‹ Mon pèlerinage à Assise, Cortone, l'Alverne [microforme]Chapitre 66 sur 87 · LE BIENHEUREUX JEAN · texte numérisé non relu

LE BIENHEUREUX JEAN

La communauté de l’Alverne a toujours compté de fervents religieux. Le Séraphique Père avait spécialement demandé, dans sa sollicitude pour la sainte montagne, où il avait "eçu tant d’insignes faveurs, qu’.+ ne mît là ue de fidèles observateurs de sa Règle et des gardiens vi:ilants de son esprit. Lorsqu'à travers les siècles le relâchement a tenté de s’introduire, la Providence vigilante a su émonder l’arbre de ses branches mortes, et, au besoin, faire des changements plus profonds encore,

Parmi les religieux saints, il en est cependant qui ont brillé d’une sainteté plus éminente et, parmi ces derniers, un surtout mérite une mention spéciale: c’est le bienheureux Jean de l’Alverne, Le nom de | ‘iverne s’est en quelque sorte identifié avec le sien, car c'est sur la sainte montagne qu’il passa les plus longues années de sa vie. C'est là, sous

Sims

le maïître-autel de l’église majeure, qu’il re-

pose,

Jean, de la noble famille des Elizée, naquit à Fermo:; il entra très jeune dans l'Ordre des Frères Mineurs et mourut sur l’Alverne en 1322,

Il ne peut être questi de raconter ici sa vie de missionnaire de la Toscane et de saint ermite.

Deux sanctuaires lui sont dédiés que nous allons visiter.

D'abord sa cellule,

ou mieux l’oratoire que l'on a élevé

au lieu où se trouvait sa cellule de planches, de branches et de terre, et que le

Bienheureux oCCupa trente années, Cet

Construction sommaire ne pouvait durer longtemps après lui, On Construisit donc une petite chapelle à cet endroit sanctifié par la longue vie d’un Saint, et par toutes les apparitions nombreuses dont il fut fav Si Jacob avait dressé un autel sur la pierre qui, lui servant d'oreiller, avait aussi porté le pied de l'échelle angélique s’élevant jusqu’au Ciel et par laquelle montaient et descendaient les Anges, à bon droit on a élevé ici cet oratoire, Les

descendus pour conver-

orisé,

Anges y sont souvent

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A L'ALVERNE

ser familièrement avec leur émule, La Reine 8 Anges elle-même y faisait ses apparitions.

Rien d'étonnant que François, lui aussi, qui, bien souvent, doit descendre sur son Alverne tant aimée, se soit montré à son fils et imitateur fidèle. Dans une de ses visions saint François lui dit: “Demande-moi la faveur qu'il te plaira et je te l’accorderai.” Et Jean lui demanda: “Qu'il vous plaise, à très glorieux Père, de me laisser toucher vos Stigmates, non pas que j'aie le moindre doute que vous les ayez reçues, mais par dévotion et pour en retirer de la douceur spirituelle.” Il put toucher — avec quel respect! —, il put baiser — avec quelles indicibles consolations! —, leg plaies de son Séraphique Père, Sur une planche, on lit cette inscription: “Ici était la très pauvre cellule qu’habita le Bienheureux Jean de l’Alverne, C’est ici que, s’entretenant avec la Mère de Dieu et avec les Anges, il demeura trente années de sa vie occupé à méditer la Passion de Jésus-Christ et à la pleurer, faisant une rigo"reuse pénitence pour les péchés et les folies des mondains pleins d’aveuglement.” Remontons un peu en pleine forêt, au mi-

lieu d'arbres gigantesques, et allons faire vi-

pat. à

te

saint nouveau bond.

suit un enfant,

site à l'oratoire du bienheure:

l’appeile Ja chapelle du Hêtre, Faggio”.

IX Jean, On “Cappella del

XIII siècle, un hêtre avoir trois pieds di tronc Puissant.

énorme qui semblait stincts se réunissant en un Jean y voy.

de la Très adorable Trinité? qu'il aimait à ve

ait-il une figure Toujours est-il nir prier près de cet arbre, SOUS lequel il avait placé une croix, Le mystique contemplatif, jouir Presque sans inter vines et des colloques célestes, fut € Dieu. Durant sept ans il fut pr consolation sensible et plongé lante nuit.

accoutumé à ruption des faveurs diprouvé de ivé de toute dans une déso- Il n’en Persévéra pas moins dans a pratique de toute

Un jour qu’il s'était assis, l’âme lasse plus que le corps, à l'ombre du gr

and hêtre, Jésus lui apparut. Jean, sevré depuis si longtemps de la :résence sensible de son M

vers lui, mais, pour active

l’oraison et | s les vertus.

aître, s'éança r plus encore le désir, la vision s'éloigne. Jean fait un

Comme un oiseau que pour-

Jésus apparaissait toujours

in. On ella del

e la foeux, au emblait en un figure 3 est-il arbre,

mé à rs divé de toute désodans us.

plus

A L'ALVERNE 331

plus loin que n'était Jean.

et Jean se lamentait.

Et Jean pleurait.

Il protestait de sa fi- Après ce que l’on a appelé si poétiquement “la Promenade”, “Passeggiata”, Jésus, s'arrêtant sous le hêtre, se laissa atteindre. L'épreuve était finie!

délité, de son amour.

Jean put

lui baiser les pieds, et même, sur l'invite di- | vine, il put, avec un indicible bonheur, poser K ses brûlantes lèvres sur la plaie du Coeur de sl Jésus. Cet instant d’extase le récompensa, le Ë

dédommagea bien amplement de ses longues années de souffrance.

La vision avait depuis longtemps disparu que Jean sentait encore l'odeur du parfum di- : vin que Jésus avait laissée après lui. La vision avait disparu et la forêt gardait encore une lumière diffuse, sillage éthéré du Soleil de Justice.

Par respect pour cet endroit, on l’a entouré d’un petit mur et, dans cet enclos que foula le pied divin, nulle végétation n'ose croître. A la place du hêtre, qu’une tempête déracina, on a depuis élevé ce petit oratoire, La porte en est fermée, je me contente donc de regarder à l’intérieur par le charitable gui. chet coutumier,

Pendant que je suis encore sur la petite marche de la porte, je lève la main: la branche d’un acacia, planté hors de l’enceinte murée, se penche gracieusement et m'offre une grappe de ses jaunes fleurs que je cueille.

La Chiesina, que j'ai assidûment fréquentée, fut aussi le témoin de grâces nombreuses accordées au bienheureux Jean. Pendant qu’il célébrait la sainte Messe Notre Seigneur lui apparut, dans l’attitude qu’il avait lors de la descente de la Croix.

Saint Laurent, que l’on vénère tout particulièrement à l’Alverne, le favorisa aussi, dans la Chiesina, de plusieurs apparitions. Dans l’une d’elles, le saint Diacre lui apparut portant le gril, instrument de son martyre, et lui dit: “O Frère Jean, grâce à cet instrument de tortures, je jouis au Ciel d’une grande félicité, et voilà pourquoi l'Eglise m’honore avec tant de solennité.”

Finissons notre pèlerinage de ce jour à son tombeau.

Le corps du bienheureux Jean de l’Alverne se trouve sous le maître-autel de l’église majeure. Les bienveillants sacristains font les préparatifs nécessaires, allumant respeec-

petite ranche murée, xrappe

équenreuses endant igneur ors de

parti- , dans Dans t poret lui ent de élicité, c tant

à son

VAI ’église s font

espec-

A L'ALVERNE tueusement les cierges. Pour moi on a enlevé

les tapisseries et les voiles qui cachent le saint

corps.

À genoux, je demande

Jean quelque chose de son Jésus,

au bienheureux

grand amour de O vous, qui, de vos JEUX, avez vu si souvent notre divin Maître, donnez-nous, tout au moins, de le contempler dans les cieux !

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