CHAPITRE V
Incidens , accidens , éï^énemens.
iCK est rentré, la place est retenue, la valise est prête, le» ledres cacJieléesj Thomas ressemble à une lille assez drôlette quand il a les veux baissés, et les mains dans les poches de son tablier de mousseline ; dans une de ces poches , Fanny a glissé une petite bouiie qui renferme dix guinées i le soleil est allé éclairer les antipodes, la lune est cachée derrière un nurge : tout semble favoriser le fugitif.
le voilà avec Dick , courant les rues d'Oxford , et s'acheminant vers la porte de Mcrlow. Pour se donner un air plu^ intéressant, il avoit le hriis droit appujé
sur celui du domestique , de la main gauche il retroussoit ses jupons jusqu'aux jarretières , il tortilluit le derrière en marchant , et il chiintonnoit un air poissard qui dvoit rouru la ville et les fauxbourgs. 11 approchoit de la porte, et il comptoit bien sortir d'Oxford sans malencuntre ; mais sa démarche plus que hardie, son tortillement de derrière , et son chant équivoque l'avoient fait suivre par un amateur à qui tout étoit bon , hors les petits soins et les plaisirs du cœur. Mon oncle entend quelqu'un sur ses talons , il a peur , et double le pas. L'amateur presse aussi sa marche , et prend familièrement sa nvmplie par le bras gauclie. Tliomas tourne la tête, reconnoit son lieutenant, et frémit. Dick , persuadé que le trompette est reconnu et arrêté , s'enfuit avec sa valise, et laisse mon oncle très-embarrassé de sa personne, comme vous pouvez le croire.
L'oificier, plus sûr de son fait par la retraite précipitée du j^riçnn , commence à taiic l'amour militairement , c'est-à-dire , qu'il parle peu , et ayit beaucoup. Thomas n'a pas trop de ses deux mains •■ pour le contenir : la vivacité de l'attaque lui prouve Teneur complète de l'assaillant , et il retrouve sa présence d'esprit ordinaire. Il quitte la défensive, se met à
son tour à jouer des rnains , en passe une entre la ceinture de la culotte et le caleçon de l'ofRcier , il init sauter d'un coup la courroie qui serre la boucle, il tire des deux cotés, la culotte tombe sur les talons du lieutenant, et mon oncle prend sa course en éclatant de rire.
L'officier joué, et contraint de s'arrêter au beau milieu de la rue, jure et tempête entre ses dents i une patrouille , qui le trouve la cliemise au vent, s'arrête , s'informe, prend vivement son parti ; les soldats se dis])ersent , et se mettent à la poursuite de la donzelle qui a l'impertinence de déculotter un officier et de lui rire au nez. Thomas, empêtré de ses jupons, perd considérablement en vitesse j déjà il entend résonner les talons des bottes sur le pavé ; le bruit aj)])roche , il va être pris, il ne sait plus que penser, ni <jue iaire.
Un carrosse élégant attendoit à la porte d'un hôtel , mou oncle saufe dans la voiture. Le cocher, endormi sur son siège, est réveillé par le bruit de la portière ; il descend précipitamment, demande pardon à milady de ne l'avoir pas entendue ^ sortir de chez son amie , ferme la portière, remonte sur son siège , et fouette ses chevaux. JMon oncle se sent emporter , il ne suit pas où on le mène ^ mais
Il ne peut courir de plus grand danger que celui auquel il vient ci'écliapper , et il se résigne. Quand il se croit assez loin pour ne plus rien craindre du lieutenant, il cherche à ouvrir doucement la portière , pour se laisser couler dans la rue j le ressort est arrêté par un bouton qu'il ne connoît pas, qu'il ne trouve pas: il alloit bnisser la place , et faire un saut assez périlleux, lorsqu'il s'apperçut que la voiture éloit sortie de la ville , et rouloit sur la route même de Morlow,
Il auroit fallu être d'un bien mauvais caractère pour prendre en mauvaise part le service que lui rendoit le cocher: aussi mon oncle le laissa-t-il faire. Il se remit sur son coussin , et sa main tomba sur ua de ces voiles que les femmes portent l'été pour se garantir du soleil; il jugea qu'il appartenoit à milady, et à tout hasard il s'en enveloppa la tête , pour rendre la ressemblance plus frappante.
Après une denii-heure de marche, le carrosse arrête devant un château , la porte .s'ouvre à l'instant , le carrosse entre dans la cour , la porte se leferme , et cela commence à tracasser mon oncle. Deux femmes-de-chambre se présentent pour l'aider à descendre : mon oncle perd tout-à-fait la trémontane , et s'appuie sur elles en poussant ua gros soupir. Il s'a-
vance macninalenieni. , et se trouve nea à liez avec milord , qui venoit poliment au-devant de sa chère moitié : autre accident ! milord est son colonel.
Bien que mon oncle eût le voile de miladj , qu'elle lût comme lui liabillée de blanc ce jour-là , et que l.i scène ne lût éclairée que par une bougie dont le vent faisoit vaciller la flamme , il y avoit cependant, dans la touinure et les m.mières , des dillérences qui auroient frappé milord , si un mari y regaidoit de si près. Celui-ci présente la main à mou oncle avec assez d'indilïérence , il le conduit à la salle à manger , et sort pour aller voir ses coqs , ses chiens et ses chevaux.
Mon oncle , resté seul , respire plus librement, et examine le local. La lune blanchissoit le faite d'une muraille circulaire qui n'avoit de sortie que par la jjorte qui s'éloit ouverte au bi uit du carrosse , et le portier s'amusoit bêlement à caresser sa femme en dehors de sa loge ; la salle à manger n'avoit du vue que sur lu cour : il étoit difficile de prcndie uu parti. Cependant l'heure du souper approchoit , il faudroit lever le voile, se déclarer , et le dénouement ne promettoit rien d'avantageux.
Pendaut que Thomas se consulte , il
entend la voix de milord , sa frayeur re-r double ; il sort de la salle pour se réfugier n'importe oui '1 passe à tâtons dans un office , de l'office dans un cabinet , et du cabinet dans une chambre j de chambre en chambre, il arrive dans une basse-cour , de la basse-cour il gagne une vacherie. Dans un coin étoit un tas de paille , et mon oncle se blottit au milieu des gerbes , en attendant les événemens.
La vachère , grosse fille réjouie et rebondie, avoit pour amant un robuste palfrenier , à qui elle donnoit des rendezvous sur le tas de paille même où mon oncle étoit caché : on n'a pas toujours ses aises dans ce monde. L'amant empressé , étoit déjà arrivé , et attenduit avec impatience. Aux premiers pas de mon oncle, le cœur lui battit d'aise ; mais quand il entendit Thomas qui se prenoit les il jambes dans les licols des vaches , et qui renversoit les pelles et les fourches , il jugea avec beaucoup de sagacité que ce ne pouvoit êtie sa chère IVlary , qui con- l noibsoit trop bien les êtres pour se four- * \oyer ainsi. Il craignit d'être découvert , et il s'éloit tapi «vus les bottes, lorsque mon oncle se plaça directement sur lui. Le palfrenier ne concevoit pas ce que voulûit faire là celui ou celle qui deraeu-
X'oit
. ( 97 ) roit immobile comme lui , et qui comm»
lui paioissoit retenir son haleine.
La tille de basse-cour, qu'iimour pressoit aussi , arrive sur la |>uinte du pied , vient droit au tas de paille, trouve sous une main la jambe du palficnier, sous l'autre un jupon de tafletas; elle ne doute pas que milady ne passe une fantaisie avec sou amant : elle enrage, mais elle se tait et se retire , parc e que dans ces sortes de cas les explications sont au moins inutiles , et qu'intérieurement elle ne pouvoit se dissimuler que madame ne mcritùt la prcférence à tous égards.
< Le pallreuier , fatigué de porter mon oncle, et ne pouvant résister plus longtems à la gêne horrible qu'il éprouve , et à l'incertitude qui le tourmente , veut connoîlre er.lin l'imniobile et taciturne animal qui lui brise les membres. Il dégage un bras doucement , bien doucement , il avance la main , et le moelleux des éiolfes le Irappe à son tour. Comme le drôle ne manquoit pas de bonne opinion de lui-inèuie , il se persua !e que milady est sensible à sou mérite , qu'elle a découvert ses rendez-vous, et qu'elle veut prendre un moment la place de la vachère. Il agit d'après cette persuasion , il tâtonne , il fourrage ; la culotte de peati du trompette dérange toutes ses idées j il l'orne II. I
partage la frayeur qu'il a inspirée a moîi oncle , il t'ait un eitort violent , il se" tir© de dessous les bottes, il roule d'un côté , Thomas de l'autre : tous deux se relèvent et se sauvent, le pallVenier par la porte qu'il connoissoit, Tliomas par une croisée qui se trouve devant lui. Le déserteur saute dans un potager, gagne un. mur garni de treillages , et grimpe le plus lestement qu'il peut. Le jaidinier s'imagine qu'on vient voler ses choux, il sort de sa hutte, suivi de deux ciiiens et urmé d'un tusilj il court du côté ou mon oncle, en montant , brisoit le treillage sous ses pieds ; il ajuste , il lâche son coup à l'instant même tui Thomas venoit de se laisser couler de l'autre côté.
Les garçons jardiniers , les palfreniers accourent à l'explosion. Le jardinier soutient qu'il a tué le voleur , et qu'il l'a vu tomber. On le cherche , on ne trouve personne; on conclut qu'il n'est que blessé , et qu'il s'est traîné dans les asperges ou dans les artichauts : les reclierciies continuent , et mon oncle , débarrassé pour la seconde fois , court à travers les champs , et cherche à regagner son chemin.
Cependant le désordre se communiquoit du potager au grenier à foin , où. Mary avoit joint son palfreiiier , et où
elle s'expliquoit nvtc Ws pieds et avec les cncles : du crcnier à loin , le tumulte cc'nimençoil à s'insinuer dans le rliàlcau. ÎVlilonl iivoit (ait sa tournée, il étoit rentre , on avoil servi , et niiladj ne se trouvoit pas; ses femmes la cherchent dans sn chambre à cfurlier, dans sa l)ib]iothcque , dani son cabinet de toilette ; on l'appelle à grands cris , les don.estiques se rassemblent, )>ouleversent inutilement la maison et les jardins : l'alarme devient générale. On destend des lanternes dans les puits, dans ies privés , on soude deux étangs: milord se désole, ou en lait semblant.
On sonne à tout rompre à la principale entrée , on court , c'est un carrosse, c'est la livrée de la dame d'Oxibrd chex qui miladv a passé la soirée; t'est niilady elle-n\éme , qui descend de très-mauvaise liumeur,qui gronde son mari stupéfr.it j qui rud(/ie son coclier, qu'elle a lait cher» tlier dans la ville une partie de la nuit; c'est le malheureux cocher qui jure qu'il l'a ramenée , c'est milord qui l'atteste , ce sont ses femmes qui le confirment : c'est miladv qui croit qu'on est d'accortl pour se moquer d'elle , qui soefflèfe ses ftnimes , qui renverse la table , et qui va s'enfermer chez elle.
Après un peu de réflexion * milord vit
clairomeiît qu'il y avoit du qid-pro-quo , et qu'il t'-toit certniu qu'on avoit amenés deux dames tout-à-f"ait difïerentes. Comme il s'e.xpliquoit d'une manière très-lumineuse, il le fit aisément comprendre à ses gens. Ceux-ci , persuadés que niilady étoit étrangère au hourvari qui vennit d'éclater, rapproclièrent les époques ; les uns racoutoient l'incident de la vacherie, les autres , l'escalade (Lu mur du potager, et milord , toujours conséquent , jugea que la dame qu'avoit amenée son cocher, avoit eu de fortes raisons de disparoître subitement. Mais pourquoi étoit -elle montée dans son carrosse , pourquoi s'étoit-elle laissé conduire chez lui? C'est à quoi milord rêva jusqu'au jour , et ce qu'il ne put jamais pénétrer , parce que mon oncle, qui pouvoit seul l'instruire, se soucia fort peu de lui donner de ses nouvelles.
Cependant le cher Thomas approchoit du village où il devoit prendre la diligence : son voile chiffonné , son jupon déchiré, sa robe couverte de plâtre et de boue , le replongèrent dans de nouvelles anxiétés. Comment se présenter à la voiture dans ce grotesque équipage ? Comment se procurer des habits d'homme sans se faire moquer de soi , et piquer la curiosité qui pourroit avoir des suites funestes ?
11 naaufiit la teneur panique qui avoît fiiit disparoître Dick et sa valise, et il marclioit toujours en chercliant qiielqu'expédient que son cerveau fatigue lui refusa long-tems.
Déjà ii vojoit le clor.lier du villajîe , dont l'aurore naissante doroit la tlèrlie; déjà il enteadoit le bêlement des agneaux , le mu<îissenient des bêtes à corne ; déjà If pavé résonnoit au loin S')us los roues pesantes des routiers, il étoit joiu' cniîn , et mon oncle a[ipercut plus (li^tinctement encore le délabrement ridicule de ses vêtcniens. Il se pressa de s'en dépouiller , les jeta dans un fossé , et poursuivit sa route, ne possédant au monde que sa culotte de peau , ses bas , ses souliers , et I» petite bourse de Fanny.
Il entra dans le village , pâle et défait, comme on l'est après une nuit pénible passée sans boire et sans manger. Una boniie femme, qui l'apperçut la première , s'écria tpi'on i'avoit volé ; mon oncla saisit cette idée, et dit aussi-tôt comme la banne femme: les badauds de l'endroit, car il y en a partout , se rassemblèrent autour de luij il fallut leur faire une histoire, et il la fit si naturellement, qu'on le conduisit chez le juge de paix , qui reçut sa déposition , et qui mit ses ivatch
frifin en route , après des voleurs qui n'existoient pas.
Mon oncle ne fut pas plutôt débarrassé du juge de paix , qu'il pensa au plus pressé. Il se rendit à l'auberge où relajoit la diligence ; il mangea au coin du feu la tranche de roastf-bpef , il but la mesure de strong béer; l'hôtelier lui abandonna pour sa guinëe une redingolfe et un chapeau passable j monsieur Jeffris pjit sa place dans la voiture, et il se crut à la fia de ses épreuves lorsqu'il roula sur le grand chemin de Londres : le ciel en avoit aulrenicnt ordonné.
Il arriva le soir dans la capitale , excédé de fatigue, et ajant plus d'envie de dormir que d'iiller voir le pire Thompson.
Il avoit d'ailleurs son petit amour-propre , et il étoit bien-aise de s'arranger décemment avant de se picsenter devant lui : il se rendit donc à une taverne de înodcste apparence , soupa de bon appétit , et monta à une chambre à deux lits, dont l'un lui étoit destiné ; l'autre étoit pour un sergent d'infanterie , que sa mauvaise étoile avoit amené dans la même auberge, et qui commençoit à se déshabiller. Deux voyageurs , commensaux d'un même appai Itnient , ne se couchent pas sans se saluer, et cette première politesse engage nécessairement la couversation.
•On parle volontiers de ce qui flatte, ott de ce qui intéresse le plus , et ces messieurs , en se déculottant, raisonnoient combats et tactique , comme s'ils eussent été des militaires.
Le servent étoit une espèce d'original qui , à l'entendre , avoit tait des choses incroyables ; et mon oncle , à qui ses hauts faits étoient indittcrens , l'ccoutoit sans répondre, et commencoit à bâiller.
Mais le sergent s'avisa de mettre les anglais au-dessus des romains , et les français au-dessous des troupes du roi de Portugal , qui ne valent pas mieux que les soldats du curé de Liège, ou que les faquins qui montoieut la garde avec des parasols à la porte du Vdlican : mon onde secoua vivement les oreilles, et cependant il se possédoit encore. Son caractère bouillant l'emporta sur toute espèce de considération , lorsque le sergent, en éteignant la chandelle, se vanta, enti'aulres exploits, d'avoir lui seul fait fuir à Cullodcn tout un piquet de troupes françaises. Il étoit de la prudence de se taire ; mais mon oncle poussé à bout, riposta au sergent par un tu en as rnenti fortement prononcé, et il ajouta: « Les français se sont battus comme des I» diables à Culloden , et si les montait guards uous eussent secondés , nous
» forcions le duc de Cumberland e^ son » armée à se jeter dans la Ness. — Noas- »> eussent secondés!.... nous forcions!.... » tu es donc un français , toi ? — Oui , » f..... , et je m'en iùis honneur. — Je » t'arrête de par le roi. — Et moi je te '» coigne. » Et mou ourle , déjà hors du lit, avoit été chercher le sergent dans le sien j il le tenoit aux cheveux d'une main , et le frappoit de l'autre où il pouvait l'attraper. Imprudent , mauvais© tête ! que de sottises tu feras encore ?
Le sergent se défendoit vigoureusement, et, au bruit des tables et des ch^iises renversées , le cabaretier et son aide de cuisine accourent et s'informent de la cause du tumulte. Le sergent, qui ëtoit dans toute sa force , tenoit alors mon pauvre oncle sous lui , et l'auroit assontmé , si on ne lui eût ôté des mains. Le sergent le dénonça au cabaretier comme un partisan des Stuarts, et il ordonna aa marmiton d'aller chercher un constable ; le cabaretier que Thomas intéressoit , esseya de fléchir le sergent : celui-ci , outré des coups qu'il avoit reçus , ne voulut rien entendre ; il menaça l'hôtelier de le dénoncer lui-même, si son garçon n'obéissoit à l'instant. Il fallut céder , et le sergent impitoyable tint mon oncle ea respect avec la pointe de soix sabre- >
jusqu'à ce que le coastaWe arrivât^ Le courage ne pouvoit rien dans cette conjecture: pas de pelle-, point de pincettes, rien à jeter à la tête du serj^ent. Mon oncle , outré de rage , se rongeoit les poings eu marchant à grands pas dans la chambre ; il s'arrarhoit les cheveux, se frappoit le crâne contre les murs, et n'en ttoit pas plus avancé. Le constablo arriva avec deux watcli-men. INlon oncl© interrogé , avoua qu'il étoit des troupes françaises faites prisonnières à Inverness. Il se garda bien de parler du régiment anglais dans lequel il avoit servi, de ses camarades (ju'il avoit écliiués , et de sa désertion. Il dit que depuis la défaite du prince Edouard, il avoit erré en Ecoss© et en Angleterre , cherchant toujours , pour repasser en France , Vue occasion qui ne s'étoit jamais présentée.
Le constable le fit liabiller, le mit dans un fiacre, et le conduisit à la prison da Navvgate. Il y passa le reste de la nuit , sur la paille, à maudire sa destinée , ou plutôt sa fatale imprudence.
Le lendemain , un commissaire des guerres vint prendre de lui les renseignemens qui dévoient constater la vérité do sa déclaration , et il tut décidé qu'il iroit partager le sort de ses compatriotes pris à Cullodeu ou ailleurs. En conséqueac^
( io6 ) on l'agrégea a l'équipage d'un navire man liaii'l , qu'un petit corsaire anglais avoil pris et conduit dans la Taniiaej on leur attacha à tous les mains derrière le •ios , et leur escorte leur fit prendre le chemin d'Yarmouth.
Les grandes iifurtunes sont faites pour les grands hommes , et si on considère Régulus, Jugurtha , IVlithridale , César, Pompée , Catun se donnant la mort, ou la recevant de leurs ennemis; si, parmi les modernes , on s'arrête à Bavard , à IVemours , à Turenne , à Charles XII, à Bellille , à Dampiene , à Marceau , tués après des victoires , ou au sein de la victoire même, on avouera que le fameux Tliomas devoit s'affecter peu d'un revers qui lui laissait au moins l'espérance : aussi prit-il galamment son parti dès la ia fin de la pjemière journée.