Cette nuit, vers trois heures, je suis ré
veillé par mon nom prononcé distinctement, réveillé d'une manière complète. Comprenant fort bien, je me lève et je dis un chapelet pour les morts, particulièrement pour une morte dont j'ai cru reconnaître la voix, très-vaguement.
Rencontré, en sortant, cet imbécile de Kanaris- Klein qui nous salue. Les vacances sont finies et les cours recommencent. La vie mécanique reprend. Une moitié de ce royaume donnera des leçons, l'autre en recevra. Ainsi chaque jour, jusqu'à ce qu'on crève. Et cela est inutile, à jamais inutile, éternellement inutile. Pas une seule fois, fût-ce par erreur, ne se glissera une idée, une lueur de raison, capable d'éclairer, une seconde , cet enseignement automatique. On apprendra des langues étrangères, on saura par cœur des manuels ou des catalogues, mais les imbéciles resteront imbéciles pour toute la durée des siècles, et les talents, s'il y en a, demeureront enfouis sous cette science de mort.