DEUXIÈME LETTRE
Le bazar est fini ! c’est-à-dire, oui, fini le travail ardu, l'enthousiasme des Dames, la charité de tous ; tout est déjà dans le domaine du passé! Est-ce vrai, cependant? Oui, ordinairement parlant, mais qui pourra jamais oublier le dévouement désintéressé de toutes les Dames de Charité ; le travail énorme qui s’est fait par tout le monde pour la réussite du bazar, dont les magnifiques recettes ont dépassé toutes les espérances ?
Qui pourra jamais oublier les jolis concerts ‘ impromptu ” dont nous avons été gratifiés, chaque soir, par le “tout Sherbrooke artistique ;” le joli minois de toutes les solliciteuses qui disaient simplement :—‘ Un billet pour nos pauvres, s’il vous plaît, monsieur?” le moyen de résister à cette touchante prière ! aussi personne ne refusait.
Qui pourra jamais oublier les véritables banquets, (oui banquets, c’est le mot), qu’on nous a servis, chaque soir, pour la modique somme de vingt-cinq centins ?
Qui ne se rappellera avec plaisir les joyeux moments passés à la ‘“’Tombola,” charmante loterie de société, où l’on jouait au 2erd-gagne ?
La table de la ‘‘tire,” si fréquentée par les petits enfants et beaucoup même par les grands ?
La table de loterie, où il se faisait des pêches si merveilleuses ?
La table du sucre à la crême, du café, de la crême à la glace, où chacun était content d’aller se rafraîchir, après avoir sué sang et eau à signer toutes les listes? Puis le grand marché oriental, où l’on achetait les articles les plus variés, tels que: soieries de Lyon, dentelles de Bruxelles, coussins de Turquie, café de Moka, etc., etc.? (au moins les engageantes marchandes d'occasion nous l’affirmaient, et pouvait-on en “louter ?)
Et le départemen
t des cigares peu les gentilles ve
ndeuses d’êt
, dont je soupçonne un re complices des Chinois, net d’opium avec leurs Durs
S vendre et reven-
u la quatrième fois, un moment auparavant,
Pour la troisième o une rose qu'on avait vu s'épanouir,
oisin !
mer toute notre réconnaissa je sens que mon cœur es:
lèvres que ce simple mot :
très ému, et il ne me vient aux
merci
offrir les recettes de la journée, aux dames organisatrices du bazar, mais à condition que ces dames montent sur Îles voitur à tour de rôle, pour collecter elles-mêmes pour les petits orphelins. Les conducteurs seront à leur poste, comme d'habitude, mais les passagers devront payer aux dames et demoiselles. ‘“ Fare, please, for the orphans.—Vos billets, s’il vous plaît, pour les orphelins ! ”
I1 y aura donc foule, sur les petits chars, jeudi, le 5 novembre prochain.
Maintenant, le Bureau Médical convie d'avance, pour le courant de l’hiver,—le jour en sera annoncé plus tard— convie, dis-je, toutes les Dames de Charité, sans exception, à un goûter, à l'hôpital. C’est là que ces dames verront les merveilles du Rayon X! Si elles en craignent les effets, elles pourront se faire accompagner par leur seigneur et maître. Je dis donc encore: merci à toutes et à tous. Au revoir, à l'Hôpital !
Réunion Intime.
SE
L'assemblée des Dames de Charité a e Tant, à l'Hôpital du Sacré-Cœur.
présentes. C'est un joli chi
» M. le Dr. J. O. Camirand, maire de Sherbrooke, expliqua l'usage des Magnifiques sté. ili depuis quelques jours seulement dans la salle d'opérations. Ces stérilisateurs, qui orneraient n'importe quel hôpital 4 i
ansements,
ce qui, en général, sert aux opérations.
Is firent voir aux dames, avec les rayons e leurs belles Mains, accoutumées cepenes ménagères canasavent si bien faire
i réparer, repriser, confectionner même des habi orphelins et les pau-
Notre député, M. le Dr P, Pelletier, que des devoirs d'état retenaient à Québec, Manquait à l'appel.
Un superbe goûter avait été Préparé par les Révéren-
des Sœurs et fut servi dans la salle de communauté. Après la collation, M. le Dr Camirand remercia les dames d’avoir bien voulu se rendre à l'invitation des médecins, mais surtout d'avoir contribué, pour une large part, au succès du dernier bazar qui a permis d'acheter les splendides machines électriques et les stérilisateurs. Il le fit avec l’éloquence qu'on lui connaît ; mais, de plus, il était ému, car il sait tout le bien qu'on peut faire à l'humanité souffrante avec ces instruments.
Le Dr Rioux fit la lecture du rapport du bazar, et fit connaître aux dames la manière dont se dépensait la magnifique somme de $2,000 qu’elles avaient confiée au Bureau Médical, en octobre 1903.
La présidente, Mme juge Rioux, présenta un joli bouquet au Révérend M. Ponton, qui a tant mérité de tous, en faisant installer, sous son habile direction, les stérilisateurs et les machines électriques.
Mlle Lloyd, photographe amateuræmarquable, voulut bien prendre le portrait d’un groupe de dames et de quelques médecins; ce sera un beau souvenir de cette petite fête de famille.
Aux bazars futurs, je dis: Ad multos annos !
La St. Jean-Baptiste.
Une température idéale, une foule com siaste, grand’messe solen Constance par M. l'abbé ; discours M. F. H,. Hébert, enson, etc.; grand * OUrassa, \{. P., au théâtre Clement, le soir ; remarques par le maire, M. le Dr J. O. Cami. rand, déclamation par M. V. Richard, étudiant, tel est le bilan de la Célébration de notre fête nationale.
Plusieurs centaines de citoyens, jeunes et vieux, bannières et oriflammes déployées, défilèrent Par quelques rues pavoisées de la ville, dimanche, aux sons joyeux des fanfares.
primé à plusieurs milliers d’
bon Canadien ! J'en dirai a
patriotique de M. Bourassa, Pour la première fois. Comme il m'a paru franc et loyal, le jeune vétéran de nos luttes parlementaires ! Pas de basses flatteries avec lui, mais la vérité Pure et simple.
Que de belles choses il nous a dites durant l'heure Charmante que nous avons passée à l'écouter, Ah ! si nous
suivions ses conseils, comme nous serions plus patriotes et, partant, meilleurs citoyens!...,
Avec M. Bourassa, il n’est pas besoin de faire de longs discours sur l'amour du sol natal, d'écrire de beaux livres sur les actions héroïques de nos aïeux pour être patriote ; il - suffit tout simplement de bien faire ce que nous faisons, chacun à la place que nous a assignée la Providence, Un honnête ouvrier, qui fait bien son devoir comme tel, est un bon patriote. Un brave bûcheron qui s'enfonce dans la forêt, travaille ferme pour lui et les siens, est aussi un patriote, puisqu’en agrandissant son domaine, il embellit en même temps sa patrie |
Le motto du vrai patriote doit être : Pro Deo et Patria ! Oui, citoyens, pour Dieu d'abord qui nous a créés et placés dans un beau pays comme le nôtre, où nous jouissons d’une pleine et entière liberté !
Pro Patria ! Oui, pour la Patrie, souvenons-nous ce que furent nos ancêtres : les pionniers de cet immense et beau pays qu’on appelle le Canada. ‘“O Canada mon pays, mes amours |” Oui, Canada, tu fus entièrement nôtre jadis, mais le Maître Souverain des terres et des mers a trouvé notre pays trop grand pour un petit peuple auquel 11 a associé une autre race. Les deux souches de cette fière race normande doivent vivre côte à côte et ne jamais recommencer des luttes fratricides! Enterrons la hache de guerre comme l'ont fait les nombreuses neuplades, enfants des bois qui habitaient l'Amérique avant nous, et, d’un commun accord, soyons hommes, bons époux, bons pères et, partant, patriotes toujours !
Juin 1903.
Au Mont N Otre-Dame.
Je viens d'assister à un des
été donné d'entendre: Les Promoteurs de cet harmonieux
régal ont bien mérité du public sherbrookois, auquel ils ont fait passer deux charmantes heures,
Plus jolis concerts qu'il m'a
Les Dames directrices de notre couv être fières de leurs anciennes élèves, que de notre petite ville qui sait si belles choses. Inutile de faire de Musiciens, qui sont bien connu: et, partant, très appréciés,
Revenez encore, mesdames et Messieurs, revenez nous faire goûter les Avant-goûts des mélodi:. célestes !
ent modèle doivent fières du Sroupe artisti.
bien rendre et goûter les nouveau l'éloge de nos
O voix humaine, duine harmonie, Tesse, vous m'allez droit au cœur !
mer mes heures de mélancolie !
tendues, il me semble que je devi Técommencer les luttes de: la vie!
Le Révérend M. Laporte à mis toute son Ame dans ce chant divin qui nous enchante, nous transporte, nous angé. dise pour ainsi dire—accompagné des accords sublimes de notre artiste Compositeur, Mme L, E. Codère.
Anges, chantez à l'entrée du céleste sa Christi.” Oui, viens
musique enchante.
Oh ! venez encore Char.
Quand je vous ai bien en.
ens meilleur et que je puis
parvis : “Veni Spon- Praxède, Épouse du Christ, tu as is cents Pontifes, re.
vaincu la Rome Payenne! Près de tro
présentants de l’'Homme-Dieu qui a souffert sur le Golgotha pour le rachat de l'humanité, ont trôné sur la chaire de Pierre depuis ton martyre. Oui, tu dis vrai, jeune et noble vierge, nos fers sont tombés quand les Juifs ont dressé la croix !....Et la frayeur des soldats d'Hérode s’est changée eu confiance pour les soldats du Nazaréen !
“Veni Sponsa Christi!” Oui, Ste. Praxède, vous qui êtes vénérée depuis si longtemps sur nos autels, vous qui habitez avec les anges depuis des siècles, n’abandonnez pas ceux qui vous prient et qui chantent vos louanges.
Pour être juste, il faudrait nommer et remercier chacun des musiciens qui ont pris part à ce délicieux concert, mais comme leur réputation n’est plus à faire, ils n’ont pas besoin de réclame. Je me contente de leur dire un gros merci au nom de tous, et je répète : Encore, encore, encore !
aîche et légère, au luèrre gronde au loir chaîne et soulè
gmente tout-à.
1, présage de la vé, en vagues houleu-
i ; Une pluie
autour de sa nouvel] Moinent d'angoisse s’il en fût! Oh! Jui jamai
à quelques pas d esalut!., Sallem vos amici Met... , Qu'il a dû les angoissants : (Au Secours, je meurs
ir atteindre Ja rive qui istance, mais ses mem-
Il revoit en un instant ses bons parents: sa mère, son père, ses sœurs et ses amis, qui l’attendent là-bas, à quelques milles, et il ne peut pas même leur dire adieu, cet adieu suprême qui console au moins dans la dernière séparation !— Et cette vie sainte qu’il devait mener, (il devait recevoir l'ordre sacré de la prêtrise à l'automne); il entrevit tout cela en un clin d'œil!
Tu es sacerdos in æternum ! Oui, mon jeune ami, tu es réellement prêtre du Très-Haut, car tu as dû le désirer ; et, s’il y a un hiptême de *” ‘-, il y a aussi un sacerdoce de désir, et toutes les bonnes « . suns que tu aurais faites comme ministre du Christ ont dû t'être comptées en arrivant dans la Patrie! Il me semble voir une troupe d’anges voltiger, en rasant les flots de leurs blanches ailes, et t'encourager à souffrir pour ton Dieu. Je n’ai aucun doute que ta belle âme, portée par eux aux pieds de l'Eternel, a déjà commencé à chanter les louanges de son divin Fils, que tu étais appelé à sacrifier sur l'autel !
Consolez-vous donc, parents chrétiens ; il ya un bon prêtre de moins sur cette terre d’exil, mais il y a un saint de plus au ciel!