‹ Mon pèreChapitre 15 sur 20 · Campagne du Mexique · texte numérisé non relu

Campagne du Mexique

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il m'csl d'aiilaiil plus syiiipalliifjiic qii il a une jeune (enimo cl deux petites lilles qui hour- (litiiiieiit autour de lui et le cajolent en attendant, le départ qui aura lieu demain dans la soirée vers six heures. Notre trajet en chemin de fer s'est assez bien passé, je vous fais grAce des détails et des tribulations. Je suis dans mon élément et on commence à s'apercevoir que ces choses-là me connaissent. Le commandant, M. Roubet, vient de partir pour passer sa dernière nuit à terre avec sa femme. Les rôles sont intervertis, c'est moi qui garde le bateau. Dans les quelques mots que j'ai dits au commandant sur la conformité de nos situations^ sa femme qui m'a entendu est venue me serrer la main et me parler de vous. Les deux jolies petites filles sont venues aussi membrasser et me dire leur nom, Berthe et Marie. Je leur ai appris le nom de Paul qu'elles ont trouvé très joli. Enfin, ma chère femme, j'aurai occasion de soulager mon cœur quelquefois avec quelqu'un qui saura me comprendre et je ne suis pas insensible à cette perspective-là.

Le bateau est superbe, bon marcheur et bien emménagé ; nous ferons, s'il plaît à Dieu, une bonne traversée. Nous relâcherons à Madère et à la Martinique ; peut-être huit jours sur le der-

nier poinl, où nous débarquerons nos chevaux pour les faire reposer. Ce sera donc quarantecinq jours tout compris pour être rendu à la Yéra-Cruz. Nous arriverons en bonnes conditions au Mexique.

30 août, à bord de i'Ardèche.

... Avant-hier nous avons traversé le détroit de Gibraltar et aussitôt que nous avons été dans l'Océan, nous avons eu une grosse mer. Presque tous mes officiers ont été malades, ainsi que les soldats. J'ai dû tenir bon pour donner l'exemple. Je nai jamais, je crois, déployé tant d'énergie. Nos chevaux ont souffert du roulis et du manque d'air; car, dans le mauvais temps, on est obligé de fermer les sabords et vous ne pouvez vous figurer ce que c'est que de faire soigner 350 chevaux à bord d'un bateau par des hommes abrutis par le mal de mer et dans des conditions de malaise et de détails infinis que Ion ne peut écrire. Je ne sais pas comment j'ai encore le cœur dans la poitrine. Voilà de rudes épreuves et c'est quand on les subit que l'on maudit la destinée humaine qui vous fait entreprendre des pérégrinations de 3000 lieues.

Je vous écris, ma chère femme, sous l'im-

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