EN ECOSSE
violente maladie, à laquelle Monk faillit succomber quelque temps après, pouvait être regardée comme un châtiment des terribles services qu'il avait rendus dans cette guerre. On remarqua aussi que soixante bâtiments, chargés du butin fait à Dundee, périrent en vue du port et presque sans tempête, avec les trésors qu'ils transportaient en Angleterre, comme si la Providence eût voulu au moins marquer de quelque signe de sa colère l'odieux succès qu'elle avait résolu de souffrir. La politique indifférente qui avait combiné de pareilles cruautés réussit en Ecosse comme en Irlande; tout se soumit. La route d'Edimbourg était infestée de brigands, connus sous le nom de moss troopers; Monk les poursuivit, les enleva dans leurs. retraites de Darlton, et au désordre succédèrent au moins les apparences de la paix.
Après un court séjour en Angleterre pour rétablir sa santé, Monk, au commencement de 1652, repartit pour l'Ecosse avec Saint-John, Vane, Lambert et quelques autres commissaires envoyés, ainsi que lui, pour travailler à l'union des deux nations. Particulièrement chargé, selon toute apparence, des secrètes instructions de Cromwell, Monk se montra en Ecosse vigilant et rigoureux contre les Presbytériens, favorable aux royalistes, débris du parti deMontrose; et, malgré le souvenir de ses récentes cruautés, il posa dès lors les bases de cette popularité monarchique qui, en dépit des
apparences contraires, tourna constamment vers lui les espérances des Stuart et de leur parti.
La guerre avait éclaté entre l'Angleterre et la Hollande. Les deux républiques n'avaient pu vivre plus de deux ans en paix. En 1653. Monk fut adjoint à l'amiral Blake et à l'amiral Dean pour le commandement de la flotte. Le 2 juin, les Anglais, forts de quatre-vingt-quinze vaisseaux, et les Hollandais, au nombre de quatrevingt-dix-huit, se rencontrèrent et s'attaquèrent sur les côtes de Flandre. Blake était séparé du gros de la flotte avec une escadre de dix-huit vaisseaux. Tromp commandait la flotte hollandaise. Dean fut tué à côté de Monk dès la première bordée; Monk jeta son manteau sur le corps de l'amiral, défendit d'abattre le pavillon, força les Hollandais à la retraite , et les poursuivit toute la nuit. Le lendemain matin, renforcé par la jonction de Blake, il attaqua les ennemis, leur prit onze vaisseaux, en coula six à fond, et obligea le reste de fuir. Le bruit se répandit en Europe qu'il avait été tué. Le 31 juillet, les deux flottes en vinrent de nouveau aux mains. Les Hollandais, qui étaient allés se réparer dans leurs ports, avaient l'avantage du nombre Monk, pour ne pas employer ses vaisseaux à garder les prises, ordonna de couler à fond tous les bâtiments dont on s'emparerait Trente périrent avec leurs équipages, et Tromp fut tué dans l'action au moment où; l'épée à la main sur le pont de soa vaisseau* il encoura-