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Au poète catholique Johannes Joergensen, à Copenhague

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I\I< >i i sieu r, souffrez que je vous informe de ma présence et <!<■ mon installation en Danemark. Vous n'ignorez peut-être pas que j'ai épousé la iille aînée du poète Christian Molbecb. 11 était doue tout simple (pic, dans l'état épouvantable où se trouve aujourd'hui la France, je demandasse l'hospitalité à votre pays. Je n'espère pas y trouver la joie non plus qu'ailleurs, ni même la paix, puisque je suis toujours aussi pauvre; mais, du moins, j'ai lieu de croire qu'il me sera permis, en souffrant, d'élever mes deux petites filles chrétiennement, — catholiquement, — ce qui va devenir impossible en France. Cela doit suffire à un homme qui n'attend plus rien des hommes et qui pense amoureusement à la mort.

J'ai reçu à Paris, en 1895, — étant au fond d'un lac de douleurs, — votre article sur moi dans le TUshueren et je n'y ai pas répondu parce que j'agonisais. Je n'aurais pu, d'ailleurs, que vous reprocher votre injustice. « lkke fuldt ortodoks », disiez-vous. C'était, sans aucun doute, la plus hostile et la plus funeste parole qui pût être dite sur moi dans votre pays. Quelle énormité ! Àvez-vous songé, Monsieur, qu'un catholique surtout a le devoir d'être équitable et que, dans un milieu luthérien où il est lu et estimé, un écrivain catholique a mille fois ce devoir?...

Nouvelle sommation à mon escroc [bien inutile, j'ai fini par le savoir].

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