‹ Mon Oncle AlcideChapitre 3 sur 29 · TARE · texte numérisé non relu

TARE

moi et mon collègue, très provincial, le fila

d'un éleveur du Perche, à ce que j'appris bientôt. Aussi ces demoiselles n'avaient d'attentions que. pour moi et je dois dire qu'elles en avaient beaucoup, Pour me mettre à mon aise, elles me racontèrent, en parlant toutes les deux à la fois, qu'elles étaient « les meilleures amies de cette pauvre Catherine » . J'appris in même temps qu'elles finissaient leur éducation chez mesdemoiselles Mathieu, de Neuilly ; qu'elles avaient eu congé pour la journée et qu'elles devaient être rentrées avant minuit « l'heure réglementaire ». Ce dernier détail me donna l'idée la plus agréable du règlement de la maison.

Je voulus montrer que j'avais une langue, moi aussi, et j'entamai un éloge enthousiaste de la mariée, ce qui produisit un drôie d'effet sur mesdemoiselles Julie et Berthe, car elles se mirent aussitôt à regarder par la portière, chacune de son côté. Alors, pensant que • j'avais manqué de tact », comme disait Hyacinthe, je fis volte-face et essayai d'exalter Mouturat, ce qui était moins facile.

Julie — c'était la mienne — me regarda

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dans le blanc des yeux et me répéla, en soulignant :

— Sachez que nous sommes les meilleure* amies de Catherine.

Berlhe — celle du Percheron — ajouta :

— Nous pourrions même dire ses seules amies. Elle n'a jamais eu un secret pour nous. Elle vient nous voir chaque semaine, et... nous causons.

— Oui, continua Julie. Depuis qu'elle a quitté la maison où nous sommes encore, nous avons connu toutes ses joies...

— Et tous ses chagrins, fit Berthe en levant vers le ciel de fort beaux yeux noirs.

— Et aussi les chagrins... d'un autre, conclut Julie en m'enveloppant du regard de ses yeux bleus.

— Vous avez l'air de l'aimer beaucoup!

mecriai-je pour dire quelque chose, car je commençais à trouver ma situation un peu fausse. Quant à moi, vous devez savoir...

Par un même mouvement, deux petites mains, fort bien gantées, ma foi! se tendirent vers les miennes qui se laissèrent serrer sans résistance. Il me parut qu'il y avait une sympathie plus qu'accentuée dans l'étreinte.

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