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différents dogmes de l’église romaine. De bonne foi et avec toute la bonne volonté possible, il est fort difficile d'admettre que les apôtres ont enscigné le purgatoire, la messe pour les vivants et pour les morts, les indulgences, le culte des saints, l’immacnlée conception, l’infailtibilité du pape, la confession auriculaire, ou donné des dispenses de mariage pour de l’argent. On a beau dire et beau faire cela ne me paraît pas clair le inoïins du monde. Par exemple, comment se fait-il que pendant dix-huit siècles les catholiques ont pu se sauver saus croire à l’infaïllibilité du pape et qu'aujourd'hui, ils ne le peuvent plus?
Mais alors nne autre pensée venait traverser mon esprit comme un éclair: Malheureux, me disais-je, tu n’as plus le droit de douter 1: de discuter. Si tu veux te réconcilier dvec Dieu et avec la sainte église, tu dois soumettre ta raison au joug de la foi catholique et dire non pas comme auparavant: ‘Je crois parce que je trouve cela dans l'Evangile,” mais bien: ‘Je crois parce que l’église me l'enseigne. L’église est chargée de penser pour tai en matière de foi. Ne dois-tu pas être heureux d’être débarrassé de ve souci? Elle seule est responsable de ta croyance. Son devoir est d'enseigner et le tien de croire. Plus tu auras de difficultés à soumettre ta raison, plus tu auras de mérite et plus ta récompense sera grande dans le ciel.”
Soit, mais le diable, c’est de croire une chose qui nous paraît radicalewent fausse. Qr'i ne se rappelle l’exclamation fameuse de Galilée? L’Inquisition venait de lui faire dire que la terre ne tourne pas autour du soleil: “Et pourtant elle tourne— à pur si muove,”’ ne peut-il s’empêcher de s’écrier à mi-voix. La vérité était plus forte que la peur et ce cri sortait instinctivement de l'âme d'un grand génie obligé de confesser une chose fausse pour éviter la mort. De même le dogme du purgatoire, pour ne citer qu’un exemple, me paraissait radicalement faux
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et injurieux à la bonté et à la justice divine. J'avais beau faire tout mon possible pour l’avaler, je n’y pouvais parvenir. De dépit de ne pouvoir aecorder toutes lesvpinions contraires, j'avais de terribles envies d'envoyer tous ces dogmes à tons les diables et de me lancer à corps perdu dans l’incrédulité.
L’incrédulité! Maïs n'est pas incrédule qui veut. J’ai été élevé par une mère profondément chrétienne, Toute ma vie, j’ai beaucoup aïmé et étudié les questions de polémique. La Bible m'a toujours paru un livre divin, car comme a si bien dit Jean-Jacques Rousseau, on n’invente pas un pareil livre. Les hommes n’écrivent point de cette façon. Cette vérité est pour moi aussi claire que le soleil. Or, si l'Evangile est un livre divin, Jésus-Christ est Dieu. Il n’y à pas de milieu et il est inutile d'essayer d’ergoter sur ce point. Maïs alors que devient l’incrédulité si Pon: admet la divinité de Jésus-Christ ? D'ailleurs j’ai toujours eu la plus profonde horreur pour les incrédules, car tous me semblent pécher ou par ignorance; ou par orgueil, on par égoïsme. Ce sont des individus qui tiennent à faire parler d’enx, ou ce qui est pis, des gens au cœur corrompu qui veulent tuer Dieu dans leur âme pour dormir tranauille, L’incrédulité a fait beaucoup de mal et jamais elle n’a produit le moindre bien.
Je l’ai déjà dit et ne cesserai: de le répéter: rien de plus: terrible que le doute. Rien de plus: affreux que cet état d'incertitude qui vous tue et pendant lequel vous vous: demandez continuellement: Ai-je bien ou mal fait? Qui donc me montrera la vérité et le chemin que je dois: suivre? Dix fois par jour j'allais à la chapelle prier de toute la ferveur de mon âme. Prosterné devant ‘‘ Ze saint sacrement” je suppliais Dieu de m'éclairer et de me montrer d’une manière éclatante ce que j'avais à faire, si je devais rester où partir. J’invoquaisla sainte Vierge, saint Bernard, mon saint patron, tous les saints et saintes du
paradis, mais ne recevais aucun soulagement ni aucune consolation. Ah! si au lieu d'adresser mes prières à tous ces saints et saintes, j'avais invoqué seulement celui qui à dit: “Venez à moi, vous tous qui êtes fatignés et chargés et je vous soulagerai,” cela m’eût été certainement plus profitable.
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désespoir dun Golgotha: ‘ Eli! Eli! lamma sabachthani: mon Dieu, mon Dien, pourquoi m’avez-vous abandonné !’? Cette vie était réellement intolérable. La mort me semblait mille fois préférable et si je n'avais eu la foi en Dieu qui défend le suicide, j'aurais certainement mis fin à mes jours. Si j'avais un ennemi mortel et que je voulusse me venger de lui, je lui souhaiterais de passer par les transes où j'ai passé. D’austères critiques m'ont blâmé d’une façon impitoyable. Ils auraient pu se montrer plus indulgents car si j’ai commis une faute en quittant ma famille, et certes je le crois, je l’ai rudement expiée dans la suite, Ajoutez à tout cela que mes affaires ne marchaïent pas tout à fait suivant mes désirs, loin de là. J'avuis écrit au Cardinalet à l’Archevêque pour leur exposer mes troubles et les prier d'envoyer à l’abbé les pouvoirs nécessaires pour m’absoudre des censures encourues. L’archevêque de Montréal pensait avoir ces pouvoirs. L’abbé croyait qu’il ne les avait pas. Il s'agissait de tirer la chose au clair car dans le cas où l’abbé eût raison, il fallait écrire à Rome. Cet abbé m’effrayait : ‘On vous accordera l’absolution des censures, me disait-il, mais non le pouvoir de dire la messe. C’est ainsi du moins qu’ils ont agi pour le père C... Ils n’ont pas voulu lui permettre de dire la messe et il a été obligé d’aller à Rome pour plaider luimême sa cause auprès du Saint-Siège. Il avait del’argent et il a pu faire ce voyage. Il paraît qu’à la tin, il a obtenu ce qu'il dés’rait.”’ Ne plus dire la messe, mais alors adieu le ministère. Tous mes rêves s’évanonissaient comme par
Que de fois j'ai répété dans ces jours de détresse le cri de
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