‹ Mongraphie de la cathédrale de NeversChapitre 56 sur 69 · NOTICE HI9T0RIQUE SUR LES ÉVÊQUES DE NEYERS · texte numérisé non relu

NOTICE HI9T0RIQUE SUR LES ÉVÊQUES DE NEYERS

Ne vers le 3 avril. Nous avons vu , dans la première partie, Thollet comparaissant, l'année suivante, devant le tribunal révolutionnaire , qui tenait ses séances dans la cathédrale. Au mois de mai 1796, il souscrivit à la seconde lettre encyclique, dans laquelle les évèques, réunis à Paris, soutenaient la légitimité de leur élection. En 1800 , il assista au concile métropolitain de Bourges , tenu par les évéques iniria. Il fut chargé alors de la rédaction d'un nouveau catéchisme. Le concordat termina , l'année suivante , le schisme qui désolait l'église de France , et Thollet se retira dans son ancienne paroisse de Vandenesse , où il mourut.

CONCORDAT — LE DIOCESE DE NEVERS SUPPRIMÉ ET RÉUNI A CELUI D'AUTUN. I.'ABBÉ GROULT , ADMINISTRATEUR APOSTOLIQUE. — ÉVÉQUES D'AUTUN jusqu'au RÉTABLISSEMENT DU SIÈGE DE NEVERS. — KVÉQUES DE NE VERS DEPUIS LE RÉTABLISSEMENT DU SIEGE. — CONCLUSION.

n vertu du concordat passé à j|>) Paris , le 15 juillet 1801 , entre ^•tt.^r^N^ * e cardinal Gonsalvi et le premier consul, l'évêché de Nevers fut

l^?tAlT?' su PP rimé ; le département de la lyt Nièvre , composé de l'ancien diocèse de Nevers, sauf la lisière ^ss^iîqui borde les rives gauches de l'Allier et de la Loire , depuis Mornay jusqu'à La Charité, et d une grande partie des anciens diocèses d'Auxerre et d'Aulun , fut réuni au nouveau diocèse d'Autun.

336 NOTICE HISTORIQUE

Gabriel-François Moreau , ancien évéque de Mâcon , fut nommé à l'évêché d'Autun , et prit possession de son siège le 30 mai 4802]; mais il mourut le 8 septembre de la même année. Le vénérable prélat , âgé de quatre-vingts ans , s'était adjoint l'abbé Groult , comme vicaire général , titre qu'il lui avait déjà conféré autrefois, lorsqu'il était évêque de Mâcon; comprenant que son grand âge ne lui permettrait pas de se consacrer à l'administration de ce vaste diocèse , il demanda, pour son vicaire général, le titre d'administrateur apostolique. Le cardinal Caprara , de concert avec le gouvernement français , consentit à cette demande , et , à cet effet , conféra à l'abbé Groult tous les pouvoirs qui lui étaient nécessaires. Ce fut sur ces entrefaites que l'évêque d'Autun vint à mourir.

Claude -Philibert Groult , docteur de l'ancienne Sorbonne et vicaire général de Mâcon , avait été obligé, comme la plupart des prêtres fidèles à leur devoir, de fuir sa patrie ; il fut errant sur la terre d'exil , jusqu'à la nouvelle du 1 8 brumaire 4 799. Il pensa qu'il pouvait se mettre alors en route pour la France. A la mort de Gabriel-François Moreau, rien n'était encore organisé dans ce vaste diocèse ; ce fut l'abbé Groult qui , en sa qualité ù' administrateur apostolique, érigea , au mois de novembre 4802, le chapitre de l'église cathédrale, nomma deux vicaires généraux , et pourvut de pasteurs la plupart des paroisses ; en sorte que l'administration

diocésaine se trouvait déjà régulièrement établie . quand François de Fontanges fut appelé à occuper le siège d'Autun.

L'abbé Groult vint à Ne vers au mois d'avril! 803, et fut chargé de l'administration de cette partie du diocèse d'Autun ; ses moyens d'action étaient excessivement restreints , il parvint cependant à fonder un certain nombre d'établissements. En 4807, il travailla à procurer aux Sœurs de la Charité l'ancienne maison de la Visitation. L'année suivante, il établit à Nevers un petit séminaire ; il contribua , plus tard , à réunir les Ursulines , les Carmélites et les Visitandines ; personne n'ignore qu'il fut un des fondateurs des Frères des écoles chrétiennes. Après le rétablissement du siège de Nevers, en 1823 , il devint le premier vicaire général de nosseigneurs Millaux, d'Auzers, Naudo et Dufôtre. Sa piété tendre, sa charité sans bornes, son zèle infatigable, ses connaissances variées, lui avaient mérité l'affection et la vénération de tout le clergé. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-sept ans, le 1 9 août 1 847.

François de Fontanges , qui prit possession de l'évêché d'Autun, le 30 mars 1803, avait été successivement, avant 1791 , évêque de Nancy, archevêque de Bourges, puis de Toulouse. Le 28 novembre 1804, il vint à Cosne, où il reçut le souverain pontife Pie VII. Il mourut, dans une épidémie, à Autun, le 6 janvier 1 806, victime de son dévouement.

F.uukn-Skp.vstikn hir.KHTiKS lui succéda : il fut sacré dans la chapelle des Tuileries le 8 décembre 4806. Pendant les mois de septembre el d "octobre 1808, il visita les principales paroisses du Nivernais, et y administra le sacrement de Confirmation. Il mourut à Autun le 2.'i janvier 18 11).

Hoai- Éïiknnf. hé Viciiy avait été vicaire- général d'Evreux , aumônier de la reine Marie-Antoinette et de madame la duchesse d'Angoulème. En 1817, il avait élé élu évèque de Soissons-, nommé à l'évéché d'Autun, le 30 juillet 1819, il lut sacré le 28 octobre suivant. Au mois de septembre 1820, il vint à Ncvers , où il administra le sacrement de Confirmation.

Le 1 1 juin 1817, un concordai avait été passé entre le pape Pie VII et Louis WI1I. En vertu de ce concordat, le 27 juillet suivant, le souverain pontife donna une bulle, <iui établissait quarante-deux nouveaux sièges en France. Le siège de Nevers se trouvait compris dans ce nombre, mais il ne fut occupé qu'en 4823. L'évèque d'Autun continua jusqu'à cette époque de gouverner le diocèse de Ne vers.

H ÉTABLISSEMENT DU SIÈGE. — Te fut en 1823 que

le diocèse de Ncvers fut reconstitué , mais il ne conserva pas son ancienne circonscription ; le nouveau diocèse eut les même* limites que le département de la Nièvre.

101. Jean-Baptiste-François-Nicolas Millaux, fut le premier évéque, après le rétablissement du siège; il était né à Hennés, le 25 novembre 1756. Ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, il fut obligé de s'exiler, en 1792. il rentra en France vers la fin de l'année 1 800. En 1809, il devintsupérieur du grand séminaire de lionnes, puis chanoine et vicaire général. Appelé à occuper le siège de Nevers , il fut sacré à Paris, le 6 juillet 1823, et le 31 du même mois, il fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale, où on l'accueillit avec une joie et un enthousiasme difficiles à décrire. Le soir, les monuments publics furent illuminés; au sommet de la tour de la cathédrale, on voyait scintiller une croix gigantesque, tandis que la croix de mission cl tous les ornements qui entraient dans la composition de ce monument , se dessinaient en traits de feu. Vers les dix heures du soir, le nouvel évéque voulut jouir de ce ravissant spectacle, et, après avoir fait sa prière au pied de la croix , il adressa , du haut du calvaire , la parole à la foule, qui couvrait la place. Le 1 5 août, il érigea le nouveau chapitre de l'église cathédrale.

En arrivant dans ce diocèse, il avait à s'occuper de l'organisation du grand séminaire, en même temps qu'il devait pourvoir au développement du petit séminaire , afin de combler plus tard les vides faits dans le sanctuaire ; dans ce but , il se détermina à fonder, à Nevere , une succursale du petit séminaire. Absorbé par

\i>in:i, iiiMOhioi i.

le soin de ces établissements, il n'avait pu effectuer un désir qu'il éprouvait depuis long-temps , qui était de ménager à son clergé une retraite annuelle. Enfin , le grand séminaire se trouva disposé de manière à pouvoir recevoir les piètres du diocèse; le 9 octobre 1827, commença la première retraite ecclésiastique, et le 21 août de l'année suivante, on put renouveler ces salutaires exercices. Il mourut à Nevors, le 19 février 1829, à la suite d'une cruelle maladie, qu'il supporta avec une admirable patience.

Sous lépiscopat de Jean-lîapliste-François-Nicolas Millaux commença le mouvement , qui devait, sous ses successeurs, prendre de plus grands développements; nous voulons parler des restaurations et des constructions d'églises. Le 25 septembre 1827, ce prélat avait consacré la nouvelle église de Chàteauneuf ; l'année suivante, on reconstruisit celles de Couloulre et de Mcneslreau. Ce fut aussi de son temps, en 1827, que les Sœurs de la Sainte - Famille vinrent s'établir à Nevers. En 1828, les Ursulines prenaient possession de leur nouveau monastère, dans la même ville.

102. Ciiari.es de Pouiet u'Alzeks , naquit au château d'Auzers , en Auvergne, le 1 I mai 1771 . Il était sur le point de recevoir le sous-diaconat , quand la révolution éclata. 11 rentra en 180(3 au séminaire de Saint-Sulpice, où il reçut les saints ordres. Elexé au sacerdoce, l'abbé d'Auzers revint dans sa famille, en 1808, el exerça dans

sa paroisse les fonctions du saint ministère, sans cependant avoir le litre de curé. En 4846, il fut nommé curé de Mauriac. Ce fut alors qu'on vit briller, dans tout leur jour, les vertus qu'on avait déjà remarquées en lui, au séminaire et dans la maison paternelle. Sa charité était sans bornes-, il en donna des preuves éclatantes dans les tristes années de 4846 et de 4847.

En 4822, il fut nommé chanoine, vicaire général et officiai d'Amiens , fonctions dans lesquelles il se fit remarquer par de rares talents en administration. Appelé à succéder au vénérable Jean-Baptiste-François- Nicolas Millaux, il fut sacré, dans la chapelle du séminaire de SaintrSulpice, le 6 septembre 4829.

Jusque là, son prédécesseur n'avait pu rentrer en possession du palais épiscopal , construit aux frais des anciens évêques ; on lui avait abandonné à regret un coin de ce palais. Monseigneur d'Auzers vint à bout d'en obtenir la restitution pleine et entière.

n s'était fait un devoir de ne perdre aucun instant; aussi, comme il regrettait le temps que venaient lui enlever certaines visites, qui n'avaient pas pour but les intérêts de son église 1 II savait se soumettre aux circonstances , mais sans faiblesse ; souvent , à la suite des événements de 4830, il a fait preuve d'énergie et de fermeté.

Cette charité pour les pauvres, qu'on admirait en lui, lorsqu'il n'était encore que simple prêtre, ne connut plus de bornes , quand il fut élevé à lépiscopat.

Noili I- IIIS'lOKIOlK

Un jour, qu'il déposait d'abondantes aumônes entre les mains de M. l'abbé Imbert , curé de la cathédrale, celui-ci crut de\oir lui faire quelques observations, sur son excessive charité : « Mon cher curé, lui répondit le » prélat, un éséque ne doit rien garder, tant qu'il y a » des besoins à satisfaire; c'est à vous de me les faire » connaître, et vous serez responsable devant Dieu, si » je les ignore. »

Atteint d'une tluxion de poitrine, il comprit que sa fin était proche; il réclama aussitôt les derniers sacrements , qu'il reçoit avec une tendre piété , et le 9 février 18:$i, il s'endormit du sommeil des justes.

Le premier administrateur du département 1 , en apprenant la mort du prélat, lit, en peu de mots, son éloge : Le diocèse de I\ccers ne sait pas ce qu'il perd.

.Nous avons fait remarquer, sous l'épiscopat de monseigneur Millaux , le momement qui déjà portait les populations à reconstruire ou a restaurer leurs églises, jusquesalors trop négligées. Pendant que monseigneur d'Auzcrs occupait le siège de devers , les communes de Lulhenay, de Sermoise, de Saint-Parizcle-Chàlel, s'imposèrent de généreux sacrifices, dans le but de réparer leurs églises , tandis qu'on en construisait de nouvelles à Dornecy et à Brèves.

On voyait en même temps se fonder, sur différents points du diocèse, des établissements religieux; les

< M -. j.| . |«'t iji l,i N 1 1 .

SLR LES ÉVÊQUBS DE NEVERS.

Sœurs de la Charité de Nevers prenaient possession des maisons d'Agrié, de Lormes, d'Asnan, de Varennesles-Nevers; on leur confiait aussi la direction de l'hospice départemental de La Charité ; et , pour la première fois , des salles d'asile étaient ouvertes aux enfants de Nevers.

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403. Paul Naudo , né aux Angles, département des Pyrénées -Orientales, le 22 octobre 1794, était supérieur du grand séminaire de Perpignan et vicaire-général de ce diocèse , quand il fut nommé à l'évêché de Nevers, le 22 juin 1834. Sacré à Paris, le 9 novembre de la même année, il fit son entrée solennelle au mois de décembre suivant. Par une ordonnance, en date du 10 mars 1838, il établît dans le diocèse de Nevers les conférences ecclésiastiques. On continua , sous son épiscopat, à édifier de nouvelles églises, telles que celles deDornecy, Brèves, La Machine, Fourchambault , Saint-Aubin, Villiers-sur- Yonne , et on exécuta d'importantes restaurations à la tour de la cathédrale, aux églises de Saint-Révérien , de Corvold'Embernard et de Donzy. Au mois d'août 1842, ce prélat fut transféré au siège d'Avignon. Le jour de Pâques1848, il officiait pontiHcalement dans son église métropolitaine, quand il fut frappé d'une attaque

104. Monseigneur Domïnique-Auglstin Dufêtre, né à Lyon le 17 avril 1796, était vicaire-général de Tours,

xie foudroyante , en terminant sa messe.

NOTICE IIISTOHIOI K

quand il lut nomme au siège de Nevers. Dès l'âge lo plus tendre, sa vocation pour l'état ecclésiastique se manifesta (l'une manière si évidente, que le cardinal Fesch ne balança pas à l'admettre à la tonsure au mois de mai 1807, quoiqu'il n'eût encore que onze ans. Cinq ans plus lard, il terminait ses humanités, et au mois de juillet 181.2 , il sortait avec honneur des épreuves du baccalauréat. A 1 âge de dix-neuf ans, il fut chargé* de la direction du petit séminaire de Sainl-Just , à Lyon. En 1817, par les vœux du sousdiaconat, il s'engageait irrévocablement au service de r église , et l'année suivante , après son admission au diaconat, pensant que Dieu ne lui avait pas donné en vain le goût et les talents pour la prédication , il se retira du petit séminaire de Saint-Just, pour entrer dans la maison des Chartreux de Lyon , qui était un séminaire de missionnaires; nous devrions dire un séminaire d'évèques, car de celle maison sont sortis un grand nombre de nos plus illustres prélats 1 . 11 appartenait à cette société, quand il reçut, en mars 1819, l'onction sacerdolalo.

Tels furent les commencements de la \ie tout apostolique ii laquelle se consacra monseigneur Dufèlre.

1 Outre MmiM'i^iK iir hufWiv , >mi !'jm,irnr t < \r r;udin;i] L'onuet , ;irelii'\o<jue de l!onli\ui\ , MiMiM'L'iK-ui- Mu>l;iMil. .m lit \ <*<|no do TouIouh' . Morwi^niMir de Cn ix i!'A/nl»>iit' , ;nvlirvnjur <i 'Ain h , Mohm 'um ur Cuur, é\éiiue de Tïou»>, .Monseigneur Loin-, évè.juo dis l'Iotides. uni ;ip|>mlenu ;ï l;i maison >!■■- l'iun lieux

SLR LES ÉVÊtfUES DE NEVERS.

Cependant la maison des Chartreux fut dissoute ; alors le jeune missionnaire exerça , comme vicaire , les fonctions du saint ministère dans l'église de Saint- Polycarpe , à Lyon ; puis , dix-huit mois après , il obtint de ses supérieurs l'autorisation de suivre l'attrait qu'il éprouvait pour le ministère apostolique. Il n'est point de diocèse en France qui n'ait entendu sa voix. Non content de prêcher des missions dans les paroisses et des retraites dans les communautés , il s'était adonné d'une manière toute spéciale aux retraites pastorales. Ce fut après plusieurs missions prèchées à Tours et dans les villes voisines , que monseigneur Du Chilleau , archevêque de Tours \ le nomma son premier vicaire général , au mois de novembre 4824. Monseigneur de Montblanc , coadjuteur de monseigneur Du Chilleau , puis son successeur, lui conserva son titre de vicaire général , et lui témoigna la même confiance jusqu'à sa mort, qui arriva en 4844.

En 4 842, monseigneur Dufètre fut appelé à occuper le siège de Nevers. Quelques années auparavant, en 4 837 , il avait prêché à Nevers une retraite ecclésiastique, qui avait laissé des impressions ineffaçables dans l'esprit du clergé de ce diocèse; aussi, quand on apprit la nouvelle de sa nomination, la joie fut générale, et, de toutes parts , on adressa à Dieu de sincères actions de grâce.

1 Monseigneur Du Chilleau avait été avant la révolution évoque de Chalonsi «wr-Saône, et aumônier de la reine Marie-Antoinette.

NOTICE IIISTOIUOI.E

11 n était qu'évoque twmtnt , quand il assista à la translation d'un bras de saint Augustin, de Pavie à Hippone, le 30 octobre 1842. Cette précieuse relique fut déposée sur l'autel , élevé à l aide des souscriptions de l épiscopat français. Dans cette circonstance, l'évèque nomme de Nevers fit l'éloge du saint docteur, dans le lieu même, qui avait retenti de ses éloquentes paroles, plus de quatorze siècles auparavant, et, à cette occasion,

11 ajouta le nom d'Augustin à celui de Dominique, qu'il avait reçu autrefois sur les fonts sacrés du baptême.

La cérémonie du sacre était indiquée pour le

12 mars 1813, dans l'église primatiale de Saint-Jean de Lyon; un certain nombre de prêtres du diocèse s'empressèrent de se rendre à cette imposante solennité, et de déposer aux pieds de leur nou\el évèque , tant en leur nom personnel qu'au nom de leurs confrères , les témoignages de leur respect filial et de leur dévouement. Monseigneur de Bonald , cardinal-arche\ èque de Lyon, pontife consécrateur, était assisté de monseigneur Donnet, archevêque de Bordeaux , et de monseigneur de Bruillard , évèquc de Grenoble.

Le 21 du même mois , monseigneur Dufètre fit son entrée solennelle dans sa \ille épiscopale.

A son arrivée dans son diocèse , il songea à resserrer les liens de la discipline ecclésiastique; à cet effet , il convoqua , la même année, un synode ; c'était le premier tenu en France depuis noire grande révolution. Après la messe solennelle, célébrée p.u le prélat , dans la

cathédrale , pour l'ouverture du synode , le chapitre de Saint-Cyr, les curés d'arrondissement, les curés de canton, et les plus anciens curés-desservants de chaque canton , ainsi que les aumôniers des communautés , se réunirent à l'évêché , dans la salle synodale , pendant trois jours consécutifs. Plusieurs fois depuis , il renouvela ces saintes assemblées, si propres à entretenir dans le clergé la ferveur, la charité et l'unité d'action \

La même année, le 4 juillet 184S, monseigneur Dufêtre fit la consécration solennelle de l'église de Donzy.

Il favorisa et dirigea le mouvement, qui déjà s'était manifesté dans le diocèse , pour les études archéologiques, et il fut assez heureux pour voir ses efforts couronnés de succès.

Les églises de La Maison-Dieu , deLaCelle-sur-Nièvre, d'Arbourse , des Places , rappelèrent nos beaux édifices religieux du moyen-âge , et méritèrent les honneurs d'une consécration solennelle; l'église de Chalaux , quoique de moindre importance, et la chapelle de Varennes-les-Nevers , se firent aussi remarquer par leurs gracieuses proportions. Enfin , on restaura avec intelligence un grand nombre d'anciennes églises, parmi

\ Dans l'assemblée synodale de <S48, hit créé le tribunal de l'oflicialité diocésaine

.'US NOTICE HISTORIOl'E >CR LES É\ IDOLES DE NEVERS.

lesquelles on peut cilcr relies de Decize, de Menou , de Colmcry, d'Isenay, de Marzy, elc. V

Monseigneur Dufèlre, voulant établir dans son diocèse une organisation plus en rapport avec l'esprit et l'antique usage de l'église, le divisa en deux archidiaconés , six archiprèlrés , et vingt-six doyennés.

Il fut un des Pères du Concile provincial de Sens, qui s'ouvrit le 3 septembre 1850.

Par une lettre pastorale, en date du M avril 1852 , saint jour de Pâques, Monseigneur annonça à son clergé qu'il se disposait à partir pour Home , afin de déposer aux pieds de l'illustre Pie IX l'hommage de son dévouement, de lui faire part de l'étal de son diocèse, et de connaître ses \olontés, pour s'y conformer. Le 21 du même mois, il quittait sa ville épiscopale 2 , elle 2 du mois de mai il entrait dans la ville éternelle. Le 24 mai, le prélat, après avoir reçu plusieurs fois, de la part du Saint-Père, les témoignages d'affection les plus \ifs, et d'abondantes bénédictions pour lui et son diocèse , se remit en route pour la France, et arriva à Neveis le 19 juin, animé d'un nouveau zèle pour le salut des âmes qui lui sont confiées.

1 Dans ce moment, plusieurs églises sont encore en voie de construction, telles que colles cTAnpiian. de Soint-Lcgcr-ilu-FoiiL'ercl , de Mari-ny-sur- Yunne.

2 L'auteur était l'heureux compagnon de Monseigneur Diifetre, dans < o l»eau et si intéressant \nvat:»*

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