Nom du Soleil
j. Prisni est un nom donné à la Terre considérée
11. 0 mortels, quand vous vous réunissez à la fête du sacrifice, (entendez-vous) le bruit des Marouts? c'est comme une marche triomphante.
12. Nés de tous les côtés dans les régions de l'air splendides et riantes, que les Marouts nous protègent et nous conservent !
13. (Accepte), ô brillant Poùchan, ces libations que nous t'offrons sur ce magnifique lit de causa ; et du ciel, viens (vers nous avec l'amour du pasteur qui retrouve sa brebis perdue).
14. Poùchan, d'un rayon lumineux, sait toujours percer la retraite mystérieuse où, sur une couche magnifique de gazon , siège le roi (des sacrifices).
15. Que ce dieu, satisfait de mes libations, fasse accomplir leur carrière aux six (coursiers) ([u'il attelle', comme (le laboureur) avec ses bœufs (trace le sillon où il) sème son orge.
16. (Cependant les Eaux), mères des êtres et amies des hommes pieux ■^, viennent suivant leurs voies, et distribuant leur lait aussi doux que le miel.
17. Soit qu'elles précèdent la naissance du soleil, ou bien qu'elles l'accompagnent (dans le ciel), puissent ces Eaux aimer notre sacrifice!
18. J'invoi[ue ces Eaux divines qui désaltèrent nos vaches ; qu'un holocauste soit fait en l'honneur des ondes.
19. Dans les Eaux se trouve l'ambroisie (pour les dieux); dans les Eaux est la santé (pour les hommes). Dévas ^ présentez les mets sacrés en bénissant les Eaux.
comme une divinité; c'est, en certains cas, un synonyme d'Adili. Suivant les Indiens, les vents viennent de la terre, et par conséquent ils en sont comme les enfants. Le mol Prisni, au masculin, est un nom du S'.deil. Je pense que Prisiii, mère des veuts, c'est plutôt le nuage, ou l'air chargé de nuages.
1. Ce sont les six saisons, qu'on nomme Rilous. Les noms des six Ritons sont : le Vàsanta et le Grêchma, le VàrcUiea et le Sàrada, Vllêmantica et le Sêsira. En les accouplant ainsi deux par deux, on peut n'en compter que trois.
-1. Le commentaire entend ces mots des femmes qui assistent le père de famille dans les soins qu'il prend pour le sacritice.
3. Le mot déva signifie brillant, et ne répond pas au sens métaphysique que possède notre mot Dieu, lequel n'est pas traduit en sanscrit. Ce mot déva a plusieurs acceptions. 11 s'emploie pour désigner les diverses personnifications de la substance divine se manifestant dans les éléments : en pareil cas je le traduis, avec regret, par dieu. Il se dit aussi pour distinguer les personnages remarquables dans l'ordre religieux ou dans l'ordre civil; alors je le traduirai par déva, auquel l'ajouterai quelquefois l'épithete de mortel, lorsqu'il y aura opposition entre les dévas-dieu.t et les dévashommes. Le mui amrita [innnnrteV s'emploie également
LNUK. - POÉSIK LYHIULK.
20. Dans les Eaux, m'ailit Sonia '. sont tous les remèdes. Agmi fait le bonheur de tous, et les Eaux guérissent tous les maux.
21. Eaux salutaires, protégez mon corps contre les maladies ! Que je puisse longtemps voir le soleil !
22. Eaux purifiantes, emportez tout ce qui peut être en moi de criminel, tout le mal que j'ai pu faire par violence, parimprécation s, par injustice.
23. En ce jour, j'ai honoré les Eaux; nous nous sommes présentés avec (des coupes remplies de) ce précieux élément. Agni, toi qui aimes les libations, viens, et couvre-moi de ton éclat.
24. Agni, donne-moi de l'éclat, de la famille, de longs jours ! Que les dieux, qu'Indra et les (saints) Richis se souviennent de moi !
liV.M.M: \.
A DIVFRS niEtX, PAR SOUNAIISÉPA.
ileire : Trichtoubli et Càyatrî.
1. Parmi les dieux immortels, quel est celui dont nous prononcerons d'abord le nom vénérable? Quel est celui qui doit nous rendre à la grande Aditi 5, et me faire revoir et le père et la mère (du monde) ?
2. Avant celui des autres immortels, nou.s prononcerons le nom vénérable d'Agni. C'est lui qui doit nous rendre à la grande Aditi, et me faire revoir le père et la mère (du monde).
avec ces deux signiflcaUoiis. Mais vous notrrez que bien souvent le poêle donne le nom de Dévas à ces personnifications de cérémonies et de rites, qu'il fait agir comme des êtres réels et divins.
1. Sema est la libation personnifiée. Ces eaux dont il est ici question se prennent quelquefois pour les différentes espèces de libations, et je pense que toutes ces invocations s'adressent auv Eaux considérées dans le sacrifice. Ainsi, au vers 17, lorsque le poêle parle des Eaux qui précédent la naissance du Soleil (Oupai(iûryé), et de celles qui l'accompagnent, il me semble qu'il désigne les libations du matin et celles de la journée. Au vers 18, les vaches désaltérées par ces Eaux, ce sont les rayons d'Agni. Dans le vers présent, il cite Soma et Agni, agents du sacrifice.
2. L'imprécation, dans l'opinion des Indiens, est une arme terrible qui doit toujour.5 produire son effet, même lorsqu'elle est injuste.
.3. Le mot Adili qui se trouve dans ce vers est le nom de la déesse qui représente la nature entière, et quelquefois seulement la terre. De là on a imaginé que l'auteur de cet hymne, Sounalisépa, fils d'Adjigaria, l'avait récité au moment où il allait élre immolé aux dieux. Élrc rendu à la grande Aditi pour revoir son père et sa mère, c'était Hre rendu à la terre pour aller dans un awfrc monde retrouver ses parents; ces mois étaient en même temps un témoignage rendu A limmortalilé de l'âme. Je n'ai pas cru devoir adopter une traduction qui ne me parait pas en harmonie avec l'enserahlc de l'hymne. Le sacrifice se fait le matin, cl
■i. Nous t'invoquons (ensuite) , divin Savitri ', maître de l'opulence ; toi qui nous aides sans reirirlie, accorde-nous la richesse.
•'i. Cette (richesse) recherchée, estimée, qu'on blâme quand on ne l'a pas, qu'on cesse de haïr (quand on la possède) , tu la tiens dans tes main.s.
."). Pui.-sions-nous , par ta protection, (par la laveur d'un dieu) possesseur de la richesse, acquérir un commencement de prospérité; qui fonde notre bonheur I
fi. Xi ces oiseaux qui volent dans les airs, ni ces ondes qui coulent sans cesse, ni les vents conjurés, ne peuvent égaler la force, ta rapidité, ta véhémence.
7. (Dans le ciel, arbre majestueux) sans racines (ici-bas), règne Varouna -, fort et pur, trésor élevé de rayons lumineux. Ces rayons descendent; mais leurs racines sont en haut. Puissentils briller pour nous au milieu des airs !
8. C'est lui, c'est le royal Varouna qui prépara au soleil 3 cette large voie oit il poursuit sa carrière ; qui, dans une région dépourvue de route, en fit une pour (l'astre) voyageur. Qu'il nous défende contre (l'ennemi) qui nous perce le cœur I
9. Puissant (Varouna), tu possèdes contre nos maux cent et mille remèdes. Que ta faveur soit grande, soit étendue ! Retiens loin de nous Nirriti* enchaînée; détourne sa face (cruelle), et préviens le crime préparé contre nous.
II). Ces étoiles qui brillent au-dessus de nos tètes apparais.sent la nuit, et avec le jour elles se retirent ; la lune aussi vient la nuit étaler ses splendeurs. L'œuvre de Varouna n'est jamais interrompue.
le but de ce sacrifice, c'est d'amener heureusement le jour : l'auteur du jour, c'est le Soleil, qui révèle le ciel et la terre, appelés père et mère. Voilà ce que le poêle désire de revoir, et, à peine remis des anxiétés que donne la nuit, il demande une pleine jouissance de la nature; c'est ce que signifie le mot Aditi, lequel se retrouve dans ce sens au dernier vers de cet hymne. On a encore voulu trouver dans ce vers le désir de Sounahsépa de recouvrer sa liberté et de revoir sa famille. J'ai aussi rejeté ce sens ; je me suis attaché à celui qui semblait ressortir de la composition tout entière. Je crois donc que être rendu à la grande Aditi, c'est rentrer en possession complète des biens que nous présente la nature iiu lever du soleil. Agni, qui préside au sacrifice, est le dieu qui rend ce service aux hommes.