ÉCHOS DE L'EXCURSION AUX PROVINCES MARITIMES
Dans ma quatrième et dernière lettre, datée de St. Jean, N. B., je vous disais "adieu," il me semble; mais en rappelant mes souvenirs, très-agréables d'ailleurs, je m'aperçois que j'ai fait plusieurs gros oublis.
Permettez-moi d'abord de remercier M. D. McManamv pour son généreux envoi de médecines patentées qui, prises modérément, ont conservé tout notre inonde en parfait état de santé, le long du voyage. Je dois aussi un gros merci à M. W. R. Webster pour ses superbes cigares " El Présidente " et " Jcse ma Garcia," que nous avons reçus à titre gracieux. L'arôme de ces purs havanes, joint au parfum des " Pharaohs," de M. Payne, de Granby, n'ont pas peu contribué à chasser l'air méphitique de la vapeur et à chatouiller agréablement le nerf olfactif des messieurs, et même des dames qui nous faisaient souvent le plaisir d'une visite dans notre Eldorado.
Nous n'avons rencontré partout que gracieusetés ; tout le monde semblait s'être donné la main pour nous combler de politesses. M. W. A. Brennan, éditeur-propriétaire du Journal de Summerside, Ile du Prince Edouard, nous a ac-
compagnes une partie du voyage, ainsi que M. Logan, M. P. pour le comté de Cumberland, et Madame Logan.
M. le maire de St. Jeari, N. B., M. le lieutenant-colonel Markham, M. Richard O'Brien, etc., ont été très-affables pour les excursionnistes. Ces messieurs, avec les membres de la presse locale, nous ont fait faire une magnifique excursion sur la rivière St. Jean, et nous ont servi des cigares et des rafraîchissements à bord.
Il y a, à St. Jean, un splendide club où tous les membres de notre parti avaient leurs entrées libres. Plusieurs des excursionnistes ont profité de cette bonne aubaine.
M. Ellis, M. P., de St. Jean, nous a donné, dans sa magnifique résidence, une grande réception, le soir de notre départ. Mme Ellis, M. le député, son mari, et leurs fils nous ont reçus royalement. C'est là qu'ont eu lieu les présentations de petits cadeaux, offerts par les membres de l'excursion de la presse, à MM. J. M. Lyons, G. W. Robinson, W. J. Price, de l'Intercolonial, et à l'affable conducteur de nos chars palais, M. Hughes. M. le maire de St. Jean était présent et nous a fait un joli discours ; il a été particulièrement flatteur pour les Canadiens-français.
Notre voyage n'a été qu'une série d'ovations, d'une piovince à l'autre et d'une ville à l'autre.
La tempête que nous avons eue, à Sydney, nous a empêchés d'aller visiter Louisbourg, mais je vous assure que nous y avons passé le temps agréablement. Les jeunes se sont mis dans la tête de faire subir un procès à notre joyeux et digne président, M. Lance, parce qu'il avait laissé faire uu peu trop de tapage dans notre char, et pour plusieurs autres cJiefs d'accusation. L'hon. M. Murray, premier-ministre de la Nouvelle-Ecosse, était le juge en chef, assisté de MM. M. T. Stenson, W. E. Jones et E. R. Smith, comme
juges adjoints. M. L. A. Bélanger était le shérif ; M. Paquette, greffier ; M. E. J. Bédard, habile avocat de Riehmond, agissait comme substitut du procureur général ; M. l'avocat Logan, M. P., défendait l'accusé. Le jury avait été choisi parmi les dames mariées, à la demande de l'accusé, qui voulait être jugé par ses pairs. Mesdames Lyons, Bail, Stenson, Chalmers, Morehouse, Bélanger, Shurtleff, Lance et Shearer trépignaient du plaisir d'avoir enfin l'occasion de juger îin mari. Le prisonnier, à la barre, protesta énergiquement de son innocence qui, d'ailleurs, était empreinte sur sa bonne grosse figure réjouie. Plusieurs témoins furent entendus qui, tous, parlèrent en faveur de l'acquittement immédiat de l'accusé ; mais le jury semblait l'avoir condamné d'avance, car, malgré l'habile défense de M. le député de Cumberland, M. Lance fut déclaré coupable de trop de galanterie envers les demoiselles de l'excursion, etc., etc. M. Bédard, dont l'éloquence est bien connue, n'a pas peu contribué à faire rendre ce verdict si peu attendu ; ses traits d'esprit, ses fines réparties ont fait rire l'auditoire jusqu'aux larmes.
Après douze jours de promenade, d'excursions et d'amusements de tous genres, il fallut enfin penser au retour. Mon brave compagnon, qui avait eu pour moi une sollicitude toute paternelle, ne paraissait pas bien désireux de revenir au pays ; — ça se comprend, puisqu'il n'avait pas, comme moi, queîqii'une qui épiait son retour. Cependant, j'acquiesçai à sa demande de bonne grâce et nous décidâmes de visiter les amis de la Rivière-du-Loup ; — j'espérais qu'il y découvrirait quelque joli minois qui lui tomberait dans l'œil, — ce qui n'a pas manqué d'arriver, soit dit entre nous. Comment pourraît-il en être autrement, quand on connaît les charmantes demoiselles de Fraserville? Nous avons été visiter la " Pointe " et Cacouana, les deux endroits les plus
fashionables des bords du St. Laurent, la " Pointe " surtout, couverte de jolis cottages, où l'aristocratie de Québec, Montréal et Ottawa vient passer la belle saison. Mon vieux compagnon était tout émerveillé de ce qu'il voyait, et je le voyais rajeunir à vite d^œil, surtout quand il jetait un regard du côté de sa charmante compagne de gauche. Bref, je crois que mon vieil encroûté de célibataire est bien pris cette fois ! Chut ! ne lui dites pas.
Au revoir !
Concert
Mercredi prochain, le 18 courant, nous aurons la bonne fortune d'entendre, à la " Salle des Arts," un joli concert préparé sous l'habile direction de Mme C. Beaudoin, notre " Albani sherbrookoise." On chantera, entr'autres jolies choses, un petit opéra tout-à-fait mignon, inédit à Sherbrooke : " Une promenade de Marie Stuart," l'infortunée reine-martyre, la belle et douce Marie de France, devenue reine d'Ecosse pour son malheur !
Cet opéra a été chanté devant plusieurs têtes couronnées : la dernière fois en 1885, devant Leurs Majestés François-Joseph d'Autriche et sa malheureuse épouse, qui fut depuis si bêtement assassinée !
J'ai lu cette belle composition et assisté à une répétition ; je puis donc vous garantir que personne, même sans goût prononcé pour la musique, ne s'}- ennuiera : c'est beau du commencement à la fin, mais il y a surtout des scènes charmantes et tout-à-fait pathétiques.
Il faut encourager nos jeunes amateurs qui se donnent tant de trouble pour nous amuser. C'est le dernier concert de la saison ; profitons-en, avant d'aller prendre nos ébats, qui à Montjoie, qui aux eaux salées, qui au petit lac Magog, à Hatley-Xord ou ailleurs. Nous passerons une
ble soirée, tout en contribuant à une œuvre de charité, car je sais que c'est le but de ce concert.
Liberté, Fraternité, Egalité.
Trois mots magiques qui ont fait verser bien clés pleurs et aussi bien du sang ! . . . . Ah ! je les ai vus gravés en lettres flamboyantes au frontispice du palais Bourbon, le capitole de la ville lumière, de la ville incomparable, Paris la belle ! Leurs rayons lumineux devraient se répandre sur la France entière pour dire à tous ses enfants : vivez heureux, soyez libres, la République vous protège ! Mais, amère dérision, suprême ironie ! cette liberté tant vantée n'est, pour un grand nombre de citoyens, et des meilleurs, que le plus dur des esclavages!
Est-ce vrai ? veuillez me répondre, bonnes Sœurs des pauvres, qui faites si généreusement le sacrifice de votre vie; petits Frères ignorantins (sic/) qui enseignez, cependant, avec tant d'abnégation aux fils de vos bourreaux à les aimer, à les respecter ! Daignez me répondre, clergé modèle, qui, à l'exemple du Divin Maître, irez quand même absoudre vos persécuteurs au moment suprême !
Que se passe-t-il donc dans la Patrie de nos ancêtres que j'ai appris à aimer sur les genoux de ma mère ? Ah ! voilà qu'un nouveau fléau de Dieu passe sur la belle France pour la purifier sans doute ! Quelques vandales, armés de haches et de piques, enfoncent les couvents et les cloîtres ! Honte et déshonneur à ces digues fils d'Attila, qui sèment feu et flammes et qui s'attaquent surtout à de saintes femmes ..ans défense ! Ah ! les braves chevaliers! . . . .
Est-ce que tout citoyen en France n'a plus droit à un coin de terre, à un asile quelconque ? Oui, mais pas les prêtres qui suivent leurs frères pas à pas, du berceau à la tombe, les aidant, les encourageant à supporter les épreuves de la vie ! Pas les sœurs qui savent si bien adoucir les derniers moments des malheureux qui agonisent !
Quels sont donc ces monstres à face humaine qui prennent ainsi plaisir à martyriser leurs concitoyens? C'est le renégat Peigne et consorts qui trônent un moment ! Mais j'entrevois déjà leur chute, qui sera ignominieuse, quand se réveillera la nation, la plus chevaleresque du monde. Les héroïques Bretons, dont j'ai l'honneur de descendre, se lèvent comme un seul homme pour défendre leur religion outragée ! Honneur à vous, fiers enfants de l'Armorique, défendez vos autels, le Dieu des Francs est avec vous !
Loin de moi de vouloir prêcher la révolte contre l'autorité établie de par la volonté du Dieu des armées ; non, non, mais peut-on appeler francs Français, ces Nérons modernes qui se plaisent à tyranniser leurs frères au nom de Liberté, Fraternité, Egalité / . . . .
Lors de mon passage à Paris, j'ai été témoin d'un petit incident assez drolatique : Un gamin des rues se disputait avec un garçonnet de son âge venant d'Alsace. A bout d'arguments, le petit Parisien dit à l'autre — suprême injure : — " Un Français, toi, jamais ! Ves Prussien /"....
Et moi, je dirai aux infâmes qui font pleurer leur Mère, la fille aînée de l'Eglise : des Français, vous, jamais ! nouveaux boxeurs, vous êtes des.... des chenapans.' Ainsi vous juge l'univers entier. — J'ai dit.
Excursion de la Presse.
DE SHERBROOKE A MUSKOKA.
Mon cher rédacteur,
Je voulais venir vous dire bonjour avant aujourd'hui, mais le temps m' 'a fait défaut ; belle excuse, n'est-ce pas ?
Notre brave chapelain vient de réciter le chapelet avec sa petite colonie ; je m'empresse de vous écrire un mot avant le dîner, car nous devons chanter les vêpres à 3 h. p. m. Nous n'avons pas entendu la messe, faute d'église.
Partis de Sherbrooke à 3 h. p. m., vendredi, nous prenions possession de notre char palais "Nubie" à \ol/2 h. p. m. Il n'y avait guère de Nubiens à bord, si ce n'est mon copain et moi ; mais, Dieu merci, nous ne sommes pas des noirs bien dangereux.
La pensée des grévistes m'a bien un peu empêché de dormir, cependant nous n'en avons rencontré aucun. En me réveillant, vers les 4 h., j'aperçus, par la fenêtre de ma cabine, une magnifique nappe d'eau qui s'étendait à perte de vue. De prime abord, je croyais rêver, je me frottais les yeux. Où suis-je donc? me dis-je ; tiens, c'est mon beau St. Laurent dVn-ôas de Québec ! Mais ne voilà-t-il pas que j'entends une voix rauque qui me crie : " Arrive-tou à Toronto?" C'était encore mon vieux copain qui jasait en rêvant ; pour le coup, je reprends mes sens. Cette
mer que je vois n'est qu\u\ fournisseur de notre fleuve géant, c'est le fameux lac Ontario, que notre train, lancé à toute vapeur, longe en serpentant jusqu'à la belle ville de Toronto, rivale de Montréal.
Nous arrivons à notre deuxième étape par un temps radieux. L'hôtel Arlington, où nous logeons, est vaste et bien emménagé, les employés sont polis. Après le déjeûner, nous prenons le chemin de ceinture qui fait le tour de la ville, en passant par les rues Sherbourne, Queen, King, Yonge, etc., qui sont très longues et plantées de beaux arbres. La cathédrale catholique est un magnifique temple en briques blanches, avec coins en pierre de taille qui produisent un très-joli effet. Parmi les beaux édifices sont le Knox Collège, l'Université de Toronto, l'hôpital, le Temple Building des Forestiers Indépendants, les bâtisses du Parlement, etc., etc. En somme, je crois que les Torontoniens ont droit d'être fiers de leur belle cité.
A 11.30 h. a. m., nous prenons le train rapide pour Gravenhurst, d'où nous nous embarquons sur le bateau "Medora," de la compagnie de Muskoka. Du quai à Port Cockburn, au fond du lac Joseph, on compte 45 milles en droite ligne, mais quels détours nous faisons ! à peu près 75 milles.
Après le dîner, à bord, nous ne pouvions nous lasser d'admirer le magnifique panorama qui se déroulait devant nos yeux éblouis. Sur les lacs Muskoka, Rosseau et Joseph, que nous traversons successivement, s'élèvent ici et là, des îlots enchanteurs de 3, 4, 5, 10, 15 ou 20 acres, couverts d'arbres magnifiques, à l'ombre desquels on a construit de jolis cottages, résidences d'été des heureux de Toronto. Et ne croyez pas qu'il n'y en a que 3 ou 4, mais on les compte plutôt par centaines. C'est vraiment féerique.
Outre les beautés des paysages qui se succèdent sans cesse, nous trouvions le moyen de nous amuser sur notre bateau. Nous avions un feu roulant de bons mots et de fines réparties, tantôt en anglais, tantôt en français. Les chansons dans les deux langues, chantées eu chœur, avec entrain, émerveillaient les employés du bateau. Avant d'arriver à Port Cockburn, on entonne VAve Maris Stella ; il était 10J2 h. du soir. De loin, on voyait les nombreuses lumières de l'hôtel, qui, comme un phare lumineux, servaient de guide à notre pilote.
On a rencontré ici, aujourd'hui, un ancien député, M. Cockburn, qui a donné son nom à la jolie place d'eau où nous sommes maintenant. Ce monsieur nous fera visiter demain différentes villas jusque près de la Baie Géorgienne. Il a mis son yacht à notre disposition ; vous voyez qne nous sommes chanceux.
Je regrette de ne pouvoir mieux représenter votre intéressant journal. Malgré l'air des lacs, que je respire à pleins poumons, je suis un peu fatigué après notre voyage de deux cents lieues, sans désemparer.
Je vous tire ma révérence et vous dis au revoir, aux chutes Niagara.
BEAUMARIS.
Je ne puis m'empêcher de vous écrire un mot, avant de de me rendre aux chutes, où je vous avais donné rendezvous. Comme je vous l'ai dit, je crois, le premier des lacs Muskoka est à une distance de près de 120 milles au nord de Toronto. La compagnie du Grand Tronc, qui a si gracieusement mis un de ses meilleurs chars-palais à la disposition des excursionnistes, de Sherbrooke à Toronto, nous a conduits jusqu'à Gravenhurst, où nous avons pris le joli "Muskoka," un des nombreux bateaux de la compa-
gnie de navigation des lacs du même nom. A bord de ce bateau, nous faisons connaissance du gérant-général, M. Cockburn, ex-M. P., dont les manières distinguées font tout de suite deviner V homme du monde. Je n'entreprendrai pas de vous décrire ces lacs merveilleux ; Muskoka, Rosseau, ou mieux Rousseau, et Joseph, mais je vous dirai seulement que c'est une succession de nappes d'eau parsemées d'îles et d'îlots, sur lesquels on compte plus de 400 cottages habités pendant la belle saison par des Américains, des Torontoniens et des touristes de presque toutes les parties des Etats- Unis et du Canada.
Outre ces cottages, il y a un grand nombre d'hôtels très confortables, entr'autres ; l'hôtel " Summit," sur la pointe Cockburn, propriété de MM. Fraser & Fils, qui sont de vrais gentlemen. C'est là que nous avons passé le dimanche et chanté les vêpres, le 18 courant, dans la grande salle du vaste hôtel, en présence de nos amis de croyances différentes. Lundi, nous nous rendions à l'hôtel " Monteith," dirigé par les MM. du même nom, à une distance d'à peu près 15 milles, je crois. Nous y passons la nuit. Le lendemain, grâce à l'amabilité de M. Cockburn, nous nous remettons en route sur Veau pour aller visiter Bracebridge, fameux village de 3,000 habitants, situé sur la rivière Muskoka, près de jolies chutes qui forment un pouvoir d'eau splendide, aussi puissant que celui de la rivière Magog, à Sherbrooke. M. le secrétaire de la municipalité, au nom du maire absent, entouré de nombreux citoyens, nous présente une jolie adresse. Le Rév. Père Cullins, curé catholique, nous est présenté et nous accompagne plus tard jusqu'à Beaumaris, à l'hôtel où nous sommes dans le moment, à 12 milles de Bracebridge. Une douzaine de voitures avaient été mises à notre disposition pour visiter la ville,
qui possède les plus grandes tanneries de l'Amérique et un moulin à scie modèle.
Après avoir visité toutes les industries de Bracebridge, nous retournons à notre bateau ancré dans le port. Il paraît que les fameux lacs Muskoka étaient jadis une partie du pays des Hurons, qui seraient bien étonnés, j'en suis sûr, s'ils pouvaient revenir voir le changement qui s'est opéré, depuis que les hommes pâles se sont emparés de leurs terres.
L'hôtel Beaumaris, où nous sommes logés, est la propriété de M. E. Prowse, qui est peut-être Proulx, en canayetiy mais passons.
Muskoka est un nom qui vient évidemment des sauvages hurons. Le nom de lac Rosseau vient, dit-on, d'un nommé Rousseau, qui a osé le premier s'établir sur le bord de ces lacs sauvages. Ça ne serait pas surprenant, car les nôtres ont pénétré partout, bien avant les autres nationali- : témoins, nos hardis voyageurs qui ont parcouru toutes les vastes régions de l'Ouest. Le lac Joseph, lui, porte le nom d'un de nos nombreux missionnaires infatigables qui quittaient tout : parents, amis, pays civilisé, pour s'enfoncer dans de sombres forêts, parmi les bêtes sauvages, et au milieu de peuplades plus sauvages encore, pour les évangéliser.
A une heure p. m., nous reprenons les chars au quai de Muskoka pour revenir à Toronto, en longeant le fameux lac Simcoe. Sur la Baie, est bâtie en amphithéâtre la jolie ville de Barrie, qui ressemble beaucoup à notre Sherbrooke.
Au revoir.