‹ MonkChapitre 19 sur 88 · LE LONG-PARLEMENT · texte numérisé non relu

LE LONG-PARLEMENT

d'Ecosse les officiers les plus dévoués à leur général. Monkfit ses représentations; et en attendant, de l'aveu du parlement lui-même, il garda ses officiers jusqu'à l'arrivée de ceux qui devaient les remplacer, et qui n'arrivèrent point.

Cependant les choses marchaient rapidement vers la crise ; l'instant de se décider approchait, et la circonspection de Monk lui-même fut près de se laisser surprendre. La plupart des comtés de l'Angleterre se préparaient à soutenir sir George Booth, qui, à la tête du parti presbytérien, avait pris les armes le 1er août 1659, dans le comté de Chester, en apparence pour obtenir l'élection d'un parlement libre, ou du moins le rétablissement du parlement dans son intégrité, par la rentrée des membres qu'en avait exclus Cromwell. Les royalistes ne devaient point paraître; mais les chefs des ( deux partis agissaient de concert, et parmi les agents il en était bien peu dont l'illusion ne fût le fruit d'une grande complaisance à se laisser tromper. Des deux côtés, on jeta les yeux sur Monk comme sur l'homme nécessaire; autour de lui s'agitaient les intérêts divers, s'efforçant d'ébranler son apparente immobilité. Dans son intérieur même, soit hasard, soit habileté, les divers partis avaient leurs représentants: Price, chapelain du général, royaliste et anglican dans le cœur, son intermédiaire avec les Cavaliers d'Ecosse, et qui, en le pressant chaque jour de venir

Page 1