Le visible est la trace des pas de l'Invisible
MON JOURNAI
13. — Réponse à une dame extraordinaire qui me prie d'user de mon influence pour encoùra§ sim fils dans V étude du Droit '. :
Madame, bien que fort occupé, je ne veux pas vous l'aire attendre la réponse à la lettre que vous m'avez fait l'honneurde m'écrire. Votre iils est, en effet, reçu dans notre maison depuis quelque temps, par ma femme et par moi, privilège qui n'estaccordéqu'àun petit nombre, et il pourrait vous dire lui-même que son admission n'a pas été facile. Nous vivons en solitaires, exclusivement occupés de l'éducation de nos enfants, et de l'avancement spirituel de nos âmes, dans un mépris absolu du monde... Notre porte, facilement ouverte aux pauvres et aux humbles, est inexorablement fermée à tout ce qui pue la médiocrité ou l'argent. Si votre fils a été accueilli chez nous, c'est que nous avons discerné en lui une humilité véritable, un grand respect de nos sentiments et de nos personnes, une droiture parfaite, une distinction rare et une réelle supériorité d'intelligence. Mais nous l'avons accueilli surtout dans l'espoir de lui être utile. Or, en notre qualité de chrétiens, pour qui tout ce qui n'est pas Dieu n'est rien, nous ne pouvons concevoir qu'une manière d'être utiles à unjeune homme tel que votre fils, c'est de lui faire partager notre horreur du monde en lui inspirant le désir d'une vie exclusivement consacrée, comme la nôtre, à ce qui ne doit pas finir.
C'est assez vous dire que je ne puis d'aucune manière entrer dans les vues que vous m'exposez. J'ignore si
mon influence est aussi « considérable » qu'il vous plaît de le dire. Mais en la supposant telle, je me garderais bien d'en abuser pour le déterminer au choix d'un état avant de savoir avec certitude quelle est sa vocation. En agissant d'une autre sorte, je me rendrais assurément très-coupable, et votre fils aurait un jour le droit de m'accuser.
D'autre part, l'étude du droit, je le dis en passant, a peuplé la France de tant d'avocats ou de magistrats, et €es deux professions, honorables jadis, ont été, dans ce dernier siècle, si complètement déshonorées que je concevrais très-bien qu'elles inspirassent à un jeune homme bien élevé une répugnance insurmontable.
Encore une fois, je refuse d'entrer dans des projets ■de famille où Dieu ne paraît pas avoir été consulté, car nous avons eu le chagrin de ne pas découvrir, dans votre lettre, la plus lointaine allusion aux choses divines, lesquelles pourtant devraient être, pour vous aussi bien que pour nous, l'unique et constant souci.
J'ajoute que la même réserve qui m'interdit d'encourager votre fils dans telle ou telle voie mondaine m'interdit également de l'en détourner. Vous n'avez donc rien à craindre à cet égard. Aussi longtemps qu'il voudra m'écouter et me croire, j'emploirai tout ce que je peux avoir de force persuasive à lui rappeler ses devoirs de chrétien, parmi lesquels se trouve le commandement •d'honorer son père et sa mère.
.MON I» »1 It N VI. 81
18. — Trouvé dans un article de journal, à propos de la dépopulation :
o La France est devenue un pays de fila uniques e\ un pays de Fils dniques «ist destiné à périr. » En lisant cela, nous avons cru entendre le Credo el il nous est venu pour la France un magnifique espoir.