‹ Mon journalChapitre 73 sur 80 · JOUR*) M · texte numérisé non relu

JOUR*) M

yiennenl s'exhiber, Dieu sail dans quels oripeaux :

Misère mor;ilc indicible par-dessus l'autre misère. S'il y a lieu d'être dégoûté de la misère et de la vomir, c'est lorsqu'elle se montre à l'occasion d'une mascarade puMique. Nous voyons le pauvre chie-en-lit de cette malheureuse. Que doivent être les autres? Il esl à remarquer, en passant, que les prolestants n'ont aucun droit au Carnaval, qui est une saleté exclusivement catholique.

28. — Maladie de Madeleine. Rougeole sans danger, dit-on, mais nous sommes si tristes de voir souffrir cette enfant ! Si tristes de tout, depuis si longtemps !

Mars

1"'. — Nuit cruelle. Notre pauvre petite se plaint de ne pas voir. Nous sentons bien que c'est une conséquence, un effet très-passager de son mal. Cependant cette impression est affreuse.

5. — Madeleine, qu'on croyait guérie, nous alarme jusqu'à l'épouvante. C'est dans cette angoisse que j'écris La Duchesse Caïn, ix6 chapitre du Fils de Louis XVI. Les lecteurs ne savent pas

ce que leur plaisir coûte quelquefois aux pauvres écrivains.

7. — Journée terrible. Le médecin, ennuyé de la persistance d'une petite fièvre à laquelle il ne comprend rien, prescrit une potion. Alors, nous voilà chez Dieu de plain-pied, dans son vestibule terrible. Dès la première gorgée, la pauvre petite se tord dans les bras de sa mère, puis elle tombe dans un abattement extraordinaire, elle est mourante, elle meurt... Ses mains, ses pieds deviennent glacés, elle râle, nous assistons à son agonie. Un instant l'innocente regarde le grand crucifix et, laissant retomber sa tête vers nous, referme les yeux sans nous avoir vus. Moment effroyable!...

Notre chère petite nous est rendue. A quel prix? C'est Dieu qui le sait.

[J'affirme avec force, pour qu'un jour mes enfants trouvent ici ce témoignage, que le fait qui vient d'être raconté est indubitablement d'ordre surnaturel, que la guérison de Madeleine fut un vrai miracle et que sur le commandement formel de Marie sans tache, quelqu'un quitta notre enfant, alors que, penchés sur elle, nous attendions son dernier souffle.]

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