‹ Mon premier néChapitre 9 sur 22 · À SPRINGFIELD, MASS · texte numérisé non relu

À SPRINGFIELD, MASS

Mo7t cher rédacteur,

J'avais une bien fausse idée de ce que font les nôtres, aux Etats-Unis, avant de les voir à l'œuvre. Je suis enchanté de tout ce que j'ai vu jusqu'à présent. On se croirait vraiment en plein Montréal, le jour de la Saint-Jean- Baptiste. Imaginez une procession monstre de Canadiens" français de toutes les parties de la Nouvelle-Angleterre ; chaque société a sa bannière et son riche costume particulier. Il y avait une dizaine de fanfares venues des villes voisines.

A 8 heures a. m., Sa Grandeur Mgr Beaven, évêque de Springfield, chanta la grand'messe et M. l'abbé Caisse fit un sermon des plus patriotiques. L'éloquent prédicateur a su toucher les cœurs de son auditoire, en nous parlant de nos frères des bords enchantés du St. Laurent, du respect que nous devons avoir pour le nom que nous portons. " Canadiens-français, noblesse oblige," s'est-il écrié. " Nous sommes les descendants d'une noble race, race de héros s'il en fût ! Nous devons donc nous respecter ; c'est le meilleur moyen de nous attirer les sympathies et le respect des autres races qui composent la grande nation américaine."

Notre seconde Albani, Mlle Eugénie Tessier, s'est fait

entendre à l'Offertoire. Elle a chanté délicieusement, assistée d'un chœur puissant.

Après la messe, à n heures a. m., tous les délégués se sont rendus à l'hôtel de ville, où l'hon. M. Vv. P. Hayes, maire de Springfield, leur a souhaité la bienvenue ; il le fit en termes bien sentis. Il rappela les gloires de la France, l'aide puissante que la jeune République a reçue d'elle à plusieurs époques, surtout lors de la déclaration de l'indépendance. " LaFayette et Rochambeau, dit-il, ont été les bras droits de l'immortel Washington." Ce maire américain aime les Canadiens.

J'oubliais de vous dire que la première motion du Congrès fut proposée pour stigmatiser l'attentat odieux commis contre le digne et respecté citoyen américain, le grand Mc- Kinley, premier magistrat de son pays.

Très-bien, Canadiens, mes frères, vous avez fait votre devoir de citoyens de notre voisine et vous avez bien mérité de vos amis du Canada. Nous sommes fiers de vous, au pays !

Après ces devoirs accomplis, les différents comité, sont mis à l'œuvre ; je vous tiendrai au courant.

Au revoir.

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