‹ Mon paysChapitre 37 sur 45 · ISOL A-DE-TIN ÉE · texte numérisé non relu

ISOL A-DE-TIN ÉE

... Et ces gouttes de son du carillon Qui nous asperge l’âme avec son goupillon.

Georges Rodenbach — Villes mortes.

La vallée de la Tinée commence à la Mescla. Elle s’enfonce vers les régions alpestres, resserrée entre des parois abruptes, sauvages, presque sans verdures, avec des terres grises ou brunes, quelquefois rougeâtres ou violacées, des maigres cultures, quelques forêts clairsemées, des pâturages chétifs, des villages juchés sur les sommets et les pointes rocheuses à la façon de grands nids d'oiseaux... Ce pays aurait un aspect de désolation poignante, si parfois des touffes d’acacias ne mettaient dans l’air étouffé des senteurs douceâtres et si les genêts ne versaient, au flanc des rudes montagnes, de larges coulées d’or rutilant et parfumé.

. Une route sinueuse développe ses mille replis près de la rivière bouillonnante, et sur la chaussée, un tramway départemental bâille d’ennui, les rails entr ouverts comme une mâchoire d’acier. Infortuné tramway ! Il sue la tristesse du désœuvrement presque complet.

1. A 11 kil. de Nice. On y va par la vallée du Var etla vallée de la Tinée. Altitude, 860 m.

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