Voy. page 93, col. 1 , note
3. Nous avons dit que Prisni était un nom de la Terre, considérée comme la mère des Marouls. Mais nous avons ajouté (page 53, col. 1, note t>) que Prisni était plutôt la Nue. Les noies qui précédent me semblent devoir confirmer cetle opinion. Le mot Prisni signifie brillnut : cette épithéte convient au nuage qui réfléchit les rayons et qui s'enflamme des feux de la fou Ire. La voûte du ciel, couverte de nuages, ressemble à une seconde terre et méri e le nom de Piithivi. C'est celte terre céleste, et non noire terre humaine, qui devient l'épouse de Roudra, c'est-à-dire de l'air, pour l'enfantement des vents. La mythologie indienne tranchait ainsi la question de l'origine des vents, en l'attribuant au déplacement des nuages. Ce corps nuageux, connu sous ce nom de Prisni, est, dans une autre mythologie, nommé Diti, par opposition à Aditi. Aditi est l'ensemble de l'univers, qui se tient sans division : Dili est précisé.iieiit ce qui s'en détache, ce qui se coupe et tombe en dissolution : de là vient que les Délyas, ou enfants de Diti, sont les agents du mal.
INDIÎ.
l'OKSlIÎ LYIilOIR.
.j. niiariiûs d'humides vapeurs, ^irnrri'UX et sincères dans leurs promesses, rayonnants, urnes de bracelets et de colliers d'or, ces nobles héros ont, du haut du ciel, mérité nos louanges et un renom immortel.
fi. 0 Marouts, sur vos épaules reposent vos glaives ; dans vos bras sont placées la force, la vigueur et la puissance. Sur vos tètes brillent des aigrettes d'or; vos chars sont remplis de traits, et vos corps chargés de riches ornements.
7. 0 Marouts, donnez-nous une magnilicence éclatante en vaches, en chevaux, en chars, en or, en maies enfants. Fils de lloudra, faites-nous sentir votre divine protection, et bénissez notre fortune.
8. Nobles .Marouts, comblez-nous de vos biens, vous qui possédez tant de richesses, sages Immortels, célèbres pour votre justice, (dieux) toujours jeunes, qui aimez les sacrilices et qui grandissez au milieu de nos prières et de nos lihations !
IIVMNF, .\ll.
AUX MAItOllTS, PAR SYAVA.SWA.
{Mi-Ire : Trichloubh.)
1. Je chante cette rohuste famille des Marouts, qui mérite l'hommage de nos hymnes. Montés sur de rapides coursiers, ils poussent de lourdes niasses, et deviennent les maîtres brillants de la (céleste) ambroisie.
2. 0 sage, honore cette forte et illustre famille. i;c sont des magiciens qui remuent (le monde) ; leurs bras sont ornés de bracelets, et (leurs mains) riches en présents. (Honore) ces héros merveilleux, dont la grandeur, dont les bienfaits sont inliriis.
;î. (Ju'ils viennent à vous aujourd'hui, tous ces Marouts ((ui transportent les ondes et envoient la pluie. 0 Marouts, (dieux) sages et toujours jeunes, honorez .Vgni, dont les feux sont allumés '.
•'i. lïn faveur des mortels, ù Mai'ouls dignes de nos sacrifices, vous donnez la naissance à un roi sauveur et puissant. Il vient, celui qui est
1. l.ci Maruuls, cumnie nous l'avons vu, oui aussi la qualité de prClrcs, de Jlitwidjs : ce sont eun qui, do leur souffle, font briller la lumière d'Agni, qui peut ainsi recevoir le nom de leur fils. Ils ont peut-ùlre encore dans le sacrifice d'autres fondions, qu'ils exercent de concert avec les Ani,'iras.
votre (Mis), dont les bras atteignent ses ennemis, dont le poing les écrase, qui possède de beaux coursiers et île mâles serviteurs.
ô. Tels ([ue les rayons d'une roue, avec une marche régulière, tels que les jours (de l'année), les Marouts apparaissent tout resplendissants. Les impétueux enfants de Prisni, mesurant avec sagesse leurs bienfaits à nos besoins, répandent sur nous (l'eau du ciel).
G. 0 Marouts, ([uand vous arrivez sur vos chars portés sur de fortes roues et traînés par un attelage de daims, les eaux coulent, les forêts sont ébranlées, et le ciel mugit tel que le taureau au milieu de ses vaches '.
7. Les (Marouts) ont marché, et devant eux la (céleste) Prithivî - s'est étendue. Elle a conçu de son puissant époux un fruit que ces (dieux) ont été chargés de garder. Les enfants de Roudra ont à leur char attelé les Vents rapides. La pluie, c'est la sueur (de ces travailleurs) ^.
8. Nobles Marouts, comblez-nous de vos biens, vous qui possédez tant de richesses, sages Immortels, célèbres pour votre justice, (dieux) toujours jeunes, qui aimez les sacrifices et qui grandissez au milieu de nos prières et de nos libations !
IIVMNE Mil.
MX MARlllTS, l'Ail SYAVASWA.
[Mi'ires ; Djagati et ïriclitoubh.)
1. Les formes (des Marouts) ont apparu pour votre bonheur. (0 chantre), célèbre le Ciel bienfaisant ; j'offre ce sacrilice en l'honneur delà Terre. Les chevaux (de ces dieux) sont couverts de vapeurs; (les Marouts) traversentl'air, et leur éclat est voilé par les ondes.
2. La Terre, en les voyant, a tremblé de crainte ; elle s'agite comme un navire chargé qui s'abîmerait dans les Ilots. On voit, on sent de loin ces héros; leur marche les annonce; ils se rendent au sacrilice que leur offre un noble (seigneur).
1). Vous êtes pour l'orneinent du monde ce
1. Les vaches sont les nuages qui viennent sur le ciel. Le commentateur prétend que co sont les rayons du soleil.
-2. Ce passage s'explique par le moyen des notes 1, page 293, col. 1, et 3, col. 2, mi^me page. Le fruit conçu par la Nue, c'est l'eau que les Marouts donnent aux hommes.
3. La seconde partie de ce distique contient une origine de la Pluie, particulière au poète, cl qui n'est plus en rapport avec ce qui précède.
RIG-VEDA
SECTIUiN' QUATRIÈME.
i|u'une liaule corne est pour la vaclie : vous nous distribuez la lumière, aussi ijien que le soleil, reil (divia Je la nature). 0 héros, vous êtes beaux comme de légers coursiers, et nobles comme les puissants d'entre les mortels.
-'i. 0 Marouts, vous êtes grands, et vos œuvres, ainsi que vous, sont grandes, sages, viriles. Qui (de nous) en obtiendra le fruit? Vous secouez la terre, de même que le freiu (du cavalier secoue le ciieval), quand vous venez apporter (aux hommes) les biens qu'ils attendent.
.j. Comme de rapides coursiers, tous d'une noble race, comme de vaillants héros, ils se présenli'iit au combat. Comme dc.puissants mortels, ces héros grandissent et s'étendent, et couvrent de leurs ondes l'œil du Soleil.
6. Tous également puissants, sans distinction d'âge, ils sont grands et forts. Enfants de Prisni, nés d'un sang généreux et amis des mortels, venez vers nous du haut du ciel.
7. Tels que des troupes d'oiseaux, ils fendent avec force les plaines de l'air et couvrent l'horizon. Leurs coursiers, sensibles aux hommages réunis du prêtre et du père de famille, ont pressé les ondes du nuage.
H. Que le Ciel, par ses bienfaits, reconnaisse libéralement notre piété. Que les Aurores viennent nous combler de leurs riches présents. 0 Richi, que les Marouts, enfants de Roudra, pour prix de nos hymnes, versent sur nous leurs trésors divins.
IIVMNK XIV.
A AGM ET \V\ MARllUTS, l' A R SÏAVASWA.
(ilélres : TriclUoubh et Djagatî.)
1. Rempli de foi et de vénération, je chante en ces lieux Agni, (dieu) protecteur. Qu'il accueille nos hommages. Marchant par ma droite (autour du foyer), je me présente, pour ainsi dire, avec des chars couverts d'offrandes; je veux aussi célébrer les Marouts.
2. Les Marouts, enfants de Roudra, arrivent avec leurs daims renommés, sur leurs chars bienfaisants. (Dieux) terribles, les forêts frémissent de crainte devant vous. La terre et ses montagnes sont ébranlées.
3. La montagne (céleste) a senti frémir ses lianes grossis; votre voix a fait trembler le sommet du ciel. 0 Marouts, quand vous jouez en agitant vos glaives, vous vous précipitez comme des torrents.
'i. Tels que de riches fiancés, ils ont vêtu leurs corps de ces ondes aux rellets dorés. Magniliquement parés, élevés avec puissance sur vos chars, vous enveloppez vos membres de rayons étincelants.
ô. Ils sont tous frères, et n'ont entre eux aucune distinction d'âge. Ils ont tous également grandi pour le bonheur (des hommes). Roudra, toujours jeune, toujours bienfaisant, est le père des Marouts. Prisni, la vache (céleste) ', (les a enfantés) pour nous donner la sérénité du ciel.
G. G fortunés Marouts, enfants de Roudra, que vous soyez dans la région supérieure, ou mitoyenne, ou inférieure des airs, venez à nous. 0 Agni, ne dédaignez pas l'holocauste que nous vous offrons.
7 0 Agni, et vous, Marouts, qui possédez tous les biens, des sommets les plus élevés du ciel vous nous apportez (vos trésors). Heureux (de nos hymnes), ô vous qui remuez (le monde) et triomphez de vos ennemis, accordez à celui qui vous présente ses libations et ses offrandes le bonheur Cqu'il espère).
8. 0 Agni, bois notre soma, et partage ton plaisir avec cette troupe des Marouts, si admirable et si brillante, pure, rapide, et partout présente par ses hienfaits. (J Vêswanara, élève ton étendard resplendissant.
AUX MAROL'TS-, PAU SÏAVASWA.
Olcires : Anouclitoul>l), Vrihatî el Câyatrî.)
1. Qui ètes-vous, ù nobles héros qui arrivez de la région lointaine?
2. Où sont vos chevaux? où sont vos freins? Que vouliez-vous ? Quel était le motif de votre
1. L'épilhèle goimitarah (voyez page 92, col. 2, noU's 2 et 3) est maintenant expliquée : elle ne signifie pas enfants de la terre, mais enfants de ta nue, laquelle est la vache et la Prithivi céleste.
2. Cet hymne est une déclaration d'amour du poëte Sy;lv<àswa. Ce poëte était fils d'Artclianinas, prêtre du roi Rathavîti. Dans un sacrifice il vit la fille de ce prince, et en devint amoureux. Il parait que cet amour n'eut pas le succès que Syivàswa attendait; il devait être pauvre. Mais une princesse, nommée Sasiyasi, remarqua son habileté; et, désirant obtenir pour époux Tarenta, fils de Pouroumilha, elle le dépêcha auprès de ces princes. La négociation fut heureuse, et Syâvàswa fut de tout coté comblé de riciiesses. Il fait un sacrifice aux Marouts pour leur demander leur protection en faveur de ses amours. Il suppose qu'il rencontre ces dieux, se reposant des fatigues d'un long voyage, et il les invoque en leur racontant sa fortune.
INUIÎ. — l'OESlR LYRIOUE.
voyage? Sur le dos de vos montures i'e])ose le frein qui serrait leurs naseaux.
3. Sur leur croupe pend li' fouet. Comme la femme emmaillotte sou enfant, ces héros ont aussi enveloppû leurs chars.
4. Vaillants héros, maîtres puissants, nés pour la gloire, vous veniez vers (nous), comme échauffés par les feu.K d'Agni.
5. (Sasîyasi) m'a donné des troupeaux de vaches, et de chevaux, avec cent chars. Pour l'époux recommandé par Syàvâswa, elle est devenue un bras fort et puissant.
G. Différente des autres femmes, Sasîyasi s'est montrée plus généreuse qu'un homme qui n'honore pas les dieux et qui est avare de ses richesses.
7. Parmi les Dévas elle distingue celui qui peut être fatigué, pressé par la soif ou le besoin, et c'est sur lui qu'elle porte sa pensée.
8. Cependant je le dis en panégyriste (véridique) : son époux mérite également celte louange. 11 l'égale en libéralité.
9. Éprise de ses qualités, la jeune Sasîyasi m'a chargé , moi Syàvâswa ', d'une mission (de confiance), et deux rouges coursiers m'ont conduit vers le sage et glorieux Pouroumîlha.
10. Ce fils de Vidadaswa m'a donné cent vaches; non moins généreux, Taranta (m'en adonné) autant.
11. En ces lieux sont préparées des offrandes pour les (Marouts), qui aiment à venir, sur leurs rapides (coursiers), goûter au soma enivrant.
a. Le ciel et la terre sont ornés de leurs riches présents; sur leurs chars, ils brillent comme (l'astre) d'or au plus haut des airs.
13. Cette jeune famille des Marouts est invincible; elle s'avance avec pompe, portée sur des chars éclatants.
l'i. (Jui sait où prennent en ce moment leurs ébats ces dieux, issus du sacrilice *, qui remuent le monde pour le bien (des hommes)?
lô. 0 vous, avides de nos louanges, écoutez ma voix dans les sacrifices, et guidez un mortel vers le but qu'il désire.
10. (Dieux) adorables et vainqueurs, ap))orteznous les biens qui nous séduisent et nous charment.