‹ Mongraphie de la cathédrale de NeversChapitre 40 sur 69 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

TnUDATION DT SIEGE EPISCOPAL DE NEVBRS. — LIMITE* DEL ANCIEN DIOCÈSE. - MINT EI'LADE PREMIER EVgQL'E. — SES 81CCESSEIRS MJSQU A SAINT JEROME.

T^eux peuples limitrophes , les ^Sérions et les Éduens , se partageaient le territoire qui forma [depuis notre Nivernais ; les 'premiers occupaient toute la ^partie nord-ouest de cette province, et étaient séparés des Éduens par une ligne qui partirait de La Charité et s'étendrait jusqu'à Clamecy, en renfermant Charaplemy dans un angle ; cette ligne devait plus tard former les limites de l'ancien diocèse d'Àuxerre de ce côté ;

N0T1CB HISTOIU0LK

toute la légion placée au sud-est de cette ligne, appartenant aux Éduens , ainsi que la contrée resserrée entre la Loire et l'Allier , se trouva sous la juridiction des premiers évèques d'Autun.

Quand Clovis, après ses victoires sur les Bourguignons , eut conçu la pensée de fonder un nouveau diocèse , dont Nevcrs sciait le siège , il laissa à Auxerre son ancienne circonscription , et démembra du diocèse d'Autun, pour composer celui de Nevers, la portion qui venait accroître son empire.

Il paraît certain que, des le principe, le diocèse de Nevers fut constitué tel qu'il était avant la grande révolution. 11 se composait \ n de la contrée renfermée entre la Loire et l'Allier ; V des pays riverains situés sur la ri\c gauche de l'Allier et sur la rive gauche de la Loire , depuis et compris Mornay jusque vis-à-vis La Charité ; 3" du territoire qui s étend depuis la Loire jusqu'à l'Yonne , ayant pour bornes au nord-ouest la ligne que nous avons indiquée.

Déjà , avant cette époque , on découvre l'origine de plusieurs paroisses dans la partie de notre diocèse qui dépendait alors d'Auxcrre. Saint Germain avait fait don, à sa cathédrale ou aux monastères qu'il avait fondés, de plusieurs terres qui lui appartenaient , telles que l'orvol, Monceaux, Vergers, auprès de Suilly-la-Tour, et Varzy, où il lit construire une église sous le vocable de sainte Eugénie, vierge et niartv re. Nous ne tarderons

pas à voir un grand nombre d'autres paroisses , établies dans cette partie du Nivernais..

4 . Saint Euladb ( Euladiut ) fut le premier évêque. Sa famille, les premières années de sa vie, ce qu'il fit au commencement de son épiscopat , tout nous est inconnu , et nous eussions été réduit à en faire seulement mention, si l'historien de saint Séverin ne nous eût laissé, sur sa maladie et sa guérison miraculeuse, des détails bien précieux; c'est à Fauste, disciple et ami du saint abbé d'Agaunc, que nous en sommes redevables.

Nous essayerons , dans la traduction , de ne pas trop nous éloigner de l'admirable simplicité du texte.

La réputation de sainteté de Séverin était parvenue jusqu'à Clovis, qui, en 505, était arrêté par une fièvre opiniâtre, dont l'art des médecins les plus habiles n'avait pu le délivrer. Le prince eut recours à l'abbé d'Agaune , espérant que ses prières ne seraient pas sans effet ; il le pria donc de venir le visiter.

o Séverin se mit en route, afin de se rendre aux désirs « du roi. Arrivé à Nevers , il entra dans l'église pour y » faire sa prière ; étonné de ne point trouver l'évéque » dans le temple saint, il s'adressa aux gardiens pour » eh connaître le motif.

»> Frères , leur dit-il , où est votre pontife? — « Notre » pontife , lui répondirent les gardiens de l'église , a été

NOTICE HISTORIE E

» atteint l'année dernière d une maladie cruelle qui l a » privé de l'usage de l'ouïe et de la parole; depuis » cette époque, il est gisant sur son lit, accablé » d'affreuses douleurs , et attendant la mort à chaque » instant. Il ne lui a plus été possible de monter à l'autel » pour offrir le divin sacrifice, et de bénir son peuple, » comme il le faisait auparavant. Nos cœurs sont brisés » de douleur en voyant notre père commun réduit à ne » pouvoir quitter sa couche , car à chaque instant ceux » qui l'assistent le croient plutôt mort que vivant. »

«Le saint abbé, touché de compassion, leur » demanda s'il pourrait être introduit auprès de lui » pour le visiter et lui adresser quelques paroles de » consolation et de salut. — « Venez , lui dirent -ils, » vénérable père , entrez, puisque? vous le désirez. »

« Sé\erin, introduit dans la chambre du malade, se » rendit avec empressement auprès du lit où il était » couché; il le considéra d'abord avec intérêt, et lui » témoigna par ses gestes toute la part qu'il prenait à » ses souffrances. Puis il se mil en prières, suppliant » avec ardeur le Seigneur de rendre la santé au pontife. » Après être long-temps demeuré prosterné la face contre » terre, il se le\a,et s adressant à Kulade: — «Pontife » du Seigneur, lui dit-il, conversez avec moi. — Et aussitôt » Eulade, recouvrant l'usage de l'ouïe et de la parole, » s écria : « Homme de Dieu, homme saint, accordez- » moi votre bénédiction ; envoyé par le Sauveur Jésus- » Christ pour me rendre la santé, vous êtes venu me

SUR LES ÉYBQUBS DE NBVERS. 255

» délivrer des infirmités qui m'accablaient. Que le nom » du Seigneur soit béni dans tous les siècles 1 oui, qu'il » soit béni à jamais, celui qui a daigné vous choisir » pour manifester sa miséricorde à mon égard l »

» Alors le pieux serviteur de Dieu, lui tendant la » main , le souleva de sa couche et lui dit : « Levez- » vous au nom de Jésus-Christ, notre souverain maître, » et revêtez-vous-de vos vêlements. Rendez au Seigneur » des actions de grâces , pour les châtiments qu'il vous » a infligés ; oui , témoignez-lui toute votre reconnais- » sance , car il vous a châtié pour vous sauver ; il vous » a frappé pour vous couronner. Dès aujourd'hui, vous » allez vous rendre avec moi à l'autel de Dieu, pour vous » acquitter de ce tribut de reconnaissance et bénir le » peuple qui vous est confié. »

« Séverin parlait encore, lorsque Eulade se leva tout » à coup de son lit , bénissant Dieu qui, par les prières » de son serviteur, l'avait retiré des portes du tombeau. » Le même jour, guéri de toutes ses infirmités , il se » rendit à son église pour y célébrer le Saint-Sacrifice * et bénir son peuple. »

Le saint évéque consacra le reste de sa vie au service de celui qui avait manifesté sa miséricorde envers lui , s'occupant. avec plus de zèle encore qu'auparavant, de la sanctification du troupeau qu'il avait à diriger.

Il s'endormit dans le Seigneur, le 26 août, 54 6 ou 517.

NOTICE HISTORIQUE

Ce fut sous l'épiscopat de saint Eulade que saint Eptade, originaire des environs de Lormes , à ce qu'on croit, voyant qu'on voulait l'élever sur lesiége d'Auxerre, se réfugia dans les forêts du Morvand avec deux compagnons , et jela les premiers fondements de labbave de Cervon.

2. Tawucif.n (Tauricianw) assisla au Concile d'Epône ou Albon, au diocèse de Vienne, tenu en 517.T1 mourut vers 539.

3. RusTir. (Ilmlicw) souscrivit au troisième concile d'Orléans , en 538 , et au quatrième en 541 . Il mourut vers 548.

4. Saint Aré (Arigius) succéda à Rustic. Si Ton en croit la tradition, c'était un étranger que la Providence avait conduit à Ne vers. Il monta sur le siège épiscopal en 548.

Lié d une amitié étroite avec les papes Vigile et Pelage, plusieurs fois , pendant le cours de son épiscopat , il se rendit a Home pour les visiter l'un et l'autre.

Au retour d'un de ses voyages , il envoya en avant un de ses gens, nommé Ours, pour prévenir les habitants de Novers de «on arrivée. Celui-ci trouva la Nièvre

débordée, et le pont , sur lequel il devait passer, enlevé par les eaux. Cependant il voulut tenter de traverser la rivière à cheval ; mais , entraîné par la force de l'eau , il se noya. Saint Aré , arrivé à l'endroit on le malheur avait eu lieu , voyant son serviteur privé de la vie , se prosterna et pria Dieu avec ferveur de lui rendre celui qui venait de périr si misérablement, pour avoir voulu exécuter trop scrupuleusement ses ordres. Sa prière fut exaucée; Ours put encore servir son maître pendant de longues années. En mémoire de ce miracle, lorsqu'on eut reconstruit le pont, on le nomma Pont -Saint- Ours , nom qu'il porte encore maintenant 4 .

Tous les anciens livres de l'église de Nevers s'accordent pour nous .parler de la science et des vertus de saint Àré. Dès l'âge le plus tendre , il s'était adonné à l'étude de l'Écriture-Sainte : c'est là qu'il avait puisé cette charité ardente et ce zèle infatigable qu'il fit parattre pendant le cours de son épiscopat. Il partageait avec les pauvres tout ce qu'il possédait.

Une partie de son diocèse était encore adonnée aux superstitions du paganisme , il mit tout en œuvre pour les faire disparaître. On pense que ce fut lui qui ordonna prêtre saint Patrice , qui évangélisa la contrée située entre la Loire et l'Allier , qu'on nommait alors lo pays des Gentils, pagus Gentilicw*.

4 Michel Cotignon. — Baév. de Jean d'Albret.

2 Guy Coqhllb. — Anciens Bréviaires.

NOTICE H1STOH1QUE

Arrivé à un âge avancé , et ne pouvant plus déployer le même zèle, il avait recours au jeûne et à la prière, afin d'obtenir pour son peuple les bénédictions du Seigneur. Il assista et souscrivit au cinquième concile d'Orléans , en 549, et au second concile de Paris, en 551. Il mourut à Nevers vers 558.

Saint Aré , en parcourant son diocèse , avait visité deux saints anachorètes Euphraise et Auxile, qui avaient construit à Decize une chapelle en l'honneur de la sainte Vierge 1 . C'était là qu'il désirait que fût déposée sa dépouille mortelle.

Laissons Michel Colignon nous raconter lui-même les derniers moments du saint évêque et son convoi miraculeux : « Aré étant tombé malade audit Nevers , et se » sentant appelé de Dieu, ayant convoqué grande partie » de son clergé et du peuple , ordonna qu'après son » trépas son corps fût mis dans un bateau ou nacelle » sur la rivière de Loire, sans aucune personne, et » que Dieu disposerait du lieu de sa sépulture; dont » ayant reçu le saint viatique du précieux corps et " sang Jésus-Christ , les yeux levés au Ciel , rendit ►> l'âme à son Créateur ; son corps fut mis comme ci- » dessus dit , dans une nacelle , sur ladite rivière de » Loire étant alors fort grande , et sans aucun qui la » conduit , n'ayant qu'une croix et des cierges, et tout » le peuple dudit Nevers. Ladite nacelle monta le cours

1 Michel Gotigwn. — Pakmentikh. — Bnév. du Nknbhs.

SIR LES ÉYÊQUES DE NEA ERS.

» de l'eau jusqu'à sept lieues au lieu de Decize, ci-dessus » mentionné , jusqu où suivit la plus grande partie dudit » clergé et du peuple ravis de ce miracle, louant Dieu »» et invoquant leur saint patron, duquel le corps fut » honorablement inhumé au lieu de Decize , qui en porte • son nom. Peu après , fut bâtie une grande église » paroissiale, comme elle se voit à présent, en laquelle » il s'est fait plusieurs miracles, et jusqu'à aujourd'hui » ledit corps y repose et y est vénéré avec honneur 1 ! »

Pendant la tourmente révolutionnaire , les précieuses reliques de notre saint évêque furent retirées du

< On voit sur un bas-relief qui appartenait à feu M. Gallois, et dont neu* donnons le dessin , saint Aré en habits pontificaux étendu dans sa nacelle

NOTICE HISTORIQUE

tombeau qu'on voit encore dans la crypte de l'église <te Decize, et brûlées au milieu du chœur.

5. Eufrone (Eufroniut) fut le sucesseur immédiat de de saint Aré ; il assista aux obsèques du roi Childebert, en 558 ; il signa, en 566 , la charte qui confirmait les privilèges de saint Germain , et il mourut la même année.

6. Saint jEoladb (jEoladius) succéda à Eufrone; il assista au deuxième concile de Lyon , célébré par saint Nicet en 566. Avant sa mort il avait prié avec instance le Seigneur de lui donner saint Arigle pour successeur; sa prière eut son effet. D mourut vers 580 ou 581 1 le 28 août, jour auquel sa fête est indiquée dans les anciens livres de l'église de Nevers. C'est tout ce que nous savons de ce saint évêque , que plusieurs auteurs ont confondu avec saint Eulade, à cause de la ressemblance du nom.

Les auteurs de la Gallia Chrûtiana et Michel Cotignon prétendent qu'un tombeau, qu'on voyait autrefois dans l'église de Saint-Etienne de Nevers, renfermait le corps de saint jEoladc. Par men lier était d'un avis contraire, et regardait ce tombeau comme celui de saint Eulade.

Ce tombeau était anciennement placé dans un collatéral ; mais en 1523, quand on construisit l'autel

SUR LUS ÉVftQUBS DE NBVERS. 264

paroissial au milieu de l'église , le corps du saint fut déposé sous cet autel. La pierre qui le couvrait portait ces quatre vers latins que Claude Bredeau , avocat , y avait fait graver en 4 602 :

QUI3-QUIS AB OCCASU PROPERAS , QUIS-QU1S AB OBTU, CORPUS IN HOC TUMCLO QCOD VENERERIS HABES.

PRŒSUL EULADIUS HUJU8 QUONDAM PATER URBIS, ADVENTUM GAUDENS SUSTINET HIC DOMINI.

En 4771 on ajouta les deux vers suivants :

IMPLORARE VENI PER SANCTUM, GENS PIA, NUMEN , UT TUA SANENTUR CORPORA FESSA FEBRJ.

Eolade , de Nevers le pontife et le père ,

Dont le corps repose en ces lieux,

Du pèlerin exauce la prière;

Sur son tombeau déposez tous vos vœux.

Ami de Dieu, plein d'espérance,

Il attend le jour du Seigneur.

Venez, peuple pieux, implorer sa puissance; Du feu qui vous dévore il calmera l'ardeur.

On recourait, en effet, au tombeau du saint évôque pour obtenir la guérison de la fièvre ; il y avait même dans l'église de Saint-Étienne une confrérie établie à cette intention.

M> lia. HlSTOKlylK

7. Saim Aiuglk ( Ujricola) nat|ii it à Alise, aujourd'hui Sainte-lteine , de parents riches cl de haute distinction. Il fut l'ami de Fortunat , qui devint plus tard évèque de Poitiers.

Dans une pièce de vers que Fortunat adressa à notre saint évèque, il nous apprend qu'entré l)ien jeune en France, vers o75, il tut élevé dans la maison du père .le siinl Ariglc avec la même tendresse que s'il eût cle son propre fils. Après avoir parlé des honneurs auxquels le lils de son bienfaiteur avait été éle\é, de la noblesse de sa naissance, il exalte la pureté de sa foi , qui le fit choisir pour occuper le trône épiscopal ; puis il énumere les bienfails qu'il a reçus du père de saint Aligle, qui les confondait dans un même amour, et le prie d'entretenir en lui la précieuse semence que ce bon pere avait jetée dans son cœur \

l.e roi (iontran avait chargé Angle du gouvernement du Nivernais, ou du moins d'une» partie de ce pays; il su! , dans cette charge, allier la vertu aux honneurs. Harement une bonne éducation reste infructueuse ; Arigle n'oublia pas les leçons qu'il avait reçues dans la maison paternelle. Fa religion lui faisait un devoir de prendre la justice comme la règle de sa conduite, dans le gouvernement dont il était investi ; il observa ce devoir avec un soin scrupuleux, et parvint ainsi à se gagner tous les eunirs; sa réputation de sainteté devint

1 I "Mi VIT LiK III . ';}■ 2».

SUR LES ÉVÊOl'ES DE NEVERS

telle, qu'à la mort de saint jEolade tout le clergé et le peuple , réunis pour lui choisir un successeur , jetèrent les yeux sur Arigle; sans même délibérer, l'assemblée s'écria , d'une voix unanime , qu'Angle était digne du siège épiscopal.

La nouvelle de cette élection fut portée au roi Gontran, qui ne voulut pas s'opposer aux vœux du clergé et du peuple de Nevers , et donna son consentement.

Élevé à cette nouvelle dignité, Arigle se fit remarquer par la simplicité de ses mœurs , par sa prudence , sa douceur et sa charité ; il veillait tellement sur ses paroles que toutes concouraient à la gloire de Dieu et à l'édification du prochain.

Il assista , en 584 , au premier concile de Mâcon , en 583 au troisième de Lyon , et au second de Mâcon en 585. On présume aussi qu'il faisait partie de l'assemblée de Châlons, en 589, tenue par ordre du roi Gontran , au sujet du schisme des religieuses de Sainte- Croix de Poitiers , parce qu'il est nommé dans la lettre qui fut écrite par les pères aux évôques de la province de Bordeaux. On le regarde comme le fondateur de l'église de Saint-Vincent, à Nevers, où il établit une communauté de filles \ Cette église fut consacrée le Î2 janvier , fête du saint martyr.

Après avoir pendant treize ans porté avec courage et dévouement le fardeau de l'épiscopat , il s'endormit dans

< C'eet le premier monastère connu dans la ville de Nevers.

NONCE HISTORIQI'E

le Seigneur le 26 février 594. Le Martyrologe d'Amené, les anciens livres de l'église de Nevers, ainsi que le bréviaire imprimé par ordre de Jean d'Àlbrct, font mémoire de ce saint le 26 février. Les mêmes livres de l'église de Nevers en font aussi mémoire le 29 juin, époque à laquelle eut probablement lieu la translation de ses reliques. Sa fête fut transférée au 3 juillet, à cause de l'occurrence de la fête des saints apôtres Pierre et Paul.

Le corps de saint Ârigle fut déposé dans l'église de Saint-Vincent , qu'il avait 'fondée. Cette église portait au neuvième siècle le nom du saint évêque, et fut érigée en paroisse en 1075. Les précieuses reliques de notre saint prélat restèrent jusqu'en 1590 renfermées dans le tombeau où elles avaient été déposées , dans la crypte de l'église qui portait son nom ; mais à cette époque M* Arnaud Sorbin , évêque de Nevers , ouvrit le tombeau et en relira les ossements pour les déposer dans une châsse. Cette châsse fut placée dans une chapelle au coté droit de l'autel.

Au moment de la tourmente révolutionnaire, l'église de Saint-Arigic éprouva le sort de bien d'autres ; elle fut entièrement démolie et les reliques du saint furent dissipées. Cependant on eut le bonheur d'en sauver une partie, qui fut déposée dans l'église de Nolay. En 1818, une portion considérable de ces reliques fui solennellement transférée de Nolay dans l'église de Saint-Étienne de Nevers.

Les habitants de Nevers ont toujours recours à la puissante intercession de leur saint évêque , principalement dans les temps de calamités. Lorsqu'en 4 832 et en 1 849 le choléra exerçait ses ravages à Nevers , on descendit la châsse de saint Ârigle, et on l'exposa à la vénération des fidèles.

Ce fut du temps de saint Arigle que saint Aunaire , évêque d'Auxerre , convoqua le premier synode qui ait eu lieu en France. 'Au nombre des vingt-sept paroisses qui sont mentionnées dans les actes de cette assemblée, on trouve Varzy, Donzy, Colmery, Champlemy, Suillyla-Tour , Bargis , Mèves , Cosne , Alligny , Neuvy , Saint- Amand , Entrains , Bouhy , Bitry et Arquian et leurs dépendances ; et au nombre des monastères, ceux de Saissy-les-Bois , de Mannay , de Vulfin , qui prit plus lard le nom de Saint-La urent-1' Abbaye.

8. Furcilius ou Filcïlius , auquel quelques auteurs donnent le titre de saint , n'est connu que de nom , quoiqu'il ait été évêque de Nevers dix-neuf ans environ.

9. Rogus ou Rauracus succéda vers 61 3 à Furcilius; il reçut le dernier soupir de saint Outrille t archevêque de Bourges. Il engagea Théodulphe Baboleine, abbé de Saint-Maur-les-Fossés , à venir fonder l'abbaye de Notre-Dame pour y établir des religieuses. Ce fut vers le même temps que saint Colomban jeta les premiers

266 NOTICE HISTORIQUE

fondements du monastère de Saint-Etienne de Nevers. Rauracus assista au troisième concile de Châlons-sur- Saône , en 644 , et au concile de Clichy, en 653.

On sait que l'église de Nevers possédait déjà des propriétés dans le Quercy, mais on ignore quelle en était l'origine. C'est du temps de Rauracus que saint Didier, évéque d'Àuxerre, donna à son église les terres de Glamecy et de Fiez 1 , et que saint Pallade, successeur de saint Didier, érigea à Vergers, près de Suilly-la- Tour, une magnifique église en l'honneur du grand saint Germain.

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