LA
ler sur le Calvaire Séraphique. C’est le grande visite que nous attendons aujourd’hui.
En effet, le Réverendissime Père Pacifique Monza, qui vient de déposer sa charge au Chapitre Générai qui s’est tenu dernièrement à Rome, monte demander à l’Alverne quelques jours d’un repos spirituel. Il äoit arriver vers 1 heure ou 1.30 heure. On l'attend depuis quelques jours déjà, mais la température est froide sur les hauteurs de l'Alverne, et craignant avec raison pour la santé de l'illustre vieillard, on a retardé son asceñsion.
C’est le moment de la récréation.
Tout le monde aujourd’hui s’est réuni pour la prendre sur “Il Piazzale”, sur la Place.
Chacun devise et jase autour de la statue de gaint François aux colombes, ou assis sur la margelle du puits; mais surtout le parapet de pierre qui borde la place et donne vue sur le chemin d'arrivée est garni de religieux. On attend.
Le Révérend Père Gardien, le R. P. Vicaire, quelques autres religieux sont allés à la rencontre du Révérendissime Père. Ah! voijà! Au tournant de la route escarpée, deux
> Vi.
s à la à: voi-
deux
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beoufs majestueux apparaissent, portant sur un traineau l’illustre visiteur.
Il ne pouvait être question pour lui, à son àage —il a 72 ans — de gravir à pied cette rude montée; on a donc, sur un traîneau, aménagé une grande chaise, où a pris place l’ex-Ministre Général de l'Ordre. Un religieux le protège des ardeurs du soleil du midi en tenant au dessus de lui une ombrelle.
Qu'elle est belie. dans sa majestueuse simplicité, cette ascension!
Les nobles bêtes que sont les boeufs alverniens semblent avoir conscience du poids qu’ils portent; ils sont lents, graves, et, la tête penchée, ils sont — j'allais dire pieux. Un traîneau sur un chemin rocheux de montagne ne saurait avoir l'allure du traîneau gracieux sur une glace vive, comme nous le voyons en notre pays de neige. Composé de lourdes pièces de bois, qui traînent et cahotent sur les dures pierres du chemin, il lui faut la lenteur et la gravité de la marche des boeufs pour ne pas briser son précieux fardeau !
Nous avons la route juste en face de nous et le spectacle est si imposant que je ne puis m'empêcher de dire: quel dommage qu’on ne
puisse pas prendre une photographie de cette triomphale et si simple arrivée. On est de mon avis. On se met à la recherche du P. Vigilio, qui, malheureusement, n'avait point pensé d'avance à la belle plaque qu’il pourrait obtenir. On le trouve. Il se hâte, il court chercher son instrument. Il arrive, non pas avec son petit kodak, qui ne serait pas suffisant, mais avec son appareil sur pied. Il faut tirer le trépied, visser l'instrument, des préparatifs sans nombre... Et pendant ce temps-là les cloches du campanile sonnent à toute volée.
unissant leurs quatre voix d’airain pour fêter l'illustre visiteur qui monte. La cloche de saint Bonaventure, la plus petite, fait des efforts pour mieux se faire entendre. se faire remarquer, s’il est possible, du successeur du Séraphique Docteur, et lui dire ses souhaits de bienvenue. Et pendant ce temps les boeufs ne cessent de monter avec leur persévérante lenteur, si bien que, quand tout est prêt à l’appareil photographique, il est trop tard! Le Révérendissime Père est arrivé à la porte d’entrée, il est descendu du rustique traineau.
Avec leur bouvier, les boeufs entrent seuls, traînant un véhicule vide!
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Le d’eneau.
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A L'ALVERNE 313
Le Révérendissime Père traverse à pied “I!
Plazzale”, pour se rendre à l’église majeure, saluer le Maître Souverain de l’Alverne.
Au passage le P. Vigilio a essayé de le croquer, mais ce n'était plus cela! Je ne sais s’il a réussi, il ne m’a pas montré l'épreuve.
Quelques jours plus tard le Révérendissime Père voulait bien encore me recevoir avant mon départ et me témoigner de nouveau sa paternelle bonté, me redire qu’il bénissait de tout coeur ses enfants du Canada des trois Ordres et tous nos charitables bienfaiteurs.
Encore quelques mois. et celui que Pie X honorait de toute sa confiance en le placant à la tête de l'Ordre séraphique, l’appelant de Venise, où il l'avait connu et apprécié, où il l’avait eu comme directeur de conscience, Benoît XV l’honorera de l’Archiépiscopat comme le digne couronnement d’une vie toute d’humilité et de sainteté et d’un généralat non moins humble et non moins saint.