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EN ECOSSE

ce champ; si vous vous y décidez, je m'offre à commande der Pavant-garde. » Ces mots firent tomber toutes les oppositions, et Monk, la pique à la main, à la tête de ses soldats, força le passage, que les Écossais, surpris d'une charge si vigoureuse , ne défendirent pas longtemps. Ce succès décida la victoire.

Lorsque Cromwell fut obligé de rentrer en Angleterre pour aller chercher et combattre Charles II à Worcester 4, il laissa Monk achever, avec six mille hommes, la réduction de l'Ecosse ; il lui laissa aussi l'exemple de sa conduite en Irlande, et probablement ses instructions à suivre. Monk était persuadé que les hommes font la force des places : a le meilleur de tous les remparts, disait-il, « c'est la chair humaine. » Il se détermina à ne laisser debout aucun courage ennemi. Des attaques rapides, de sanglantes exécutions intimidèrent partoutla résistance. La faiblesse ne sauva pas toujours, la bravoure ne fut pas toujours respectée. Monk assiégeait Dundee, où avaient été déposées, comme dans une place de sûreté, toutes les richesses de l'Ecosse méridionale. Lunsden, gouverneur de la place, et remarquable par sa valeur, fut sommé de se rendre. Pour toute réponse, il fit offrir aux assiégeants, s'ils voulaient se rendre eux-mêmes

1 Le 3 septembre 1631. Environ un mois auparavant, Charles II s'était brusquement décidé à porter la guerre d'Ecosse en Angleterre, et Cromwell s'était hâté de l'y suivre.

avec armes et bagages, des passe-ports pour retourner chez eux. La ville, bravement défendue, mais mal gardée par des soldats toujours ivres, fut prise d'assaut après quelque résistance, et Monk fit passer de sangfroid au fil de l'épée Lunsden et huit cents hommes de garnison. Un cri général s'éleva contre cette barbarie *;. Les panégyristes mêmes ont paru croire qu'une

i « Monk, dit lord Wharncliff, est accusé de cette atrocité, sur l'autorité de Ludlow (Mémoires de Ludlow, t. II, p. 102, dans ma Collection). Mais il faut se souvenir que Ludlow écrivait ses Mémoires longtemps après (il les a terminés en 1669), très-loin (en Suisse), et probablement, leur contenu l'indique, d'après ses seuls souvenirs. Monk était d'ailleurs un de ceux par qui Ludlow avait vu sa cause trahie, et il le détestait. D'autre part, non-seulement les biographes de Monk ne disent rien de cette affaire, mais Whitelocke, quoiqu'il parle du pillage, tel, dit-il, que « les soldats devinrent riches et élé- « gants, et qu'on distinguait à peine un soldat d'un officier, » ne fait aucune mention de cette barbarie, et dit, d'après les lettres venues d'Ecosse, que la ville fut enlevée en un quart d'heure, et que sept à huit cents Écossais furent tués dans l'assaut. La continuation de la Chronique de Baker, ouvrage qui a de l'autorité pour tout ce qui regarde Monk, contient, sur cette affaire, un récit détaillé dont il n'y a point de raison de douter : « Le gouverneur, dit-elle, avec quelques « autres, se réfugia d'abord dans une église; mais ils furent enfumés « par de la paille brûlée, et ils se rendirent à merci à un capitaine « Kelly, du régiment du colonel Morgan, qui conduisit le gouverneur • au général avec le projet de demander pour lui la vie sauve, à cause « de sa vaillante conduite pendant le siège; mais, en chemin, ils ren- « contrèrent le major Butler qui, dans un accès de barbarie, brûla la «cervelle au gouverneur. » (P. 269, édit. de 1674.) Ce récit est confirmé par sir Philippe Warwick dans ses Mémoires, et il ajoute que «Monk enfuttrès-troublé. » Monk n'était probablement pas plus scrupuleux en pareille circonstance que beaucoup d'autres militaires, et il pouvait fort bien, en cas de nécessité, donner un ordre cruel; mais il n'était pas naturellement cruel. Ses contemporains, entre autres Whitelocke et Clarendon, rendent de lui ce témoignage. »

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