U LETTRE LE CHARLES ÎI
ments envers la dynastie proscrite une confiance qu'il n'autorisait jamais de manière à être ensuite obligé de la décpurager.
Serviteur de Cromwell, espoir du parti royaliste, inflexible à écarter des affaires toute intervention immédiate du Seigneur, Monk était nécessairement l'objet delà haine des fanatiques religieux et politiques. Elle avait éclaté dès les premiers temps de son séjour en Ecosse. Overton, major général de son infanterie, enthousiaste millénaire et chef des mécontents, avait formé le projet de s'emparer du commandement et de se déclarer contre Cromwell. Les conspirateurs devaient surprendre Monk à Dalkeith, le 1er janvier 1556 : quelques-uns voulaient qu'on le tuât; un ministre, Samuel Oates1, s'y opposa, menaçant, si on persistait, de tout révéler. Cet obstacle fit remettre la conférence à un autre jour. Monk, instruit du projet, fit, vers la fin de
i M, Maseres, dans ses Select tracts, etc., a supposé que cet Oates, dont Price, qui rapporte le fait, ne donne pas le prénom, était le fameux Titus Oates. J'avais exprimé des doutes sur cette assertion (voir ma Collection des mémoires relatifs à la révolution d'Angleterre, Mémoires de Price, page 148-note), mais sans alléguer d'autres motifs que l'impossibilité du fait. L'erreur est maintenant prouvée r l'Oates dont il s'agit ici est Samuel Oates ou Otes, chapelain du régiment du colonel Pride, comme on le voit par sa signature apposée au bas d'une lettre adressée par plusieurs hommes du parti au major Holmes, major du régiment de Monk.
(Lettre du 18 décembre 1644 interceptée. Thurloe, Staie papersp t. 111, p. 30.)
décembre, arrêter et conduire à Londres Overton et quelques-uns de ses complices; un grand nombre d'autres furent cassés, et Monk profita de l'occasion pour sévir dans son armée contre ce qui lui était le plus antipathique, le fanatisme et l'indépendance.
Cette conspiration fut la seule dont il eut à se garder pendant son séjour en Ecosse. Les complots royalistes étaient plus nombreux à cette époque. Ils se multipliaient autour de Cromwell; mais, du côté de Monk, les efforts du parti se dirigeaient dans un autre sens. Dès l'année 1655, il avait reçu de Charles II la lettre suivante :
« Quelqu'un qui croit bien connaître votre caractère et vos inclinations m'a assuré que, malgré tant de malheurs et de fâcheux accidents, vous conservez pour moi votre ancienne affection, et que vous êtes déterminé à la montrer lorsque l'occasion deviendra favorable. Je ne vous en demande pas davantage. Attendons patiemment cette occasion qui s'offrira peut-être plus tôt que vous ne pensez ; soyez prêt au moment; et, en attendant, prenez garde de ne pas tomber entre les mains de ceux qui savent le mal que vous êtes en état de leur faire, lorsque les conjonctures y prêteront, et qui ne peuvent manquer de soupçonner que vos affections se tournent, comme j'en ai la confiance, du' côté de votre affectionné ami. ce Charles R. »
Cologne, 12 août 1656.