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uniformes. Ce n’est pas seulement un ornement mais un véritable abri pour les nombreux pèlerins qui accourent au tombeau de saint François. Des anneaux scellés dans le mur laissent comprendre qu’on range ici les bêtes de somme, Quel aspect doit avoir cette immense cour, aujourd’hui déserte, aux grands jours des pèlerinages !
Donnons un mot d'histoire sur la gigantesque construction qui s'étale devant nous et qui est le plus grand monument d'Assise.
Saint François était mort le 4 octobre 1226.
Avant sa mort il avait lui-même choisi le lieu de sa sépulture. Dans son humilité, il avait fait tomber sa préférence sur la colline dite d'enfer. C'était, hors les murs de la ville, à ouest, l'endroit où l’on exécutait les criminels ; la potence y était dressée en permanence, en ces temps où les jugements étaient sommaires, et nombreux les délits frappés de la peine de mort. On voulut toutefois respecter la volonté du Saint.
Le 15 juillet 1228, le Pape Grégoire IX, l'ami et le protecteur de saint François, sous le nom du Cardinal Hugolin, le canonisa dans
cette même église de Saint-Georges, où on avait
provisoirement déposé son corps. Après la cérémonie de la canonisation le Pape, en grande pompe, se rendit à la colline d'enfer, la bénit, et changea son nom en celui de ‘Colline du Pa-
radis”! Il posa la première pierre de l’église qui devait devenir le glorieux tombeau de saint François.
Le Frère Elie, Vicaire Général de l'Ordre à la mort de saint François, avait élaboré ies plans de ce grand oeuvre. Il s'était pour cela assuré les services d’un architecte allemand de et leur commun génie créa ce que l'on considère encore de nos jours comme une merveille. Deux ans après, en 1230, les traveux étaient assez avancés pour permettre la translation des restes sacrés du Patriarche des Pauvres. En présence de cet imposant édifce, on comprend ce au’il fallut d’activité pour pousser aussi rapidement les travaux. Le Souverain Pontife avait à cœur la glorification de celui lont il avait connu et apprécié la profonde humilité. 11 employa à la construction de la Basilique les trésors pontificaux, qu’il épuisa, puis, avant donné cet exemple de générosité, }
il fit appel, dans une bulle, à la charité du
monde entier.
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Frère Elie ne s’étai borné à faire exécuter un plan grandi vait tout particulièrement songé à garantir la conservation du grand trésor qu’on allait confier à cette église, son oeuvre. Malgré ses égarements et son orueil, Elie aimait le séraphique et humble Francois. Les plans et l’exécution de ce qui devait être le tombeau proprement dit avaient été conçus et exécutés dans le plus inviolable secret,
La cérémonie de la translation avait été fixée par le Pape au 25 mai. Grégoire IX, malgré tout son désir d'assister à cette nouvelle fête, en fut empêché par l’âge, les infirmités et les pressantes affaires de l'Eglise. Ii dut se contenter d'envoyer des légats, charges de riches présents pour la nouvelle basilique et de précieuses indulgences pour les ficeles Mais trois jours avant la date fixée, Frère Elie fit clandestinement enlever le corps de l'égli Saint-Georges, et le fit déposer dans le sépulcre qui lui était destiné. Tout le problème
n'était pas résolu. On fit une translation feinte, et quand le cortège arriva près de la basilique, un groupe de gens, appostés là, enle-
vèrent tumultueusement le cercueil vide, et
l'entrèrent dans la nouvelle église dont on ferma les portes, Pendant qu'au dehors un tumulte indescriptible s'élevait, il fut aisé à l'intérieur de faire disparaître le simulacre de cercueil. Quand on rouvrit les portes, rien ne pouvait paraître des travaux exécutés déjà depuis trois jours. Le Pape, attristé, exprima son amère douleur des événements qui lui furent rapportés: il blâma l’auteur de ce qu'il regarda comme une offense à sa majesté pontificale, mais le corps de saint François n’en était pas moins entré dans l'ombre où il devait rester durant six siècles.
Cette translation si étrange donna lieu à de fantastiques légendes, qui eurent cours durant Ges siècles, et qui ne se sont entièreme::
évanouis qu'en 1818, alors que, avec la permission du Pape, des fouilles furent faites sous le maître autel, et qu’enfin on remit à jour les ossements de saint François d’Assise.
Au moment de la translation, ai-je dit, les travaux n'étaient pas complètement finis; ils
furent continués avec ardeur et bientôt s'éle-
vèrent deux églises superposées et un immense
couvent que l’on a surnommé, à cause de sa sur-
éminente dignité, le “Sacro Convento”, le Cou vent Sacré.
Innocent IV consacra l’église supérieure en 1253. Benoît XIV l'éleva au rang de Basilique majeure ou Patriarchale et de Chapelle papale.
De l’intérieur du couvent, je ne saurai rien dire, n’avant vu son cloître intérieur qu'à travers une fenétre.
Il a été, comme toutes les propriétés relisieuses, confisqué par le rouvernement piémontais, qui en a fait une école normale, L religieux chassés, les grands cloîtres sont maintenant sillonnés et les cellules habitées par les normaliens de l'Etat et leurs professeurs.
Léon XIII revendiqua devant les tribunaux la propriété pontificale du ‘“Sacro Convento” et elle lui fut reconnue; mais hélas, avec cvnisme le gouvernement demanda qu'on lui bâ tit une autre école normale avant que d’évacuer le “Sacro Convento‘“, et en attendant, tout en reconnaissant le droit du Pape sur l'immeuble, il l’occupe.
Les RR. Pères Conventuels, préposés à la desserte de la basilique, n’ont qu'une petite construction à leur usage, et ils ont la tristesse de passer devant la porte de leur sécu-
RS nr cn
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lire couvent comme devant une propriété
étrangère. Parfois cependant, résignés à leur sort. ils causent avec le concierge de l’école normale qui, coiffé de sa casquette officielle, sem-
ble représenter l'usurpateur sacrilège.
Le coup d'oeil furtif que j'ai pu lancer à m'a du moins permis d’embrasser la grandiose perspective de ces cloîtres superposés qui forment les cours.
A l'extérieur, c'est une construction impo-
cante Dei ii
Pour tromper la pente de la coliine, on
a dû bâtir de colossales arcades, de puissants contreforts, qui donnent au “Sacro Convento un aspect de forteresse, qu’il soit vu du côté de tre-Dame des Anges ou du chemin de Pé-
rouse,