‹ Mon pèlerinage à Assise, Cortone, l'Alverne [microforme]Chapitre 36 sur 87 · EE SL · texte numérisé non relu

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qui s'ouvrent dans la nef de l’église. On parvient dans une espèce de rotonde, dont le tombeau, corime un immense pilier carré, soutiendrait le centre. Au-dessus de l’autel, à travers une grille de bronze ouvragé, on devine plus qu’on ne voit le cercueil de pierre qui contient les restes de notre Séraphique Père,

Je m'agenouille et je prie. Je sais que les ossements de celui que je vénère et que j'aime comme un père sont ici. C’est là ce qui reste sur la terre du Séraphin dont l’âme est dans les cieux. Ce corps, c'est celui qui reçut les stigmates sacrés comme de prérieux joyaux, et qui fut ainsi marqué par ava..e du signe de la gloire, de l’immortalité et du salut.

Comme au sépulere du Christ, on lit audessus de celui de saint François, la parole prophétique si pleinement réalisée: ‘“Ærit sepulcrum ejus gloriosum,son sépulcre sera glorieux.”

T]n ancien pèlerin d'Assise, enfant de saint François comme moi, m'avait conseillé, à un moment où le tombeau serait plus solitaire, de prendre un cierge de l’autrl de m'élever jusqu'à la hauteur de la gr e de bronze, pour

voir de plus près le lieu de repos du Père Sé-

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raphique. En effet, on ne saurait rien distinguer à travers ce dessin roman dans l’obscurité qui enveloppe le tombeau de pierre. 1 reusement que l'électricité, qui est venue de nos jours au secours de la piété des pèlerins, les garantit contre la pensée trop audacieuse de monter sur l'autel. Du côté de l’évangiie, je découvre un bouton électrique que je pousse, quitte à recevoir un choc, et soudain l'intérieur de la chambre mortuaire s’éclaire. (On voudrait, il est vrai, contempler les reliques ellesmêmes, il faut se trouver satisfait de n’apercevoir que la face antérieure du sarcophage de pierre.

J'étais seul à ce moment de la journée.

Combien j'ai profité de ma solitude pour parler tout haut à mon Père, au reste bien convaincu que, du haut du trône de gloire où il siège parmi les Séraphins, il entend les moindres désirs du cœur de ses enfan :.

Avec toute la ferveur dont je suis capable je renouvelle, devant ce tombeau de saint Francois, mon acte de profession religieuse. Il me semble qu'ici je puis dire avec plus de vé-

rité: “En présence du Dieu Tout-Puissant, de

pren

la Bisnfeureuse Vierge Marie, et du Bienheureux Père saint François, je voue et promets d'observer tout le temps de ma vie, la Règle des Frères Mineurs, telle qu’elle a été confirmée par le Pape Honorius III, en vivant dans l'obéissance, sans avoir rien en propre, et dans la chasteté.”

Il me semble que le Patriarche m'a entendu et qu’il m'a plus paternellement agréé comme son enfant.

J'ai célébré la messe au tombeau de saint François le jour de la fête du T. S. Sacrement. Ce jour-là, les fidèles entouraient son autel, ce qui me consolait de l'avoir jusque là trouvé désert. Il faut dire, il est vrai, que je visitais la Basilique surtout à l’heure du midi.

Je ne saurais décrire toutes les splendeurs des secristies de la Basilique franciscaine, de ces plafonds que les persepctives semblent relever de façon grandiose et qui sont peuplés de Saints,

Je ne saurais davantage faire un somptueux et minutieux inventaire des trésors et des reliques du Sacro Convento. Deux reliques cey ndant m'ont touché davantage et méritent une mention spéciale,

C’est d’abord la bénédiction de saint François, ce cher et béni parchemin qui porte l’écriture et la bénédiction du Séraphique Patriarche, tracée de sa main stigmatisée.

François était sur l'Alverne. Le Frère Léon, son compagnon de choix, y était avec lui. Troublé intérieurement par une tentation du malin Esprit, Frère Léon se dit: ‘‘Si je pouvais avoir un petit écrit de ce saint homme, la tentation disparaîtrait.”

Eclairé d’En Haut et connaissant le désir secret de son disciple, François l'anpela:

“Chère petite brebis du Bon Dieu, va me chercher de l’encre et du papier; je veux écrire des paroles saintes, des divines louanges que je viens de méditer.” Léon, heureux d'être deviné, volontiers obéit à l’injonction de son Père. J1 apporta l'écritoire et le parchemin, et Francois, d’une écriture forte écrivit:

jenedicat tibi Dominus Et custodiat te Ostendat faciem suam tibi, Et misereatur tui:

Convertat vultum suum ad te, Et det tibi pacem, Dominus Benedicat te Frater Leo

Il avait tiré cette bénédiction du livre des Nombres, chapitre VI, verset 24. Il la contresigna de son signe favori, du signe de la croix, par la lettre T,

“Que le Seigneur te bénisse et te garde, qu’il te montre sa face et qu'il ait pitié de toi, qu’il tourne vers toi son visage et te donne la paix.”

Il ajoutait au texte sacré: Que le Seigneur te bénisse, Frère Léon.

À peine avait-il remis l'écrit en lui disant: “Porte-le toujours sur toi, et la montagne ne t'écrasera pas,” que le Frère Léon se sentit délivré du poids qui l’oppressait. Depuis il porta cet écrit religieusement sur lui, et l’on distingue encore aujourd’hui les plis du parchemin, dont quelques lettres sont effacées, et les bords usés.

Je baise avec piété cette sainte relique, cette humble page écrite par le Père saint, à l'adresse de la chère petite Brebis du Bon Dieu.

Les Pères Conventuels, gardiens du Sacro Convento, donnent un fac-similé de cette bénédiction, que l’on porte à son tour avec piété et confiance. Que de grâces de protection ob-

tenues par cette bénédiction de saint Francois!

La seconde relique dont je veux faire mention, c’est la tunique de saint François, confectionnée avec la laine du petit agneau donné au Saint, et que le Séraphique Père donna à son tour à la Dame romaine Jacqueline de Settesoli.

Elle est gracieuse l’histoire de la petite brebis, si pieuse qu’elle fléchissait les genoux au moment de l'élévation, et allait bêler dévotement devant l'autel de la Vierge Marie. Pe sa laine, Jacqueline fila et tissa une tunique blanche au séraphique Père. Longtemps, paraît-il, la tunique a été enfermée dans un reliquaire qui ne la laissait pas voir; aujourd'hui elle est déployée. J'avoue que ce n’est pas sans étonnement que j'ai vu une tunique blanche ayant été à l'usage de saint François. Nous sommes si accoutumés à le voir en bure sombre, gris cendre, ou gris fer. Il est vrai que c'était là une tunique de dessous. Sa blancheur n’en révèle pas moins l'indifférence que notre Père avait pour la couleur de ses vêtements, pourvu qu'ils fussent marqués au coin de la sainte Pauvreté.

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