MORT ET ASSOMPTION DE MARIE
Dt LA CATHÉDRALE DK NKVHRS.
el saint Jacques-le-Mineur la masse de foulon qui lui a enlevé la vie.
A la tôte du lit est saint Jean avec la palme dont il est parlé dans la légende; il soutient sa tête de la main gauche , et paraît profondément affligé.
Après lui , vient saint Mathieu , portant la pique dont il fut percé ; le for en a été brisé ; un coffret ou une bourse rappelle sa première profession.
Saint Barthélémy se reconnaît au couteau qui a servi à son douloureux martyre 4 .
L'apôtre suivant ne porte aucun attribut; ce doit être saint Simon , qui est ordinairement représenté avec une scie.
Après lui , on voit saint Philippe avec une croix processionnelle , dont le sommet a été brisé.
Enûn saint André parait derrière , appuyé sur le meuble dont nous avons parlé; sa croix en sautoir ne permet pas de le confondre avec les autres.
Comme on a dû le remarquer , les apôtres sont placés sans aucun ordre hiérarchique : c'est saint Jean qui occupe la première place , et il semble que c'est avec raison, puisqu'il est le fils adoptif de Marie. La seconde place est attribuée à saint Pierre ; quant aux autres , on ne tient aucun compte du rang qu'on leur assigne ordinairement.
Saint Thomas est absent, comme l'indique la légende.
Au-dessus de ce premier tableau , c'est l'assomption
I On prelcntl iju'il fut ocoirhë tout vif.
Mt MONOGRAPHIE DE LA CATHEDRALE DE NEVERS.
de Mûrie ; l'artiste a laissé de côté tout ce qui concerne le convoi et la sépulture. Ici il puise toutes ses inspirations dans nos livres saints : Quelle est celle qui s'élève du désert , comblée de délices , appuyée sur son Irien-aimè ? C'est celte pensée qu'il a voulu rendre sensible. Marie en corps et en âme s'élève vers les cieux, et Jésus-Christ lui-même accompagne et soutient sa sainte mère. Un semis d'étoiles indique son nouvel empire , et une multitude d'esprits célestes escortent leur reine. Quatre d'entre eux tiennent les bâtons d'un dais, qui couvre le Sauveur et Marie ; les autres , portés sur des nuages , forment une sorte d'auréole , qui encadre le second et le troisième tableau.
Au-dessus de l'assomption de Marie f sous un autre dais , on voit deux des personnes divines assises : le Père en pape 4 , portant la boule du monde , et le Fils on bien le Saint-Esprit sous une forme humaine*, comme on le trouve quelquefois représenté dans le cours du moyen-âge; ils se disposent à couronner Marie. Entre les deux personnes divines , une gloire scintillante projette des rayons, qui remplissent tout l'espace occupé par ces deux tableaux , et qui percent même les nuages.
4 Au quinzième siècle et surtout au seizième on trouve souvent Dieu le Père représenté en Pape ou en Empereur , portant la tiare ou la couronne.
2 Nous serions porté à croire que c'est le Saint-Esprit qui est auprès du Père; te Fils accompagne sa mère , et doit la présenter lui-même dovanl le trône éternel. Rien ne motiverait l'absence de la troisième personne ; et cependant cette absence a lieu , :>i nous no devons pas reconnaître le Saint-Esprit snu» la forme humaine.