‹ Mon voisin Raymond (volume 2)Chapitre 25 sur 26 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

La rose sans épines.

Voila déjà six fois que j e me suis promené autour du bassin ; je m'arrête de temps à autre devant les lions que je considère sur toutes les faces ; puis , pour varier , j'e'coute l'eau se pre'cipiter dans le passage où elle rejoint les canaux ; tout cela est sans doute fort re'cre'atif; cependant je commence à m'en lasser. La sentinelle me regarde avec attention ; sans doute je commence à lui devenir suspect.

La nuit vient; je vais m'ëloigner... Je vois se diriger vers moi une femme en petit bonnet... est-ce elle enfin?... Je n'ose plus m'en flatter; je me suis trompe' si souvent ,

car j'ai la vue un peu faible ; mais on vient toujours de mon côte... Oh ! cette fois , c'est bien elle.

Caroline m'aborde en souriant : elle n'est pas en grande toilette ; mais il règne une certaine recherche dans sa mise ; son bonnet est noue avec soin , et ses cheveux , je le gage, ont reste toute la journe'e dans les papillotes : on ne prend pas tant de peine pour quelqu'un que l'on ne veut pas e'couter ; cette jeune fille me semble bien ruse'e ! Mais quoique le Champagne me rende encore plus étourdi qu'à l'ordinaire, je ne me soucie pas de donner le bras à une grisette , en bonnet , dans l'inte'rieur de Paris.

<c Je commençais à perdre l'espérance de 3> vous voir, lui dis-je. — Pourquoi donc? 5v iloi'est que huit heures et quart; je ne 3) puis sortir plus tôt de mon magasin. — Al- ^> Ions faire un tour de promenade dans 1» les champs... — Dans les champs!... oh î » non , il est trop tard... je ne puis rentrer > passe' neuf heures ; ma tante me gron-

)• derait — Voilà une tante bien en-

» nnyeuse!.. — Entrons quelque part... — » Non!., je ne veux pas... Oh! si j'étais 3> vue avec vous !.. ;>

Je ne veux pas lui dire que je ne me soucie pas non plus de me carrer sur le boulevard avec elle ; car enfin il est des convenances que je ne veux pas braver ! Elle a un tablier et un bonnet, et cela me gène beaucoup. Certainement je ne fais pas plus de cas d'une marchande de modes que d'une fleuriste ; mais Agathe est mise en dame et je puis lui donner le bras ; un schall et un chapeau changent considérablement une femme , et voilà de ces petitesses auxquelles un jeune homme qui va dans le grand monde est forcé de se soumettre tout en les méprisant. Certes , si Nicette m'avait rencontré à midi , au lieu de minuit, je ne l'aurais pas reconduite à pied chez madame Jérôme.

»t Promenons-nous un peu dans la rue 3) des Marais, me dit Caroline : au moins 3» je ne craindrai pas tant d'être aperçue. )♦ — Très-volontiers. >»

RAYMOÎÏD. 143

Voilà une proposition qui me convient beaucoup. Nous descendons l'escalier, nous prenons le passage du Wauxhall, et nous voilà dans la rue des Marais , rue très-favorable aux promenades sentimentales. Mademoiselle Caroline connaît les bons endroits.

On devinele sujet de notre conversation : entre deux amans , entre un galant et une coquette , entre une jolie femme et un joli garçon , un jeune homme et une grisette, on traite sans cesse la même matière, on parle d'amour et encore d'amour !.. Depuis des siècles cela fait le fond de la conversation entre l'homme et la femme : on a dû dire considérablement de choses là-dessus, et cependant le sujet n'est point e'puise'; il est vrai que chacun le traite à sa manière : mais au bout du compte , n'est-ce pas toujours pour arriver au même but !

Les fume'es du Champagne me font traiter mon sujet très-lestement ; mademoiselle Caroline qui n'a sans doute pas fait le même dîner que moi , se tient sur la ré.

144 MON VOISIS

serve. Je n'obtiens rien d'elle ; elle met toujours sa tante en avant, se plaignant delà rigueur avec laquelle on la traite; mais n'ayant pas les moyens de se soutenir seule , il lui faut se soumettre à la nécessite. Je crois entrevoir les de'sirs de la jeune fille qui aime la liberté', ne parle qu'en soupirant de chapeaux et de toilette, et paraît autant s'ennuyer de sa tante que de son magasin. Je laisse entrevoir le moyen de se trouver libre et heureuse; je touche un mot d'une petite chambre , bien meuble'e , où l'on serait sa maîtresse, où l'on travaillerait à son aise, où l'on ne ferait enfin que ses volonte's : tout cela est bien se'duisant ! Mademoiselle Caroline m'écoute très-attentivement : elle ne répond pas: mais elle soupire , baisse les yeux. Je parle toilette, spectacle, parties de plaisirs; elle me regarde en souriant , et me laisse prendre un baiser bien tendre.... Allons : j'ai trouvé le côté faible : la jeune fille s'ennuie; elle veut être sa maîtresse ; elle veut enfin qu'on la mette dans sa chambre. Toutes

ces petites grisettes sont de même ; c'est après cela qu'elles aspirent , comme si une fois chez elles leur fortune était faite. Je vois que la fleuriste soupire aussi après ce moment, et que jusque-là elle ne m'accordera rien. Cela ne m'annonce pas positivement de l'amour ; mais cela de'note de la pre'voyance et du calcul. Que ferai-je?... Ma foi!... encore une folie... Caroline est charmante ; la reconnaissance me l'attachera peut-être : la reconnaissance , direzvous , parce que je veux la séduire !.. Oui ! je conviens que ce n'est pas le mot propre ; mais remarquez que je lui laisse faire d'abord toutes ses re'flexions.

<c Caroline , votre tante a-t-elle besoin de î» vous pour vivre? — Non, monsieur; et je n suis bien sûre , au contraire , qu'elle ne 3) serait pas fâche'e de me voir établie. — )) J'entends. Vous n'avez pas d'autres pa- » rens ? — Non , monsieur. — Vous vous » quitteriez sans regret? — Oh! certaine- 3) ment , car nous nous disputons souvent ; i> et si j'avais pu me mettre dans ma cliaui- II. i3

146 Mox VOISIN

» bre , il y a long-temps que je l'aurais fait. )» En ce cas , dès demain vous serez chez » vous. — Se peut-il!., quoi!., monsieur!..;»

Elle fait un bond de joie, puis se retient, parce qu'elle pense qu'il ne faut pas laisser voir tout le plaisir qu'elle e'prouve , et qu'il est convenable de faire encore quelques façons.

« Mais... monsieur... je ne sais si je dois :> accepter... — Qui vous en empêche? — )> Que dira le monde?... — Il me semble que )> le monde doit moins vous inquiéter que )) votre tante ; et puisque vous ne craignez 5» pas de la fâcher, que vous importe ce que 3> diront des étrangers? — C'est vrai , mon- )i sieur ; cela m'est fort indiflërent : d'ail- )) leurs il y a déjà plusieurs demoiselles de )) mes amies qui ont fait comme cela , et 2> qui ne s'en sont pas mal trouve'es. — Oh ! ;• les exemples ne vous manqueront pas. 5) Ainsi donc , ma chère amie , tenez-vous )> prête pour demain à la même heure ; je » viendrai vous prendre ici : vous aurez n fait un paquet de ce qui vous sera le plus

)> nécessaire, et je vous conduirai chez » vous. — Eh bien ! puisque vous le voulez... )) à demain... je serai prête. .. — Ah! encore )> une question. Quel est ce monsieur Jules î> avec qui vous étiez à Tivoli ? — Oh ! c'est 5> un jeune homme bien honnête, qui me )> menait promener quelquefois avec ma )> tante. — Je vous crois; mais serait-il cent » fois plus honnête , il faut me promettre » de ne point le recevoir chez vous, et ne î) plus vous promener avec lui. — Soyez » tranquille : je sais bien que cela ne se 2> doit pas , et je ne voudrais pas vous con- 3> trarier en rien. — ^Yous êtes charmante : » ainsi donc voilà qui est de'cide'. — Oui, à 5) demain ; il est tard ; se'parons-nous. »

Je prends sur les lèvres de Caroline les arrhes de notre marche' , et elle s'éloigne lestement, sans doute pour se préparer d'avance à son changement de situation.

Je vais donc entretenir mademoiselle Caroline. Ce mot d'entreteneur sonne mal à mes oreilles ; en gêne'ralil semble de'signer les vieux libertins , les gens laids, sots, in-

148 M0\ voiso

firmes , que la fortune seule a favorise's , et qui n'obtiennent qu'au poids de l'or des faveurs que d'autres ont souvent eues sans effort. Ces personnages sont bien rarement aimes , et presque toujours trompés; je me suis moi-même amuse' à leurs de'pens , et je vais entretenir Caroline!... Non, je vais la mettre dans sa chambre , voilà tout ; je lui ferai bien , par-ci par-là , quelques petits cadeaux ; mais il faudra qu'elle continue de travailler; je n'ai pas envie de satisfaire toutes ses fantaisies : je ne suis donc que son amant et non son entreteneur.

On tâche toujours d'envisager ses actions sous le point de vue le plus favorable ; d'ailleurs Caroline est vraiment jolie ; il y a de'jà long-temps que je soupire pour elle; je vais enfin la voir combler mes vœux. Te me persuade qu'elle m'aime, quoique je n'aie encore rien vu dans sa conduite qui pût me le prouver ; mais il est si doux de se flatter d'inspirer ce sentiment! Elle est coquette ; mais je la fixerai ; elle ne verra que moi , ne sortira qu'avec moi ; elle fera

ÏIAYMOISD. 149

toutes mes volontés , et elle me sera fidèle : voilà comme j'arrange tout cela.

Le lendemain , dès le matin , je songe à tout ce que j'ai à faire. Je n'ai pas de temps à perdre ; je m'habille à la hâte, et en refermant ma porte , je me cogne contre Raymond qui venait me voir en veste du matin.

u Vous sortez déjà? me dit-il. — Oui, ). mon voisin; j'ai beaucoup d'affaires. — ,. Diable ! j'aurais voulu causer avec vous... „ — Ce sera pour une autre fois. — Vous » n'êtes pas venu me rejoindre hier au café ). Turc; je suis resté jusqu'à dix heures » dans le jardin.— J'en suis fâché. Adieu...

» — Dites-moi donc et mon portrait ;

)) Agathe a-t-elle mon portrait? ^

Je n'écoute plus Raymond ; je suis au bas de l'escaher : je parcours tous les environs pour trouver une chambre , il m'en faut une où l'on puisse entrer de suite, et je désire qu elle ne soit pas éloignée de chez moi. Je n'ai pas encore rencontré ce qu'il me faut : c'est ou trop haut ou trop triste, II. ' i3.

150 M0> VOISW

ou trop sale. Je marche le nez en l'air, cherchant partout des ecriteaux. En m'arrêtant devant une porte-cochère, j'entends tousser le'gèrement à quelques pas de moi : cette toux-là me paraît affectée ; je me retourne et j'aperçois Nicette. J'e'tais à deux pas de sa boutique , sans m^en douter ; Nicette me regarde , puis baisse les yeux ; elle n'ose me saluer ni me parler en plein jour : pauvre petite! Je me souviens alors de SOD bouquet que j'avais oublié : je ne l'ai pas encore remercie'e de cette attention!... Je m'approche de sa boutique, et tout en choisissant quelques fleurs , je lui dis à demi-voix combien je suis sensible à son souvenir ; elle rougit de plaisir , et j e m'e'loigne , la laissant me suivre des yeux.

Enfin je trouve dans la rue Caumartin ce que je voulais : deux petites pièces bien propres , bien gaies, dans lesquelles on peut venir demeurer de suite. 11 ne s'agit plus que de les meubler ; mais avec de l'argent. rien n'est si facile. Je cours chez un tapissier; j'achète tout ce qu'il faut, et je

RAYMOSD. 151

fais apporter tout cela de suite avec moi. En moins de trois heures le petit appartement est meuble' complètement ; je ne voulais d'abord qu'y mettre le ne'cessaire ; mais l'amour-propre s'en mêle ; je veux causer à Caroline une surprise agre'able ; il faut une bergère pour se reposer à son aise ; il faut une ottomane pour se reposer deux ; il faut des glaces à une jolie femme ; mais il lui faut surtout une toilette , et enfin un bon lit ; il faut des rideaux pour se de'rober aux regards des voisins; il les faut doubles pour diminuer l'éclat du jour ; il faut enfin une petite pendule pour ne pas oublier l'heure en parlant d'amour ; et c'est toujours de cela qu'on parlera à Caroline ! Tous ces petits de'tails vont plus loin que je ne le voulais d'abord; mais je tâcherai d'économiser sur autre chose , et ce sont de ces dépenses extraordinaires qui ne se font que rarement !

Enfin tout est terminé. J'ai les clefs de l'appartement : il n'y a point de portier dans la maison ; ce sont des espions de

152 Mos voisi:«

moins. Ali ! il faut tout prévoir : ce soir Caroline viendra habiter ce quartier qui lui est peu connu; je veux au moins pouvoir lui offrir à souper ; il doit y avoir un traiteur aux environs. Allons vite commander une petite collation ; mais avant que ma maîtresse ne prenne possession de son nouveau domicile, ai-je Lien pensé à tout?.. . ne lui manquera-t-ilrien?... Mettons quinze louis dans cette commode pour subvenir à ses premiers besoins ; car dans les premiers momens de son changement de fortune , elle ne songera guère à travailler , et c'est fort excusable , la tête tourne si facilement à une jeune fille ; mais on se fait à tout , et il me semble que si ma jolie fleuriste veut élre sage , rangée, et se bien conduire, elle pourra se trouver très-heureuse.

Je suis allé chez le traiteur ; j'ai commande pour neuf heures un souper délicat. Maintenant tâchons de tuer le temps jusqu'à ce soir ; il est l'heure du dîner ; je n'ai pas faim , n'importe! dînons toujours ; cela jn'occupera.

RAYMOSD. ^53

11 est six heures : encore deux heures et demie qui vont être'éternelles. Allons nous promener : il me semble que dans ce moment , je ne serais pas fâché de rencontrer Raymond pour me distraire : allons rue Vivienne ; c'est là qu'est le magasin de modes dans lequel travaille Agathe ; je gage que Raymond rôde aux alentours.

En approchant du magasin d'Agathe , j'aperçois beaucoup de monde rassemblé devant une affiche collée à dix pas de la boutique. Je n'ai pas l'habitude de m'arréter pour lire les eflets ou les chiens perdus ; mais je vois tout le monde rire : ce n'est donc pas une de ces annonces ordinaires. Je m'approche...,, j'écoute : >'■ C'est bien ), plaisant, dit l'un. — C'est un excellent n tour , dit l'autre : je suis sûr qu'il est res- )> semblant ; je reconnais ce profil-là. '>

Je veux approcher à mon tour. Je me fais jour... que vois-je !... la silhouette de Raymond que l'on a collée sur une grande feuille blanche, et au-dessus de laquelle est écrit en gros caractère : •= Ai^is aux dames

154 MOK VOISIN

» et demoiselles . L'original de ce portrait 1) cherche une personne de trente à trente-six ^» ans , qui veuille accepter un dîner dans un n cabinet particulier. :»

Je devine aise'ment quel est l'auteur de cette méchanceté. Agathe est avec ses compagnes sur la porte du magasin, et ces demoiselles rient aux larmes , en voyant la foule qui se presse devant la silhouette , et en entendant les remarques de chacun. J'ai pitié de ce pauvre Raymond ; si j'osais , j'arracherais sa figure exposée à la risée des passans : il est vrai qu'on ne peut guère le reconnaître d'après un profil noir ; cependant la physionomie de mon voisin est très-originale , et l'artiste en silhouettes a , malheureusement pour lui , parfaitement attrapé sa ressemblance , à laquelle d'ailleurs il a eu le temps de s'exercer , puisque Raymond a passé la soirée dans sa boutique.

Parmi les curieux je remarque le petit Friquet , qu'on est toujours certain de trouver devant les affiches , les boutiques

RAYMOSD. 155

de caricatures, les marchands de galette, les chanteurs des rues , et tous les spectacles en plein vent. Le petit clerc a reconnu Raymond ; il se tient le ventre à force de

rire et s'e'crie : u Tiens! je le connais !

» c'est M. Pvaymond!... qui vient chanter )> chez ma tante!... Oh !... c'est bien lui!... » Oh! que c'est me'chant de l'avoir collé it là. 1)

Et tout en disant que c'est méchant, le petit sournois re'pète à chaque instant : « Je le connais : c'est M. Raymond qui va » chez ma tante. ;>

J'allais m'ëloigner, lorsqu'en me retournant j'aperçois Raymond qui se promène devant le magasin d'Agathe, en faisant le gentil et en lui lançant des œillades auxquelles elle ne répond que par des éclats de

rire.

Le malheureux va venir du côté de son

portrait : si Friquet l'aperçoit, il est perdu;

car le petit clerc ne manquera pas de le

faire reconnaître par tout le monde : je

veux tâcher de lui sauver cette mortifica-

156 MOX VOISIW

lion. Je cours à lui ; je lui prends le bras et veux remmener avec moi.

«c Venez, mon cher Raymond, venez...

:» Allons prendre le cafë ensemble. — Je » ne peux pas , mon ami ; vous voyez que M je suis ici pour quelque chose. . . Je guette » Agathe... je veux lui parler... — Vous » lui parlerez plus tard; venez donc... — » Non pas... le moment me paraît favora-

j» Lie Elle n'ôte pas les yeux de dessus

5» moi. !»

En effet la traîtresse lui fait des mines à mourir de rire , de craiute qu'il ne s'éloigne. M. Raymond, qui ne l'a jamais vue le regarder comme cela , et qui s'aperçoit que toutes les demoiselles du magasin ont les yeux sur lui , ne se sent pas de joie ; il se dandine dans la rue en s'appuyant sur son rotin ; c'est en vain que je le tire par le bras; il n'y a pas moyen de lui faire perdre de vue la boutique de modes. Mais il remarque la foule assemble'eà quelques pas...

« Il y a quelque chose là-bas Allons

» voir ce que c'est — Bah! cela n'en

» vaut pas la peine... C'est quelque récom- 5» pense pour un chien perdu, ou l'annonce 51 d'une nouvelle huile pour empêcher les )> cheveux de tomber et de blanchir ! — i> Peste ! mon ami , ces huiles-là ne sont 3» pas à de'daigner ; quant à moi, j'essaie de » toutes celles qui paraissent : à la ve'rité 5) cela me donne souvent des migraines ; ■-) mais pour conserver sa jeunesse, vous 5) conviendrez qu'il faut bien risquer quel- )» que chose. D'ailleurs je crois que ce n'est )> pas cela qu'on regarde... Comme tout le

M monde rit! Oh î il faut que ce soit

)) fort plaisant... — Ne savez-vous pas que 3t dans Paris la moindre bagatelle va faire )> assembler cent personnes... — N'importe...

î) je veux voir cela J'aiuie à rire aussi ,

5» quand l'occasion se pre'sente.... Je vais » bientôt vous dire ce que c'est. ;>

Il est impossible de le retenir ; il a déjà franchi le ruisseau avec une le'gèretë dont je ne le croyais pas capable. Le voilà dans la foule des curieux , jouant des coudes et des mains pour passer devant les autres.

Page 1