ET CONTINUE A NÉGOCIER
premiers et un nombre égal de commissaires anglais, se réuniraient à Àlnwick, ou dans toute autre place hors du pouvoir de l'une ou l'autre armée, pour y traiter définitivement des conditions de la paix. Les envoyés du Comité de sûreté repartirent pour Londres le 20 novembre avec ce message, et Monk remit cette affaire aux mains d'un comité de confiance chargé de toute sa correspondance politique, et sur lequel il s'en reposait du soin d'entretenir C3tte guerre de plume, ainsi que de rédiger les proclamations, protestations, déclarations de principes, qu'il voulait pouvoir mettre de côté ou désavouer au besoin. Ses propres commissaires revinrent de Londres, s'excusant comme ils purent. Wilks, dont les raisons ne furent pas trouvées suffisantes, fut arrêté, mais relâché ensuite. Le refus de ratifier le traité redoubla à Londres les inquiétudes du petit nombre d'hommes politiques que les officiers de l'armée d'Angleterre avaient cru devoir s'associer dans leur étrange gouvernement. Trop clairvoyants pour se laisser tromper par des artifices calculés pour des soldats, ils se voyaient avec anxiété enlacer par degrés dans des fils encore faciles à rompre. Vainement avaient-ils insisté pour que, dès le premier moment, laissant de côté tout délai et, s'il le fallait, tout espoir de négociation, l'armée de Lambert se hâtât de saisir le moment favorable à la victoire. La faction étourdie qui dominait à Londres, arrivée au pouvoir par des coups de main, se crut dispensée de toute
prévoyance, écarta toute réflexion importune, et s'endormit dans la sécurité de son triomphe jusqu'au moment où elle devait se réveiller dupe et vaincue.
Monk se mit en marche vers Berwick à la tête de six bons régiments d'infanterie, quatre de cavalerie, incomplets et mal montés, en tout six ou sept mille hommes bien payés, bien disciplinés, faits au travail, à la fatigue, à la dureté du climat d'Ecosse. Lambert en avait à Newcastle huit ou dix mille, bien montés, bien équipés, mais sans argent, sans discipline, habitués à l'aisance, désaccoutumés de la guerre : plusieurs d'entre eux étaient disposés au respect du parlement chassé, et sans goût pour la cause qu'ils allaient avoir à défendre ; d'autres étaient attachés au parti de Fleetwood, et peu ardents à favoriser les succès de Lambert. La nouvelle du refus qu'avait fait Monk de ratifier le traité produisit sur eux un si fâcheux effet que Lambert sentit la nécessité de hâter, s'il était possible, les négociations; et en arrivant à Berwick, le 6 décembre, Monk y trouva le colonel Zanchey qui venait, de la part du général de l'armée d'Angleterre, presser la nomination des deux nouveaux commissaires, et demander qu'on reprît aussitôt le traité, sans addition de nouveaux articles. Adressé au comité de correspondance de Monk, Zanchey n'en reçut qu'un refus positif de se départir des résolutions annoncées ; et le persiflage de quelques officiers put lui faire comprendre qu'il lui restait peu de moyens d'agir sur des