DIRECTEMENT AVEC LE ROI
avaient enfin décidé le général à le reconnaître, aux conditions proposées au roi son père, dans l'île de Wight, mais seulement à ces conditions. Ils conjuraient Sa Majesté de ne pas rejeter ce moyen, peut-être unique, de recouvrer sa couronne. Sir John Greenville venait d'arriver, et le roi l'avait vu lorsque l'envoyé presbytérien apporta ces propositions. Charles et ses conseillers, que, malgré la répugnance deMonk, il avait bien fallu mettre dans la confidence des offres du général, éprouvèrent un moment de trouble; mais, bientôt rassuré par sir John, le roi sourit du service tardif que le messager de Monk venait de lui apprendre à dédaigner, et refusa d'entrer en négociation avec les chefs presbytériens.
Tous s'empressaient, à ce dernier moment, de regagner le temps perdu, inquiets de voir les événements se précipiter sans qu'ils y eussent encore pris place. L'ambassadeur de France, Bourdeaux, fit prier Clargis, qu'il connaissait un peu, de lui procurer une entrevue avec le général. Clargis se rendit chez lui, et l'ambassadeur, l'ayant fait entrer seul dans son cabinet , commença avec sa vivacité gasconne un entretien dont Clargis lui laissait volontiers faire les frais. « Le général, dit « Bourdeaux, a quelque grand dessein ; tout le monde « le voit. Il veut , sans aucun doute , ou se faire roi « lui-même, ou ramener le roi. Eh bien! dans ces « deux cas, personne ne lui peut rendre autant de sérac vices que moi. Un Anglais se compromettrait; moi»