LA MONTAGNE
On ne saurait croire que François, amant assionné de la nature, et qui s’en servait si ien pour s'élever à Dieu, soit continuellement resté au fond de sa première ou de sa seconde lule, ou encore dans l’'encavement du Masso picco où dans la grotte qui lui serv repos, Ila
ait de lieu
dû parcourir cette belle forêt
Ici, plus librement encore qu'ailil a dû crier aux échos de |
In amour pour Dieu et
le l’'Aiverne, urs, a montagre Sa peine de ne pas le avoir aimé comme il le mérite. Il a dû s’engrands arbres de la fôrêt, priants inlassables. dont
tretenir avec ses
les grands bras ten-
us vers le Ciel font entendre, au moindre
uffle de l'esprit, des gémissem
les. Il a dû monter
nts inénarraà la cime de la montavaste panorama n louer le Sei-
Lo
Allons demander à la montagne les secrets qu'elle a gardés, allons faire parler ses échos.
Je m'assieds au pied d'un grand pin, sur le bord d’un ravin, face à l’intérieur de la foret, et je laisse errer mon esprit, des hautes branches qui semblent se perdre dans la nue.
à la petite mousse qui se cache dans le sol.
Troncs énormes qui avez vu passer les siècles, rejetons vigoureux qui préparez l'avenir, que vous êtes beaux dans la tranquille majesté de votre vieillesse ou dans la svelte souplesse de vos jeunes ans! Plus que ma poitrine soulevée par l'air vivifiant, mon âme respire les parfims aromatiques de la forêt: le baume du pin, qui se mêle à l’odeur douce de la violette, à la senteur de tout ce composé de fleurs et d’herbes que triture sous ses doigts de gaze le zéphir qui passe. Je reste là longtemps. oubliant volontiers qu'il y ait un monde en dehors de celui-ci. La cloche du monastère qui sonne les vêpres peut seule, de sa voix qui commande, me tirer de cette contemplation.
Pour voir la montagne, je devrai revenir un autre jour.
Cette fois, je marche, Je vais je ne sais
où, Je suis seul et je prends le sentier qui me
‘rets 108, sur \ fouteg nue, sol.
cles, que é de e de evée parpin, à la herphir vo- ) celes nde,
eni}
sais
me
parait le plus capricieux. Il me conduit sur le bord de l’abîime, Je crains le vertige, et cependant je veux m'approcher tout près du vide pour en sonder la profondeur, jouir de toute son horreur. J’aperçois, aux flancs du précipice, les plus hautes branches des arbres qui ont pu trouver une fente, un dé de terre où plonger leurs racines, et qui se sont accrochés aux flancs de granit; au fond, les grosses roches qui ont dû rouler sous l'effort convulsif d'un tremblement de terre, des quartiers de roc qui se sont détachés de la masse,
Il est un de ces blocs granitiques qui a son histoire : c’est le rocher de “Fra Lupo”’,
Qu'on se figure un immense coin à fendre le bois et dont la pointe serait piquée en terre, Tel est l’aspect de cette roche, dont la surface forme une plateforme émergeant du précipice,
Il paraïtrait que, lorsque saint François vint sur l’Alverne, un fameux brigand. cruel et rapace, régnait en maître sur ja montagne dont il avait fait son domaine. On l'avait surnommée “le Loup”. Il ne vit pas d’un bon oeil l’arrivée des hôtes nouveaux sur son territoire, et il se proposa bien de leur rendre la vie im- Possible. II ne craignit pas d’aller jusqu à