C'EST MON COUS1 N
Tu n'as pas cette intention , je suppose? Te taire plus longtemps ne serait pas d'un galant homme.
— Je n'ai pas d'intention ; je ne sais cominiiil m'y prendre. Je ne sais qu'une chose, c'est que, d'une façon ou d'une autre, il faut en unir. Et même, j'avais pensé... Tu as toujours été un si bon ami pour moi... Si tu voulais te charger...
— Ah ! fichtre non, par exemple ! Je connais la marquise et n'ai pas envie de me faire torpiller. D'ailleurs, je n'admets pas qu'on emploie un commissionnaire en pareil ca>.
— Tu vois bien que tu as peur, toi aussi. Alors, écoute. Rends-moi le service sous une autre forme. Viens avec moi. En ta présence, je n'oserai pas être lâche.
— Soit, dit Héruel, mais à une condition : c'est que nous irons tout de suite. Tu ne peux rester un jour de plus dans cette situation. Après tout, elle ne nous mangera pas. Moi, d'abord, si elle gesticule trop près de mes yeux, je lui fais mettre bas les pattes. Nous autres marins, ça nous connaît, l'abordage.
Une heure après, les deux amis sonnaient à la porte de la marquise Sansedoni, qu'ils trouvèrent en peignoir, pas encore coiffée, se promenant dans son salon comme une lionne dans sa cage, et belle, d'ailleurs, à donner envie d'être dévoré par elle.
Sans répondre au salut des deux visiteurs, sans leur tendre la main, sans songer à rien teindre, elle bondit vers sa table, y prit un journal, et le mettant sous le nez du pauvre Labanèrc :
— Qu'est-ce que veut dire cet article? demanda-l-elle d'une voix qui grondait comme un rugissement comprimé à grand'peinc.