CHAPITRE XIV
LE CLIMAT hT LES GELEES DU PRINTEMPS.
Le climat de mon jardin est tout particulier. L'eau qui coule dans mes petits ruisseaux ^sort des entrailles de la terre ; elle a, par conséquent, une température plus élevée que celle de l'atmosphère en hiver, et une température plus basse en été. Cette condition tend, au commencement de rhiver, à empêcher les plantes de se reposer; au commencement du printemps, elle active la végétation qui est, dans mon jardin, plus avancée que dans les autres districts autour de Londres. Mais quand le soleil a plus de force, en mai et en juin, la végétation des autres districts est plus avancée que la nôtre. Dans les hivers les plus froids, la gelée pénètre rarement dans le sol sur le bord septentrional de la rivière ; sur le bord méridional, au contraire, le sol gèle aussi profondément que partout ailleurs. Quand la terre est couverte de neige, il est rare que la gelée pénètre à plus d'un pouce de profondeur. Dans mon jardin, le thermomètre monte fréquemment plus haut pendant la journée et descend plus bas pendant la nuit que dans beaucoup d'autres endroits ; c'est là une condition très défavorable à la végétation.
Il gèle quelquefois en mars et les fleurs de printemps se trouvent détruites, d'autres fois la gelée détruit les pois en fleurs en avril. Mais
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les gelées de mai, qui arrivent ordinairement pendant la troisièniie semaine de ce mois, sont celles que le jardinier redoute tout particulièrement. En 1867, une gelée très forte se produisit le 23 ou le 2^ mai ; j^ai alors observé tout particulièrement les ravages qu'elle a causés et j'en ai fait Tobjet d'une communication dans un journal spécial; il n'est peut-être pas inutile de reproduire cet article :