‹ Mon second voyage autour du mondeChapitre 50 sur 67 · Une tonne équivaut à vingt quintaux · texte numérisé non relu

Une tonne équivaut à vingt quintaux

fort élégantes et ornées de fleurs, au milieu desquelles s’élèvent de magnifiqués mausolées de marbre dont plusieurs ont été construits en Italie. Jusqu’à présent on ne trouve encore que peu de tombeaux à Belle-Fontaine. Tout le parc est coupé de belles routes pour les voitures et de jolis sentiers pour les piétons. Aussi la promenade y est-elle trèsagréable. Il est seulement fächeux qu’on ne trouve pas de bancs pour pouvoir s’y arrêter plus longtemps avec un livre.

Je restai quelques semaines dans la maison de M. Boyce, et je fus pendant tout ce temps très-attentive à voir comment on traitait les domestiques, tous esclaves. A ma grande joie, je reconnus qu'ils étaient tous traités comme s'ils faisaient partie de la famille; à mon avis même on ne leur donnait pas assez d'ouvrage; une demi-douzaine d'esclaves ne faisaient pas ce que font chez nous deux bons domestiques. Ils étaient bien vêtus, leur nourriture était bonne et suffisante; mais il faut dire aussi que M. et Mme Boyce étaient d'excellentes personnes et que leurs enfants étaient très-bien élevés. Les esclavés seraient heureux s’ils étaient partout traités de la même manière !

Je fis de Saint-Louis une petite-excursion de 32 milles à Highland, ville de l'Etat de l'Illinois, située au delà du Mississipi. Pour cette excursion il me fallut louer une place dans le stage-coach (voiture de poste), ce qui est la manière de voyager la plus incommode et la plus désagreable. L’Am£ricain, si avare de son temps, fait preuve là d’une patience plus qu’angélique. Ainsi, il est d’usage que les voyageurs ne se rendent pas à l’endroit du départ, mais la voiture va les prendre de maison en maison; organisation très-ennuyeuse et qui prend beaucoup de temps dans les grandes villes. On voyage ainsi de tous côtés pendant une couple d'heures, avant de se mettre en route pour tout de bon. Au relais, on perd également beaucoup de temps, les chevaux ne sont pas prêts, les messieurs en-

trent au cabaret, et il se passe ainsi une demi-heure avant qu’on parte. De plus on donne encore à boire aux chevaux en route.

La petite ville de Highland, qui a 5000 habitants , a été fondée il y a quinze ans par des Allemands et des Suisses. Avant cette époque, tout le pays d’alentour n'était qu'une prairie ; maintenant la majeure partie est bien cultivée et couverte de magnifiques champs de froment, d’avoine et de maïs.

A Highland on me combla d'honneurs '. M. Bernais, autrefois attaché à l'ambassade française de Vienne, m’attendait à la station et me conduisit aussitôt chez lui. Le premier soir, les membres de la société musicale me donnèrent une sérénade; la soirée d’ensuite, ce fut le tour des chanteurs. L’amabilite et la cordialité qu’on me témoigna, la langue allemande que j’entendais de toutes parts, les mélodies et les compositions nationales exécutées d’une manière vraiment remarquable, me firent presque oublier que je me trouvais dans le Nouveau-Monde; il me semblait qu’une partie de l'Allemagne y avait été transportée comme par enchantement.

A 5 ou 6 milles de Highland, dans l'intérieur des terres , les prairies sejmeptrent encore dans leur état primitif. On m'y cond en étais fait une toute autre idée. D’après les descriptions, je m'étais figuré ces prairies comme d'immenses plaines interminables, couvertes d’une herbe de 1",50 à 2 mètres de haut, qu’il était très-pénible de traverser. Cependant il n’en était rien. Le pays était accidenté; une riche végétation se montrait partout, mais les plantes dépassaient rarement 60 ou 90 centimètres de haut, et partout on pouvait passer facilement,

1. Qu'on me pardonne si je mentionne ces particularités; mais je ne le fais que pour témoigner ma reconnaissance à toutes les excellentes personnes que j'ai rencontrées, en si grand nombre, dans mes voyages, chez toutes les nations.

soit à pied soit en voiture. La vue des collines, hautes de 6 à 9 mètres, était ravissante; je ne me serais jamais imaginé qu'un paysage sans montagnes, sans fleuves et sans bois püt être aussi beau! La forme ondulée du terrain permettait à l'œil d’embrasser une vaste étendue et présentait assez de variété. De-jolies maisonnettes de cultivateurs étaient placées sur les hauteurs au milieu de belles plantations; sur le devant s’étendait la ville; de petits bosquets d’arbres fruitiers et autres arbustes formaient de larges ombres, et au loin de sombres forêts encadraient toute la scène.

Dans la grande propriété de M. Koepfli, on planta même des vignes il y a quelques années. L’essai réussit parfaitement, mais on reconnut que la récolte du vin ne couvrait pas les frais, et qu’il coûtait moins de le faire venir des pays étrangers. On abandonna provisoirement la culture de la vigne.

Je visitai plusieurs farms (fermes) pour apprendre à connaître le genre de vie des farmers (fermiers, propriétaires de biens-fonds). Celui qui possède assez pour acheter quelque terrain, ÿ construire une maison et couvrir les dépenses de la première année, a certainement devant lui, dans les États-Unis, la plus belle perspective. Ces terrains que dans les terres en friche on achète de l'Etat, coûtent par acre un dollar et quart. Le farmer peut planter et cultiver ce que bon lui semble ; rien n’est monopole dans ce beau et libre pays; rien n’est défendu ni taxé; sauf une redevance insignifiante, il n’y a ni contributions ni corvées. |

Les farmers font avec les valets l’ouvrage du dehors, car jamais aux Etats-Unis on ne voit les femmes travailler aux champs, ni rapporter au logis l'herbe pour le bétail, ni aller vendre les denrées au marché. L’Américain respecte trop la femme pour la charger de travaux aussi pénibles. Les femmes s'occupent des soins du ménage,

traient les vaches, font le beurre et autres choses semblables. Ils vivent très-bien et sont vetus proprement ; chez les femmes le goût de la toilette est souvent même poussé jusqu’à l’excès ; le dimanche, on les voit parées de chaînes, de montres et de bagues en or.

Le nourriture des farmers se compose ordinairement, le matin, de viandes froides ou de jambon, de pain, de beurre et de thé ou de café; à dîner, de viande rôtie et de pommes de terre; le soir, comme le matin, de viande froide, de thé, etc. Ce que l'on voit figurer un jour sur la table, on le voit toute l’année , de sorte que la cuisine n’exige de la part des femmes ni travail ni casse-tête.

Presque chaque farmer a dans sa maison une jolie chambre pour y recevoir ses amis; cependant il ne faut pas s'attendre à une trop grande hospitalité : si vous arrivez justement à l’heure du repas, ils vous invitent, mais, en dehors des heures où ils mangent, ils n’offriraient pas même un verre de lait. On me disait que tout le monde était reçu dans les farms, mais que d'ordinaire on payait quand on passait la nuit. En quoi consiste donc cette hospitalité si vantée ?

Je ne puis dire adieu à Highland sans parler de l’aimable famille Bandelier. Toutes les personnes avec qui je me liai un peu connurent bientôt ma passion pour les insectes;

-mais depuis que j'avais quitté les possessions des Hollandais dans les Indes, personne n’avait eu la bonté de m’en procurer ou de m’en céder par amitié ou pour de l'argent. Souvent je ne pouvais m'empêcher de rire de l'anxiété avec laquelle on me montrait parfois quelques misérables pièces; ces gens avaient peur d’être obligés de m'offrir un insecte ou un papillon. J'avais beau donner d'avance ma parole aux honorables personnes qui faisaient des collections que je ne leur demanderais rien et que je me contenterais de la vue; à ce qu’il paraît, ils n’ajoutaient pas foi à ma parole, et chacun, à les entendre, venait d'envoyer sa col-

lection en cadeau quelques jours auparavant à un musée ou à un ami. |

Le fils de M. Bandelier, garçon de quinze ans, fut le seul qui se conduisit différemment. Il se fit un vrai plaisir de me montrer sa collection et me pria, avec une cordialité vraiment touchante, de choisir tout ce qui pourrait me convenir

De Highland j’allai en voiture à Liban (10 milles), petite ville nouvellement fondée, qui jusqu'ici ne se compose que d’une petite rangée de maisons en bois, placées le long de la lisière de la forêt. La plus grande partie du chemin passait par des prairies. A 4 milles de là se trouve l’habitation de M. Hecker. A ma grande surprise, je vis cet homme, très-éclairé et plein de talent, qui, comme on sait, avait été forcé, par des raïsons politiques, de quitter sa patrie, le grand-duché de Bade, se livrer à l’agriculture comme s’il avait été fermier toute sa vie. S'il paraissait avec son costume de cultivateur et sa longue barbe, au milieu de ses compatriotes ou même de ses amis, personne ne le reconnaitrait. J’admirai peut-être davantage encore sa femme : elle s’est faite à sa nouvelle vie avec la même fermeté et la même résignation. Combien il doit coûter à tous deux de n’avoir d’autre occupation que celle des champs et du bétail, de n’entendre parler de rien autre chose, et d’être privés de tout commerce intellectuel !

Après cette excursion je retournai à Saint-Louis, et j'y passai encore quelques jours. Le 29 juillet, je continuai mon voyage sur le beau à vapeur Excelsior, qui allait à Saint-Paul (825 milles).

A 30 milles à peine au delà de Saint-Louis, le Missouri se jette dans le Mississipi, et c’est lui qui apporte à ce dernier fleuve ces eaux si sales ; car, en amont du confluent du Missouri, le Mississipi est clair et limpide.

Le 30 juillet, de grand matin, nous abordâmes à la toute petite ville de Hambourg, composée tout au plus d’une

douzaine de maisonnettes qui se groupent d’une manière ravissante autour d’une colline haute d’environ 30 mötres.

La position de la petite ville de Clarksville est encore plus belle. Nous passämes près de plusieurs villages formes seulement de quelques maisonnettes en bois, et qui, dans l’espoir d’un prochain accroissement , sont déjà appelés villes. L'Américain vit en général tant dans l'avenir qu’il ne jouit que peu du présent.

De Hambourg jusqu’à la petite ville de Quincy, où nous arrivämes le 31 juillet, le voyage sur le Mississipi devient plus agréable. Le fleuve abonde en grandes et petites îles ; on découvre de temps à autre des collines, et les forêts sout infiniment plus belles, car les arbres croissent en hauteur et en circonférence. Près de Quincy, les plaines reparäissent sur le devant de la scène. A Keokuk, l'eau était si basse qu’il fallut transborder la plus grande partie de la cargaison sur un remorqueur.

La petite ville de Madison , avec le fort du même nom, fait déjà partie des villes un peu plus grandes, et peut avoir de 3 à 4000 habitants. Burlington, avec d'assez grandes maisons en pierre de taille, est encore plus considérable. Rock-Island et Davenport, situées en face l’une de l’autre, et seulement séparées par le Mississipi, portent déjà à juste titre le nom de villes; mais toutes ces villes et bourgades n’ont rien de particulier ni d’attrayant. Des deux côtés du fleuve, la terre était encore peu défrichée; la forêt n’était éclaircie que dans les endroits où se trouvaient des habitations; ou bien le sol est encore peu cultive, ou bien la culture n’existe que benucoup plus avant dans les terres.

Nous restämes la nuit & l’ancre devant Davenport. Vers onze heures du soir, il s’éleva une forte tempête qui menaça de se transformer en ouragan : les éclairs se succédaient sans interruption, le tonnerre grondait avec fureur au milieu des mugissements des vents déchaînés. Le

capitaine et les officiers coururent de leurs cabines du pont dans celles du bas, craignant que la tempête n’emportât leurs cabines avec la cheminée de la machine, ce qui était arrivé trois semaines auparavant lors d’une semblable tempête. On voyait encore sur les bords de l’eau des cheminées brisées, et plus Join, sur le rivage, une maison en briques dépouillée de sa toiture. Cependant cette fois-ci nous en fümes quittes pour la peur : au bout d'une heure à peine, la tempête commença à s’apaiser, et bientôt après elle cessa entièrement. Pendant les grandes chaleurs de l'été, ces contrées sont fréquemment ravagées par des ouragans.

Le 4 août au matin, nous enträmes dans la Petite rivière aux fièvres, et nous abordâmes non loin de son embouchure, près de la petite ville de Galena. La position de cette petite ville est ravissante : une partie serpente au pied d'une belle colline, tandis que l’autre s'élève en groupes pittoresques jusqu’au sommet de la colline.

De Galena nous retournâmes dans le Mississipi, qui perd ici considérablement de sa largeur, mais dont les rives, en échange, gagnent en beauté.

Depuis la Nouvelle-Orléans jusqu’à Galena, le Mississipi offre réellement si peu de grands et beaux paysages, qu’un peintre serait dans le plus cruel embarras si on le chargeait d’en donner une vue à la fois belle et séduisante. Pour ce long trajet (qui est, depuis l'embouchure jusqu’à Galena, de 1600 milles), le voyageur n’a d’autre dédommagement que de se consoler avec la pensée que c’est cependant un spectacle imposant de voir, entre ces forêts et ces prairies vierges, le fleuve sillonné par des milliers de vapeurs; de voir dans ces contrées, habitées , il n’y a qu’une vingtaine d’années, par des Indiens sauvages, par des. ours et autres bêtes féroces, des villes et des villages sortir partout de terre comme des champignons. Certes, cette pensée a quelque chose de grandiose; mais, au bout

de quelques jours, on est si familiarisé avec ces merveilles qui se répètent sans Cesse, qu’à la fin on n’y songe plus du tout, et qu'on n’éprouve que l'ennui qu’inspire la monotonie de ces scènes de la nature.

A Galena, notre société s’augmenta de deux filles ou femmes d’environ vingt ans, dont les manières montrèrent tout de suite à quelle classe elles appartenaient : elles sautaient, couraient l’une après l’autre, et cherchaient à attirer l'attention. Je me tenais éloignée de ces créatures, car je n’étais pas encore assez sotte pour juger les hommes d’aprés la couleur et le sang, et non d’après leur éducation et leurs mœurs.

Le lendemain, quand ces femmes quittèrent le vapeur, elles passèrent tout à côtéde moi, me frappèrent en ricanant sur l'épaule, et me crièrent aux oreilles, comme si j'avais été sourde : « Vous ressemblez à notre grand’mère comme deux gouttes d’eau. » Pour le nombre des années, cela se pouvait, et je ne cache nullement mon âge; mais la manière avec laquelle ces filles me dirent cela témoignait tellement de l'intention formelle de m’insulter, que je ne pus m'empêcher de leur répondre : « Et vous ressemblez à deux guenons que j'ai rapportées de mes voyages, à tel point que je me figurais déjà que c’étaient elles qui s'étaient échappées. »

En général, il y eut encore sur ce vapeur une société bien mélangée. Deux autres jeunes femmes se jetèrent à table des épis de maïs rongés à la figure, de manière que les personnes assises à côté d’elles avaient à craindre qu'il ne leur en volât un morceau à la tête; et le soir, quand elles se berçaient dans leurs rocking-chairs, j'aurais voulu être peintre pour prendre un croquis des postures de ces dames et pour leur montrer quel air gracieux cela leur donnait. Il y avait là une dizaine de ces balançoires; les dames les rangèrent toutes en cercle, s’assirent bien au fond de ces chaises en étendant bien

leurs pieds devant elles ; plusieurs se mirent encore le bras au-dessus de la tête, et, c'était dans cette posture qu'elles se balançaient autant que le permettait la chaise. On ne saurait décrire combien c'était peu gracieux et peu digne d’une femme bien élevée. On me fit, il est vrai, à cette occasion, remarquer qu'il ne fallait pas juger les Américains d’après leur conduite sur les vapeurs.

Je l’accorde de grand cœur. Il est probable que, dans les sociétés de la Nouvelle-Orléans ou de New-York, ils ne s’abandonnent pas, comme sur les vapeurs, à ce laisser-aller de la nature primitive. Dans ces sociétés, je n'aurais sans doute pas vu que les messieurs aiment beaucoup à étendre leurs pieds sur les chaises et même sur les tables, spectacle aussi attrayant que celui des jeunes dames dans leurs rocking-chairs. Dans ces sociétés, je n'aurais pas vu non plus que ces gens se respectent assez peu, ainsi que toutes les autres personnes, pour venir se mettre à table avec des habits malpropres, souvent déchirés, avec du linge sale et des bottes non cirées. Je n’y aurais pas vu jusqu’à des messieurs bien mis mächer sans cesse du tabac comme des matelots; beaucoup d’entre eux se servir de leurs doigts en guise de mouchoir, et à table mettre les os de poulet, la pelure des pommes de terre, et autres choses de ce genre, sur la nappe, à côté de leur assiette. Dans les sociétés, je n’aurais pas vu combien les enfants sont mal élevés et indiscrets; et, sans doute encore, je n'aurais pas eu l’occasion de m’apercevoir combien ce monde est orthodoxe et possédé de la manie de vouloir faire des prosélytes et de convertir tous ceux qui leur tombent sous la main. A peine étais-je montée sur le pont de ce vapeur que je voyais approcher de moi une dame ou un monsieur pour me demander : « A quelle Église appartenez-vous ? » Je trouvais cette question si impolie, si impertinente, que je répondais ordinairement : « Je ne tiens pas à savoir à

quelle secte vous appartenez; suivez, je vous prie, mon exemple. »

Quand je demandais un livre, on me donnait souvent des traités religieux ou la Bible. Je ne trouve rien de plus maladroit que ces brusques façons pour entrer en matiere; cela vous donne une idée peu favorable des gens, et l’on écoute plus ce qu’il disent, ou bien on ne le fait qu’à contre-cœur. Pour mon compte, je fuyais ces convertisseurs comme la peste ou comme la fièvre du pays, car je ne connais pas d’être plus insupportable qu’un fanatique bouffi d’orgueil religieux.

6 août. De grand matin, nous enträmes dans un petit lac du sein duquels’élève un flot. La contree @ait si calme et présentait un aspect si romantique, l'ilot était si solitaire et si séparé du monde entier, qu’il ne manquait plus qu’une cellule et un ermite pour achever le tableau. Ce petit lac est le précurseur d’un plus grand, le lac Pépin, qui a 20 milles de long et 4 de large. Tous deux sont formés par le Mississipi. La vue de ce dernier me dédom- ' magea en grande partie du long voyage monotone que je venais de faire. Au sud-ouest, le bassin du lac est borné par une haute chaîne de collines qui souvent se détachent en forme de pans de rochers de 90 à 120 mètres de haut. A l’un de ces rochers, appelé Maiden’s rock (rocher de la jeune fille), s’attache une triste légende. Le hasard ayant conduit un blanc égaré au village ou wigwam où demeurait la jeune fille, il s’y arrêta quelque temps, fit connaissance de la jeune fille, l’aima et fut payé de retour. Les parents et le fiancé, s’en étant aperçus, persécutèrent la pauvre enfant de remontrances et de menaces, et cherchèrent à hâter le mariage pour mettre fin à ces amourettes. Un jour que l’infortunée, obsédée par son fiancé, ne savait plus comment échapper à son malheur, elle courut, hors d’elle, sur le rocher et se précipita dans le lac, qui ne rendit qu'un cadavre.

Les autres côtés du lac sont entourés en partie de collines, en partie de plaines bien cultivées, qui vent doucement et dont le fond forme une ass dune de . montagnes. De petites villes, des farms, sont inées “sur ses bords. Je ne pouvais me lasser de l'aspect de ce charmant paysage et de la surface de l’eau unie comme une glace; il me sembla que nous entrions trop vite dans le troisième lac, celui de ainte- roix, formé par le fleuve du mème nom, et qui est en ng, mais beaucoup

plus étroit que le lac Pépin. e une longue nappe blanche, il étale ses eaux entre e des collines, des plaines et

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