RICHARD CROMWELL GOMME PROTECTEUR
sur lesquels il peut compter, et quelques-uns des gen~ tilsliommes influents des différents comtés, parmi lesquels il lui nomme sir George Booth.
Le nouveau Protecteur fut proclamé à Edimbourg froidement, avec l'indifférence qu'on apporte à une cérémonie insignifiante. On se sentait hors de la portée du pouvoir qui tâchait alors de s'établir en Angleterre, et sans intérêt dans ses destinées. «Pourquoi pas plutôt « le vieux George Monk?disaientles soldats et lessous- « officiers ; cela lui conviendrait bien mieux qu'à ce « petit Dick. » Après cet acte d'adhésion, Monk, à l'abri des orages qui se préparaient au loin, résolut d'attendre le moment où viendrait s'offrir à lui le parti le plus sûr, et, en attendant, de n'en adopter ou rejeter aucun.
L'argent manquait à Richard ; pour en avoir, il fallait assembler un parlement. On le remplit, autant qu'on le put, de créatures de Cromwell. Mais un parlement, quel qu'il fût, était incompatible avec le gouvernement de l'armée, seul appui du pouvoir protectorat; et le parti républicain, le seul alors qui osât remuer, était entré dans la chambre des communes en assez grand nombre pour gêner au moins les mesures du Protecteur et de sa cour. Richard n'aimait ni les républicains, incommodes à une autorité qu'il enviait peu, mais qu'il voulait posséder à son aise, ni les Indépendants fanatiques, qui formaient la portion active de l'armée, et dont l'exaltation répugnait à son bon sens naturel et