant le printemps et pendant l'été ; pour la fin de l'été et le commencement de l'automne, nous devons avoir recours aux Phlox herbacés, aux Dalhias, aux Roses trémières et aux Chrysan-

Fig. 449. — Phlox herbacé.

thèmes.

Dans les derniers jours d'août et à la fin de septembre les fleurs sont très rares. A cette époque, les fleurs du Phlox sont réellement splen-

dides (fig. 449). Cette plante pousse des tiges ayant trois ou quatre pieds de hauteur, et, quand le plant a trois ou quatre ans, les touffes de fleurs qui surmontent la tige sont si grosses et ont une couleur si belle, que quelques pieds suflisent à orner un jardin . Il ne faut pas les placer cependant dans les plate-bandes, où les fleurs sont disposées symétriquement, mieux vaut les planter dans un endroit un peu plus isolé. On devrait cultiver un grand nombre de ces plantes appartenant à des variétés différentes. On les multiplie facilement par division, et on peut obtenir de nouvelles variétés par semis; on garde les plus belles pour les cultiver de façon permanente.

La Rose trémière {Althœa rosea^ fig. 460), avec ses magnifiques fleurs jaunes, rouges et presque noires, fait un fond magnifique sur lequel se I détachent admirablement les phlox ' herbacés. La rose trémière pousse t très bien dans mon jardin et y devient très belle ; cette fleur a un aspect si magnifique qu^il faut toujours la cultiver. On l'obtient faci- ^. , j.,,. lement par semis, et on multiplie

Fig. 450. — Rose Fig. 451. — Dalhia. r » r

irémière. ' [^3 variétés par boutures.

Le Dalhia (fig. 46 1), qui nous rappelle que Tété va finir, orne les jardins pendant les derniers jours d'août et pendant le mois de septembre.

Le dalhia a été importé en Europe au commencement de ce siècle ; c'est, en somme, une fleur assez grossière et qu'il ne faut admettre qu'avec précaution dans le plan général du jardin. Il a des racines tuberculeuses qu'il importe de protéger contre le froid en hiver; ses racines germent au printemps et, au moyen de ces germes employés comme boutures, on peut facilement multiplier la plante. Le dalhia est originaire du Mexique -, on en cultive aujourd'hui d'innombrables variétés.

En octobre, il y a deux plantes qui ont un aspect très frappant : la

Googh

plus grande [Rndbeckia, fig, 452) peut se voir d'un bout à Tautre du

Fig.453.— Heiianthus decapetaliu.

Fig. 452. — Rudbeckia. Fig. 453 a.— Eryngium maritimum .

jardin, tant ses fleurs sont brillantes; la plus petite {HeltanthuSy fig. 453) est presque aussi extraordinaire. Comme ces plantes sont fort grandes et fort grossières, il ne faut pas les placer au milieu de plantes délicates. Le Panicaut (Eryngiuin maritimum^ fig. 453 a) est aussi une plante fort intéressante.

Viennent alors les dernières fleurs de toutes, les Chrysanthèmes [Chrysanthemum sinense^ fig. 454); il y en a d'innombrables variétés, les unes , à larges fleurs , qui atteignent une hauteur de six pieds (C,sinense)\ les autres, naines, à petites fleurs appelées pompons [CAndicum)^ admirablement appropriées à la décoration de la table et restant en fleur jusque pendant la première semaine de janvier. Quelques variétés sont dites à fleur d'anémone, parce que la fleur ressemblée celle de Tanémone. Les autres, venant du Japon, ont des fleurs variées. Les chrysanthèmes ne réussissent pas très bien chez moi, mais poussent admirablement dans la partie nord de Londres, à Stoke Nemngton^ où l'on fait des expositions annuelles de chrysanthèmes. Je me rappelle avoir été président de Tune de ces Sociétés et avoir éprouvé beaucoup de plaisir à observer avec quel soin les ouvriers intelligents et les classes moyennes élèvent ces plantes.

Le jardinier du Temple, qui aime beaucoup les fleurs, a étonné le monde horticole par le succès qu'il a obtenu en cultivant les chrysan-

Smee. Mon Jardin, i3

thèmes dans les conditions les plus désavantageuses. A la fin de novembre, les jardins, dans la vallée de Brighton, resplendissent véritablement tant ils sont pleins de ces fleurs. On devrait cultiver le chrj^santhème partout où il y a possibilité de le faire ; ceux qui possèdent une serre à arbres fruitiers peuvent les amener à une grande perfection en les cultivant en pot aussi tard que possible en plein air, puis en les plaçant dans la serre pour les y faire fleurir. Les fleurs du chrysanthème

Fig. 454. Fig.455. Fig.456.

Chrysanthème de Chine. Chrysanthème du Japon. Chrysanthème pompon.

ont la propriété de se conserver longtemps après avoir été coupées, qualité fort utile pendant les sombres mois de novembre et de décembre, alors que les fleurs sont rares.

La couleur des fleurs varie du jaune le plus brillant et des différentes nuances de rouge au blanc le plus pur. Pendant les deux ou trois dernières années, on a beaucoup cultivé les variétés du Japon, à pétales détachées (fig. 455). Les petites variétés pompons (fig. 456) sont fort utiles pour la décoration de la salle à manger. Pour les plants d'exposition, on emploie un peu de chaleur afin de développer les fleurs et on coupe tous les boutons latéraux. Je regrette d'avoir à ajouter que, pour donner une plus grande régularité aux pétales des fleurs, on se sert de fers à friser et d'autres instruments analogues; ainsi, ces pauvres fleurs sont traitées, pour se faire voir, de la même façon que Ton traite la chevelure d'une dame qui se rend à un grand bal.

On obtient par semis de nouvelles variétés du chrysanthème, que Ton peut propager ensuite par boutures ou par division des racines. Si on cultive cette fleur en pot, il faut Tarroscr souvent avec de l'engrais liquide.

LKS PLAN JKS VIVACKS

On cultive beaucoup d'espèces de Pois de senteur, mais, à Texception du pois de senteur annuel, tous ont une position subordonnée dans le jardin. La grande espèce vivace {Lathyriis latifolius) est cependant fort belle et on peut en dire autant de quelqifts espèces un peu plus petites, telle que le Lathyrus tiiberosus\ on se procure facilement ces plantes par semis et elles repoussent pendant des années au même endroit sans qu'on ait besoin de s'en occuper autrement.

La vue de VAcanthus mollis (fig. 467) me cause toujours un grand plaisir, car le feuillage de cette plante a suggéré aux Grecs les ornements qu'ils sculptaient aux chapiteaux de leurs colonnes; à mesure que Ton voit pousser l'acanthe, les souvenirs classiques vous reviennent en foule à l'esprit. Il y a plusieurs autres variétés d'acanthe que je ne cultive pas.

La Lobeliafulgens est une de nos plus jolies fleurs (fig. 458), malheureusement elle ne se plaît pas dans mon jardin et meurt constamment ; mais je dois ajouter qu'elle y est tout aussi constamment remplacée. Le feuillage de cette plante revêt de vives couleurs; la fleur écarjate brillant a le grand mérite de se développer fort tard en automne. On multiplie cette plante par des boutures.

On a beaucoup cultivé dans quelques jardins, pendant ces dernières années, les variétés de fleuriste du Pfrethritm carneiim (fig. 459) originaire ^* du Caucase. Je n'aime pas beaucoup ces fleurs, bien que leurs variétés soient nombreuses et qu'elles aient le double mérite d'être très rustiques et de se multiplier facilement au moyen de boutures.

Une fleur très brillante, la Pivoine (fig. 4G0) fleurit à la fin de mai.

Acaathus mollis.

Fig. 458.

Lobclia fulgcns.

Fig. 45o — Pyrcthrc clouble.

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Il y en a de nombreuses variétés qui sont plus remarquables par leur taille que par leur beauté ; j'en ai eu beaucoup de plants, mais ► ils ne m'ont jamais donné aucune satisfaction. Il y en a certainement de belles espèces, mais il est fort rore qu'elles fleurissent en Angleterre. On dit que les Japonais et les Chinois possèdent d'innombrables variétés de ces fleurs.

La Gunnera scabra est une plante remarig. 40.- ivoine. quable à grandes feuilles qui ressemblent un

peu à celles de la rhubarbe ; cette plante aime l'humidité et il faut la protéger contre le froid,

Nous avons recours en été, pour la décoration du jardin, à ce qu'on appelle les plantes de couche. Ces plantes constituent à la fois la beauté et la laideur d'un jardin. Elles sont fort utiles en ce que, pendant quatre mois de l'année, elles permettent d'étaler dans les plate-bandes des milliers de fleurs brillantes et en ce qu'elles poussent fort régulièrement. Mais, à côté de ces qualités, il faut bien dire que la culture en est si facile qu'elles ont malheureusement remplacé toutes les plantes que nos pères aimaient tant à admirer. J'ai vu, dans bien des jardins où l'on entretient de nombreux jardiniers, les plate-bandes absolument nues jusqu'à la fin de mai; on réserve, en effet, toute la décoration pour l'été et on la concentre dans quelques espèces de plantes de couche, en faisant des dispositions de couleurs plus ou moins extraordinaires. Actuellement tous les jardins se ressemblent; l'inévitable géranium écarlate s'y rencontre toujours, à Texclusion de mille petits joyaux qui devraient prendre place dans le jardin de tout amateur de fleurs. Quant à moi, j'ai restreint autant que possible dans mon jardin l'emploi des plantes de couche.

Il y a de nombreuses variétés de géranium ou, à proprement parler,

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de pélargonium. Les unes ont les feuilles panachées or et bronze; d'autres ont les feuilles dorées ; d'autres, les feuilles bordées d'un filet dor; d'autres ont les feuilles argentées ; d'autres, enfin, ont les feuilles simples. S'il faut dire la vérité, les fleuristes ont élevé une si grande multitude de géraniums que les variétés se confondent si complètement et qu'ail est presqu'impossible de les distinguer les unes des autres; ils ont, en un mot, poussé à l'extrême les variations qu'il est possible d obtenir chez une même espèce, et cela, sans avoir pu réussir à produire une nouvelle espèce. Une des plus belles variétés de géranium qu'on aie jamais obtenue est celle qui porte le nom de madame Pollock ; la feuille de cette variété (fig. 4G1) revêt des couleurs si admirables, quand elle est bien exposée à l'air et à la lumière, qu'une de ses feuilles peut servir de broche ou d'ornement pour les cheveux. Je cultive une assez grande quantité de géraniums. Toutes les variétés qui ont les fleurs très-colorées font plus d'effet quand elles ne portent pas de fleurs; on a donc l'habitude de détruire les boutons dès qu'ils paraissent.

Fig. 461.— Gcranium M«"« Pollock (feuille). Fig. 402.— Pclargonium. Fig. 462 a. — Pclargonium.

D'autres variétés de géranium ou de pélargonium, comme on les appelle ordinairement (fig. 462), se cultivent pour leurs fleurs; je conseille de choisir deux ou* trois nuances au nombre desquelles doivent se trouver l'écarlate et le cramoisi. On a dernièrement négligé de belles variétés de serre (fig. 462 a) pour se livrer à la culture de géraniums doubles qui sont des fleurs très inférieures.

On coupe les boutures de géranium en août et on les place, soit dans des pots, soit dans un coin de la plate- bande. En hiver, il faut les

Googh

23o MON JARDIN

rentrer en serre et leur donner autant de lumière que possible. On les replace dans la plate -bande dans la dernière semaine de mai.

LaCalcéolaire ligneuse (fig.463) est une jolie plante qui se couvre d'une multitude de fleurs Jaune brillant. Elle est assez délicate et il faut la conserver en serre pendant Thiver, mais elle donne beaucoup de fleurs en été.

Comme fleur bleue pour les plate-bandes, j'emploie ordinairement

Fig. 463. — Cal.col.iirc. Fig. .\l)\. — Lobulia. Fl^. 405. — Pdtunia.

la Lobelia (L. syyhililica, fig. 464) dont une variété naine récemment introduite est la plus belle. Il y a beaucoup de variétés de lobélia, qui présentent les couleurs les plus diverses.

La fleur du Pétunia est fort belle-, mais la plante est trop grosse et pousse trop de branches pour qu'on puisse l'admettre dans une platebande géométriquement dessinée'. On obtient le pétunia par semis et on perpétue par boutures les variétés de fleuriste qui sont nombreuses.

UAgeratum mexicanum (fig. 466) est une autre fleur bleu pâle qu'on emploie souvent dans les plate-bandes. Il y en a de nombreuses variétés. C'est une plante bisannuelle.

La Verveine [Verbena^ fig. 467) est beaucoup

trop négligée aujourd'hui; c'est peut-être à cause de

certaines difficultés que, depuis quelque temps, on

éprouve dans sa culture. En effet, des aphides,

l'ir CG - A or lum ^^'^ champignons et quelques causes inconnues font

mexicanum. p^^^j^ ^^^^^ ^^^^ pendant l'été. Une plate-bande de

verveines, telle qu'on en voit dans les jardins de Hampton Court,

Googh

Cît un des plus beaux speaades que puisse donner Part du fleuriste. Mon jardinier a, pendant plusieurs années, planté de verveines une plate-bande d'environ deux cents pieds carrés, et c'était là, sans contredit, pendant trois mois, Tendroît le plus joli du jardin. Plantée autour J un rosier en pyramide, la verveine fait un très-bel effet. Je ne m'arrêta-ai pas à donner le nom de toutes les variétés. Les fleuristes ont rhabitude de nommer toutes les variétés appréciables, ce qui importe peu à l'amateur, pourvu qu'il puisse se procurer des plantes ayant différentes couleurs, telles, par exemple, que le blanc écarlate ou couleur Je lavande. Quelques espèces de verveine exhalent un parfum très agréable. On peut se procurer des variétés par semis; on les propage ensuite par boutures faites en août, que l'on conserve en serre

Fig. 467. - Verveine. Fig. 468. - Héliotrope Fig . 4G9.-Salvia polens

CJenny Lind).

pendant tout l'hiver et que l'on transplante en plein air à la fin de mai.

L'Héliotrope, autre jolie plante de plate -bande, est aussi très négligée. Une variété foncée, appelée le Jenny Lind (fig. 4(38), est tout particulièrement remarquable; mais on peut la remplacer par d'autres espèces fort jolies. L'héliotrope se multiplie facilement par boutures.

LesSalvia se cultivent fort peu aujourd'hui. Le Salvia bleu {Salvia ;?a/e«^, fig 469) est une belle plante; mais il est assez difficile de lui faire passer l'hiver.

Le magnifique Brugmansia suaveolens ou Datura arborea (fîg. 470),

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23î MON JARDIN

couvert de ses fleurs blanches tubulaires au parfum si pénétrant et si agréable, forme de grands arbres dans le midî de la France et de Tltalie et peut, dit-on, rester en plein air toute Tannée dans le Devonshire et

Flg. 470. — Datura arborca. Fig. 47»- — Pyrclhum Fig. 472. — Coîeus.

Parthenium.

dans la Cornouailles. Cette plante constitue un des plus beaux ornements d'un jardin bien cultivé; elle se propage facilement par bouture. Il faut rentrer le datura en serre pendant Thiver.

Beaucoup de personnes admirent le Pyrethrè doré {Pyrethrum parthenium^ fig. 471). Cest une plante naine dont on se sert pour faire des bordures. Son feuillage doré est certainement très brillant, mais je dois dire que je n'aime pas beaucoup cette plante. Cest une plante indigène rustique, que Ton peut propager par division.

Les différentes variétés de Coleus (fig. 472) produisent beaucoup d'effet. Les unes ont le feuillage si foncé qu^il est presque noir; les autres ont les feuilles frangées, et on trouve une grande diversité de couleurs dans les différentes espèces.

M. Veitch a récemment introduit une nouvelle plante, VAniaranthus salicifolins (fig. 473), qui promet de devenir une plante fort utile, pour former le centre d^un parterre. ' C'est une plante annuelle.

Fig.473.-Amar«nihussaiicifoiius. Actuellement, OU place dans les platebandes beaucoup d'espèces d'Echeveria, mais je préfère les cultiver

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au milieu des plantes alpines. VEcheveria metallica (fig. 474) est une belle plante, aux larges feuilles charnues, qui fait un joli contraste avec les autres plantes alpines. UEcheveria sectinda a de jolies feuilles vertes; il y a plusieurs autres espèces d'echeveria, telle que VEcheveria sanguinea (fig. 474 j), que Ton admire beaucoup-, il faut rentrer ces plantes en serre pendant Thiver.

On a l'habitude de planter en plein air, au commencement de mai, toutes les plantes de plate-bande, et de les recouvrir d'un paillasson pendant la nuit. Je pense qu'il vaut mieux, en moyenne, dans le voisi-

î'''g' 474 iî.— Echeveria sanguinea. l'ig. 47^* — Cîa/ania.

'•K- 17 1- — Echîveria metallica.

nage de Londres, attendre la dernière semaine de mai ; car, quelque chaude que puisse être la première semaine de ce mois, on peut s'attendre à des gelées assez fortes pendant le courant de mai, quelquefois même il tombe de la neige.

Une plante indigène de l'Afrique méridionale, la Gaiania (fig. 475) aux larges fleurs orangé brillant, fait très bien dans les plate-bandes. On la propage facilement par bouture et elle reste en fleur tout l'été.

Quelques jardiniers font quelquefois des plate-bandes extraordinaires, en imitant des dessins aussi laids que ceux qui se trouvent sur les calottes turques, avec des Géraniums, des Echeverias, des Joubarbes, des Verveines, des Saxifrages et de nombreuses autres plantes; mais ces dessins sont plutôt un motif d'étonnement qu'une source d'admiration pour les vrais amateurs. Quelquefois, on imite les fleurs en disposant des pierres blanches et des morceaux de briques de couleur selon un mo-

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dèle quelconque, et en bordant le tout de buis. On voit quelque chose de semblable au jardin d'horticulture à South-Kensington et devant Phôpital de Bethléem, je ne sais si ces derniers parterres ont été imaginés par le jardinier ou par les malheureux aliénés qui habitent Thôpital; mais ces imitations sont certainement une preuve de monomanie horticole.

Il y a beaucoup de plantes que Ton sème au printemps et qui, après avoir fleuri, meurent en automne-, il faut donc les semer chaque année; on peut cependant employer beaucoup de ces fleurs à la décoration du jardin. Mais il faut avoir soin de ne pas semer ces plantes trop près les unes des autres, car alors aucune d'elles ne se développe et elles ont toutes Taspcct de mauvaises herbes. Pour que chaque plante soit réellement belle, elle doit être isolée : ainsi un Nemophila isolé est une plante charmante; un seul plant de réséda couvre un espace de deux pieds; un seul pois de senteur forme un arbrisseau exquis; par conséquent, toutes les espèces de plantes annuelles, jusqu'à la petite giroflée de Virginie, doivent être isolées et avoir beaucoup d'espace.

La Giroflée de Virginie [Malcolmia maritima) et une autre variété rose s'emploient au commencement du printemps. A la même époque, les différentes variétés de î^emophila (fig. 476) font un effet charmant

Fig. 476. —Nemophila. Fig. 476 a. — Clark^a. Fig. 477.— Pois de sontcur hàlil.

dans les parterres; il faut semer ces derniers dans le courant de

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LES PLANTES ANNUELLES lôS

Tautomne. Un peu plus tard dans la saison, le Clarkia (fig. 476 a) est une plante fort utile.

Après la némophile fleurit le Pois de .senteur [Lathyriis odoratiis^ fig. 477) ; il y en a plusieurs variétés. Ordinairement je plante un seul pied dans un endroit; je possède une variété qui se sème elle-même tous les ans et qui résiste à l'hiver; elle pousse des branches tiu commencement du printemps; les fleurs la couvrent en abondance un peu plus tard et les graines mûrissent en août.

Le Convolvulus major (fig. 477 a) doit toujours faire partie des plantes annuelles d'un jardin ; mais il n'est guère donné qu*à ceux qui se lèvent de bonne heure de voir cjtte fleur charmante dans toute sa perfection.

fig. /|77 a. — Convolvulus major. Pij. 478. — Corc jpàis ti:ict jru. Fig. 478 ^. — Miroir Je

Vénuô.

On doit toujours aussi cultiver de loin en loin un plant de Coreopsis tinctoria (fig. 478) qui fleurit en août.

Le Miroir de Vénus {Speculan'a speculuw^ fig. 478 a) est une charmante plante annuelle naine, dont on peut se servir comme bordure.

On peut aussi placer de distance en distance quelques Œillets d'Inde {Tagetes erecia^ fig. 479) de façon qu'ils tranchent bien dans le parterre. On sème en serre chaude, en avril, et on repique les jeunes plants en mai. Une variété naine d'œillets d'Inde constitue un fort bel ornement.

On peut cultiver de la même façon de nombreuses variétés de Zinnia elegans (fig. 481); les couleurs de ces fleurs sont réellement fort belles en été.

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Les grandes giroflées bisannuelles ne réussissent pas très bien dans

Fig. 479. Fig. 480. Fig. 481.

Œillet d'Inde orange double. Œillet d'Inde simple. Zinnia elegana.

mon jardin, cependant je cultive de nombreuses espèces annuelles simples et doubles [MathioIa^Gg, 482) à cause de leur beauté» et de leur parfum. Il faut les semer au printemps, sous châssis; quand la saison devient plus chaude, on repique en plein air et les plantes fleurissent dans le courant de Tété.

Le Réséda {Reseda odoraia^ fig. 483) est une plante annuelle qu*il ne faut jamais oublier. Il y a une grande variété que Ton cultive tou-

Fig. 582. — Giroflée. Fig. 483. — Réaéda. Fig. 484. — Immortelle.

jours aujourd'hui; si on la place dans une situation favorable, en pleine exposition à Tair et à la lumière, on obtient des plants très décoratifs et qui portent une odeur délicieuse. Avec quelques soins, on arrive même à obtenir un arbre véritable que Ton peut conserver en serre chaude pendant l'hiver; mais, selon moi, cet arbuste, quelque curieux qu'il soit, ne vaut pas la plante poussant à Tétat naturel.

Il est un groupe fort intéressant de plantes, appelées les Immortelles

(fig. 484), dont les fleurs persistent fort longtemps. Il est bon de les semer sous châssis et de les transplanter ensuite, bien que plusieurs espèces puissent se semer au printemps en plein air. Je cultive, au milieu de mes plantes alpines, la variété dont on se sert en France pour faire des couronnes; cette variété est vivace.

On peut placer çà et là, dans un endroit retiré, un Soleil géant (//elianthus giganteum^ fig. 485). Cette plante atteint une hauteur d'environ six pieds; la fleur centrale est énorme et il y a ordinairement sur la tige cinq ou six fleurs plus petites. Un petit garçon, employé dans le jardin, conduisit un jour un visiteur devant cette fleur et lui dit : « Monsieur, voilà la plus belle fleur du jardin. »

Fig. 485. — Soleil. Mg. 406. — Dianlhus Fig. 487. — Phlox de Drummond.

chinensi^ (Heddewigii).

Les différentes variétés de l'Œillet de Chine {Dianthns chinensts^ fig. 486) sont très belles. Il faut semer sous châssis au commencement de mars et transplanter ensuite en plein air ; les fleurs sont grandes et très belles, elles paraissent en août et septembre. Quelques semis produisent des fleurs simples, d'autres des fleurs doubles, mais les deux espèces sont très remarquables. La variété qui s'appelle Heddetvigii est remarquable par la grandeur de ses fleurs.

Le Phlox de Drummond (fig. 487) est une plante annuelle de grande beauté que l'on emploie beaucoup; ses différentes variétés revêtent les couleurs les plus belles. On peut employer cette plante avec avantage pour faire des bordures.

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' J'ai été très frappé de Teffet produit au jardin zoologique par l'emploi de la Poirée du Chili {Beta cA/Ve/m^, fig. 488); les veines des feuilles de cette plante affectent des couleurs très vives et très variées; les unes sont écarlate brillant et les autres jaunes. i

Ces grandes feuilles charnues, dont la coloration est si intense, rendent cette plante précieuse au point de vue de Tornenientation. Il faut semer en mars ou avril et transplanter en mai. Les feuilles atteignent plus de deux pieds de longueur, aussi ne faut-il pas placer la plante dans une position trop p^ ^g^ ~

en vue Poiréc du Chili.

Une autre plante de rare beauté est le Maïs varié {Zea Mays^ fig.

489). Les fleurs mâles et femelles sont séparées et chaque futur épi porte un fil qui ressemble à un cheveu pour recevoir le pollen à mesure qu'il tombe. Rien que ce phénomène mériterait de faire cultiver le maïs; * mais outre cela il est très gracieux et très beau, surtout dans les étés chauds. Il faut semer le maïs sous châssis en Fig. 4«9- - Maïs. mars et transplanter en mai.

Sans contredit, une des fleurs annuelles les plus charmantes pour la fin de Tété est la Reine Marg^uerite {Aster chinensis^ fig. 490), à cause du brillant et de la diversité de ses fleurs. On divise les reines Marguerite en plusieurs variétés : celles à fleur de chrysanthème, à pyramide, à fleur de pivoine, miniature, etc. Nous devons nous adresser aux étrangers pour nous procurer les graines de ces belles fleurs ; quelquefois ces graines sont excellentes, mais souvent elles ne valent pas grandxhose. Chaque fois que je yais à Paris, j'en achète ordinairement un paquet, mais je n'ai pas toujours à m'en louer. Il faut semer sous châssis et transplanter en mai. Quand les graines sont bonnes, les reines Marguerite et les giroflées font des plate-bandes magnifiques, mais il faut ajouter que les bonnes

LES PLANTES ANNUELLES 23(j

graines coûtent fort cher et c'est là un luxe que je ne me permets pas

toujours.

Fig.4'.»o.— Reine Marguerite Fig. 491. — Reine Marguerite Fig. 492. — Scablcuse des jardins,

française. allemande,

La Scabieuse [Scabiosa atro-piirpureus^ fig. 492), soit à larges fleurs, soit naine, est fort belle ^ il est bon d'en avoir un plant cà et là. On peut semer en plein air au commencement de mai.

La Belle-de-Jour {Conpolvnlus minor^ fig. 49*3 ) est une Heur d'été très éclatante, il y en a de blanches, de bleues, de pourpres et de violettes. Il est bon d'en mettre çà et là un pied dans les plate-bandes.

Les Lupins forment un groupe de plantes annuelles qui ont beaucoup démérite; ils sont cependant si inférieurs aux lupins vivaces qu'il est inutile de les cultiver quand on possède déjà ces derniers. On peut, toutefois, introduire dans les plate-bandes quelques variétés fort belles,

Fi^ i93. — Belle de jour. Fig. 494. — Bluet, Fig, 495. — Enothère.

mais je ne saurais trop insister, en parlant de cette fleur, sur la recommandation que j'ai déjà faite relativement à toutes les plantes annuelles.

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c'est-à-dire qu'il faut les semer isolément, parce qu'autrement elles forment une masse désordonnée

Le Bluet [Centaurea moschata^ fig. 494) est aussi une fleur dont il faut être avare dans les parterres.

L'Enothère [Œnothera biennis^ fig. 496) est une charmante plante que j'ai vu pousser à l'état sauvage sur les bords du Danube; elle atteint une hauteur d'environ trois pieds et porte une fleur jaune brillante; c^est une bonne addition à faire au jardin. Cette plante aime l'ombre, je Tai vu pousser, sans aucune espèce de soins, pendant plusieurs années successives dans un des squares de Londres. Son parfum est délicat et sa couleur extrêmement belle. Malgré toutes ces qualités, je ne lui fais place que dans un coin de mon jardin. Il y a plusieurs variétés de ce genre, toutes très faciles à cultiver.

Les Capucines sont fort utiles comme plantes grimpantes; elles portent beaucoup de fleurs et poussent dans quelque terrain que ce soit. Il faut semer en mai les différentes variétés qui ont des fleurs écarlates, oranges, jaunes, rouges et tachetées.

Quand on veut une plante au superbe feuillage, rien ne peut se comparer au Ricin [Ricinus communis^ fig. 496). On sème au commence-

Fig. 497.— Pied d'alouette Fig. 408. — Pourpier

annuel. de Thclluson.

Fig. 496. — Ricin.

ment du printemps sous châssis, puis on met les jeunes plants en pot et à la fin d'août ils ont atteint une hauteur de cinq pieds. Cet arbuste

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PLANTES BISANNUELLES 241

est vraiment remarquable par son port majestueux et par ses feuilles splendides. Il n'est pas rare, quand on voit pour la première fois les jolies grames de cette plante, qu'on en mange quelques-unes et, au bout de quelques heures, on ressent tous les effets désagréables de leurs violentes propriétés cathartiques. On obtient Thuile de ricin en pressant CCS graines; mais la graine elle-même a des effets très puissants.

Le Pied d'Alouette annuel ( fig. 497) est très brillant. Une fois planté dans un endroit, il repousse de lui-même sans qu'on ait besoin de s'en occuper.

On peut, dans les endroits secs, cultiver des Pourpiers {Portulaca^ fig. 498) auprès des gueules de loup, des giroflées et des œillets. Il y a de nombreuses variétés simples et doubles de cette plante, dont les fleurs de différentes nuances sont fort belles en été. Il faut semer sous châssis et repiquer dans la plate-bande. Plus il fait sec, plus le soleil est brûlant, mieux cette plante se développe, et plus brillantes sont ses fleurs. On la cultive beaucoup en Italie, mais en Angleterre pas autant qu'elle le mérite.

PLANTES BISANNUELLES.

Il y a toute une classe de plantes qui, semées au commencement d'une année, ne fleurissent que dans le courant de la seconde ; on les appelle plantes bisannuelles. Je ferai tout d'abord à leur sujet la remarque que j'ai faite pour les plantes annuelles : il faut cultiver chaque pied isolément et lui laisser assez de place pour développer toutes ses beautés.

II y a de nombreuses variétés de magnifiques giroflées bisannuelles. J'ai été frappé à Cheltenham de leur splendide apparence, mais cultivées chez moi elles meurent invariablement pendant Thiver.

La Digitale {Digitalis purpurea^ fig. 499) est sans égale comme fleur dans les endroits ombragés. La digitale est originaire de TAngieterre ; j^ai vu , dans les sentiers du Devonshire, cette plante pousser plusieurs tiges dont chacune est recouverte d'un groupe de fleurs et atteint une hauteur de six pieds. La fleur sauvage est admi- Smee, Mon Jardin» 16

rablemcnt belle et il y a des variétés de fleuriste que je ne saurais trop recommander. J'emploie la digitale en quantité considérable pour orner les parties ombragées de mon jardin et aussi pour entourer les endroits où je cultive les fougères et les plantes alpines, f En semant au printemps, on

obtient Tannée suivante des

plantes vigoureuses qui fleurissent admirablement. Cette plante pousse à Tétat sauvage dans la forêt d'Epping et dans

Fig. 400. « Dieitalc. i i ^ j /• a FJg. 5oo. — Mimulus.

^' ^^^ ^ la plupart des forets.

Le Mimulus inoschatus (fig. 5oo) se plaît dans un sol tourbeux, humide et dans les cours d'eau peu profonds ; une fois introduite dans un jardin, cette plante a une grande tendance à repousser toujours. Il faut semer sous châssis, puis transplanter. Les variétés à larges fleurs se couvrent de fleurs pendant Tété, mais elles redoutent les trop grands froids.

Le Pavot est une fleur très brillante; il y a d'innombrables variétés de fleuriste dont quelques-unes sont certainement admirables. Quoi qu'il en soit, cette fleur ne peut entrer que dans les parterres de second ordre.

Le Glauciet [Glaucium luteum^ fig. 5oi) est une espèce de fleur qui peut aussi se cultiver en petite quantité, c'est-à-dire qu'il est bon comme curiosité d'en avoir un plant ou deux. Cette plante pousse abondamment sur le bord de la mer, dans les environs de Brighton, et la longue gaine qui contient les graines ne peut manquer d'attirer l'attention.

Anciennement, on cultivait toujours la Clochette de Cantorbery (Campanula Médium^ fig. 5o2)-, c'est une plante très rustique qui contribue beaucoup à la beauté du jardin. On peut cultiver avec avantage les grandes variétés de campanules vivaces, mais je réserve la plupart

Qoo^^

de ces espèces pour les placer au milieu de mes plantes alpines. La variété rose surtout est admirable.

UŒillet de Poète {Dianthus^ fig. 5o3) est une fleur très remar-

Fig. 3o2. Fig. 5o3.

Clochette de Cantorbéry Œill^ de poète.

Fî^ 5oi. — Glaaciet.

quable. La plupart des variétés, qu^il faut d'ailleurs choisir avec soin, sont admirablement panachées. On sème en mai et on transplante en été, après qu'il a plu pendant quelque temps; les plantes fleurissent Tété suivant.

Je n'ai pas de serre à fleurs proprement dite; cependant, j'arrive à cultiver beaucoup de plantes, en les plaçant pendant l'hiver dans la serre à vigne, et en les transportant au printemps, soit sous un abri de verre, soit en plein air. Je me contente même de placer quelques-unes de mes plantes sous châssis, en ayant soin, par les temps de gelée, de les recouvrir d'un paillasson .

Il faut citer tout d'abord le Camélia {Canielliajapo?iica^ fig. 5o4), qui nous donne de si admirables fleurs au printemps. |

Le camélia a été apporté du Japon à Flo-

^ Fig. 504. — Camélia.

rence, par un moine nomme Camellus, et,

encore aujourd'hui, on en cultive des quantités considérables dans

cette charmante ville. Là, ils atteignent la dimension d'arbres et se couvrent de milliers de fleurs ; je connais à Florence un jardin particulier, où Ten en cultive environ 1200 variétés. A Florence, et sur toutes les côtes de la Méditerranée, on les plante dans du bois de châtaigner pourri, terrain qui plaît beaucoup aux camélias.

En Angleterre, où nous ne pouvons pas nous procurer ces matériaux, j'ai essayé avec succès le tan et la tourbe fibreuse; j'essaye aujourd'hui les débris de noix de coco, mais sans pouvoir dire encore si je réussirai- Le bois d'orme pourri ne convient pas aux camélias, et il est certain que les jardiniers de Florence avaient raison quand ils me disaient que notre mode de culture pour cette plante n^est pas le bon. A Florence, on multiplie les camélias au moyen de semis faits en plein air et à l'ombre. Si la fleur du jeune plant est remarquable, on donne un nom à la nouvelle variété et on la multiplie par la greffe; si elle n'offre rien de remarquable, on emploie ce jeune plant comme une tige sur laquelle on greffe d'autres variétés. J'ai cultivé les graines qui m'ont été données à Florence, mais je n'ai jamais greffé les jeunes plantes. Il est bien difficile de citer quelques noms au milieu d'un si grand nombre de variétés ; cependant chaque jardin devrait posséder le camélia double blanc, le Fimbriata et quelques-unes des variétés doubles, rouges et teintées. Je n'ai pas conservé avec soin le nom de mes camélias, aussi me suisje adressé à M. Veitch, qui a été assez obligeant pour me communiquer la liste suivante des variétés qui, selon lui, sont les plus belles :

Alba pleina : blanc, double.

Archiduchesse Augusta : cramoisi, veiné de pourpre, frangé de blanc.

Bealii : cramoisi brillant, double,

Carlotta Papudoff : beau rose, marbré.

Catyophylloides : couleur chair, tacheté et frangé de cramoisi.

Comte de Gomer : rose pâle, rayé de cramoisi.

Comtesse d'Orkney ; blanc pur, rayé de carmin.

Duchesse de Berri : blanc magnifique, forme charmante..

Fimbriata : blanc pur, admirablement frangé.

Général Drouot : rose, rayé de blanc.

Googh

Lavinia Maggi : blanc, tacheté de cramoisi.

Mathotiana r cramoisi brillant, grand. .

Mathotiana alba : blanc magnifique, grand.

Princesse Frédéric Guillaume : couleur chair, rayé.

Reine de beauté : couleur chair délicate.

Reticulata flore-pleno : rose, double.

Saccot-Nova : rose.

Storyii : rose.

Valtevaredo : rose, belle forme.

Les camélias ne réussissent guère dans mon jardin; très probablement le sol ne leur convient pas. Cette plante aime à avoir beaucoup d'eau à la racine; il faut aussi laver souvent les feuilles. Je conserve mes camélias jusqu'au mois de juin dans la maison du pauvre homme, je les porte alors en plein air et je les laisse dans le jardin jusqu'en octobre. Les camélias n'aiment pas la chaleur artificielle, qui fait tomber leurs fleurs. On peut les laisser en plein air quand Thiver est doux, mais une gelée un peu forte les tue.

Les Azalées fleurissent dans mon jardin depuis janvier jusqu'en juin. L'Azalée indienne {Azalea indica^ fig. bob) est remarquable par la pureté de la couleur de ses fleurs. Ceux qui ont voyagé dans l'Inde m'ont dit qu'il n'est pas de spectacle plus admirable qu'une colline couverte d'azalées en pleine fleur. Je les cultive dans de la terre de bruyère légère, sablonneuse, et qui Fig. 5o5.-'Azaica indica. Contient Une grande abondance de fibres. Je me contente, pendant l'hiver, de placer les azalées dans un châssis bien protégé avec des paillassons ; j'en mets quelques-unes dans une serre chaude pour avoir des fleurs au commencement de Tannée, et, à la fin de juin, je les mets toutes en plein air jusqu'au mois d'octobre. Les azalées, dans mon jardin, se couvrent de fleurs abondantes; cette plante a l'avantage de se propager facilement par bouture.

Bien que les azalées soient des plantes si charmantes, je n'ai jamais pu me rappeler les noms des différentes variétés, je m'en suis donc fié

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à Tobligeance de réminent horticulteur, M. Veitch, pour me recommander les plus belles. Je dois dire toutefois que je n'ai jamais vu une A:{alea indica qui ne fût pas digne d'être cultivée. Voici la liste de M. Veitch :

Cedo-Nulli : pourpre foncé.

Comtesse de Flandre : rose brillant. Eclatante : écarlate très brillant.

Duc de Nassau : pourpre rosé.

Extranet : beau rose violet.

Iveryana : blanc, rayé de rose.

La Déesse : rouge saumon.

Madame Dominique Vervaene : rose.

Madame Vervaene : beau blanc.

Roi de Hollande : écarlate foncé.

Souvenir du prince Albert : rose brillant. Stella : écarlate orangé brillant.

On a l'habitude de tailler les azalées en pyramides fort laides et

d'attacher leurs branches à des supports. Cela les fait paraître peu

naturelles et est absolument contraire à leurs habitudes. Un jour, au

Jardin botanique, j'ai fait quelques remontrances à un jardinier sur

cette coutume barbare, il s'est contenté de hausser les épaules et de

me répondre qu'il lui faut suivre la mode et qu'il lui faut

bien tailler ces arbres comme on a l'habitude de le faire.

Le Laurier rose pousse à Tétat sauvage en Espagne, sur

le bord des rivières; en Angleterre, il faut le cultiver en

serre. Il y a beaucoup de variétés de lauriers roses ; je

possède une bouture d'un laurier de Pompeia. Cette

plante se multiplie facilement par bouture, on n'a qu'à la

placer dans une bouteille d'eau.

J'ai de nombreuses variétés à'Epacris (fig. 5o6), qui

sont fort utiles pour faire des bouquets au printemps. Je

possède aussi plus de cent variétés (TErtca (fig. boy a,

Fie 5o(> ^' ^'i^* ^)- T^^^P o^ ^^op P^^ d'eau nuit à ces deux espèces

Epacns. j^ plantes; si elles se portent bien, c'est une excellente

preuve que le jardinier comprend parfaitement l'arrosage; s'il les

Googh

Fig 507 a. — Erica Fig. 507 b. — Erict Scndryana. Fig. boj c— Erica grandinosa.

Fig. 507 d. — Erica vernix coccinea. Fig. 507 e.— Erica coiorans vcrna.

laisse dépérir, on peut être sûr qu'il ne sait pas son métier. Aucune plante ne saurait mieux démontrer la science du jardinier à ce point de vue spécial.

On ne saurait trop s'adonner à la culture des Erica, Ces admirables plantes sont en fleur toute Tannée; on peut en placer un grand nombre dans les parterres et le reste dans une serre fraîche et bien ventilée.

La Dcq>hne tndica (fig. 5o8) porte longtemps des fleurs dont le parfum est exquis ; mais ces plantes, chez moi tout au moins, meurent soudainement sans cause apparente.

La Franciscea latifolia (fig. 609) est une plante que Ton ne cultive guère, bien que Ton voie constamment dans les expositions de fleurs des espèces inférieur. s du même genre qui n'ont aucune odeur.

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On a prétendu que c'est une plante de serre chaude, il n'en est rien ; on peut parfaitement la conserver Thiver sous châssis et la mettre en plein air au printemps, époque à laquelle elle fleurit abondamment.

Fig. 5o8. — Daphne indica Fig. 509. — Franciscea latifolia. Fig. 509 a. — Théier.

La Franciscea Hopeana porte aussi beaucoup de fleurs, mais elles sont plus petites que celles de l'espèce dont nous venons de parler, et cette plante exige beaucoup plus de chaleur que la précédente.

J^ai eu à différentes époques une assez belle collection de plantes utiles, telles que le Théier (fig. 5o9 ^), le Caféier, la Canne à sucre, la Patula, le Riz et autres espèces ; mais je n'en ai actuellement qu'une ou deux. Chaque fois que je vais à Londres, on se plaint à moi que les jardiniers repoussent ces productions intéressantes et s'arrangent toujours de façon à leur donner trop ou trop peu d'eau, trop ou trop peu de chaleur. Je ne conf nais personne à présent qui ait une collection ' vraiment belle de ces plantes, et il est probable qu'il n'y en aura pas jusqu'à ce que les sociétés • d'horticulture et de botanique modifient leur système de prix et s'occupent moins de fleurs I voyantes.

. Fig. 5io. -Lasiandra. L^ Lastandra (fig. 5 10) est une magnifique plante d'ornement. Le plant que je possède produit une admirable fleur bleu foncé, mais il ne pousse pas très bien. J'ai un plant de Baumier du Pérou (fig. 5i i) auquel je tiens beau-

Googh

coup, car je Tai élevé dans ma maison de Finsbury-Circus de graines que m'avait données le savant docteur Pereira ; le docteur Lindley a nommé cette plante le Myrospermum Pereirce. Avant cette époque on ne connaissait pas la plante d'où Ton extrait le baume du Pérou. Tai eu aussi en ma possession un Théier {Thea Bohea^ fig. 609 a)^ mais je n'en ai plus aujourd'hui. C'est un arbuste intéressant, il vit en plein air, mais ne résiste pas aux hivers rigoureux. J'ai eu aussi un Camphrier {Lauriis camphora^ fig. 5i i a), mais je n'en ai plus à présent.

Fig. 5 1 1 û. — Camphrier, Fig. 5 1 2. — Acacia longifolia.

Fig. 5ii. — Baomier du Pérou.

Je possède de nombreuses et magnifiques espèces de l'acacia de serre. En été, on peut les sortir en plein air. La plupart de ces espèces sont des plantes très élégantes, et on devrait les cultiver partout où l'on a un espace suffisant. \J Acacia longifolia (fig. 5 12) est remarquablement beau.

Le Fuchsia {Fuchsia tryphilla flore coccineo^ fig. 5 1 3) est une fleur charmante originaire d'Amérique. Elle pousse bien et se multiplie très facilement au moyen de boutures; on peut se procurer çle nouvelles variétés par des semis ou en croisant cette plante avecd'autres espèces, telle que le Fuchsia fui- Fig. 5i3, - Fuchsia. ^•ew^. Les vieux Fuchsia résistent à nos hivers, à condition toutefois que

25o MON JARDIN

Ton coUpe la tige et qu'on recouvre le pied d'une couche de cendre sèche épaisse de cinq ou six pouces. Ils repoussent au printemps en branches, ayant trois ou quatre pieds de haut, couvertes de fleurs retombantes. On paraît avoir abandonné ce système à Londres , mais à Whitby et dans la province généralement, j'ai vu cultiver ainsi les Fuchsia. On a l'habitude, cependant, de les mettre en serre pendant l'hiver, pour qu'ils n'aient pas à supporter un froid trop rigoureux. On a obtenu dernièrement des Fuchsias dont la fleur est si grande et si mal formée que positivement elle est devenue laide.

Je possède une seule plante d'Australie, le Meirosideros speciosus (fig. 5 1 4) ; ce sont les plantes au milieu desquelles les kanguroos aiment à vivre dans leur pays natal. Elle produit une fleur rouge qui res-

Fig. 514. Fig. 5i5. — Mimosa. Fig. 5 16. — Cinéraire.

Metrosideros speciosus.

semble beaucoup à une brosse à laver les bouteilles, mais qui fait un charmant contraste avec ses feuilles raides, vert foncé.

Je cultive chaque année une Sensitive {Mimosa sensitiva^ fig. 5 1 5) ; on se la procure facilement par semis et elle offre un grand attrait, à cause du problème physiologique qu'elle présente.

La Cinéraire [Cineraria^ fig. 5 16) est une plante qui fleurit au printemps et qui constitue un grand ornement dans les serres. On sème en avril sous châssis, et on repique en pots les Jeunes plants dès qu'ils sont assez grands. On conserve les plants sous châssis pendant Tété et dans la serre pendant l'hiver; ils fleurissent au commencement du printemps suivant. Les fleurs des cinéraires sont très variées, mais ces

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plantes exigent beaucoup ide soins, car elles sont facilement détruites par les aphides.

Fig. 517.— Impatiens balsamina. Fig. 517.— Cuscuta reHcxa. Fig. 5i8.— Rondeletia »pcciosa.

La Balsamine [Impatiens Balsamina, fig. 5 1 7) est une plante que Fart du fleuriste a fait considérablement varier. On peut semer les graines sous châssis au commencement du printemps ; on repique les jeunes plants en pots séparés que Ton conserve sous châssis, jusqu'à ce que les boutons paraissent*, on les porte alors dans la serre. Les fleurs de quelques-unes des variétés sont extrêmement belles ; mais, en somme, on ne peut pas les comparer comme beauté aux fleurs sauvages du jardin.

Je possède une plante très curieuse, la Cuscuta rejlexa (fig. 5 1 7 j) que m'a donnée M. Terry. Cette plante est alliée au Cuscute qui détruit le trèfle. Elle sMtablit ordinairement en parasite sur le lierre, mais il lui importe peu d'ailleurs quelle est la plante sur laquelle elle se place, car elle pousse aussi bien sur la vigne, sur le pêcher, sur le géranium, en un mot sur toutes les plantes qu'elle peut atteindre. Quand sa tige touche une plante, elle semble s'unir à la feuille ou à la tige de cette plante, et sans aucun doute, semblable à une sangsue, elle suce sa sève. La Cuscuta reflexa a une fleur blanche, mais la plante entière n'est pas si jolie que le cuscute commun. Elle n'a pas de racines, sa tige s'enroule simplement autour des plantes, d'où elle tire sa nourriture. J'ai essayé sans succès de l'acclimater sur le lierre.

Je cultive la Rondeletia speciosa de la Havane (fig. 5 18), mais Je ne crois pas que ce soit une très bonne acquisition.

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Il y a beaucoup d'ognons à fleurs qui ont de grandes qualités, ainsi, par exemple, la Belladone d'automne {Amaryllis Belladonna^ fig. 5 19). On Ta appelée, dit-on, Belladonna, à cause de la magnifique couleur rose pâle de ses fleurs. Comme tous les ognons du Cap, il faut la cultiver en pleine lumière et la faire bien mûrir.

Le Lis de Whitby {Vallota purpurea^ fig. 520) est un autre ognon à fleurs qui se propage facilement par division . On trouve, dans presque tqutes les maisons de Whitby, des Fig- ^iq.- Beiiadoac d'automne.

spécimens de cette belle fleur qui pousse des tiges abondantes et fleurit très bien dans une salle à manger. Je transplante ordinairement ces ognons en plein air dans le courant de Tété, mais je les rentre en serre dès le mois d'octobre ; ils ne supportent pas le froid, j'ai perdu une fois une belle collection, en la laissant trop longtemps dans la serre à arbres fruitiers où la gelée la détruisit entièrement. Ce lis fleurit en octobre; c'est par conséquent une fleur assez précieuse pour qu'on en cultive une grande quantité de pieds.

Fig. 520. — Lis de Whitby. Fig. 52 1 — Cyclamen. Fig. 522.— .Mesembryanlhèmc.

Le Lis St-Jacques [Amaryllis Formosissima) est une autre plante charmante ayant un caractère analogue. Mais toute cette famille d'ognons à fleurs exige beaucoup de soins et de science, si l'on veut obtenir une floraison complète.

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Les Cyclamens (fîg. 52 1 ) sont de belles plantes de serre qui fleurissent au commencement du printemps. Si Ton veut les obtenir dans toute leur perfection, il faut faire grande attention à respecter leurs périodes de croissance et repos. La meilleure méthode est de semer en mars et de transplanter les jeunes plants dans des pots séparés; Tannée suivante ils donnent quelques fleurs et ils en sont tout couverts la seconde année. Ces ognons sont alors complètement développés ; en les entourant de beaucoup de soins on peut les rendre plus gros et les faire fleurir encore pendant quelques années. Toutefois, il vaut mieux se procurer de nouveaux plants, que de donner des soins à de vieilles racines.

J'ai une trentaine d'espèces de Mesembryanthèmes (fig. 522); ces plantes sont originaires du cap de Bonne-Espérance. En été, on peut les planter dans les parterres. On les cultive beaucoup en Italie et dans le sud de la France. Auprès de Naples, on emploie une des espèces pour les coins arides des jardins; de loin on dirait du gazon. Ces plantes ont été beaucoup trop négligées, car elles sont fort utiles dans les situations si exposées au soleil que rien n'y pousse, et je ne doute pas que les meilleurs jardiniers ne les adoptent bientôt.

J'ai quelques centaines d'espèces de cactus et de plantes alliées. Malgré leurs formes intéressantes et leurs fleurs magnifiques, on rejette souvent ces plantes parce qu'elles sont fort obstinées et fleurissent quand il leur plaît, et qu'en conséquence elles ne conviennent guère aux expositions florales. Je transplante les caaus dans le courant de mai dans un parterre bien sec et je les laisse en plein air jusqu'à la fin de septembre. Je les place alors dans la serre, dans un endroit bien sec où elles restent tout l'hiver. Les cactus aiment beaucoup ce traitement, le contraste entre les gracieuses fougères et les catus si roides et si empesés est vraiment étonnant. En été , VEchinocactus tubi^ florns (fig. 523) porte des fleurs admirables. Le Cereus grimpant est une espèce commune qui fleurit facilement. Le Cereus grandijlorus (fig. 624) développe toujours sa fleur le soir avec une grande rapidité ; il faut la couper immédiatement et elle se conserve dans toute sa fraîcheur pendant trois ou quatre jours. Les cactus sont des plantes fort utiles pour les serres dépendant des appartements, parce qu'ils ne donnent

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aucune odeur. Le Stapelia (fig. 624 a)est une plante remarquable, mais ses fleurs ont une odeur qui ressemble à celle de la viande pourrie. La

Fig. 523.— Echiiiocactus tubitlorus. Fig. 524. — Cercui grandiHorus. Fig. 524a.— Stapelia Plantii.

serre des cactus, à Kew, est peut-être la serre la plus parfaite qu'il y ait au monde.

Le Cereus speciosissimus [(fig. 525) a produit une grande sensation lorsqu^il a été importé. Sa grande fleur brillante fait un effet splendide. Cette plante doit être exposée en plein soleil; il faut la laisser longtemps reposer, puis elle fleurit abondamment au printemps quand ' on lui a donné un peu d'eau. Aucune plante n'est plus facile à

cultiver, à condition toutefois que ^'s- ^'^' " ^^^^"^ speciosissimus.

le jardinier désire qu'elle réussisse, mais il y en a bien peu qui aient ce désir.

J'ai possédé VOpuntia couvert de cochenilles, mais les attaques de ces petites créatures ont fait périr mon plant.

VEpiphyllum truncatiwi (fig. 526) fleurit en hiver; je le cultive dans la serre à fougères. Ses fleurs roses et élégantes, à une époque où les fleurs sont rares, en font une plante précieuse qu'on doit toujours cultiver.

Le Primula sinensis (fig. 527) est une excellente plante de serre.

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H y a beaucoup de variétés de cette Primula, et on dit que l'une d'elles, obtenue par Paul, est extrêmement belle. On sème en avril, sous châssis, on repique les jeunes plants dans des pots et ils fleurissent au commencement du printemps suivant. La qualité de la fleur dépend absolument de la plante à laquelle on a pris la graine.

Il y a un autre primevère presque rustique et qu'il est très facile de cultiver, Iq Primula denticulata (fig. 5*28). Je cultive aussi beaucoup de plants du Primula Nepaidieusis ; cette plante est fort jolie, au

Fig. 526. Fifi. 527. Fig. 528.

Ëpiphyllum trunculatam. Primula sinensis. Primula denticulata.

commencement du printemps, à cause des nombreuses fleurs qu'elle porte. Elle se propage facilement par di vison.

Il y a une plante très remarquable appelée la Trappe de Vénus [Dionœa miiscipida^ fig. 629), qui est un des végétaux les plus curieux que je connaisse. A l'extrémité de chaque feuille, se trouve une trappe qui se referme dès qu'un insecte la touche; l'insecte meurt, se décompose et alors la feuille s'ouvre de nouveau pour en prendre un autre. J'ai fait fleurir cette plante, j'ai obtenu des graines, j'ai élevé des jeunes plants et cependant je n'en ai jamais. C'est une plante de marais très difficile à cultiver; on l'importe en quantité considérable et j'ai l'intention, au premier arrivage, d'essaj^er de la cultiver en plein air dans un marais artificiel, auprès de la Drosei^a rotuudifolia. J'ai vu dernièrement avec admiration , au jardin botanique d'Edimbourg, le succès avec lequel on cultive cette plante curieuse. On la met en pots, immédiatement placés sous les châssis de la serre, de façon à ce que la plante reçoive toute la lumière. Ces pots

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sont suspendus à la toiture de la serre et reposent dans un petit marais artificiel; c'est là, sans contredit, une méthode qui se rapproche beaucoup des conditions de leur croissance dans leur propre pays. Comme je Tai déjà dit, c'est une des plantes les plus curieuses qui soit au monde et j'engage tous ceux qui pourront se la procurer à en essayer la culture. J^ai aussi cultivé une autre plante intéressante, le Drocera dichotoma.

On cultive à Kew un arbrisseau originaire du Portugal, qui attrape aussi les mouches; je ne le possède pas encore. On y cultive aussi une plante encore plus merveilleuse qui attrape les mouches, le Darlingionia californica (fig. 53o). Cette plante porte des tubes garnis de poils disposés de façon que la mouche, une fois à Tintérieur, ne puisse plus s'échapper. Quel est le but précis de ces différentes dispositions pour la capture des mouches? Il est très difficile de le dire, à moins

qu'on ne suppose que la mouche

nourrit la plante ; ce sont certainement là, dans tous les cas, des merveilles du règne végétal.

Fig. 529. Fig. 53o. Fig. 53 1. — CephaJotus lollicularis.

Dionœa niuscipula. Darlingtonia Californica.

Le Cephalotus follicularis (fig. 53 1) est une autre plante fort intéressante originaire de la Nouvelle - Hollande. C'est une plante de marais comme celle dont je viens de parler; mais elle n'a pas très bien réussi chez moi. Toutes les plantes de marais sont extrêmement difiSciles à cultiver : les miennes meurent fréquemment. J'ai l'intention, quand je pourrai m'en procurer une certaine quantité, d'essayer l'acclimatation de ces plantes en les cultivant dans un marais artificiel en plein air.

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On ne saurait se dispenser de cultiver VAponogeton distachyon (fig. 532). Cest une plante aquatique qui pousse facilement dans un

Fig.532. Fig. 533. Fig. 533 a.

ÂpoQogeton disiacbyon. Vallisneria spiralis. Nympbœa csrulea.

réservoir ou dans un vase au fond duquel on place un peu de terre. Elle fleurit abondamment au printemps; après la floraison, elle dépose ses graines au fond du vase, et bientôt nombre de jeunes plants apparaissent. J'ai vu cultiver cette plante en plein air, mais elle ne peut supporter la gelée. Néanmoins, j'essaierai de l'acclimater, d'autant plus qu'au Jardin botanique d'Edimbourg il y en a un très beau spécimen qui pousse admirablement dans un étang en plein air.

La Vallisneria spiralis (fig. 533) est une autre plante aquatique bi-sexuelle. On cultive presque exclusivement en Angleterre la plante femelle, qui se trouve toujours dans les serres des personnes qui s'occupent du microscope. Avec un bon microscope, on peut distinguer la circulation dans chaque cellule ; les objectifs puissants de MM. Powell et Lealand permettent tout particulièrement d'étudier ce caraaère intéressant. Cette plante se cultive facilement dans un réservoir, et la petite fleur qui surmonte une tige ayant deux ou trois pieds de longueur est très curieuse.

J'ai cultivé dans une serre à raisin, avec beaucoup de succès, la spleniààtNytnphœa cœrulea (fig. 533(3f), aussi bien que la Limnocharis Humboldiii et beaucoup d'autres plantes aquatiques. Toutefois, ces plantes ont besoin pour réussir de beaucoup de lumière, et mes vignes projettent une ombre aujourd'hui si épaisse, qu'il m'est à présent impossible de continuer cette culture. Je ne saurais trop engager à cultiver ces Smee. Mon Jardin. 17

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plantes charmantes partout où on a beaucoup de lumière à sa disposition, car je ne sais rien de plus délicieux dans une serre que la vue de ces admirables plantes aquatiques.

A l'extrémité de la serre à arbres fruitiers, j'ai fait élever un petit abri où Tair circule en abondance et où mes plantes de serre fleurissent admirablement. Bien que je n'aie aucun moyen de chauffer cet abri, il est plein de fleurs depuis mars jusqu'en octobre. Là, fleurissent les azalées et je puis dire qu'elles sont beaucoup plus belles que celles que Ton cultive en plein air en Italie; là aussi, fleurissent les camélias et plus tard les pélargoniums, les lis et les fuschias; là, au commencement du printemps, quelques rosiers thé ouvrent leurs charmants boutons. En un mot, je me procure dans cet abri une quantité de fleurs admirables à un prix extrêmement minime et, ce qui ajoute encore à la beauté de ces fleurs, c'est qu'elles sont entourées de toutes parts par des fougères rustiques dont le vert feuillage fait ressortir leurs nuances délicates.

Je -n'ai pas de serre chaude proprement dite destinée aux fleurs; cependant, je m'arrange de façon à cultiver, dans la serre à fougères ou dans la serre à concombres, quelques espèces de plantes qui exigent une grande chaleur. La Torenia asiatica (fig.

534) est une des fleurs que j'aime le mieux.

Elle exige des soins tout spéciaux, surtout en hiver, saison pendant laquelle elle aime Fig.534.— Torcnla aslàUca. Fig. 535. — TradescantU discolor.

la lumière et la sécheresse-, à d'autres époques, surtout au moment de la croissance, il lui faut un peu plus d'humidité. Cette plante esi morte plusieurs fois chez moi; mais, comme elle se reproduit facilement par boutures, je l'ai bientôt remplacée par quelques plants que je dois à l'obligeance d'un ami.

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LKS PLANTKS OK SKRRE CHAUDK 2b<)

La Tradescantia discolor (fig. 535) est une plante commune qui pousse aussi facilement que les mauvaises herbes; mais ses feuilles, qui brillent comme du verre, sont peut-être les plus belles qu'il y ait. Elle pousse bien dans la serre à fougères et on ne peut guère lui comparer que l'admirable Anœctochilus argenteus. L'Ananas varié (fig. 536) a aussi un très beau feuillage; mais il est encore plus beau

Fig. 5J6. — Ananas varié. Fig. 537. — Bégonia. Fig. 537 a.— Fitlonia argyrea.

quand il porte son fruit, et aucune plante, je crois, n'orne mieux la table. Cette plante exige beaucoup de chaleur et réussit très bien dans la serre à concombres.

A diftérentes époques, j'ai eu beaucoup d'espèces de Bégonia. Mais ces plantes prenaient plus de place que je ne pouvais leur en donner; cependant j'ai conservé l'espèce représentée par la fig. 537, qili fleurit bien dans la serre à fougères; ce bégonia est tout particulièrement adapté à cette situation, car sa fleur rouge tranche vivement sur le feuillage vert des fougères.

Quelques bégonias ont un admirable feuillage, le Bégonia rex^ par exemple (fig .

r,g.338.- Bégonia rcK. 538). Une aUtre espèce de l-«.33ç,.-Marautazcb.in.

bégonia grimpant est très jolie dans une serre. Les diflférentes espèces de Maranta ont un très beau feuillage ; la

plus belle est la Marania ^ebrina (fig. SSg). Pour que ces plantes atteignent toute leur perfection , que les feuilles se développent complètement et revêtent leurs plus belles couleurs, il faut les planter dans un sol tourbeux. La Maranta Warsa%vic\ii^ la Maranta regulis^ la Maranta fasciata, la Maranta micans^ la Maranta vittata et d'autres espèces ont aussi de belles feuilles.

Plusieurs variétés de Croton sont extrêmement belles; la plus remarquable de toutes est le Croton variegatum angustifolium (fig. 540), à cause de ses longues feuilles étroites retombantes. Rien de joli sur une table comme quelques pieds de croton .

Fig. 540. Fig. 541. Klg 541 a,

Croton angustifolium Aloca!>ia mctaliica. Bertolonia maculata.

UAlocasia metallica (fig. 541) est une autre plante extraordinaire, originaire de Bornéo, qui exige une grande chaleur, mais qui produit les feuilles les plus splendides que Ton puisse imaginer. Malheureusement, elle occuperait trop de place dans la petite serre que j'ai à ma disposition, pour que je puisse la cultiver. J'ai quelques belles variétés naines de plantes à belles feuilles, ainsi, par exemple, la Fittonia argj^rea (fig. bSy a) et la Bertolonia maculata (fig. 541 a).

Les Gloxinias (fig. 542) sont des ognons à fleurs de serre chaude, qui se cultivent facilement et qui

j , •/ / Ti r • Fig. 543. - Glojtinia.

ont de nombreuses variétés. Ils se propagent facilement au moyen de leurs feuilles qu'on n'a qu'à attacher sur un pot.

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pour que de nombreux petits ognons se forment rapidement. On peut aussi se procurer de nouvelles variétés par des semis. Il y a deux espèces principales, Tune ayant les fleurs droites, Tautre, les fleurs retombantes ; je les cultive toutes deux.

Les Pancratiums sont aussi de charmants tubercules à fleur de serre chaude. Je possède le Pancy^atium \eylanicum (fig. 543), qui pousse bien dans ma serre à fougères ; à l'époque de Noël, quand il est en fleur, il est si admirable qu'on ne saurait lui comparer aucune autre fleur du jardin.

Fig. 54.4- — Achimenes.

Fig. 543. — Pancratium zeyianycum.

Ily a encore une autre classe de plantes, les Achimenes (544), comportant de nombreuses variétés de différentes couleurs. Elles occupent malheureusement trop de place, ce qui m'empêche de les cultiver. On peut conserver d'année en année leurs petits tubercules, à condition de ne pas les laisser geler pendant l'hiver.

Parmi les diverses plantes à belles feuilles, on peut citer tout particulièrement les Caladiums, Eux aussi pren-

* Fig. 545. — Caladium. Fig. 546 — Euchans amazonica

nent beaucoup de place, et argyritcs.

j'ai dû renoncer à leur culture, ou me voir forcé de renoncer à d'autres

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plantes importantes. Cependant, leurs feuilles sont extrêmemenl belles et une des variétés naines, le Caladiiim argyrites (fig. 545) , convient admirablement aux jardins particuliers. La culture de ces plantes est facile, elles ne demandent que de la chaleur et de Thumidité.

De toutes les plantes à tubercules, récemment introduites, il n'y en a pas de plus belle que VEiicharis amaionica (fig. 546) ; cette plante charmante porte une fleur blanche dont la beauté est surprenante; aussi s'en sert-on constamment aujourd'hui pour faire des bouquets. Il lui faut beaucoup de chaleur, et j'en ai perdu un plant pour avoir négligé ce point essentiel. La beauté de cette plante est si grande que je ne saurais trop recommander à toutes les personnes, ayant une serre suffisamment chaude, de la cultiver.

Une des curiosités du règne végétal est, sans contredit, le Sémaphore [Desmodium gyrans^ fig. 547). Placées dans des circonstances favorables, les feuilles de cette plante ont des mouvements semblables à ceux que Ton communiquait aux branches du télégraphe aérien, avant que le télégraphe électrique ne soit venu nous fournir un moyen plus rapide d'échanger les dépêches. Bien des

r- •» •' J-M - J ** 1 * Fig. 547.— Sémaphore.

fois, j ai étudie 1 es mouvements de cette plante

dans les jardins de Kew, et j'ai été si désireux de l'étudier avec soin que j'ai demandé des rejetons à Kew et à la Société de botanique. Chose assez étrange, c'est dernièrement seulement que mes plantes ont semblé acquérir la faculté du mouvement, et il m'est impossible de dire pourquoi, dans mon jardin, elles ont en quelque sorte menti à leur nom.

Je ne cultive pas de palmiers, parce qu'ils prennent trop de place. Toutefois, il est intéressant de planter dans la serre des noyaux de dattes qui poussent facilement, et qui produisent bientôt de charmants petits arbustes. Ces arbustes exigent une température de serre chaude pendant Thiver, mais en été, on peut les mettre en plein air. Le Dattier ne dépasse pas les bords de la Méditerranée; à Naples même, le fruit ne mûrit pas, parce que Thiver est trop froid. Les Palmiers et les Cycadées

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sont les plus belles plantes que Ton puisse cultiver dans les grandes serres chaudes. On cultive à Bordighera, sur les bords de la Méditerranée, les palmiers destinés à décorer l'église de Saint-Pierre de Rome, le jour des Rameaux.

Le Jasmin du Cap [Gardénia Jiorida^ fig. 548) est une des fleurs dont le parfum est le plus pénétrant et le plus délicieux. J'en ai eu plusieurs beaux plants, mais ils ont toujours péri, parce qu^il leur ï^î«-548.-o.rd.niaflorida. faut beaucoup de chaleur et une grande lumière. On les cultive presque toujours dans une fosse peu profonde et très chaude. Cette plante est une des plus charmantes que Ton puisse cultiver en serre.

LdiPoinsettia piilchef^rima (fig. 549) est une autre plante de serre que Ton emploie beaucoup à Londres pour la décoration des salles à manger. La fleur porte un cercle de bractées écarlates brillantes qui font beaucoup d'effet et qui rendent cette plante très précieuse en hiver, dans la serre à fougères. Je ne saurais autrement ^la recommander, car la fleur se produit au sommet d'une tige peu gracieuse. Le meilleur système pour cultiver cette plante est de la mettre en plein air en été, et de la rentrer en serre en

Fig.349.-Poinsettiapulcherrima. oCtobre, pOUr qu'cUc puisSC fleurir.

Erasme a dit, avec beaucoup de raison, qu'un même terrain ne peut pas contenir toutes les sortes de plantes.

Loudon a décrit plus de vingt mille plantes cultivées en Angleterre. Il est évident qu'aucun jardin particulier ne peut en contenir un aussi grand nombre -, il faut donc faire un choix et se laisser guider par la position du jardin et les facilités qu'il offre pour telle ou telle culture. Je me suis contenté de décrire les plantes que je cultive le plus ordinairement; j'ai choisi les unes, comme la primevère, à cause de leur beauté; les autres, pour leur parfum, comme la violette; d'autres, à cause de leur rareté, comme la Cuscuta reflexa; d'autres, pour leurs appareils si curieux, comme la Dionœa musciptda; d'autres, pour les souvenirs

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qu'elles nous rappellent, comme la Linnœa korealis; d'autres, parce qu'elles fleurissent sous les arbres, comme la digitale; beaucoup enfin, parce qu'elles produisent des fleurs à différentes époques de Tannée.

Les plantes que j'ai énumérées suffisent à former le fonds d'un beau jardin ; si chaque année on ajoute deux ou trois autres plantes, on aura bientôt un jardin très complet et on pourra y trouver toutes les jouissances que l'horticulture est capable de procurer.

Toutes les plantes que je cultive sont pour moi, chaque fois que je visite mon jardin, une source d'intérêt et de grande satisfaction.

€ Nous voyons, a dit le poète, avec une sorte d'affection crédule, de joie enfantine, s'ouvrir leurs tendres boutons, emblèmes de notre propre résurrection; emblèmes d'une demeure meilleure et plus brillante. > — LONGFELLOW.

Les fleurs de notre jardin général se confondent d'un côté avec les plantes alpines et de l'autre avec nos champs de roses et de fougères-, les plantes grimpantes sont disséminées dans toutes les parties du jardin. Le nombre de plantes que je viens de décrire ne peut se dépasser avec mes moyens actuels, surtout si je veux les surveiller toutes. Je ne saurais trop recommander de cultiver la plus grande partie de celles que j'ai fait dessiner ; je ne saurais trop recommander aussi d'ajouter chaque année quelques nouvelles plantes à cette liste, de façon à éviter la monotonie, qui ne manquerait pas de se produire si le même spectacle frappait toujours les regards.

Sccnc sur la Waiidle.

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Vue de mon iardin prise du pont.

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