LES BORDS DU LAC COUVERTS DE NEIGE
gelée tardive ; dans ce cas, les arbres ne donnent que peu ou pas de fleurs et mon jardin est privé d'un de ses plus beaux ornements. On propage facilement cet arbre en semant ses graines noires que les enfants aiment beaucoup à manger ; il faut avoir soin de les surveiller à ce sujet, car ces graines
Fig 948. — Flear du taux Fig. 949. ~ Arbutus unedo. Fig. 949 a. — Salîsburia
Ebénier. adiantifolia.
sont très vénéneuses.
V Arbutus unedo (fig. 949) est un charmant arbre toujours vert qui pousse naturellement en Irlande et qui produit des fruits ressemblant quelque peu à la fraise; il réussit assez bien auprès de Londres, mais il ne se plaît pas dans mon jardin où les gelées lui nuisent beaucoup.
Je cultive plusieurs variétés d'Épine [Cratœgus)^ à cause de leurs fleurs. L'Aubépine commune {Cratœgus oxyacantha) est peut-être aussi belle que n'importe laquelle de ces variétés ; cependant, dans un jardin bien ordonné, on ne peut se dispenser d'en cultiver un grand nombre. L'Aubépine simple écarlate (fig. 960) est la plus belle de toutes; j'en possède plusieurs plants. Il faut aussi cultiver la variété double rose, mais en plus petite quantité, car elle est loin d'être aussi belle que la variété simple. Il y a une variété toute particulière, la C. Oxyacantha prœcox ^ qui fleurit vers la fin de décembre; je m'en suis récemment procuré un spécimen. Quand l'aubépine, le faux ébénier, le Fig-95o.-Aubopincécariate. marronnier et le lilas sont en fleur, les environs de Londres ressemblent Smee. Mon Jardin. 28
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à un véritable paradis; or, comme cela arrive ordinairement à Tépoque de la Pentecôte, les quelqjies jours de vacances que Ton prend alors sont les plus délicieux de Tannée pour la majorité de la population laborieuse de cette immense ville.
On emploie beaucoup Taubépine pour faire des haies, et j'ai essayé dernièrement un nouveau système de plantation. Je fais planter des arbustes, ayant environ trois pieds de haut en double rangée, et les arbres de chacune font entre eux un angle de 45 degrés environ. On obtient ainsi rapidement une haie épaisse, car les branches se croisent dans toutes les directions. Il y a beaucoup de variétés distinaes d'aubépine qu'il est bon de cultiver si l'on a de la place; j'en possède quatre ou cinq.
Le Salisburia adiantifolia (fig. 949 a) est un fort bel arbre que je devrais cultiver, mais que je n'ai malheureusement pas. Ses feuilles ressemblent un peu à celles de la capillaire.
Mongredien, dans son excellent ouvrage sur les arbres, dit que la Verveine à odeur de citron {Aloysia ctinodora, fig. gbi) vit en plein air, bien qu'elle soit souvent détruite par la gelée. J'essaierai de nouveau cette culture Tannée prochaine, car le parfum répandu par les feuilles est exquis. On devrait trouver cet arbuste dans tous les jardins, mais il est passé de mode parmi les jardiniers de ne pas le cultiver parce qu'il est commun ; on ne le trouve plus que chez les horticulteurs intelligents qui se placent au-dessus des idées absurdes. On dit que cet arbuste atteint en Chine une hauteur de vingt pieds.
Fi 5i. - Aïoysia ""'^^ ^^ quelques Charmes {Carpinus Betulus)^ mais citriodora. j^ j^^ possède aujourd'hui aucun grand spécimen de cette espèce. Le charme pousse naturellement dans la forêt d'Epping; il fait, dit-on, d'excellent bois à brûler.
L'Acacia {Robinia Pseiid-Acacia) s'emploie pour cacher les bâtiments peu élevés. Cet arbre pousse très rapidement quand il est jeune; ses fleurs répandent un parfum délicieux, mais son bois est très cassant et il cède même souvent à un coup de vent. Cette raison empêche de
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cultiver l'acacia autant qu'on pourrait le faire et, quoi qu'en ait dit Cobbett, il ne s'emploie que rarement.
L'If {Taxus baccata) est utile dans les endroits humides et ombragés, où les autres arbres ne poussent pas. Il y a un if magnifique dans
le cimetière de Bedington (flg. 952), à environ trois milles au sud de mon jardin ; cet arbre pousse vigoureusement dans les haies où son feuillage foncé donne au paysage un caraaère tout particulier. L'if irlandais ( Taxusfastigiata) est un arbre raide qui pousse tout droit et qui est fort utile dans certaines situations. J'en possède plusieurs dans mon jardin ; ils sont pour la Flg. 95a. - n. plupart très remarquables, un sur-
tout qui affecte la forme d'une pyramide renversée, car il est plus large au sommet qu'à la base.
Au sud, sur une colline, le Buis [Buxus sempervivens) pousse à l'état sauvage ; je ne l'ai vu en cet état dans aucun autre endroit. Nous employons le buis pour faire des bordures, car cette plante supporte une taille même exagérée. Nos ancêtres avaient l'habitude de donner à cet arbre la forme d'oiseaux ou d'animaux, et on peut en voir encore quelques-uns dans certains villages. Mais le spécimen le plus parfait d'arbre taillé que j'aie jamais vu se trouve dans les jardins du pape, au Vatican; entre autres animaux, on a taillé un arbre de façon à représenter une vache avec ses cornes. Bien qu'il n'y ait pas lieu d'admirer de semblables extravagances, elles ne manquent cependant pas d'un certain intérêt, car elles montrent ce qu'on peut obtenir des végétaux avec du soin et de la patience.
Le Genièvre [Juniperus cotntnunis) pousse abondamment sur les collines de craie situées au sud-est de mon jardin. Cet arbre est remar-: quable à cause de la couleur brillante de ses feuilles. J'en possède quelques spécimens. Le Cèdre rouge (Juniperus virginiana) est un
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des arbres les plus grands de cette famille, mais ni le sol, ni le climat de mon jardin ne lui conviennent, et il meurt rapidement.
Dans une propriété voisine de la mienne, on remarque un immense Houx {Ilex aquifolium^ fig. 953); dans mon jardin, il n'y a que quelques petits arbustes appartenant aux variétés à feuilles variées, telles que VIlex aquifolium ferox dont les feuilles sont épineuses. Il y a plusieurs autres espèces charmantes dont les feuilles sont argentées ou dorées. Bien que je ne cultive pas cet arbre dans mon jardin, je ne saurais trop le recommander, car ses feuilles brillantes, et surtout ses baies ^ »g' 953. - Houx. qui étincellent au milieu de la neige quand toutes les fleurs manquent, font un effet charmant.
Je ne cultive pas le Tulipier {Liriodendron tulipifera)^ qui produit de très jolies fleurs (fig. 963 a) . Il y a de beaux spécimens de cet arbre dans plusieurs parcs du voisinage.
Fig. 933 fl, — Tulipier. Fig. 954. — Magnolia .
Les Magnolias (fig. 954) sont les plus remarquables de tous les arbres à fleurs. Le Magnolia conspicua fleurit chez moi au commencement du printemps. Sur la route qui conduit à Londres, j^ai eu souvent occasion de remarquer de beaux Magnolia grandijlora^ qui eu été se couvrent de fleurs admirables.
Le Catalpa (fig. 955) est un bel arbre d^ornement qui devrait se
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trouver dans tous les jardins, car ses magnifiques grappes de fleurs s'ouvrent au mois d'août, époque à laquelle les fleurs sont rares. Quiconque possède un de ces arbres en est très Her; malheureusement le Catalpa est assez délicat. Il en existe un très gros, qui semble aujourd'hui sur le point de mourir, dans les jardins Hampton Court où il a été planté, dit on, par lady Mornington. Il y en a quelques autres dans les propriétés qui avoisinent la mienne; celui de mon jardin commence seulement à fleurir.
Le Prunus sinensis fait un très bel effet, soit comme arbre cultivé en pot, soit comme arbre cultivé en plein air: le Prunus Iriloba. „. ^^ ,, .
, Fig. 955. — Catalpa.
arbre curieux, se couvre au printemps des plus admirables fleurs roses.
Un magnifique Fusain {Euonymus europœus) pousse dans le parc voisin et ombrage un coin de mon jardin. Le fruit de cet arbre est rose brillant, ce qui produit un très joli effet en automne ,
Je ne possède pas VAmelanchter Botryapium^ et je le regrette, car 1 produit en abondance des fleurs aussi blanches que la neige.
VHalesia tetraptera est peu cultivé, bien qu'il ait été importé en Angleterre, il y a plus de cent ans, de la Caroline du Sud ; ses fleurs qui ressemblent à celles du Perce-neige, rendent cependant cet arbre très précieux pour le jardin.
Le Chamœrops excelsa (fig. 966 ) est le seul Palmier qui vive en plein air en Angleterre. Il résiste aux gelées les plus rudes et semble se plaire beaucoup dans Regent's Park. Il pousse très lentement dans les pays du nord, mais, comme c'est une plante exotique qui contraste vivement avec nos arbres ^.^ ^5^ . p^j^j^, ^„^j.^„^^ ordinaires, il est bon de le cultiver.
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Les différents Conifères prennent plus de place que je ne puis leur en donner dans mon jardin ; un certain intérêt cependant s'attache à ceux que je possède. Le Pin écossais commun {Pinus sylpestris) constitue une grande beauté dans le paysage. En effet, son feuillage vert foncé et la couleur de son écorce qui contrastent si vivement avec les couleurs des autres arbres, font toujours un effet pittoresque. Je possède quatre ou cinq de ces arbres que je conserve avec beaucoup de soin; pour que le pin écossais soit dans toute sa perfection, il faut le voir à la lumière du soleil couchant. Je possède quelques jeunes plants du Pinus Pinaster qui devient un arbre magnifique. J'ai essayé le Pinus insignis, remarquable par la couleur vert gazon de son feuillage ; mais il a été tué par la gelée, ce que je ne m'explique guère, car il pousse vigoureusement au sommet d'une colline voisine.
ISAbies Pinsapo est de tous les Conifères celui qui convient le mieux pour la décoration d'une pelouse. Il pousse lentement et il faut faire grande attention de ne pas le changer de place; j'ai, en effet, tué ainsi un arbre magnifique. IfAbies Douglasii est aussi un très beau pin qui atteint une grande hauteur en Californie. Le mât de pavillon de i5o pieds de hauteur qui se trouve à Kew, est le tronc d'un A, Douglasii. Je ne possède ntX^Picea pectinata^ ni le pin argenté, ni le Picea nobilis qui est réellement une magnifique espèce de pin (fig. gBy), ni VAbies excelsa, si bien adapté pour de grandes plantations, pig. 957. — cône de ptcet nobUis. On peut voir en Ecosse d'admirables spécimens de cette dernière espèce.
Hérédote parle des pins dans le passage suivant : « Crésus envoya des ambassadeurs aux Lampracenes pour leur demander de mettre Miltiade en liberté, menaçant, s'ils se refusaient à le faire, de les détruire comme des pins. Les Lampracenes se rassemblèrent pour délibérer sur la signification de cette menace qu'ils ne comprenaient pas du tout. Un des vieillards l'expliqua enfin, en leur disant que, de tous les arbres, le pin est le seul qui, une fois coupé, ne produit plus de rejetons. »
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MES ARBRES FORESTIERS 43o
Je possède trois espèces de Cèdres : le Cedrus atlantica^ le C. Li^ hani et le C. Deodara ; les botanistes les plus éminents les considèrent ^ comme de simples va-
riétés de la même espèce. Le cèdre du Liban prend des proportions admirables , quand il a tout l'espace nécessaire pour se développer. Leplusgrand que j'aie jamais vu se
Fig. 9b8. — Cèdres du Liban et Orme. tPOUVe à Eufield; On
suppose qu'il a été planté vers 1660 par le docteur Uvedale; mais M. Walford croit qu'il est beaucoup plus vieux et adopte la tradition qui veut qu'il ait été planté par le cardinal Wolsey . Le Rév. A. Bridges a trois beaux cèdres du Liban dans son jardin de Beddington (fig. gSS). J'en ai représenté deux {a et c), et j'ai placé entre eux un orme magnifique [b). Voici les dimensions des trois cèdres :
Pied» Pouces Circonférence au niveau du sol ... 26 o » à 4 pieds au-dessus du sol. 17 8 ,
Hauteur de Tarbre 80 o ,
Envergure des branches 94 o
La figure 969 représente les cônes du cèdre du Liban. Le bois du cèdre contient une huile essentielle volatile qui a la curieuse propriété de faire couler Tencre d'imprimerie.
On a présenté, il y a quelques années, à la banque d'Angleterre un billet dont l'impression était quelque peu effacée. On fit une enquête qui prouva que ce billet
avait appartenu à plusieurs per- ^*«- ^^^^ "" ^"'' '^^ ^'^'^ ^" ^^^*"-
sonnes qui purent en expliquer la possession. On me l'apporta alors et je conseillai aux inspecteurs de s'assurer si ce billet n'avait pas été ren-
Pieds Pouces
Pieds Pouces
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fermé dans une boîte de cèdre ; on découvrit qu'en effet le dernier possesseur du billet Tavait placé dans une boîte neuve récemment achetée. On avait la clef du problème.
La variété de PHimalaya, le C. Deodara^ est aujourd'hui Tarbre à la mode; on l'emploie généralement au lieu et place du cèdre du Liban. Cet arbre est très gracieux quand il est jeune ; ses branches sont alors retombantes; quand il grandit, les extrémités de ses branches se relèvent comme celles du cèdre du Liban. 11 est assez délicat, et la gelée Ta quelquefois tué dans mon jardin. Les plants couverts de neige échappent à la gelée, mais quand le vent les a débarrassés de la neige et qu'il se met à geler, ils meurent presque sûrement. Cette variété est, en outre, très sujette à mourir quand elle atteint Page de quinze ou seize ans. Un de mes amis soutient qu'il doit en être ainsi parce qu'une variété des montagnes ne peut pousser dans les plaines ; il a cependant voulu s'en assurer et a entouré de soins un assez grand nombre de spécimens vigoureux ; chose remarquable, la plupart de ces arbres sont morts comme il l'avait prédit. Quand on veut cultiver le cèdre, je conseille de prendre le cèdre du Liban . On voit dans la planche i o l'effet produit dans un jardin par le C. Deodara.
On a introduit, en 1854, un arbre gigantesque de la Californie, le Wellingtonia gigan-tea ou Séquoia que l'on plante aujourd'hui dans presque tous les grands jardins. Cet arbre semble se plaire principalement dans un terrain où existe du quartz aurifère; il atteint alors la prodigieuse hauteur de 400 pieds, c'est-à-dire à peu près la même hauteur que le sommet de la croix qui surmonte le dôme de la cathédrale de Saint Paul. Cet arbre exige beaucoup d'air et de lumière et un sol humide; la proximité d'autres arbres l'empêche de
Fig. 060. — Wellingtonia , . t< • '
gigantea. pousser Symétriquement. J en ai scme un qui
avait, en 1872, 16 pieds de hauteur; il pousse très symétriquement; en 1875, il avait 22 pieds 6 pouces de hauteur; 6 pieds 3 pouces
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de circonférence à la base, et 3 pieds de circonférence è 5 pieds audessus du sol. (fig. 960). Il y en a un fort beau spécimen dans un parc avoisinant mon jardin.
La duchesse de Wellington planta un Wellingtonia en avril 1867 dans le parc de Strathfieldsaye, le duc le fit mesurer en 1872; il avait alors 3o pieds de haut; 8 pieds 7 pouces de circonférence au niveau du sol, et 5 pieds 4 pouces de circonférence à 4 pieds au-dessus du sol. Le diamètre de ses branches était de 18 pieds 6 pouces.
Dans un bal donné à Apsley House, auquel assistait la reine et le prince Consort, la table du souper était décorée par deux de ces arbres qui ont été plantés en octobre ï865, près du tombeau du feu duc de Wellington. L'un a actuellement 18 pieds 4 pouces de hauteur, et Tautre 1 7 pieds 9 pouces ; à la base, la circonférence du premier est de 3 pieds 7 pouces, et celle du second de 4 pieds. Comme ces arbres ont été plantés dans un terrain choisi, et qu'ils ont été entourés de soins, on peut supposer que cette croissance représente la croissance naturelle de Tespèce dans son pays natal. En outre, ces chiffres qui me sont fournis par le duc lui-même, serviront de base pour déterminer plus tard avec quelle rapidité a poussé cet arbre.
On trouve une forêt de Wellingtonias dans une petite vallée près des sources du San Antonio, en Califortîie. Elle contient 93 arbres, âgés d'environ dix ans. Le Père de la forêt (fig. 961), peut-être
l'arbre le plus grand qui soit au monde, est renversé; on suppose qu'il avait 453 pieds
Fig. 961. —Le Péri de la Forêt. Fig. 961 a —Cône du Fig. 962. — George
Wellingtonia gigantea. Washington.
de hauteur et 40 pieds de diamètre. L'intérieur est creux et la cavité
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suffisamment grande pour qu'un homme puisse y entrer à cheval. M. Townsend, qui a visité cette forêt, en a rapporté une photographie que je fais reproduire ci-dessous. Il m'a donné aussi une photographie d'un arbre, appelé le Georges Washington, qu'on dit avoir 384 pieds de haut (fig. 962). La forme de mes jeunes plants est d'une sj^métrie charmante ; pendant les premières années, les branches poussent horizontalement ; un peu plus tard, elles se relèvent et l'arbre n'est plus alors aussi joli. Ces arbres se multiplient facilement par boutures, mais les résultats obtenus par ce moyen sont loin de valoir les semis; il faut donc toujours employer ce dernier système si un propriétaire veut que ses petits enfants voient dans toute sa perfection un Wellingtonia qu'il a planté. Les cônes sont très petits.
Les branches raides rayonnantes de VAraucaria imbricata lui donnent un caractère si particulier, que cet arbre forme un grand contraste avec tous les autres arbres du jardin , et introduit dans le paysage une charmante variété. Cet arbre est beaucoup plus rustique quand il se trouve bien exposé à la lumière; il ne faut donc pas l'entourer d'arbrisseaux sous prétexte de l'abriter. Il supporte le poids de la neige avec impunité, mais une gelée très rude jaunit ses feuilles. J'en ai plusieurs spécimens, mais j'en ai eu un bien plus grand nombre qui sont morts, parce que j'ai voulu les changer de place. Le premier sujet de cette espèce, introduit en Angleterre, se trouve dans les jardins de Kew; mais le plus beau peut-être est dans le jardin de feu M. Tabor à Br^entwood (fig. 962 a). Au Chili, d'où cet arbre est originaire, les cônes contiennent, dit-on, deux ou trois cents graines qui constituent pour les Indiens un important article d'alimentation, de même que les graines du Pin des rochers sont fort recherchées par les Italiens. J'ai vu des cônes se former en Angleterre.
On voit dans le parc de Beddington, près de l'église, deux magnifiques Mélèzes [Larix europcea^ fig. 963), qui doivent avoir un âge considérable. En ij'iS, on importa du Tyrol un assez grand nombre de ces arbres et on en laissa cinq à Dunkeld. Les deux spécimens qui se trouvent dans le parc de Beddington ne sont pas aussi vieux que les arbres de Dunkeld et que quelques autres qui se trouvent àMonnymusk
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dans TAberdeenshire. Un des premiers mélèzes importés en Angleterre resta dans la salle à manger du château de Monnymusk jusqu'à ce
Fig. 963a.— Araucaria imbricata. Fig. 963. — Mélèze dans le Fig. 964. — Mélèze à Dunkeld.
Parc de Beddiogton.
qu'il fût devenu trop grand; on le planta alors dans une avenue de hêtres. Ce mélèze est loin d'être aussi gros que les magnifiques spécimens de Dunkeld dont Tun, à trois pieds au-dessus du sol, a quinze pieds de circonférence et atteint une hauteur de quatre-vingt-seize pieds (fig. 964). Le mélèze est surtout beau au commencement du printemps. Ceux qui ontplanté cet arbre il y a une cinquantaine d'années ont fait une excellente affaire, car ce bois est très recherché pour faire des traverses -de chemin de fer. Dans ces dernière^ années, le mélèze a été souvent attaqué par les pucerons, et il n'est pas rare qu'il meure. J'ai particulièrement remarqué qu'au Tyrol il pousse sur les versants presque verticaux des montagnes; les arbres se trouvent donc les uns au-dessus des autres et chacune de leurs parties est exposée à l'air et a la lumière du soleil. Les mélèzes disparaissent-ils en Angleterre parce qu'ils ne trouvent pas dans ce pays les conditions naturelles de leur croissance ? Est-ce parce qu'on les a plantés au milieu des racines pourries d'autres mélèzes infestés du mycélium de champignon ? Est-ce parce que les saisons n'ont pas été favorables ?
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On ne saurait répondre ni à ces questions, ni dire sUl y a d'autres causes en jeu.
Le Cyprès {Cupressus sempervirens , fig. 964 a) constitue un caractère remarquable du paysage des Apennins; il revêt, en effet, jusqu'au sommet, les versants stériles de ces montagnes.
On trouve dans les environs de Florence un magnifique bosquet de cyprès qui ont atteint un développement considérable ; leur sombre feuillage donne une ombre délicieuse sous le ciel brûlant d Italie. En Angleterre, cet arbre ne devient pas très grand. J'ai essayé la culture du Cupressus funebris^ originaire de !a Chine, mais sans succès. Le Cupressus Lawsoniana (fig. 966), importé de Californie en i852, pousse, au contraire, dans mon jardin, presque aussi vite que le Wellingtonia; il semble aimer un sol toujours humide et il prend de si belles formes, que je conseille son introduction dans tous les jardins.
Fig. 904 a. Fig. gôS. Fig. 06.
Cupressus sempervirens. Cupressus l^awsoniana. Taxodium Distichum.
Le Cyprès Décidu {Taxodium distichum^ fig. 966) est, selon moi, un arbre très élégant; ses feuilles découpées revêtent des teintes vertes charmantes au printemps, et de plus admirables encore en automne, s'il est possible. Je possède un spécimen de cette espèce, lequel est fort beau, mais il y en a deux dans un jardin voisin, qui sont de véri-
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tables modèles de beauté et qui font Tadmiration de tous les passants. J'ai planté un assez grand nombre de Cryptomeria japonica^ qui poussent bien, mais qui sont tellement défigurés par la gelée, qu'il est presque impossible de les laisser dans le jardin. On peut voir un admirable spécimen de cette espèce sur la colline de Saint-Georges ; il affecte une magnifique forme en pyramide.
UArbor-Vitce ou Thuya est un arbre rustique admirablement adapté pour faire des rideaux. Il y a d'autres espèces que Je n'ai pas cultivées. La variété dorée du Biota orientalis ou Arbor-Vitce de la Chine, convient admirablement à la décoration d'une pelouse. Les branches de cet arbre revêtent des nuances admirables, et sa forme générale est extrêmement élégante.
Beaucoup d'arbres fruitiers s'emploient comme arbres forestiers, le Nover, par exemple, qui abonde dans le parc de Carshalton. La
fig. 967 représente un noyer qui se trouve près du château de Beddington. Le Cerisier sauvage, couvert de ses fleurs blanches, est extrêmement beau ; en automne, ses feuilles écarlates sont aussi très remarquables, Fig. 957. -Noyer ^a Variété double est très
recherchée. Le Poirier atteint des proportions majestueuses, mais n'est jamais bien beau. Le Pommier de Sibérie, couvert de ses admirables fleurs ou de ses excellents fruits, est aussi un magnifique objet. Le Sureau, surtout la variété écarlate, joue aussi son rôle dans le jardin. Le Châtaignier d'Espagne est un bel arbre forestier, mais malheureusement on ne le cultive pas dans notre district ; ses fruits constituent dans les panies méridionales de l'Europe un objet de commerce considérable; cet arbre mériterait plus d'attention qu'on ne lui en a donné jusqu'à présent en Angleterre; je ne saurais trop recommander sa culture partout où elle est possible.
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Un véritable rideau d'arbres entoure mon jardin du côté du nordest et le protège contre les vents froids. On ne saurait imaginer un plus magnifique spectacle que celui présenté par ces arbres quand ils sont éclairés par le soleil couchant ou qu'ils se reflètent dans les eaux du lac. On y remarque de nombreuses essences : Torme, le hêtre, le marronnier, le saule, le bouleau, le peuplier, le frêne, le sycomore et le pin d'Ecosse. Le contraste produit par le mélange du feuillage de ces différents arbres est extrêmement pittoresque, et les teintes qu'ils revêtent en automne sont tout particulièrement belles. Le Rév. A. Bridges a bien voulu me permettre de me promener sous ces arbres, et il est difficile d'exagérer la valeur d'une semblable autorisation.
Au sud-ouest de mon jardin, dans la propriété de mon voisin, se trouvent de magnifiques arbres qui la font presque ressembler à une forêt. On remarque surtout un ou deux peupliers d'Italie qui dépassent de beaucoup les autres arbres et qui ajoutent considérablement à l'effet pittoresque.
L'Amandier {Amygdalus communis) est indispensable à cause de la beauté de ses fleurs au printemps et de ses fruits que }'ai déjà décrits. Le Pêcher à fleurs doubles [Aniygdalus persica) est très beau et produit, en outre, d*excellents fruits à la fin d'octobre ou au commencement de novembre. M. Fortune a dernièrement introduit quelques charmantes variétés de pêcher. J'ai essayé leur culture, mais elles ne réussissent pas dans mon jardin. Cependant, je ne saurais trop les recommander, car elles font au printemps d'admirables arbres à fleurs.
Aucun jardin ne peut se dispenser d'arbrisseaux et, comme utilité générale, le Laurier {Cerasus laurocerasus^ûg, 968) n'a pas d'égal. Ses feuilles d'un vert brillant le rendent précieux, principalement parce qu'il pousse presque dans toutes les situations et même à l'ombre des arbres. Quand son bois est bien formé, le laurier résiste à quelque degré de froid que ce soit, mais il n'est pas rare que les nouvelles pousses
soient fréquemment tuées en hiver. Le laurier se plaît beaucoup plus dans les endroits secs que dans les endroits humides, et, comme le fait remarquer le grand naturaliste Gilbert White, il supporte mieux les hivers rudes dans un pays septentrional, que dans une station plus méridionale où la neige fond et regèle constamment. J'emploie le laurier dans bien des situations, mais surtout quand j'ai besoin d'un rideau toujours vert pour masquer quelque chose. Fig. 968. - Laurier. jj ^^ multiplie facilement par boutures plantées en septembre. En distillant les feuilles, on obtient de Pacide prussique; il faut se souvenir aussi qu'une infusion de feuilles de laurier constitue un véritable poison.
On peut employer le laurier de Portugal (Cerasus lusitanica) quand on a besoin d'un grand arbrisseau, Girgov décrit un laurier de Portugal dont le tronc avait onze pieds de circonférence, et qui avait 3o pieds de hauteur. J'emploie cette espèce dans mon jardin dans les mêmes conditions que le laurier commun ; malheureusement il ne se prête pas aussi bien à des changements de place que ce dernier.
J'ai cultivé une autre espèce de laurier [Laurus nobilis), mais le climat particulier de mon jardin ne convient pas à cet arbrisseau.
Il est très difficile de cultiver le laurier tin {Viburnum tinus)^ car il ne résiste pas à la gelée. Il y avait autrefois de beaux arbrisseaux de cette espèce dans les jardins de Hampton Court; ils ont disparu pendant un hiver rigoureux ; il en a été de même dans le parc de Hazel, dans le Bedfordshire. Cet arbrisseau ne réussit pas dans mon jardin; je ne saurais cependant trop recommander d'en essayer la culture, car il produit en hiver une fleur au parfum délicat, ce qui le rend très précieux.
Le Troène {Ligustrum vulgaré) est un arbrisseau remarquable à tous égards, soit qu'on veuille obtenir de l'ombre, soit qu'on veuille faire une haie, à cause de sa rusticité et de son feuillage toujours vert ; ses baies pourpre foncé constituent une fort jolie décoration en hiver. Il y en a plusieurs variétés que je ne cultive pas.
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Je n'aime pas beaucoup VAucuba japonica^ bien qu'il abonde dans tous les jardins des environs de Londres, et qu'il soit très rustique. Cet arbrisseau a été introduit en Angleterre en 1 783 , mais c'est seulement dans ces dernières années qu'on a découvert qu'il est bisexuel et que la plante femelle existait seule dans ce pays. On s'est procuré enfin la plante mâle et on a pu féconder les fleurs femelles ; depuis ce temps, on obtient des baies rouges. J'ai facilement obtenu des baies rouges sur ces arbrisseaux cultivés dans la serre à arbres fruitiers, mais je n'ai pas encore vu la fécondation se faire en plein air ; cependant, comme ces arbrisseaux se couvrent d'une grande quantité de fleurs, il est possible que nous voyions bientôt les plants cultivés en plein air se couvrir aussi de baies écarlates si notre climat est favorable au développement du fruit.
Il y a trois espèces de Phyllyreas qui sont loin d'être cultivées autant qu'elles le méritent, car le feuillage en est très beau et l'arbre parfaitement rustique. On peut l'employer et comme rideau et comme arbuste isolé. Comme rideau, le Symphoricarpus racemosus est très utile, car il pousse à l'ombre des arbres et se laisse transplanter facilement. Couvert de ses grosses baies blanches, c^est un arbre qui constitue un bel ornement. Le houx, le buis et l'if sont des arbres que Ton peut traiter comme les arbrisseaux et qui sont aussi parfaitement adaptés pour servir de rideau.
Le Cor/lus Avellana piirpurea^ quand il est jeune, a tout le caractère d'un arbrisseau; un peu plus vieux, son feuillage pourpre foncé le rend très remarquable.
Un des arbrisseaux les plus jolis que je cultive en quantité est le Lilas. Il y en a deux espèces (Syringa vulgaris^ fig. 969 et S. persica) et de nombreuses variétés. Ces deux espèces seraient fort utiles comme arbrisseaux, même si elles ne portaient pas de fleurs; en effet, grâce à l'abondance de ses racines fibreuses on peut transplanter le lilas partout où l'on veut, et le Fig. 969. - Lilas. jardinier peut lui donner la forme qu'il désire; outre ces grandes qualités, le parfum du lilas est délicat et sa fleur est fort
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jolie; faut-il donc s'étonner que j'en cultive des bosquets tout entiers de toutes les variétés connus. A Paris, on a Thabitude dans quelques jardins et surtout aux Tuileries, de donner aux lilas la forme d'un rosier en plein vent , c'est-à-dire d'une boule surmontant une tige ; cette disposition convient assez pour les jardins sévères. Il y a deux variétés de Syringa vulgaris^ la variété blanche et la variété lilas; il y a beaucoup de variétés du lilas de Perse qui diffèrent par l'intensité de la couleur des fleurs. On force facilement le lilas; je m'arrange même ordinairement pour décorer avec cette fleur la table à manger le jour de Noël ; à Paris, on peut se le procurer en grande quantité dès le milieu de décembre. Partout où l'on a la place suffisante, on devrait s'arranger pour avoir du lilas pendant tout l'hiver. Il faut planter en pots les rejetons destinés à être forcés, car ils réussissent beaucoup mieux que ceux que l'on prend en plein air pour les mettre en serre ; il faut leur donner beaucoup d'eau, le parfum du lilas cultivé en serre est bien supérieur à celui du lilas cultivé en plein air.
Le Philadelphus coronarius (fig. 970), est un joli arbrisseau qui produit une fleur ^'^' ^7^- " ™iaddphu. coronariu.. blanche dont le parfum ressemble un peu à celui de l'oranger. Cet arbre est un de mes favoris. Je cultive aussi le Philadelphus mextca--
Fig. 971 . — Cogoassier da Japon. Fig. 971 a. — Pyrus Manlci. Fig. 971 ^. — Fruit du Pyrus
Manlei , un tiers de grandeur naturelle«
nus qui produit de charmantes fleurs blanches. Cette dernière espèce Smee* Mon Jardin, 29
45o MON JARDIN
réussit très bien en pot, mais je ne sais pas encore si elle est assez rustique pour être cultivée en plein air.
Au commencement du printemps, les fleurs rouges du Cognassier du Japon {Cydonia japonica^ fig. 971) font un très bel effet. Cet arbrisseau réussit mieux quand on le fait grimper le long d'un mur; cependant je Tai cultivé comme arbuste.
On a introduit dernièrement du Japon un nouveau Pyrus ou Cydonia^ appelé Pyrus Manlei. Les fleurs sont couleur oranger (fig. 97 1 a) et le fruit (fig. 971 ^), qui est jaune, est excellent pour faire des confitures. Cet arbre paraît très rare même au Japon, mais on s'occupe aujourd'hui de le multiplier en Angleterre.
LeDaphne Me\erium est un arbuste qui fleurit avant que ses feuilles ne paraissent, il a peu 4'importance. Un peu plus tard fleurit le Ribes sanguineum (fig. 972). Il y en a plusieurs variétés fort utiles. Cet arbuste, originaire d'Amérique, se cultive très facilement et est tout à fait rustique; il a été, cependant, fort endommagé dans mon jardin par des
Fig. 973. — Ribes sanguineum. Fig. 973. — Berberis dolcis.
gelées qui se sont produites en mai et en juin . La Deut^ia gracilis produit des fleurs blanches en grande abondance. Cet arbuste, tout en étant très rustique, peut aussi s'employer utilement à la décoration des serres; j'en cultive toujours un grand nombre de plants.
Le Berberis dulcis (fig. 978) produit des fleurs simples jaunes qui répandent un parfum délicieux; l'arbre se couvre ensuite de baies noires que l'on m'a assuré être bonnes à l'alimentation.
Le Mahonia aquifolium est un arbuste au feuillage foncé qui porte des fleurs jaunes; il devrait se trouver dans tous les jardins.
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LES ARBRISSEAUX 45i
Au printemps, la rose de Gueldre ( Viburnum Opulus^ variété stérile^ fig. 974) est une des plus belles fleurs de mon jardin. Cet arbrisseau semble se plaire beaucoup chez moi, car il produit des fleurs plus grandes que toutes celles que j'ai vues autre part. On peut apercevoir ses grandes fleurs blanches d'une extrémité à l'autre du jardin.
Fig. 974. — Rose de Gaeldre. Fig. 975.— iiypencumcaiycmam. Fig. 975 a. — Skimmia japonica*
Les Spirsea sont, en été, de charmants arbustes. La Spirœa ulmaria est une de nos plantes les plus élégantes, La Spirœa callosa du Japon est un arbuste qui porte des fleurs rouges délicieuses. Je ne saurais trop en recommander la culture. Vers la fin de l'été, VHypericum calycinum (fig. 976) produit ses grandes fleurs jaunes ; je cultive d'autres Hypericum anglais au milieu de mes plantes alpines.
L'Eglantier {Rosa rubiginosa) est un arbuste que je cultive à cause de ses trois qualités importantes : la beauté de ses fleurs au commence* ment du printemps; les magnifiques baies écarlates qu'il produit en automne, et enfin l'odeur délicieuse que répandent ses feuilles, surtout après une averse.
VEugenia ugni (fig. 387) ne vit pas en plein air dans mon jardin; confiant dans ce qu'on m'avait dit sur sa rusticité, j'en ai perdu une douzaine de spécimens au moins. Je crois que ni le grenadier, ni le loquate ne vivraient en plein air dans mon jardin ; dans tous les cas, je n'ai pas osé essayer. J'ai cependant vu un loquate en plein air à Wey bridge.
Je n'ai pas cultivé en plein air le Skiynmiajaponica (fig. 975 j), bien qu'il soit tout à fait rustique ; je n'y ai pas cultivé non plus Vlllicium
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religiosum, que je me suis procuré plusieurs fois et que j^ai toujours laissé mourir.
Quelques beaux que soient les autres arbrisseaux, un jardin n'est pas complet s'il ne possède pas les plantes américaines, c'est-à-dire, les Rhododendrons, les Azalées et les Kalmias. Les variétés de jardin du Rhododendron Catawbiense sont très nombreuses et chaque jour on en ajoute quelques-unes à la liste. Leurs couleurs sont très variées, bien que récarlate et le pourpre dominent. Chose assez singulière, notre terrain tourbeux semble être un véritable poison pour ces plantes, bien qu'elles se plaisent beaucoup dans une autre espèce de terrain tourbeux que je me suis procuré à une petite distance. Le Rhododendron écarlate (fîg. 976) et les fougères vont très bien ensemble ; au commencement du printemps, en effet, les fleurs écarlates des uns et les frondes vertes des autres se marient admirablement. Je cultive des Rhododendrons partout où je I-'g 976. - Rhododendron 6c«rlatc.
cultive des fougères, mais cette culture exige beaucoup de soins à cause du mauvais terrain de mon jardin. L'art du fleuriste n'a jamais mieux brillé que dans la création des variétés du Rhododendron qui sont toutes superbes par la beauté de leurs formes et par le brillant de leurs couleurs, alors que la plante primitive n'a que des fleurs pourpre sale qui, selon moi, n'offrent pas beaucoup d'attrait. Je n'ai jamais fait grande attention aux noms que les fleuristes ont donnés aux différentes variétés; je me suis donc adressé à M. Veitch, qui a bien voulu me donner la liste suivante des variétés cultivées qu'il considère comme les plus belles :
Blandyanum: rouge, cramoisi.
Brayanum : rose écarlate.
Concessum: rose.
John Waterer : cramoisi brillant.
Joseph Whitworth : pourpre.
Madame Miolan Carvalho : blanc pur.
Michael Waterer: rose écarlate.
Minnie : blanc bleuâtre.
Mrs. John Clutton : blanc.
Ochroleucum : jaune pâle.
Grand Arab : cramoisi brillant.
Broughtonianum : rouge rose.
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La rose des Alpes {Rosea ferrugineum) qui charme tant les touristes qui traversent les Alpes, est un Rhododendron différent du R. Catawbiense, Je la cultive au milieu de mes plantes alpines en souvenir du plaisir qu'elle m'a causé dans les Alpes.
Le Rhododendron arboreum pousse très bien dans les serres, mais il occupe tant de place que je ne Tai jamais cultivé. Le /?. Ponticum est une espèce vigoureuse sur laquelle on greffe ordinairement les plus belles variétés.
L'Azalée accompagne admirablement le Rhododendron. L'Azalée jaune {A^alea Pontica^ fig. 977) réussit assez bien dans mon jardin; les variétés de VA^alea viscosa, au contraire, sont pratiquement inutiles,
Fîg. 977. «^ Azalée faune.
Fig, 978. — Kalmia lalifolia. Fig, 978 a. — Calycanthus flondus.
parce que les bourgeons sont la plupart du temps détruits par les gelées de mai. M. Veitch recommande tout particulièrement la culture des cinq variétés suivantes :
Altaclarense : jaune foncé.
Julius Caesar: rouge écarlate foncé.
Ne plus ultra : écarlate orangé brillant.
Prince Henry des Pays Bas : écarlate
foncé.
Viscocephala : blanc teinté de jaune,
parfum délicat.
Il faut toujours placer au milieu des Rhododendrons et des Azalées, un plant de Piment {Calycanthus Jloridus^ fîg. 978 a). Les fleurs ont un parfum très délicat.
Le Kalmia latifolia (fig. 978) a sa place toute marquée au milieu des plantes américaines. Il lui faut un sol tourbeux; il ne réussit pas
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dans mon jardin; j'en ai planté au moins une douzaine de pieds et je m'estimerai fort heureux si un seul survit.
Les Pervenches ou Vincas sont des arbustes précieux pour les endroits où il y a beaucoup d'ombre. La plus grande variété {Vinca major) produit de belles fleurs bleues ; les variétés plus petites, qu'elles aient des fleurs simples ou doubles, des feuUles vertes ou colorées, sont des plantes charmantes au printemps.
VAndromeda speciosa (fig. 979) est fort élégant lorsqu'il est couvert de fleurs au commencement du printemps ; cependant je n'ai pas encore essayé de le cultiver.
Fig. 979. — • Andremoda specio&a.
Fig. 980. — Rhus cotinus. Fig. 981. — Mjrrica Gale
Je ne possède pas le Sumac {Rhus cotinus^ fig. 980). Cette plante curieuse pousse fort bien à Wandsworth, dans la propriété de M. P. Rose ; le dessin ci-dessus a été pris chez lui.
Dans les endroits marécageux du jardin je fais planter le Piment aquatique {Mjrica Gale^ fig. 981). Il abonde en Ecosse et dans le Yorkshire, on s'en sert pour faire de la bière. Les feuilles de cette plante exhalent un parfum délicieux quand on les brise.
Les Yuccas ornent toujours agréablement les jardins. Le Yucca gloriosa est de beaucoup le plus grand. Il a la mauvaise habitude de pousser une tige remarquable qui porte d'admirables fleurs, mais si tard, en automne, que la gelée la détruit avant que les fleurs soient complètement développées.
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Le Myrte [Myrtus communis^ fig. 982) est une plante classique que Ton trouve en abondance dans le midi de TEurope. Selon Hérodote, les Perses, quand ils disaient leurs prières, portaient une tiare couronnée de myrte. Hérodote dit encore que, € lorsque les Perses attendaient le lever du soleil, ils brûlaient toutes sortes de parfums et semaient sur la route des branches de myrte. » Chez les anciens, le myrte était Temblême du triomphe et de la joie; le héros portait une branche de myrte comme emblème de ^*^' ^^** "" ^^*' sa victoire ; la fiancée en portait une le jour de son mariage •, et on avait rhabitude de présenter à ses hôtes des guirlandes de myrte au commencement du festin. On disait que Vénus était ornée d'une couronne de myrte quand Paris lui décerna le prix de la beauté, et pour cette raison sans doute on pensait que cette plante était odieuse à Junon et à Minerve-, pour cette raison aussi, probablement, le myrte ne servait pas pendant les fêtes de la bonne* déesse à Rome. Le myrte vit difficilement près de Londres. Il résiste quelquefois pendant certains hivers, mais la gelée le détruit ordinairement; il faut donc nous contenter de le cultiver en serre ou tout au moins de Tabriter contre le froid pendant Thiver. Outre tous ces arbres et tous ces arbrisseaux, je Fig. 983. - Bruyère, ^ui^jy^ j^ Bruyère commune {Calluna vulgaris^ fig. 983), une des plus belles de toutes les plantes. La Linnœa borealis^ VEmpetrum nigrum ou Camarine (fig. 983 a); VErica herbacea;
Fig.983 a -Tamarine. Fig. gSS b, — Airelle. Fig.gSB c— Erica tetralix. Jîg. 983 d.
Cornouiller .
VErica tetralix (fig. 983 V); PAirelle anglaise (fig. 983 *); le Cornouiller (fig. 983); et de nombreuses ronces qudj'ai déjà décrites.
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Héron.