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et si épais, qu'ils couvrent les deux joues comme la visière ^battue d'un casque de dragon. Cela ne suffît pas ; il fallut que ces cordes noires vinssept SB nouer sous le menton. Ce n^était pas encore assez; on laissa croître la barbe partout où elle voulut, onm longtemj^ qu^elle put, jusqu'à ensevelir la figure sous une forêt de broussailles bien ou mal peignées. Ohl c'est pour le coup que le caractère national devint sérieux! Per* sonne pe riait plus; le peuple parlait politique au coin des rues; )es enfants s'abonnaient aux grands journaux ; les feuilles publiques ne raeont^ent plus que des accidents et des meurtres ; tout le monde se promenait gravement, se redressant, boutonnant son habit jusqu'au cou; marchait la jambe raide et prenait l'air de penser à quelque chose. Les étudiants surtout, depuis cette époque, me paraissent bien plus posés, bien qu'ils ne fassent pas de meilleurs examens. Telle est la seconde période de mon récit.
Il y avait encore un progrès à faire. Jusqu'ici l'épidémie barbue n'avait guère gagné que la jeunesse de vingt à quarante ans (oui, en France, on est encore jeune à quarante ans, de caractère, du moins). Mais enfin le mal s'étendit en haut et en bas. En haut, l'on vit des vieillards, qui semblaient devoir être préoccupés de pensées
sérienses, laisser pousser une barbe grise ou blanche, portant dans sa couleur sa propre condamnation; en bas, les jeunes gens de quinze à vingt ans furent si impatients de voir s'allonger et s'épaissir un poil encore rare , qu'ils assiégèrent partout les boutiques des perruquiers-coiffeurs pour demander des moyens de favoriser les bonnes, mais lentes dispositions de la nature. Il se fit alors une telle consommation de pommade du lion, qu'il n'y eut plus un journal exempt de ses annonces, plus un parfumeur exempt de son tableau : tous ses vendeurs firent fortune, mais les moustaches ne poussèrent pas; en sorte qu'il fut bien constaté que cette découverte, comme tant d'autres, ne devait pas répondre à l'attente du public bienveillant.
Eh bien! tandis que chimistes et perruquiers perdaient leur temps en de vaines tentatives pour découvrir ce qui faisait pousser les moustaches, moi, qui vous parle, j'ai fait seul la véritable découverte !
' — Vraiment?
— Oui , je connais un ingrédient mystérieux qui fait porter infailliblement barbe, moustaches et favoris.
— Oh ! papa , dis-le nous !
— En voulez-vous donc user?
'— Nod; mais enfin , je ne serais pas fâché de le connaître.
— Eh bien, puisque c'est pour vous instruire^ et non pour en faire usage, que vous voulez connaître son nom , je vais vous satisfaire ; mais gardez-moi le secret !
— Adolphe. Je te le promets !
— Jules. Oh! oui.
— Le père. Eh bien , ce qui, sous la latitude de la France, fait pousser barbe, moustaches et favoris, c'est...
— Quoi?
— C'est...
— Quoi donc?
— C'est la vanité.
— Ah!
— Oui , ah l C'est la vanité, qui, ne sachant plus où s'en prendre, s'attache à la barbe, et c'est le seul ingrédient assez puissant pour obtenir un tel résultat. Comment, en eflfet, comprendre que, sans une énorme dose de vanité, un homme puisse se décider à s'embarrasser la figure d'une véritable perruque , qu'il faut sans cesse peigner et repeigner? Comment, sans vanité, pourrait-on se soumettre à faire passer chaque morceau de pain, chaque cuillerée de Mmpe^ chaque bouchée de viande dégout't9nt0
db ddn jus^ dans une forôt de poils qfti Semble placée autour de la bouche pour en défendre rentrée, et qui, pendant le repas, siliùte do graisse et de vin? Gonunent, sans une ridicule vanité, mettre ce contraste entre sa barbé si sérieuse et ses pensées si légères , seâ moustaches bi terribles et son caractère si bénin? Pour moi, j'avais bien toujours pensé que l'homme avait dans son cœur un principe fécoiid de niaiserie, commie sous sa peau un principe de barbe pui^ sant; toutefois, j'avoue que je ne me faisais paft encore une juste idée de l'énergie dé cèfe deux principes; mais, depuis que je vois croître chaque jour une nouvelle barbe, c'eèt pour' -moi comme une révélation sur chaque individu,- et je me dis, en regardant sa moustache naissante : Encore une vanité qui poùsôej encore une vanité cachée qui se met au jour ! En sorte que là barbe et les moustaches m'en ont plus appris sur le caractère de l'homme, depuis treize ans, que je n'en avais appris en toute ma vie avec le secours de mes propres réflexions.
— Papa ?
— Qu'estrce?
— Et le lac Léman ?
— Ah! c'est vrai, j'oubliais. Eh bien, pour le coup je vais me débarrasser tout de suite de ma
âche de touriste, et une fois que je vous aurai lonné ma description^ j'espère que vous n'y eviendrai plus. Voyons^ quelle description vouez-vous? poétique ou véridique?
— Poétique i
— Le lac Lémati, le plus beau lac de l'Europe, baigne de ses eaux bleues, paisibles et transparentes, les deux contrées les plus accidentées du globe. Sur sa rive occidefatale se déroule le riche canton de Vaud et ses trente villes ou villages, propres, actifs et coquets ) vous croiriez voir de loin des brillants coquillages d*or et de nacre que le flot apporte et étale sur le rivage de la mer, pçnr témoigner de la richesse du liquide élément. L'œil du voyageur charmé se plaît à doubler ces beautés en les cherchant encore reflétées, pures et tremblotantes dans le miroir des eaux. Que ne peut-on doubler ainsi toutes les joies de cette terre et tous les jours de cette vie ! Mais, hélas 1 le lac Léman, comme la vie de rhomme, n'est pas toujours paisible. Bien des fois la tempête le bouleverse, blanchit sa surface d'écume, heurte, brise et engloutit les frêles embarcations ou les puissants steam-boals. Le mal de mer n'est pas inconnu sur les eaux lu Léman. D'autrefois, tout en restant paisible à ^ surface, le lac, dans le fond de ses abtmes
«— ou —
(encore ici comme la vie de Thomme), gronde, s'agite, se soulève, et, en quelques heures, sans causes apparentes, monte au loin sur les prairies qui semblent l'appeler par leur douce pente, tandis que sur d'autres points du rivage il gravit d'une coudée le mur superbe qui lui présente* sa digue inébranlable. Sa retraite est aussi prompte et aussi mystérieuse que son attaque. C'est encore la colère humaine qui s'enflamme et s'éteint, qui bouillonne et se calme, sans qu'on puisse en donner jamais une raison plausible. Mais, hélas! ce n'est pas même la plus triste analogie entre ces deux existences. De loin, I0 lac Léman parait paisible; à peine une ride légère vient-elle ciourir sur ses bords : sa vaste étendue présente l'aspect d'une immense surfaoe d'acier poli et brillant. Mais, confiant en ce calme trompeur, montez sur ce frêle esquif, et dès que votre bras distrait aura porté votre rame rêveuse au sein des eaux profondes, vous serez subitement réveillé de vos douces pensées par l'oscillation perfide de votre batelet. Alors vous reprendrez la rame d'une main qui s'efforce d'être vigoureuse et qui tremble. Le vent, insensible sur le rivage, est ici froid et violent; l'eau, paisible vue de loin, est houleuse sous vos pieds, ^t cependant aucune tempête ne s'^t levée;
seulement vous êtes venus vous jeter au ceiitre de celte vie calme eu apparence^ et là vous Pavez reconnue pour ce qu'elle est en effet : troublée, tourmentée et menteuse au spectateur, qui ne la contemple que de loin.
Pour voir le Léman dans toute sa beauté, ce n*est pas sur les bords qu'il faut descendre, c'est au sommet d'un des pics qui l'entourent qu'il font monter : au Signal de Lausanne , ou sur la plate-forme de l'église à Montreux. Rien n'est à la fois sévère et ^acieux comme ce dernier point de vue : à gauche et en face , des montagnes à pic; à droite s'étendant au loin, le lac que vous suivez jusqu'à Genève, en imagination et non des yeux, car la côte vous dëtohe la vue de cette ville ; à vos pieds, le sombre château de Chillon qui semble avoir jeté ses fondements, non sur la terre, mais sur les eaux. Non loin de là, Villeneuve à l'extrémité du lac, où commence un large ruban bleu qui se déroule lentement et pose sa gracieuse ceinture sur toute la longueur du Léman. Au Signal de Lausanne, au contraire, plus de sombres et prochaines montagnes, mais un immense et superbe amphithéâtre de montagnes blanchies par les neiges et disposées en longues lignes les unes derrière les autres, couime jes marches d'un escalier de géante Plus loio..^
— Vi\\)iiy voilà ta descriplioD poétîipie;
((•iianl la véridiquey s'il te plait.
— I.a voici : je vous assure que tout a Irrs beau ; mais il faut le voir et doq le lir s'(Mi faire une juste idée. J'ai toujoars ren que le lieu qu*on me décrivait d'abord, et voyais ensuite , n'était jamais semblable iiM>ine; la description, bien qu^elle eût été i avait pris, en traversant mon esprit, des nv (les rouUnirs et des proportions qui m' proprcis, et elle me donnait finalement m dilVénsntc, ot do la nature, et de l'idéal d cripteur. Aussi suis-je bien convaincu i iu(^ine description, écoutée par vingt a produirait sous leurs pinceaux vingt ta diiVérents, taudis que la nature, copiée du point do vue , n'en produirait qu'un seul seul reconnu par tout le monde. Que g donc si la poésie s'en mêle? elle exagérer un sens ce que votre imagination exagérer Tautro. L'écrivain poète prendra son v dieux, et, vous, son lecteur, volerez encoi dessus sa tête et plus vite auo lui..., à que, comme moi, vous ne le laissiez partii dans la crainte de vous fatiguer à prenc fausses idées en route.
— Mais, papa, tout cela n*est pas la d
- espion véridique que j'aimerais que tu nous fisses, aie ftkl-ce que pour la comparer avec la précé- «Iftnte.
^* — Volontiers. Comme je vous l'ai dit , que is soyez placés à Genève , à Lausanne ou à itreux, le spectacle est vraiment magnifique; i quant au croissant que présente le lac, il est idi d'un bout et pointu de l'autre } à l'égard '1te fuban bleu du Rhône traversant les eaux ^iWles du Léman, je ne Tai jamais vu. Je crains ilen qu'il n'ait jamais traversé autre chose que FMprrit d'un premier touriste que les autres ont copié. La rive suisse du lac n'est pas occidentale; j^aî choisi ce mot parce qu'il frappe agréablement J'ôreille et l'imagination : pour être exact, c'est nord-ouest que j'aurais dû dire. Quant aux steam-^boals, c'est bateaux à vapeur qu'il fallait; et, de plus, je les ai fait s'entre-choquer et s'engloutir, ce qui suppose, contre la vérité, qu'ils y sont aussi nombreux que les bâtiments dans les ports de Marseille ou du Havre, tandis qu'il en est des bateaux à vapeur sur le lac Léman, comme du trotip^eau de don Quichotte dans la prairie :
« n achète au boucher deux moutons, «c Et sur les bords du Tage, dispersant son troupeau...»
Mais Je m'aperçois que , ponr le plmmr de fiûre
do la poésie, je manque encore d'exactitode; (;iir m don Quichotte n'avait que deux moatons, lo lac Léman a, si je ne me trompe, trcMs bateaux à vapeur. Toujours leur est-il, dès lors, aHHoz (liincile de se heurter : je n'ai jamais appris qu'aucun d'eux soit descendu au fond de l'ahtmo, qui, en tout cas, n'est qu'à quelques piods do profondeur sur les bords, où se tiennent prudonunont ces bateaux. II est très vrai que, parfois, lo lac se soulève et déborde; il est tout aussi vrai qu'on ignore la cause de ce débordemont, môme après toutes les savantes explications qui ont été données de ce phénomène (car, voyoz-vous, moi je ne crois guère aux savantes explications). Ensuite les douces pentes de la prairie n'appellent pas du tout le lac, pas plus qu'on ne mesure l'ascension de l'eau par coudée. Quant à la surface d'acier poli et brillant, je ne l'ai mise là que pour ne pas dire miroir, conmie tant d'autres l'avaient dit avant moi. L'expression frêle esquif, que j'ai employée au risque de n'être pas compris de vous, signifie tout simplement petit bateau, comme on en loue aux Eaux- Vives à Genève au prix d'un florin par heure. Enfin leur oscillation n'est pas perfide, il n'y a que Vbomme qui le soil, v^^ ^Ims cçie Tonde
n'est menteuse, le mensonge étant le triste privilège de notre race. La preuve en est que pour faire de la poésie, j'ai dû faire presque du mensonge. Oh! chers enfants, soyez poètes, tant qu'il vous plaira; ayez de l'imagination, tant que vous pourrez ; mais avant tout, je vous en supplie, soyez exacts! Comme Boileau, nommez un chat un chat, et n'allez pas, pour faire de l'effet et du style, manquer à la vérité; pour embellir vos paroles n'enlaidissez pas vos pensées; et pour avoir de l'esprit, ne tuez point votre âme.
— Papa , pourquoi donc n*aimes-tu pas les explications savantes ?
— C'est encore par amour du simple, du certain et du vrai; mais aussi par souvenir d'une petite anecdote que je vous garantis m^avoir été racarUée, et que voici :
Un professeur genevois, dont le nom ne fait rien à l'affaire (i), se promenait un jour sous la Treille, en face du jardin botanique. Il marchait à pas lents, la tête basse, et l'œil cherchant au hasard un objet d'étude. Ce hasard le servit bien, car son regard vint tomber sur une borne qui séparait le trottoir de la grande route, du côté de la haute muraille qui soutient l'admira-
(1) Pour éviter toute fausse interprétation^ je dois dire qu'il est mort depuis longtemps,
,/ /; ,,'.'t'.,. ml »r - a/i *S i rs st - J -Zj^miXË- ûtt^ •/ ' - '/t H^**-é%ri: r£k n^LÙ^. x ^ilIiillCIc- :tt
^'»'/»'/|/. '.^/',./,ri^ ^UrstULrâ Sfc-iÀ- AiSfc «CL.
■. *i* /r# . U' -««» »^ ^r*ji#ï*sss=îiir.
^y >l .A. /\ 9^t'^thih^,l$l /;U»ll rie rhuikff raiK^ : •
/'V t^iUrii^rtê 'in vu-jlt^rd fit sourire le jeaae i'iMiHié^^ H^ê b M'^lil ;f i^ifi voisin; celui-ci la fil )/>y'/' M (>/*il^'. ihHHtih Hîî suivant, qui récrivit à la hii^^i i.u$ uh ÏMfUi iUi |iapicr, fti la fit circulei ^1/1/^4 \hiu U,^ \$Hni'%, \\i%i\\{ii ce qu'enfin un élève U^\ ti^'i.tvnrA \ti9\ï\' \iï <l^!p()-.or, au milieu des rires r\t^^\\o^^ '.'.111 iii i'\ï{\\vi^ (lu professeur, qui s'arf / Ifi \ii\\\. roiiff , i*X \\(t ro[)arla plus depuis lors de lu msmxUs d/Muiiivcrlc.
Mes amis, j'éprouve le besoin de vous rappe- 3r que je ne vous ai pas promis le tour du lac léman, pas même «m tpur du lac Léman , mais ien mm tour du lac Léman. Ne vous attendez qhc pas à oe que je compte tous les arbres du homin , ni même tous les villages de la route , t oe qui vous étonnera saqs doute, c'est que, |« toutes les villes et de tous les hameaux que m|0 la carte géographique sur la côte saoyarde, entre Thonon et Saint-Maurice, je ne l'en rappelle aucun ! et cependant il n'y en a laa moins de seize I L'impression générale qui de reste est quelque chose de triste, de désert, \% misérable et de malheureux, précisément le optr^ire de l'impression que je reçus sur la rive lusse du même lac. &\ vous voulez bien me >ermettre une singulière comparaison, je vous lirai que le lac Léman est semblable à ce comélien anglais qui avait le talent de pleurer d'un ^té de la figure et de rire de l'autre ; en sorte [ue les spectateurs de droite éclataient de gaieté, wcUs que ceux de gauche étaient calmes et resque attristés. Ou bien , écoutez encore :
l'avez-vous jamais vu le soleil, caché par un uage, projeter sa lumière sur une moitié du aysage et laisser l'autre dans l'ombre? Ëh ien, cet effet physique vous fera comprendre
— îH —
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• — . •• v.i'tnit» tui- t* "Ot-iï *n "'inoaraû".
• ••• : : .-.*îuan. ^u lU* m :unu:a ie
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f'.r.' -.,-.•-..♦ i*. i:i i:l :u ai*. .imoHierï -uroa
h'if'l '". .r ■- •.: HT», nu -auitiîit ?eîte#
fn* rii' iir ,'!- i--;i ry-:<. El?î-*4 .d aarure t' II. lin, . r<Ti.^: *':". ^-îv'.i^. 5tr;:e ^n Suisse. ^ni jiMi'liiif ' '• ihu*xh^^f: ' J^ !ir .»* -T*:ii» 'ras oiwui. On « ( w i|/in^'^ \\iiX\\ \^. v:cs reroaiire, lâis- . » / iii'ii ■. 'iii v\U\x un pâ.^-a-"s «:pie je *T'jiive dans Mil il M I» ni [i;ir ^1^;» hoErim-îs touî; autr'îMt # ;i|i;i|il« i|iM- riifii, ol dont le juçecnent; ne pourra. r'.ifiïiM. Il- ininri, Airr; faxé ile partialité. Voici ce '|iM |«. h. (I;iri. y Italie piUorffMjtu . par MM. de 'Il m.. (;ii;iilfîs NoHior, Alexandre Dumas.
I Inirli- MmIiii, Walckonaër, Legouvé, Al. RoiH.i^ Il lii iJMi/, II. (h) Boauvoir et H. Auger.
• I ». I jHix (lu l/îrnan reflètent deux nature? " Im'ii «liMi'iiMilf:.; sur l'un de ses rivas:es se " |M iM In» In |i;iyf; lin Vaiid , suivant les pentes " inlnuiin'; iln î;iv; mlnaux, onlre des forêts de " «.îi|iin'., lin hiMins ni ihM'hrn(3s, et les superbes " vit.'iiMihliv;, II"; rhiuups ('(îrlilcs, Ics riches prai- '< rins, Ifvs jardins qui (îuloiu'ont ses petites villes i< si i»lr}<anlos ot sos nombreux villages. De C6
)6té est le prix de Tindustrie «I le charme de a vie agricole et sociale, de l'autre est Tin- ^atitude du travail, la peine sans salaire, le epos sans» plaisir; c'est la Savoie, austère, ipre paysage, coupée de sombres torrents, enacée de hautes montagnes au sommet inaccesibles, et habitée par des pâtres et des menliants; là est l'enfer de la vie, vis-à-vis c'est i paradis (1)... Les chétives habitations des lavoisiens du Ghablais (bord du Léman), seaient encore privées entre elles de toute comlunication, si la nouvelle route qui conduit e Genève au Simplon et du Simplon à Milan, e côtoyait à la fois les escarpements du lac et 3s précipices de la montagne. » (Or, il est bon jouter que cette route est due à un étranger pays, à Napoléon.)
— Papa, je te crois bien ; mais pourquoi cette 'érence entre la Suisse et la Savoie ?
— Mon ami, la différence n'est pas entre la sse et la Savoie ; mais entre les deux rives posées du lac Léman : c'est ce qu'il faut se ►peler.
I Le texte porte éîysées que nous avons remplacé par celui de dis^ dont le sens est ici synonyme et qui sera mieux compris os jeunes lecteurs.