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A L'ALVERNE 305
J'aurais tant voulu célébrer, moi aussi, 1a sainte Messe sur cette pierre sacrée. Je le demandai, trop timidement peut-être, mais le refus fut si catégorique que j'aurais cru indiscret d’insister. On ne célèbre la messe à Sainte-Marie Madeleine qu'à certains jours.
Je comprends que les nombreux pèlerins pourraient avoir bien d’autres et peut-être plus capricieux désirs, et qu'il serait fort Jaborieux pour les pauvres Pères et Frères de les satisfaire tous. N'importe! 6 vous. qui avez le bonheur de toujours demeurer sur Ja sainte Montagne, soyez condescendants pour les passants d’un jour, qui voudraient rapidedement goûter à tous les bonheurs dont vous vous saturez; ils savent qu’ils ne reviendront plus, et vous, vous restez.
J'ai donc désiré vainement célébrer sur la pierre des promesses, et si, de l’Alverne j'ai remporté de doux souvenirs, j'ai aussi emporté le regret de cet échec.
C'est encore dans cette première cellule que François écrivit la célèbre bénédiction au Frère Léon, dont j'ai porté ailleurs.
\u trésor des reliques du Sacro Convento
d'Assise, j'avais vnéré le précieux parche-
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min qui nous conserve l'écriture de notre Père: ici, Je demande à François de bénir encore, de cette si efficacx bénédiction, tous ceux qui me sont chers.
La première cellule choisie par François ne parut pas encore assez solitaire ni assez discrète au Séraphique Patriarche. Il se sépara donc plus complètement de ses frères, demandant qu’on le jaissât dans cet isolement destiné à voiler ses fréquentes extases. Seul, le Frère Léon pouvait approcher de la cellule, et encore, le saint, dans son hu nilité, avait-il pris force précautions, pour cacher, même aux yeux Ge son intime ami et son Cconfesseur, les grâces extraordinaires dont Dieu le favorisait. Mais Léon était tout à la fois religieusement discret et pieusement avide de contempler les dons de Dieu en son Père. Qu2 de fois, dans ce lieu solitaire, ne surprit-ii pas le Saint en extase, élevé de terre. Sachant qu'alors François était insensible à toutes les choses d'ici-bas, il s'approchait, et si le Sain! n'était pas trop élevé au-dessus du sol pou qu'il pût atteindre et baiser ses pieds, il le: baisait avec une effusion brûlante, murmu
rant en même temps avec humilité: “Mo:
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A L'ALVERNE 307 Dieu, ayez pitié de moi pécheur, et, par les mérites de cet homme consommé en sainteté, donnez-moi d’avoir part à votre miséricorde!” Si François, trop haut dans les airs, pouvait seulement être aperçu, Frère Léon s’agenouillait en dessous de l’extatique, et, avec non moins de ferveur, il redisait son humble prière.
C’est dans cette cellule encore que le Frère Léon vit son Père ravi et conversant avec un Etre mystérieux, que lui, pourtant aux yeux si purs, ne voyait pas. Mais il voyait le geste de son Père, fouillant dans son sein pour y trouver trois miraculeuses et symboliques boules d'or, qu’il offrait de bon coeur à Celui à qui, déjà, il avait tout donné figure des trois Ordres saints que François tire de son coeur brûlant, pour les offrir au Coeur, plus brûlant encore, de son Maître.
C’est ici encore que François, coutumier du fait, ouvrant par trois fois le livre des Evangiles, tombe chaque fois sur la douloureuse Passion. Pour lui, c’est l'expression de la volonté de Dieu, que cette réponse de l'Evangile interrogé. Il comprend de plus en plus qu’il doit suivre son Jésus jusque sur la
Tour ler pe ES
208 MON PELERINAGE Croix. Quom et istud? comment cela se fera-t-il? Le l lui-même lui répondra par
l'impression des Sacrés Stigmates.
U'est ici enfin, qu’il répète à satiété cette sublime et profonde interr gation: “Seigneur, 1?
qui êtes-vous et qui suis-je ?
La réponse est laissée à l'Eternité!
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