MONACO II SES PRHN I
ils menacent la République d'une invasion dans la vallée de la Polcevera. Boccanegra offre de traiter; mais peu
confiants dans sa bonne foi, les Grimaldi exécutent leur menace. Une escadre de Monaco transporte des troupes de débarquement à Sestri tli Levante; aussitôt Chiavari , Recco, Rapallo se soulèvent; les nobles des villes voisines se joignent aux envahisseurs qui s'avancent sur Gênes et en prennent un faubourg. La République traita au plus tôt, el subit les conditions des vainqueurs ; les quatre grandes maisons de la haute noblesse, Grimaldi, Fieschi, guelfes, et Doria et Spinola, gibelines, furent adjointes au doge qui ne devait administrer que sous leur contrôle, et tous les exilés purent rentrer. Boccanegra se démit de ses fonctions, et son successeur Jean de Murta s'efforça de venger cet échec. Le 14 janvier une insurrection formidable éclata dans Gênes; les nobles furent chassés, et les Grimaldi, attaqués à l'improviste dans leur position de Polcevera, rentrèrent à Monaco.
Le parti populaire , devenu maître du terrain , força la noblesse à conclure d'abord un armistice , puis une paix dont furent exclus les chefs des deux grandes factions belligérantes ; les Spinola de San-Luca et les Grimaldi furent décrétés d'exil ; ils ne pouvaient approcher de Gênes à plus de dix milles (4346).
RAINIER II ET CHARLES Ier. 109
Charles arrivé à Monaco prépara une réponse foudroyante à cette condamnation ; il arma trente galères et réunit dix mille hommes qu'il s'apprêta à conduire devant Gênes. La République alarmée prit de graves mesures pour se défendre ; un emprunt couvert par de riches capitalistes permit au doge de mettre promptement sur pied vingt-neuf galères et douze mille hommes ; ! Simone Yignoso est nommé amiral de cette flotte ; il reçoit l'étendard de Saint- Georges qui ne sortait que dans les circonstances les plus graves. La flotte appareille, elle va sortir quand elle voit s'éloigner l'escadre des Grimaldi, dont les voiles blanchissent et disparaissent. Charles avait reçu du roi Philippe VI l'ordre de revenir en toute hâte, et il rentrait sans relard dans Monaco pour préparer l'expédition qu'il devait conduire en France.
Pendant que cet armement se poursuit avec activité dans le port de Monaco, Charles termine une affaire considérable dont il avait depuis quelque temps déjà arrêté les préliminaires ; le 19 avril 1346 il achète d'Em-
1 Cet emprunt parait avoir été l'origine de la célèbre banque de Saint-Georges. Les capitalistes créanciers de l'Etat reçurent l'assurance d'un paiement annuel de soixante-dix mille livres pendant vingt ans; on leur donna en garantie les revenus de plusieurs contrées. C'est de là que ces titres de garantie prirent le oom de hwghi bous lequel furent connus depuis les titres d'actions de la banque de Saint-Georg
manuel Yento, agissant tant en son propre nom <jue comme procurateur de Rafo, son frère, et d'Àthosie Venlo, son neveu, le château et le territoire de Menton, avec la juridiction haute et basse, ainsi que toutes les possessions des vendeurs dans les territoires de Yintimille et de Roquebrune, au prix de seize mille florins d'or. L'acte fut signé à Nice devant le notaire Bertrand Silvestre. '
Laissant alors sa maison accrue par cette nouvelle acquisition, et consolidée dans sa puissance, il part pour la France avec une flotte considérable , 2 montée par des soldats et des marins tirés pour la majorité de ses domaines.
Il avait été précédé par un de ses parents, Gausselin Grimaldi, qui faisait partie de la grande armée rassemblée en Languedoc par le duc de Normandie (Jean de Valois, bientôt le roi Jean) , pour repousser le comte de Derby dont les progrès devenaient menaçants. Cette armée, inhabilement dirigée par le futur vaincu de Poitiers, s'épuisa pendant quatre mois au siège de la petite ville d'Aiguillon. Le corps de Gausselin était composé de deux
1 Texte original aux archives du palais de Monaco.
Il convient de rappeler ici que les Vcnto étaient souverains de Menton, qu'ils n'y relevaient de personne. (Note de la page 72.) Charles acquérait donc Menton en pleine indépendance , comme possession souveraine.
2 Dans un compte de Jean de l'Hôpital, clerc des arbalétriers, 1340, Charles est qualifié de « Charles Grimaldi, capitaine de soixante-douze galères parties de Gènes au service du roi Philippe de Valois. »
RAINÏER II ET CHARLES Ier. 111
mille quatre cents arbalétriers et dix-neuf hommes d'armes. La descente d'Edouard III en Normandie rappela le duc Jean dans le nord ; il est vraisemblable que parmi les troupes qu'il emmena figuraient les arbalétriers de Gausselin Grimaldi. !
Quelque diligence que fit Charles Grimaldi , il n'arriva pas à temps. Edouard d'Angleterre trouvant la mer libre, avait débarqué en Normandie, à la Hogue-Saint-Vaast, et ravagé tout le pays jusqu'aux environs de Paris. Philippe appela autour de lui toute sa cavalerie , et réunit une armée formidable dont l'avant-garde était formée de quinze miUe arbalétriers génois, commandés par Charles Grimaldi et Àyton Doria. Le roi d'Angleterre, inégal en forces, voulut opérer sa retraite ; un succès remporté sur Godemar du Fay, qui avait dans son corps d'armée trois mille arbalétriers génois, lui livra le gué de Blanchetache sur la Somme , et il alla asseoir son camp sur une colline près de Crécy, où il s'établit fortement pour attendre en belle ordonnance l'arrivée de l'armée française. Philippe l'y joignit bientôt à marches forcées.
« Les Anglais qui ordonnés étaient en trois batailles, et qui séaient jus à terre tout bellement, sitôt qu'ils virent
J Histoire du. Languedoc. — Dom Vaisscttc, IV.
les Français approcher, ils se Levèrent moult ordonnément
sans nul effroi, et se rangèrent en leurs batailles, celle du prince tout devant, leurs archers mis en manière d'une herse, et les gens d'armes au fond de la bataille. Le comte de Norhantonne et le comte d'Arondel et leur bataille, qui faisaient la seconde , se tenaient sur aile bien ordonnément, et avisés et pourvus pour conforter le prince , si besoin était. Vous devez savoir que ces seigneurs , rois , ducs , comtes , barons français, ne vinrent mie jusque là tous ensemble, mais l'un devant, l'autre derrière, sans arroi et sans ordonnance. Quand le roi Philippe vint jusques sur la place où les Anglais étaient près de là arrêtés et ordonnés, et il les vit, le sang lui mua, car il les héait ; et ne fut adonc refréné ni abstenu d'eux de combattre; et dit à ses maréchaux : ce Faites passer nos Gennevois devant et commencer la bataille, au nom de Dieu et de monseigneur saint Denis. » Là avait de cesdits Gennevois arbalétriers environ quinze mille, qui eussent eu aussi cher néant que commencer adonc la bataille ; car ils étaient durement las et travaillés d'aller à pied ce jour plus de six lieues, tous armés, et de leurs arbalètres porter ; et dirent adonc à leurs connétables qu'ils n'étaient mie adonc ordonnés de faire grand exploit de bataille. Ces paroles volèrent jusques au comte d'Alençon, qui en fut durement courroucé , et dit : « On se doit
RAINIER lï ET CHARLES Tpr. 113
bien charger de telle ribaudaille, qui faillent au besoin! » ' a Entrementes que ces paroles couraient et que ces Gennevois se reculaient et se détriaient, descendit une pluie du ciel si grosse et si épaisse que merveilles , et un tonnerre et un esclistre moult grand et moult horrible. Paravant cette pluie, par dessus les batailles, autant d'un côté que d'autre 1 avait volé si grand' foison de corbeaux que sans nombre, et démené le plus grand tempêtis du monde. Là disaient aucuns sages chevaliers que c'était un signe de grand'bataille et de grand' effusion de sang.
« Après toutes ces choses, se commença l'air à éclaircir et le soleil à luire bel et clair. Si l'avaient les Français droit en l'œil, et les Anglais par derrière. Quand les Gennevois furent tous recueillis et mis ensemble , et ils durent approcher leurs ennemis, ils commencèrent à crier si très haut que ce fut merveilles, et le firent pour ébahir les Anglais ; mais les Anglais se tinrent tous cois, ni oncques n'en firent semblant. Secondement encore crièrent eux ainsi, et puis allèrent un petit pas avant : et les Anglais restaient tous cois, sans eux mouvoir de leurs pas. Tiercement encore
1 Le comte d'Alençon était fils de Charles de Valois, frère de Philippe-le-Bel , L'ami de Rainier Grimaldi ; il était frère de Jeanne de Valois qui épousa Guillaume de Hainaut, dégagé de Zieriekzée par la victoire de Rainier; il avait donc dans ses souvenirs de famille plus d'une preuve que ces vaillants aventuriers ne « faillent pas au besoin. »
114 MONACO ET SES PRINI i 8,
crièrent moult haut et moult clair, el passèrent ayant, et tendirent leurs arbalètres et commencèrent à traire. »
Mais la lutte était impossible; les archers anglais, bien abrités derrière leur retranchement, accablent de flèches ajustées à loisir les arbalétriers dont les cordes amollies par la pluie ne peuvent lancer que des traits sans portée ; trois fois cependant ils poussent droit aux Anglais ; la mort pleut dans leurs rangs et les décime ; Doria et Charles tombent des premiers, dangereusement blessés; les Génois jetant avec désespoir leurs armes inutiles, reculent vers l'armée royale.
« Entre eux et les Français avait une grand' haie de gens d'armes, montés et parés moult richement, qui regardaient le convenant des Gennevois ; si que , quand ils cuidèrent retourner, ils ne purent, car le roi de France, par grand mautalent, quand il vit leur povre arroi et qu'ils se déconfisaient ainsi, commanda et dit : ce Or tôt, tuez toute cette ribaudaille, car ils nous empêchent la voie sans raison. » Parole féroce dont toute l'armée devait subir le châtiment ! car en chargeant sur les Génois , les gendarmes rompirent leur ordonnance , et pendant qu'au sein d'une mêlée confuse, gendarmes et Génois s' en tr' égorgeaient, ce là vissiez gens d'armes en tous les entre eux férir et frapper sur eux, et les plusieurs trébucher et chéoir parmi eux, qui oneques
TUINIER II ET CHARLES Ier. 115
ne se relevèrent. Et toujours trayaient les Anglais en la plus grand' presse, qui rien ne perdaient de leur trait; car ils empallaient et feraient parmi le corps ou parmi les membres gens et chevaux qui là chéaient et trébuchaient à grand meschef, et ne se pouvaient être relevés, si ce n'était par force et par grand'aide de gens. Ainsi se commença la bataille entre la Broyé et Crécy en Ponthieu , ce samedi à heure de vespres. » *
Ainsi commencée, la journée était perdue. En vain la noblesse s'efforçait de racheter par son héroïsme la folle cruauté du roi et son aveugle présomption; onze princes dont un auguste aventurier, Jean de Luxembourg, roi de Bohême, quatre-vingts bannerets, douze cents chevaliers et trente mille soldats restèrent sur le champ de bataille.
C'était par des coups semblables que la colère céleste châtiait l'indiscipline de la noblesse féodale et en précipitait la ruine. (Samedi 26 août 1346.)
A peine remis de ses blessures, l'infatigable Charles rejoint sa flotte et vient porter secours aux habitants de Calais, vigoureusement pressés par le roi Edouard. Grimaldi débarquait à l'improviste ses agiles soldats qui harcelaient les Anglais, leur enlevant convois et fourrageurs.
a Froissait.
1 M) MONACO M SES l'iilM ES.
Mais la fortune abandonnait les armes de la France ; Calais succomba.
Charles revint à Monaco d'où il lança ses galères contre les flottes catalanes, grecques et vénitiennes. Le roi de Majorque, Don Jayme II, en guerre avec Pierre IV d'Aragon, invoqua le secours de Charles, qui conduisit à Majorque trois mille fantassins et deux mille cavaliers. Don Jayme lui donna les villes de Soller et d'Alcuida. Quand Pierre IV eut triomphé , Charles reprit sur ses navires la suite de ses courses contre les Catalans, sujets de Pierre IV. Cependant il y eut une trêve entre les marines chrétiennes de la Méditerranée ; il s'agissait d'une guerre à l'ennemi commun, les Maures; et Charles, fidèle aux traditions de sa race, se joignit au doge Jean de Murta qui conduisait une flotte au secours du roi d'Aragon, attaqué par les Maures de Gibraltar (1349).
Cette expédition faite en commun avec les Génois, fut suivie d'une restauration des Grimaldi dans Gênes; le nouveau doge, qui avait succédé en 1350 à Jean de Murta, Jean de Valente, avait fait lever l'ostracisme qui pesait sur les Grimaldi et les Spinola depuis 1346. La gloire que Charles s'était acquise rejaillissait sur sa famille qui remonta rapidement au premier rang de la République.
Aussi en 1353, quand les Génois équipèrent une flotte
RAINTER II ET CHARLES Ier. 117
de soixante galères contre les Vénitiens et les Catalans coalisés , en donnèrent-ils le commandement à Antoine Grimaldi, frère de Charles. Mais l'amiral génois essuya une terrible défaite près de Loiéra, en Sardaigne, et ne ramena dans le port de Gênes que dix-neuf galères à demi désemparées. L'aveugle exaspération du peuple faillit être funeste à tous les Grimaldi ; ils furent de nouveau exilés de la ville; puis ce moment de fureur écoulé, Gênes, pour la première fois de son histoire, s'abandonna à un lâche désespoir, et pensa ne pouvoir plus trouver de salut que dans la servitude. On chercha à quel puissant protecteur on pourrait se donner. L'archevêque de Milan, Yisconti, maître déjà de la Lombardie, de l'Emilie et d'une partie du Piémont, fut prié d'accepter la seigneurie de la République.
Pendant que Gênes pliait sa tête orgueilleuse sous un maître qui , du reste , lui rendait le calme intérieur et la paix maritime, Charles s'affermissait dans sa souveraineté de Monaco et Menton. Déjà il avait acheté, le 20 novembre 1348, trois parties de la seigneurie de Castillon, diocèse de Yintimille et limitrophe de Menton , à Biaggio , Salvago , Bartolomeo et Agamillon des Salgavi, nobles génois, au prix de huit cents florins d'or ; ! sept ans après, une autre
l Archives du palais de Monaco, piè<*e originale.
acquisition accrut l'Etal desGriraaldi, el le fortifia en unissant géographiquement toutes les parties qui le compo saient. Guillaume Pierre de Lascaris, comte de Vintimille, vendit, le 2 janvier 1355, au seigneur Domicello de Languilla, procureur de Charles Grimaldi, le château, le bourg et le territoire de Roquebrune , avec tous les droits , pour le prix de six mille florins d'or. '
Charles Grimaldi approchait de la fin de sa glorieuse carrière. Grâce à son habileté et à ses exploits, les Grimaldi possédaient en toute souveraineté les seigneuries de Monaco, Menton, Roquebrune, Castillon en Ligurie; une branche collatérale tenait aussi à titre indépendant l'importante baronnie de Bueil. Les Grimaldi étaient, en outre, investis de riches fiefs en France, tels que les seigneuries de Cagnes et de Villeneuve, et de rentes perpétuelles. L'étal que Charles s'était ainsi formé était considérable , si l'on songe au morcellement féodal de l'Italie. Les flottes de Monaco tenaient un rang distingué dans la Méditerranée , et rivalisaient souvent avec celles de Pise, d'Àmalfi et des autres puissances maritimes de second ordre ; elles avaient même tenu tête plus d'une fois aux grandes républiques italiennes, Gênes et Venise, aux Catalans et aux Grecs, auxquels elles avaient enlevé l'île de Chio et quelques
1 Archives du palais de Monaco , pièce originale.
RAINIER II ET CHARLES Ier. 119
autres îles de V Archipel. Le commerce de Monaco était considérable ; une population vaillante de marins et de soldats se pressait dans les murs de Monaco et de Menton , et le pavillon à l'écu d'argent fuzelé de gueules était salué avec crainte par les flottes marchandes , des côtes de Ligurie aux Dardanelles.
Enfin un riche privilège avait été accordé à Charles par le roi de France : « Entre les Italiens qui commerçaient dans la province (le Languedoc), les Génois y étaient les plus accrédités. Le roi Philippe de Valois donna à Charles Grimaldi, chevalier, et à Àyton Doria, damoiseau, nobles génois, le droit exclusif, pendant deux ans, de tirer des marchandises hors du royaume, et de faire le commerce sur toutes les côtes de la Méditerranée , sous prétexte qu'ils étaient seuls en état de soutenir la navigation et de faire le bien de l'Etat ; avec défense à tous les marchands de trafiquer sans leur permission (1339). » !
Mais cette prospérité était voisine d'un revers terrible qui devait désoler, sans l'abattre , la vigoureuse vieillesse du vainqueur de Guernesey.
Gênes, lasse du joug milanais, venait de le secouer; et
1 Histoire générale du Languedoc, par un religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur (Dorn Vaisscttc), livre xxxiv, tome \,
Simon Boccanegra, remonté sur le trou»' ducal (1356 , voulut consolider son autorité par quelque grand service. Monaco inquiétait Gênes ; Boccanegra résolut de la réduire. A la tête d'un armement important, il vint bloquer le port , pendant que quatre mille fantassins et arbalétriers occupaient l'isthme et la montagne. Charles était pris à l'improviste; Monaco dépourvu de vivres et de troupes semblail devoir succomber dans la lutte. Il tint pourtant pendant un mois, repoussant tous les assauts donnés aux murailles, déjouant toutes les attaques de l'ennemi sur le port ; le vieux lion se multipliait, son génie fécond en ressources lassait la constance des Génois ; mais la famine et la soif ' décimaient les défenseurs de la place , et il fallut bien se rendre afin de se ménager des ressources pour un prochain retour (1357).
Charles se retira à Menton d'où il épiait avidement l'occasion et préparait les moyens de reconquérir sa capitale ; c'est là que la mort vint lui apporter un repos qu'il n'avait pas connu depuis plus de quarante ans (1363).
Telle fut la fin de Charles Ier dit le Grand. Il laissai! de
1 Monaco, assis sur un rocher, manque de sources d'eau douce. Des citernes remplies par l'eau de la pluie, et au besoin par celle que l'on y apporte des fontaines de la montagne , suppléent largement aujourd'hui à ce défaut; mais ces citernes n'existaient pas alors, ou du moins n'étaient pas aussi considérables.
RAINIER il ET CHARLES Ier. 121
sa femme Lucchinette Spinola, six enfants, dont les aînés, Rainier et Charles, lui succédèrent dans Menton, Roquebrune et Castillon , avec le titre de conseignears ; Rainier ne devait rentrer dans Monaco que trente-huit ans plus tard.