‹ MonkChapitre 34 sur 88 · D'ANGLETERRE (8 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

D'ANGLETERRE (8 DÉCEMBRE

gens qui ne le craignaient plus assez pour prendre la peine de le tromper. Dans l'après-midi, on apprit que les dragons de Lambert, poussés par la disette d'argent, avaient fait une incursion dans le Northumberland, dans l'espoir de s'emparer de sommes considérables appartenant à lord Grey de Wark, mais qu'on avait eu soin d'enlever quelques jours auparavant. A cette nouvelle de la violation de la trêve, on arrêta Zanchey ; ce qui fit encore gagner quelques jours avant de rendre réponse à Lambert. Le 8 décembre, Monk se porta en avant et établit son quartier général sur les bords de la Tweed, à Coldstream, gîte misérable, et qui parut un moment étonner le courage des chapelains, mais plus favorable qu'aucun autre au passage de la Tweed, et d'où en quatre heures Monk pouvait, en cas d'alarme, rassembler toutes ses troupes cantonnées dans les villages voisins.

Le moment de la crise approchait; à Coldstream devait se décider la victoire ou la retraite. Soigneux de se ménager, sur ses derrières, un appui, Monk n'avait point oublié le rendez-vous donné pour le 13 décembre aux Écossais. 11 y trouva une partie des chefs de la noblesse royaliste, qui, pleins de zèle et d'espérance, venaient demander des armes, offrir les levées d'hommes que pourraient exiger les besoins de la cause, et dès l'abord proposaient de mettre sous les ordres de Monk six mille hommes d'infanterie et quinze cents chevaux.

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Quelque utile que pût paraître un semblable secours, Monk le jugea encore plus dangereux. A peine, en admettant plusieurs des officiers anglais comme témoins des conférences tenues avec les Écossais, avait-il pu apaiser le dédaigneux mécontentement qu'ils éprouvaient de voir intervenir dans leurs affaires des sujets qu'ils croyaient gouverner par droit de conquête ; et l'armée avait témoigné beaucoup d'humeur de ce que, pour compléter les cadres, on y avait fait entrer quelques Écossais. Il fallait éviter soigneusement toute cause de méfiance : on accorda des armes aux Écossais; mais Monk refusa leur secours, en se réservant d'y recourir au moment .de la nécessité; et pour compenser ce refus, il prit soin de leur inspirer confiance dans un avenir qu'il ne leur était pas difficile de prévoir.

D'heure en heure, pour ainsi dire, il devenait plus nécessaire, à Lambert et au gouvernement de Londres, d'obtenir une prompte décision que Monk et son comité s'appliquaient de plus en plus à éluder. Encore quelques jours, et de tous côtés allaient arriver à Monk des secours ou des promesses qui, contre un ennem' découragé, valent peut-être encore mieux que des secours. Londres s'agitait; les membres du Long-Parlement avaient repris courage ; la Cité, peu portée en leur faveur, s'unissait cependant à eux contre le gouvernement de l'armée. Informé de ses dispositions, Monk écrivit au Conseil commun que, dès le premier mo-

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